LE GEAI BRUN DE CANADA
S’il était possible de supposer que le geai eût pu passer en Amérique, je serais tenté de regarder celui-ci comme une variété de notie espece d Europe; car il en a le port, la physionomie, ces plumes douces et soyeuses, qui sont comme un attribut caiactéristiquc du geai : il n’en diffère que par sa grosseur, qui est un peu moindre, par les couleurs de son plumage, par
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la longueur cl la forme de sa queue, qui est étagée. Ces différences pourraient a toute force s’imputer à l’influence du climat; mais notre geai a l’aile trop faible et vole trop mal pour avoir pu traverser des mers ; et, en attendant qu une connaissance plus détaillée des mœurs du geai brun de Canada nous mette en état de porter un jugement solide sur sa nature, nous nous déterminons a le produire ici comme une espece étrangère, analogue à notre geai, et I une de celles qui en approchent de plus près.
La dénomination de geai brun donne une idée assez juste de la couleur qui domine sur le dessus du corps; car le dessous, ainsi que le sommet de la lete, la gorge et le devant du cou sont d’un brun sale; et celle dernière couleur se retrouve encore à l’extrémité de la queue et des ailes. Dans findividu que j ai observé, le bec et les pieds étaient d’un brun foncé, le dessous du corps plus rembruni, et le bec inférieur plus renflé que dans la ligure; enfin, les plumes de la gorge, se portant en avant, formaient une espece de barbe à 1 oiseau.