LE GRAVE OU LE CORACIAS
(le l'vaniioconAX cobacias.)
Famille des ténuiroslrcs, genre huppé. (Ccviek.)
Quelques auteurs ont confondu cet oiseau avec le cbo(|uard appelé conimunément choucas des Alpes : cependant il en diffère d'une manière assez
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marquée par ses proportions totales et par les dimensions; la forme et la eouleur de son bec, (ju’il a plus long, plus menu, plus arque et de couleur rouge; il a aussi la queue plus courte, les ailes plus longues, et, par une conséquence naturelle, le vol plus élevé; enfin, scs yeux sont entourés d’un peut cercle rouge.
II est vrai que le crave ou coracias se rapproche du choquard par la coub’ur et par quelques-unes de ses habitudes naturelles. Ils ont tous deux le plumage noir, avec des reflets verts, bleus, pourpres, qui jouent admirablement sur ce fond obscur. Tous deux se plaisent sur le sommet des plus hautes montagnes, et descendent rarement dans la plaine, avec cette différence néanmoins que le premier paraît beaucoup plus répandu que le second.
I.e coracias est un oiseau d’une taille élégante , d’un naturel vif, inquiet, turbulent, et qui cependant sc prive à un certain point. Dans les commencements on le nourrit d’une espece de pâtée faite avec du lait, du pain, des giains, etc.; et dans la suite il s accommode de tous les mets qui se servent sur nos tables.
Aldrovande en a vu un à Bologne en Italie, qui avait la singulière habitude de casser les carreaux de vitres de dehors eu dedans, comme pour entrer dans les maisons par la fenêtre : habitude qui tenait sans doute au même instinct qui porte les corneilles, les pies et les choucas, à s’attacher aux pièces de métal et à tout ce qui est luisant; car le coracias est attiré, comme ces oiseaux, par ce qui brille, et comme eux, cherche à sc l’approprier. On I a vu même enlever du foyer de la cheminée des morceaux de bois tout allumés, et mettre ainsi le feu dans la maison; en sorte que ce dangereux oiseau joint la qualité d’incendiaire à celle de voleur domestique. Mais on pourrait, ce me semble, tourner contre lui-même cette mauvaise habitude et la faire servir à sa propre destruction, en employant les miroirs pour 1 attirer dans les pièges, comme on les emploie pour attirer les alouettes.
M. Salernc dit avoir vu à Paris deux coracias qui vivaient en fort bonne intelligence avec des pigeons de volière : mais apparemment il n’avait pas vu le corbeau sauvage de Gessner, ni la dcscri|)tion qu’en donne cet auteur, lorsqu il a dit, d après M. Hay, cpi’il n'accordait en tout, excepté pour la grandeur, avec le coracias ; soit qu il voulût parler, sous ce nom de coracias, de 1 oiseau dont il s agit dans cet article, soit qu’il entendit notre choquard ou \cpyrrhocorax do VWnc, carlcchoqiiard est absolument diflérent ; et Gessner, qui avait vu le coracias de cet article et son corbeau sauvage , n’a eu garde de confondre ces deux espèces; il savait que le corbeau sauvage diffère du coracias par sa huppe, par le port de son corps, par la forme et la longueur de son bec, |)ar la brièveté de sa queue, par le bon goût de sa chair, du moins de celle de ses petits; enfin, parce qu’il est moins criard, moins sédentaire, et qu il change plus régulièrement de demeure en certains temps de l’année, sans parler de quelques autres diflerences qui le distinguent de chacun de ces deux oiseaux en particulier.
Le coracias a le cri aigre, quoi(|ue assez sonore, et fort semblable à celui de la pie de mer; il le fait entendre presque continuellement : aussi Oliua remarque-t-il que, si on l’élève, ce n’est point pour sa voix, mais pour son beau plumage. Cependant Belon et les auteurs de la Zoologie britannique disent qu’il apprend à parler.
La femelle pond quatre ou cinq œufs blancs, tachetés de jaune sale : elle établit son nid au haut des vieilles tours abandonnées et des rochers escarpés, mais non pas indistinctement; car, selon M. Edward.s, ces oiseaux