‹ Œuvres complètes de Buffon avec des extraits de Daubenton, et la classification de Cuvier (volume 4)Chapitre 248 sur 525 · LA GRIVELETTE DR SAINT-DOMINGUE · texte numérisé non relu

LA GRIVELETTE DR SAINT-DOMINGUE

Celte grive est voisine pour la petitesse de la grivette d’Amérique, et elle est encore plus petite; elle a la tète ornée d’une espèce de couronne ou de calotte d’un orangé vif et presque rouge.

L’individu qu’a dessiné M. Edwards diffère du nôtre en ce qu'il n’est point du tout grivelé sous le ventre. Il avait été pris au mois de novembre 1751, sur mer, à huit ou dix lieues de l’ile de Saint-Domingue, ce qui donna l’idée à M. Edwards que c’était un de ces oiseaux de passage qui quittent chaque année le continent de l’Amérique septentrionale aux approches de l’Iiivcr, et parlent du cap de la F’Ioride pour aller passer celle saison dans des climats plus doux. Cette conjecture a été justifiée par l’observalion; car M. Barlrarn a mandé ensuite à M. Edwards que ces animaux arrivaient en Pensylvanie au mois d’avril, et qu’ils y demeuraient tout l'été : il ajoute que la femelle bâtit son nid à terre, ou plutôt dans des tas de feuilles sèches, où elle fait une espèce d’excavation en manière de four; qu’elle le matelasse avec de l’herhe; qu’elle l’étahlit toujours sur le penchant d’une montagne, à l’exposition du midi. Cl qu’elle y pond cinq œufs blancs mouchetés de brun. Celte différence dans la couleur des œufs, dans celle du plumage, dans la manière de nicher à terre et non sur les arbres, quoi(|ue les arbres ne manquent point, semble indiquer une nature fort différente de celle de nos grives d’Europe.

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