‹ Œuvres complètes de Buffon avec des extraits de Daubenton, et la classification de Cuvier (volume 4)Chapitre 175 sur 525 · LE CORACIAS HUPPÉ, OU LE SONNEUR · texte numérisé non relu

LE CORACIAS HUPPÉ, OU LE SONNEUR

Famille des ténuiroslres, genre huppé. (Cuvier.)

J’adopte ce nom, que quelques-uns ont donné à l’oiseau dont il s’agit dans cet article, a cause du rapport qu’ils ont trouvé entre son cri et le son de ces clochettes qu on attache au cou du bétail.

Le sonneur est de la grosseur d'une poule; son plumage est noir, avec des reflets d un beau vert, et variés à peu prés comme dans le crave ou coracias, dont nous venons de parler ; il a aussi, comme lui, le bec et les pieds rouges; mais son bec est encore plus long, plus menu, cl fort propre à s'insinuer dans les fentes de rochers, dans les crevasses de la terre, et dans les rous d arbres et de murailles, pour y chercher les vers et les insectes dont Il lait sa principale nourriture. On a trouvé dans son estomac des débris de grillons-taupes, vulgairement appelés courtiUères. Il mange aussi des larves de hannetons, et se rend utile par la guerre qu’il fait à ces insectes destructeurs.

Les plumes qu’il a sur le sommet de la tête sont plus longues que les autres, et lui forment une espèce de huppe pendante en arrière : mais cette huppe, qui ne commence à paraître que dans les oiseaux adultes, disparait tans les vieux, et cesl de là sans doute qu ils ont été appelés, en certains endroits, du nom de corbeaux chauves, et que, dans quelques descriptions ils sont représentés comme ayant la tète jaune marquée de taches rouges. Ces couleurs sont apparemment celles de la peau, lorsqu’au temps delà vieillesse elle est depouillee de ses plumes.

Cette huppe, qui a valu au sonneur le nom de huppe de montaqne, n’est pas la seule dilference qui le distingue du crave ou coracias; il a encore le '-OU plus grêle et plus allongé, la tète plus petite, la queue plus courte, etc. Uc plus, il n est connu que comme oiseau de passage, au lieu que le crave ou coracias n est oiseau de passage qu’en certains pays et certaines circonstances, comme nous I avons vu plus haut. C’est d’après ces traits de dissemblance que Gessner en a lait deux espèces diverses, et que je me suis cru londe a les distinguer par des noms dilférenls.

Les sonneurs ont le vol très-élevé, et vont presque toujours par troupes; ils cherchent souvent leur nourriture dans les prés et dans les lieux marécageux, et ils nichent toujours au haut des vieilles tours abandonnées, ou dans es fentes des rochers escarpés et inaccessibles, comme s’ils sentaient que leurs petits sont un mets délicat et recherché, et qu’ils voulussent les mettre hors de la portée des hommes : mais il se trouve toujours des hommes qui ont assez de courage ou de mépris d'eux-mêines pour exposer leur vie pour I appât du plus vil intérêt ; et l’on en voit beaucoup dans la saison, qui, pour dénicher ces petits oiseaux, se hasardent à se laisser couler le long d’une corde, fi,xée au haut des rochers où sont les nids, et qui, suspendus ainsi au-dessus des précipices, font la plus vaine et la plus périlleuse de toutes les récoltes.

Les femelles pondent deux ou trois oeufs par couv'cc; et ceux (|ui cherchent leurs petits, laissent ordinairement un jeune oiseau dans chaque nid, afin de s’assurer de leur retour pour l’année suivante. Lorsqu’on enlève la couvée,

' Lct oiseau n'cxislc point, d'après M. Tcmminck.

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