‹ Œuvres complètes de Buffon avec des extraits de Daubenton, et la classification de Cuvier (volume 4)Chapitre 258 sur 525 · LE MERLE BLEU · texte numérisé non relu

LE MERLE BLEU

On retrouve dans ce merle le même fond de coideur que dans le merle de roche, c’est-à-dire le cendré bleu (mais sans aucun mélange d'orangé ), la même taille, à peu près les mêmes proportions, le goût des mêmes nourritures, le même ramage, la même habitude de se tenir sur les sommets des montagnes et de poser son nid sur les rochers les plus escarpés , en sorte qu’on serait tenté de le regarder comme une race appartenant à la même espèce que le merle de roche; aussi plusieurs ornithologistes les ont pris l’un pour l autre. Les couleurs de son plumage varient un peu dans les descriptions et sont probablement sujettes à des variations réelles d’un individu à l’autre, selon l age, le sexe, le climat, etc, Le mâle que M. Edwards a représenté n’était pas d’un bleu uniforme partout; la teinte de la partie supérieure ducorps était plus foncée que la teinte de la partie inférieure ; il avait les pennes de la queue noirâtres, celles des ailes brunes, ainsi que leurs grandes couvertures, et celles-ci terminées de blanc, les yeux entourés d’un cercle jaune, le dedans de la bouche orangé, le bec et les pieds d’un brun presque noir. Il parait qu’il y a plus d’uniformité dans le plumage de la femelle.

Belon, qui a vu de ces oi.seaux à Raguse, en Dalmatie, nous dit qu’il y en a aussi dans les iles de Négrepont, de Candie, de Zante, de Corfou, etc., et qu’on les recherche beaucoup à cause de leur chant : mais il ajoute qu’il ne s’en trouve point naturellement en France, ni en Italie. Cependant le bras de mer (]ui sépare la Dalmatie de l’Italie n’est point une barrière insurmontable, surtout pour ces oiseaux qui, suivant Belon lui-mème, volent beaucoup mieux que le merle ordinaire, et qui, au pis aller, pourraient faire le tour et pénétrer en Italie en passant par l’état de Venise. D’ailleurs c’est un fait que ces merles se trouvent en Italie; celui que M. Brisson a décrit, et celui que nous avons fait représenter, ont été tous deux envoyés de ce pays. M. Edwards avait appris par la voix publique qu’ils y nichaient sur les rochers inaccessibles ou dans les vieilles tours abandonnées ; et de plus il en a vu quelques-uns qui avaient été tués aux environs de Gibraltar : d’où il conclut, avec assez de fondement, qu’ils sont répandus dans tout le midi de l’Europe. Mais cela doit s’entemlre seulement des montagnes; car il est rare qu’on rencontre de ces oiseaux dans la plaine. Leur ponte est ordinairement de quatre ou cia [ œufs, et leur chair, surtout celle des jeunes, passe pour un fort bon manger.

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