‹ Œuvres complètes de Buffon avec des extraits de Daubenton, et la classification de Cuvier (volume 4)Chapitre 142 sur 525 · DU FRANCOLIN · texte numérisé non relu

DU FRANCOLIN

eulière, et fjui prouve l'analogie des deux races. Celte blancheur n’c.st ccpcndanl point universelle, car la tète conserve ordinairement sa enideur, le bec cl les pieds restent rouges; et, comme d’ailleurs on la trouve ordinairement avec les perdrix rouges, on est fondé à la regarder comme une variété individuelle de cette race de perdrix.

LE FUAIVCOLIN.

(i.iî ruANCoi.iN A COI.I.1IÎH rioex.)

Ordre des g.illinacés, genre Iclras, sons-genre perdrix. (Cijvieii.)

(’e nom de francolin est encore un de ceux qui ont etc appliqués à des oiseaux fort différents ; nous avons deqà vu ci-dessus qu'il avait été donné à l’attagas; et il paraît, par un passage de Gessncr, que l’oiseau connu à Venise sous le nom de francolin est une espèce de gelinotte (hazel-huhn).

Le francolin do ÎNapIes est plus gros qu'une poule ordinaire, et, à vrai dire, la longueur de ses pie<ls, de son bec et de son cou, ne permet point d’en faire ni une gelinotte ni un francolin.

Tout ce qu'on dit du francolin de Fcrrare, c'est qu’il a les pieds rouges et vit de poissons. L’oiseau du Spitzberg auquel on a donné le nom i\e francolin, s’a|)pelle aussi coureur de rivage, parce qu’il ne s’éloigne jamais beaucoup de la côte, où il trouve la nourriture (|ui lui convient ; savoir : des vers gris et des chevrettes; mais il n’est pas plus gros qu'une alouette. Le francolin dont ülina donne la description et la ligure est celui dont il s’agit ici ; celui de M. Edwards en diffère en quclqttcs points, et parait être exaclemcnl le meme oiseau que le francolin de M. dcTourncfort, qui se rapproche aussi de celui de Fcrrare, en ce qu’il se plail sur les côtes de la mer et dans les lieux marécageux.

Enfin, le nôtre parait différer de ces trois derniers, et même de celui de M. Ifrisson, soit par la couleur du plumage et meme du bec, soit par les dirnensions et le port de la queue, qui est plus longue dans la figure de,\f.Bri.sson, plus épanouie dans la nôtre, et tombante dans celles de iVI. Edwards et d'Olina ; mais, malgré cela, je crois que le francolin d’OIina, celui de M. de Tournefcrt, celui d'Edwards, celui de M. Brisson et le mien sont tous de la niéme espèce, attendu qu'ils ont beaucoup de choses communes, et que les petites différences qu’on a observées entre eux ne sont pas assez curaciérisées pour constituer des espèces diverses, et peuvent d’ailleurs être relatives à l'âge, au sexe, au climat, ou à d'autres causes particulières.

Il est certain que le francolin a beaucoup de rapports avec la perdrix; et c’est ce qui a porté Olina, Linnæus et Brisson à les ranger parmi les perdrix. Pour moi, après avoir examiné de près cl comparé ces deux sortes d oiseaux, j’ai cru avoir observé entre eux assez de différences pour les séparer. En effet, le francolin dilï’êre des |)erdrix, non-seulement par les couleurs du plumage, par la forme totale, par le port de la queue et par son cri, mais encore parce qu’il a un éperon à chaque jambe, tandis que la perdrix mâle n’a qu’un tubercule calleux au lieu d’éperon.

Le francolin est aussi beaucoup moins répandu que la perdrix. Il paraît qu’il ne peut guère subsister que dans les pays chauds : 1 Espagne, l’Italie et la Sicile sont presque les seuls pays de l’Europe où il se trouve ; on en voit aussi à Rhodes, dans File de Chypre, cà Samos, dans la Barbarie, et surtout aux environs de Tunis, en Egypte, sur les côtes d’Asie et au Bcn-

so.

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gale. Dans Ions ces pays, on trouve, des francolins et des perdrix, qui ont chacun leurs noms distincts et leur espèce séparée.

La rareté de ces oiseaux en Europe, jointe au bon goût de leur chair, a donné lieu aux défenses rigoureuses qui ont été faites en plusieurs pays de les tuer; et de là on prétend qu’ils ont eu le nom de francolin, comme jouissant d’une sorte de franchise sous la sauve-garde de ces défenses.

On sait peu de chose de cet oiseau au delà de ce que montre la ligure. Son plumage est fort beau : il a un collier très-remarquable de couleur orangée : sa grosseur surpasse un peu celle de la perdrix grise. La femelle est un peu plus petite que le màlc, et les couleurs de son plumage sont plus faibles et moins variées.

Ces oiseaux vivent de grains : on peut les élever dans les volières; mais il faut avoir l’attention de leur donner à chacun une petite loge où ils puissent se tapir et se cacher, et de répandre dans la volière du sable et quelques pierres de tuf.

Leur cri est moins un chant qu’un sifflement très-fort qui se fait entendre de fort loin.

Les francolins vivent à peu près autant que les perdrix ; leur chair est exquise, et elle est quehiuefois préférée à celle des perdrix et des faisans.

M. Linnæus prend la perdrix de Damas de Willughby pour le francolin ; sur quoi il y a deux remarques à faire : la première, que cette perdrix de Damas est plutôt celle de Belon qui en a parlé le premier, que celle deWillughhy, qtii n’en a parlé que d’après Belon; la seconde, que cette perdrix de Damas diffère du francolin, et par sa petitesse, puisqu’elle est moins grosse que la perdrix grise, selon Belon, et par son plumage, comme on peut le voir en comparant les figures dans nos planches enluminées, et par ses pieds velus, qui ont empêché Belon de la ranger parmi les râles de genêt ou les pluviers.

IVI. Linnæus aurait dû reconnaître le francolin de Tournefort dans celui d Olina, dont Willughby fait mention; enfin le naturaliste suédois se trompe encore en fixant exclusivement l’Orient pour le climat du francolin, puisque cet oiseau se trouve, comme je l’ai remarqué, en Sicile, en Italie, en Espagne, en Barbarie, et dans quelques autres contrées qui n’appartiennent point à rOrient.

Aristote met l’attagen, que Belon regarde comme le francolin, au rang des oiseaux pulvérateurs et frugivores : Belon lui fait dire de plus que cet oiseau pond un grand nombre d’œufs, quoique cela ne se trouve point à l’endroit cité; mais c’est une conséquence que l'on peut tirer, dans les principes d’Aristote, de ce que cet oiseau est frugivore et pulvérateur. Belon dit encore, d’après les anciens, que le francolin est fréquent dans la campagne de Marathon. parce qu'il se plaît dans les lieux marécageux; et cela s’accorde trèsbien avec ce qufe M. de Tournefort rapporte des francolins de Samos.

LE BIS-ERCOT.

Ordre des gallinacés, genre tétras, sous-genre ;jerdrix. (Cuvier.)

La première espèce qui nous parait voisine du francolin, c'est l’oiseau qui nous a été donné sous le nom de perdrix du Sénégal. Cet oiseau a à chaque pied deux ergots, ou plutôt deux tubercules de chair dure et calleuse; et comme c'est une espèce ou race particulière, nous lui avons donné le nom de bis-ergot, à cause de ce caractère de deux ergots qu’il a à chaque pied.

Je le place à la suite des francolins, parce qu’il me parait avoir plus de rapports avec eux qu’avec les perdrix, soit par sa grosseur, soit par la longueur du bec et des ailes, soit par ses éperons.

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