LE FER-A-CHEVAL OU MERLE A COLLIER D'AMÉRIQUE
Une marque noire en forme de fer à cheval qui descend sur la poitrine de cet oiseau, et une bande de même couleur sortant de chaque côté de dessous son œil pour se jeter en arrière, sont tout ce qu’il y a de noir dans son plumage; et la première de ces taches.par sa forme déterminée, m’a paru ce qu'il y avait de plus propre à caractériser cette espece, c'est-à-dire à la distinguer des autres merles à collier. Ce fer à cheval se dessine sur un fond jaune, qui est la couleur de la gorge et de tout le dessous dit corps, et qui réparait encore entre le bec et les yeux; le brun règne sur la tête et derrière le cou, et le gris clair sur les côtés; outre cela, le sommet de la tète est marqué d'une raie blanchâtre; tout le dessus du corps est gris de perdrix ; les pennes des ailes et de la queue sont brunes avec quelques taches roussâlrcs ; les pieds sont bruns et fort longs, et le bec, qui est presque noir, a la forme de celui de nos merles. Cet oiseau a encore cela de commun avec eux, qu’il chante très-bien au printemps, quoique son chant ait peu d’étendue. Il ne se nourrit presque que de menues graines qu'il trouve sur la terre, en quoi il ressemble aux alouettes; niais il est beaucoup plus gros, plus gros même que notre merle, et il n’a point l’ongle postérieur allongé comme les alouettes. Il se perche sur la cime des arbrisseaux, et l’on a remarqué qu’il avait dans la queue un mouvement fort brusque de bas en haut. A vrai dire, ce n'est ni une aloulte, ni un merle; mais de tous les oiseaux d Europe, celui avec qui il semble avoir le plus de rapports, c’est notre merle ordinaire. Il se trouve non-seulement dans la Virginie et dans la Caroline, mais dans presque tout le continent de rAmerique.
Le sujet qu’a observé Catesby pesait trois onces et un quart ; il avait dix pouces de la pointe du bec au bout des ongles, le bec long de quinze lignes et les pieds de dix-huit; ses ailes dans leur repos s'étendaient à la moitié de la queue.