LE PÈRE NOIR
\oici maintenant des oiseaux étrangers dont l’espèce, quoique voisine de celle de notre moineau, nous paraît néanmoins en dificrcr assez pour leur donner des noms particuliers. Par exemple, l’oiseau d’Amérique auquel les habitants de nos îles ont donné le nom de père non-, que nous lui conservons, n’est pas précisément un moineau. II paraît qu’on trouve cet ois(iau non-seulement dans nos îles, mais aussi dans la terre ferme du continent méridional de l’Amérique, comme au Mexique^ car il a été indiqué par Fernandez, sous le nom mexicain yoliual toloU, et donné par Hans Sloane comme oiseau do la Jamaïque. Nous présunions aussi que les trois oiseaux représentés dans nos planches enluminées, n" 224, édition in-4“, pourraient bien n’être que des variétés de celui-ci j la seule chose qui s oppose à cette présomption, c’est qu’ils se trouv(!nt dans des climats très-eloignés les uns des autres. Us ont été nommés au bas de nos planches, I. Moineau de M(u;ao (FringiUa nudangetera, Limi., Gmel.)j H, Moineau do Java {F ring ilia melanoleuca, Linn., Gmel.)j IIL Moineau de Cayenne (Tanagra Jucarina, Linn., Einberiza, Jacarina, Vieill.)^ néanmoins ils ne nous paraissent faire que le même oiseau et n’être que des variétés de l’espèce du père noir; car quoique ces noms de climats aient été donnés par les voyageurs qui ont apporté ces oiseaux en France, je ne sais s’ils méritent toute confiance. D ailleurs, il se pourrait aussi que cette espèce d'oiseau noir se trouvât également dans les climats chauds des deux continents.
Indépendamment de ces trois oiseaux, qu’on peut rapporter à l’espèce du père noir, il y en a encore d’autres qui ne nous paraissent être aussi que des variétés de cette même espèce. L’oiseau que nous avons fait représenter dans nos planches n" 291, édit. in-4“, fig. I, le mâle, etfig. 2, la femelle, sous le nom de moineau du Brésil, ressemivic si fort au père noir, qu’on ne peut guère douter qu’il ne soit de son espece. A la vérité cette re.sscmblancc presque parfaite ne se trouve que dans le mâle les couleurs de la femelle sont fort diflérentes; mais cela même nous apprend combien peu l’on doit compter sur la difîércnce des couleurs pour constituer celle des espèces.
Enfin il y a encore une espèce voisine de notre moineau, et qu’on ne pourrait se'dispenser de rapporter immédiatement à celle du père noir, s’il n’y avait pas une .grande dificrencc dans la longueur de la queue; c’est 1 oiseau représente dans nos planches enluminées, n° 183, jig. I, de l’édition in-i”, .sous la dénomination de moineau du royaume de Juda. Nous rapj)elIeron3 père à longue queue, parce qu’il nous paraît être de la même espèce que le père noir, et n’en différer que par sa queue, qui est plus longue et composée de plumes de grandeur inégale, .Si les noms des climats nous ont été fidèlement transmis, on voit que l’espèce du père noir se trouve aux îles Antilles, à la Jamaïque, au Mexique, à Cayenne
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au Brésil, au royaume de Juda, ensuite en Abyssinie, à Java et jusqu’à Macao, c’est-à-dire dans toutes les contrées méridionales de l’ancien et du nouveau continent.