LA TOURTE
Dans le nouveau conlinenl on trouve d’abord la tourterelle de Canada, qui, comme je l’ai dit, est de la môme espèce que notre tourterelle d'Europe.
Un autre oiseau, qu’avec les voyageurs nous appellerons tourte, été celui qui est donné par Catesby sous le nom de tourterelle de la Caroline. Il nous paraît être le mémej la seule différence qu’il y ait entre ces deux oiseaux est une tacbe couleur d’or, mêlée de vert et de cramoisi, qui, dans l’oiseau de Catesby, se trouve au-dessous des yeux, sur les côtés du cou, et qui ne se voit pas dans le nôtre ; c’cst ce qui nous faire croire (pie le premier est le mâle, et le second la femelle*. On peut avec quelque fondement rapporter à cette espèce \e picacu7'oba du Brésil, indiipié par Maregrave.
Je présume aussi que la tourterelle de la Jama'ique, indiquée par Albin , et ensuite par M. Brisson, étant du même climat que la précédente, cl n’en différant pas assez pour faire une espèce à part, doit être regardée comme une variété dans l’espèce de la tourte; et c’est par cette raison que nous ne lui avons pas donné de nom propre et particulier.
Au reste, nous observerons que cet oiseau a beaucoup de rapport avec celui donné par M. Edwards, cl <|ue le sien pourrait bien être la femelle du nôtre. La seule ebose qui s’oppose à celle présomption, fondée sur les ressemblances, c’est la différence des climats. On a dit à M. Edwards que son oiseau venait des Indes orientales, et le nôtre se trouve en Amérique : ne se fiourrait-il pas qu’il y eût erreur sur le climat dans M. Edwards? Ces oiseaux se ressemblent trop entre eux, et ne sont pas assez différents de la tourte, pour qu’on puisse se persuader qu’ils sont de climats si éloignés; car nous sommes assurés que celui dont nous donnons la représentation a été envoyé de la Jamaïque au Cabinet du Roi.
LE COCOTZIN.
L’oiseau d’Amérique indiijué par Fernandez sous le nom de coeolzin, que nous lui conserverons, parce qu’il est d'une espèce différente de tous les autres; et comme il est aussi plus petit qu'aucune des tourterelles, plusieurs naturalistes l’ont désigné par ce caractère en l’appelant petite tourterelle; d’autres l’ont appelé ortolan, parce que, n’étant guère plus gros que cet oiseau, il est de même très bon à manger. On l'a représenté sous les dénominations de petite tourterelle de Saint-Domingue et tle petite tourterelle de la Martinique. Mais, après les avoir examinés et comparés en nature, nous présumons que tous deux ne font que la même espèce d’oiseau , dont l’un est le mâle, et l’autre la femelle. Il parait aussi qu’on doit y rapporter le picuipinima de Pison et de Maregrave. et la petite lourlerelle d’Acapulco, dont parle Gemelli Carreri. Ainsi cet oiseau se trouve dans toutes les parties méridionales du nouveau continent.