‹ Œuvres complètes de Buffon avec des extraits de Daubenton, et la classification de Cuvier (volume 4)Chapitre 130 sur 525 · LE CARACARA · texte numérisé non relu

LE CARACARA

.J'appelle ainsi, d'ajirès son propre cri, ce bel oiseau des Antilles, dont le P. du Tertre a donné la description. Si tous les oiseaux d’Amérique qui ont été pris pour des faisans doivent se rapporter aux hoccos, le caracara doit avoir place parmi ces derniers, car lesErançais des Antilles, et d’après eux le P. du Tertre, lui ont donné le nom île faisan.

«Ce faisan, dit-il, est un fort bel oiseau, gros comme nn chapon, plus haut monté, sur des pieds de paon ; il a le cou beaucoup plus long que celui d'un coq, et le bec cl la lêlc approchant de ceux du corbeau ; il a toutes les plumes du cou el dii poitrail d un beau bleu luisant, et aussi agiéable que les plumes des paons; tout le dos est d'un gris-brun, et les ailes et la queue, qu'il a assez courtes, sont noires.

» Quand cet oiseau est apprivoisé, il fait le maître dans la maison, et en chasse à coups de bec les poules d’Inde et les poules eominuiies, et les lue quelquefois; il en veut même aux chiens, qu’il becquete en Iraitrc... J’en ai vu un... qui était ennemi mortel des nègres, et n’en pouvait souffrir un seul dans la case qu’il ne becquetât par les jambes ou par les pieds jusqu’à en faire sortir le sang. »

Ceux qui en ont mangé m’ont assuré que sa chair est aussi bonne qiie celle des faisans de France.

CommentM. Raya t-il pu soupçonner qu’un tel oiseau fût l’oiseau de proie dont parle Maregrave sous le même nom de caracara’? 11 est vrai qu'il fait la guerre aux poules, mais c’est seulement lorsqu’il est apprivoisé, et poulies chasser, en un mot, comme il fait aux chiens et aux nègres : on reconuait plutôt à cela le naturel jaloux d un animal domestique qui ne souffre

^ Cuvier pense que ce caracara, tres-dislincl d'un oiseau de proie qui porte le meme nom, ne diffère point de l’agami.

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point ceux qui peuvent partager avec lui la faveur du maître, que les mœurs féroces d’un oiseau de proie qui se jetie sur les autres oiseaux pour les déchirer et son nourrir; d’ailleurs, il n’est point ordinaire que la chair d’uu oiseau de proie soit honne à manger, comme l’est celle de notre earacara. Enlin, il parait que le earacara de Maregrave a la queue et les ailes beaucoup plus longues à proportion que celui du P. du Tertre.

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