‹ Œuvres complètes de Buffon avec des extraits de Daubenton, et la classification de Cuvier (volume 4)Chapitre 194 sur 525 · LA PIE DES ANTILLES · texte numérisé non relu

LA PIE DES ANTILLES

^ M. Brisson a mis cet oiseau parmi les rolliers : je ne vois pas qu’il ait eu d’autres raisons, sinon que dans la figure donnée par Aldrovande, les narines sont découvertes; ce que M. Brisson établit en effet pour un des caractères du rollier. Mais, 1» ce n’est qu’avec beaucoup d’iiicerlitude qu’on peut aliribuer ce caractère à roiscaii dont il s’agit ici, d'après une figure qui n'a point paru exacte à M. Brisson liii-iiième, et qu’on doit supposer encore moins exacte sur cet article que sur aucun autre, tout ce détail do petites plumes étant bien plus iiKlilféreiit au peintre qui veut rendre la nature dans ses principaux effets, qu'au naturaliste qui voudrait l'assujettir à sa méthode. ■*

üi:S OlSIiAUX lîTIiAMGEUS.

"2" On peut opposer à cet attribut iiieerlain, saisi dans une figure l'autive, un attribut beaucoup plus marque, plus évident, et qui n’a éebappé ni au peintre ni aux observateurs qui ont vu 1 oiseau même; ce sont les longues pennes du milieu de la queue, attribut dont M. Brisson a lait le earactère distinctif de la pie.

S" Ajoutez à eela que la pie des Antilles ressemble a la notre par son cri, par son naturel très-déliant, par son habitude de nicher sur les arbres et d aller le long des rivières, par la qualité médiocre de sa chah ; en sorte que, si l’on veut rapprocher cet oiseau étranger de l’espèce d’Europe avec laquelle il a le plus de rapports connus, il (aut, ce me semble, le rappiochcr de celle de la pie.

Il en dilïère néanmoins par l’excès de longueur des deux pennes du milieu de la queue, lesquelles dépassent les latérales de huit ou dix pouces, et aussi par ses couleurs, car il a le bec et les pieds rouges, le cou bleu avec un collier blanc, la tète de même couleur bleue, avec une tache blanche mouchetée de noir qui s’étend depuis l’origine du bec supérieur jus(|u’à la naissance du cou; le dos tanné, le croupion jaune, les deux longues pennes de la queue de couleur bleue avec du blanc au bout et la tige blanche, les autres pennes de la queue rayées de bleu et de blanc, celles do 1 aile mêlées de vert cl de bleu, et le dessous du corps blanc.

En comparant la description de la pic des Antilles du P. du Tertre, avec celle de la pie des Indes à longue queue d’Aldrovande, on ne peut douter qu’elles n’aienl été faites l’une et l’autre d’après un oiseau de la même espèce, et par consé(|ucnt que ce ne soit un oiseau d’Amérique, comme l’assure le P. du Tertre, qui l’a observé à la Guadeloupe, et non pas un oiseau du Japon, comme le dit Aldrovande, d’après une tradition fort incertaine, à moins qu’on ne veuille supposer quil s est lepandu du coté du nord, doit il aura pu passer d’un continent à 1 autre.

L’HOCISANA.

Quoique Fernandez donne à cet oiseau le nom de grand étourneau, cependant on peut le rapporter, d’après ce qu’il dit lui-même, au genre des pies : car il assure qu il serait exactement semblable au chaucas ordinaire, s’il était moins gros, qu’il eût la queue et les ongles moins longs, et le plumage d’un noir plus franc et sans mélange de bleu. Or, la longue queue est un attribut non de l’étourneau, mais de la pie, et celui par lequel elle <li[Tère le plus à l’extérieur du choucas; et quant aux autres caractères par lesquels l’hocisana s’éloigne du choucas, ils sont autant ou plus étrangers à l’étourneau qu’à la pie.

D’ailleurs, cet oiseau cherche les lieux habites, est familier comme la pie, jase de même, et a la voix perçante : sa chair est noire et de fort bon goût.

LA VARDIOLE.

Seba lui a donné le nom d’oi’seaw de paradis, comme il le donne à presque tous les oiseaux étrangers à longue queue; et à ce titre. In vardiolc le méritait bien, puisque sa queue est plus de deux lois aussi longue que tout le reste de son corps, mesuré depuis la pointe^ du bec jusqu à 1 extrémité opposée : mais il faut avouer que cette queue n est point faite comme dans l’oiseau de paradis, ses plus grandes pennes étant gai nies de baihes dans toute leur longueur, sans [larlcr de plusieurs autres diftérences.

Le blanc est la couleur dominante de cet oiseau : il ne faut excepter ipie

IJISTOIllE INATLIRELLE

la têle et le cou, qui sont noirs avec des reflets de pourpre Irês-vifs; les pieds qui sont d un rouge clair, les ailes dont les grandes pennes ont des barbes' noires, et les deux pennes du milieu de la queue, qui excèdent de beaucoup toutes les autres, etqui ont dunoir le long de la côte, depuis leur base jusqu'à la moitié de leur longueur.

Les yeux de la vardiolc sont vifs et entoures de blanc; la base du bec supérieur est garnie de petites plumes noires piliformes, (|ui reviennent en axant et couvrent les narines; les ailes sont courtes, et ne dépassent point lorigmc de la queue : dans tout cela elle se rapproche de la pie; mais elle en diflère par la brièveté de ses pieds, qu’elle a une fois plus courts à proportion, ce qui entraîne d’autres diflerences dans le port et dans la démarche.

On la trouve dans l île de Papoe, selon Seba, dont la description, la seule qui soit originale, rcnferine tout ce que l’on sait de cet oiseau.

LE ZANOÊ.

Fernandez compare cet oiseau du Mexique à la pie commune , pour la grosseur, pour la longueur de la queue, pour la perfection des sens, pour le talent de parler, pour l’instinct de dérober tout ce qu’elle trouve à sa bienséance : il ajoute qu’il a le cri comme plaintif et semblable à celui des petits étourneaux, et que son plumage est noir partout, excepté sur le cou et sur la tète, où l'on aperçoit une teinte de fauve.

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