‹ Œuvres complètes de Buffon avec des extraits de Daubenton, et la classification de Cuvier (volume 4)Chapitre 174 sur 525 · DU CRA VU OU CORACIAS · texte numérisé non relu

DU CRA VU OU CORACIAS

préfèrent les rocUers de la côte occidentale d'Angleterre à ceux des côtes orientales et méridionales, quoique celles-ci présentent à peu près les mêmes sites et les memes exposiiions.

Un autre fait de môme genre, que je dois à un observateur digne de toute confiance, c'est que ces oiseaux, (juoique liabilants des Alpes, des montagnes de Suisse, de celles d'Auvergne, etc., ne paraissent pas néanmoins sur les montagnes du Bugey, ni dans toute la cbainc qui borde le pays de (iex jusqu’à Genève. Belon, ipii les avait vus sur le mont Jura en Suisse, les a retrouvés dans file de Crète, et toujours sur la cime des rochers. Mais 31. llasselquist assure qu'ils arrivent et se répandent en Egypte vers le temps où le Nd débordé est prêt à rentrer dans son lit. En admettant ce tait, quoique contraire à tout ce que fon sait dùilleiirs de la nature de ces oiseaux, il faut donc supposer qu’ils sont attires en Égypte par une nourriture abondante, telle qu'en peut produire un terrain gras et fertile, au moment où, sortant de dessous les eaux, il reçoit la puissante induence du soleil. Et en ciïet, les craves se nourrissent d'insectes et de grains nouvellement semés et ramollis par le premier travail de la végétation.

Il résulte de tout cela que ces oiseaux ne sont point attachés absolument et exclusivement aux sommets des montagnes et des rochers, puisqu il y en a qui paraissent régulièrement en certain temps do fannée dans la Basse- Egypte, mais qu’ils ne se plaisent pas également sur les sommets de tout rocher et de toute montagne, et qu'ils préfèrent constamment les uns aux autres, non point à raison de leur liauteur ou de leur exposition, mais à raison de certaines circonstances qui ont échappé jusqu'à présent aux observateurs.

Il est probable que le eoracias d’Aristote est le même que celui de cet article, et non le pyrrhocorax de Pline, dont il diffère en grosseur, comme aussi par la eoideur du bec, que le pyrrhocorax a jaune. D'aillèurs, le crave ou eoracias à bec cl pieds rouges ayant clé vu par Belon sur les montagnes de Crète, il était plus à portée d être connu d’.\rislole que la pyrrhocorax, lequel passait chez les anciens pour être propre et particulier aux montagnes des Alpes, et qu’en effet Belon n’a point vu dans la Grèce.

Je dois avouer cependant qu’Aristole fait de son eoracias une espèce de choucas xoXoii, comme nous en faisons une du pyrrhocorax de Pline; ce qui scndtle former un préjugé en faveur de l'idenlilé, ou du moins de la proximité de CCS deux espèces : mais, comme dans le même chapitre je trouve un palmipède joint aux choucas comme étant de même genre, il est visible (jue ce philosophe confond des oiseaux de, nature différente, ou plutôt que celte confusion résulte de (jucbpies fautes de copistes, et qii on ne doit pas se prévaloir d'un texte probablemeut altéré, pour fixer 1 analogie des espèces, mais qu’il est plus sûr d’établir cette analogie d'après les vrais caractères de chaque espece. Ajoutez à cela que le nom de pyrrhocorax, qui est tout grec, ne sc trouve nulle part dans les livres d Aiislolc ; que Pline, qui connaissait bien ces livres, n y avait point aperçu 1 oiseau qu il désigne par ce nom, et (qu’il ne parle point du pyrrhocorax d après ce que le philosophe grec a dit du eoracias, comme il est aisé de s en conv'aincie en comparant

les passages. , . , . .

Celui qui a été observé par les auteurs de la Zoologie britannique, et qui était un véritable eoracias. pesait treize onces, avait environ deux pieds et demi de vol, la langue presque aussi longue que le bec, un peu fourchue, et les ongles noirs, forts et crochus.

31. Gerini fait mention d'un eoracias à bec et pieds noirs, qu’il regarde comme une variété de respèce dont il s’agit dans cet article, ou comme la

histoire naturelle

^l’elle-même par quelques accideiils de couleur, suivant I âge, le sexe, etc.

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