‹ Œuvres complètes de Buffon avec des extraits de Daubenton, et la classification de Cuvier (volume 4)Chapitre 129 sur 525 · LE MARAIL · texte numérisé non relu

LE MARAIL

Ordre des gallinacés, genre alector. (Cuvier.)

Les auteurs ne nous disent rien de la femelle de l'yacou, excepté M. Edwards, qui conjecture qu’elle n’a point de huppe. D après cette indication uniijue, et d’après la comparaison des figures les plus exactes, et des oiseaux eux mêmes conservés, je soupçonne que celui que nous avons lait représenter sous le nom de faisan verdâlre de Cayenne, el quon appelle commutiément tnarail dans celte île, pourrait être la lemelle, ou du moins une Variété de l’espèce de l’yacou : car j’y retrouve plusieurs rapports marqués avec le guan de M. Edwards, dans la grosseur, la couleur du plumage, la

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forme totale, à la huppe près, que la femelle ne doit point avoir; dans le port du eorps, la longueur de la queue, le eerele de peau rousse autour des yeux, l’espace rouge et nu sous la gorge, la conformalion des pieds et du bec, etc. J avoue que j’y ai aussi aperçu quelques diHèrences ; les pennes de la queue sont en tuyaux d'orgue, comme dans le faisan, et non point toutes égales, comme dans le guan d’Edwards, et les ouvertures des narines ne sont pas si près de l’origine du bec. Mais on ne serait pas embarrassé de citer nombre d'espèces où la femelle diffère encore plus du mâle, et où il y a des variétés encore plus éloignées les unes des autres.

iM. Aublet, qui a vu cet oiseau dans son pays natal, m'assure qu'il s’apprivoise très-aisément, et que sa chair est délicate et meilleure (|ue celle du faisan, en ce (|u'elle est plus sueeulcntc. il ajoute que c’est un véritable dindon, mais seulement plus petit que celui qui s’est naturalisé en Europe; et cest un trait de conformité de plus qu'il a avec l’yacou, d’avoir été pris pour un dindon.

Cet oiseau se trouve non-seulement à Cayenne, mais encore dans les pays qu arrose la rivière des Amazones, du moins à en juger par lidentité de nom; car M. IJarrérc parle d un marail des Amazones, comme d’un oiseau dont le plumage est noir, le bec vert, et qui n’a point de queue. Nous avons déjà vu dans l'histoire du hocco proprement dit, et du pierre de Cayenne, (pi il y avait dans ces espèces des individus sans queue, qu'on avait pris pour des femelles : cela serait-il vrai aussi des marails'f Sur la plupart de ces oiseaux étrangers si peu connus, on ne peut, si l’on est de bonne foi, parler qu’en hésitant et par conjecture.

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