LE SERIN DE MOZAMBIQUE
Les oiseaitx étrangers qu’on pourrait rapporter à l’espèce du serin sont en assez petitnombré ; nous n’en connaissons que trois espèces. La première est celle qui nous a été envoyée des côtes orientales de l’Afrique, sous le nom de serin de .Mozambique, qui nous paraît faire la nuance entre les serins et les tarins : nous l avons fait représenter dans nos planches enluminées. Le jaune est la couleur dominante de la partie inférieure du corps de 1 oiseau, elle brun celle de la partie supérieure, excepté que le croit-
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pion et les cou\ ertures de la queue sont jaunes; ees couvertures, ainsi que celles des ailes et leurs pennes, sont bordées de blanc ou deblancliâti-e. Le meme jaune et le même brun se trouvent sur la tète, distribués par bandes altci nativcs ; celle qui court sur le sommet de la tète est brune, ensuite deux jaunes qui surmontent les yeux, puis deux brunes qui prennent naissance derrière les yeux, puis deux jaunes, et enfin deux brunes qui partent des coins du bec. Ce serin est un peu plus petit que celui des Canaries : la longueur de la pointe du bec à iWtrémitc de la queue (que j’app(;lle constamment longueur totale) est d’environ quatre pouces et demi; celle do la queue n’est que d’environ un pouce. La femelle est très-peu dilTérente du mâle, soit par la grandeur, soit pour les couleui's. Cet oiseau est peut-être le même que celui de ^Madagascar, indi(|uè i)ar Flaccourt sous le nom de mangoiche, qu’il dit être une espèce de serin.
Il se pourrait que ce serin, qui par les couleurs a beaucoup de rapports avec nos serins panaches, fût la tige primitive de cette race d’oiseaux panachés,^ et que l’espèce entière n’appartînt qu’à l’ancien continent, et aux îles Canaries, qu’on doit regarder comme parties adjacentes à ce continent; car celui dont parle M. Brisson, sous le nom de serin de la Jamaïque, et duquel Sloane et Bay ont donné une courte dcscrii)tion, me paraît un oiseau d’une espèce dillcrente et même assez éloignée de celle de nos serins, lesquels sont tout à fait étrangers à l’Amérique. Les historiens et les voyageurs nous apprennent qu’il n’y on avait point au Pérou ; que le premier serin y fut porté dans ranuée 1556, et que la multiplication de ces oiseaux dans l’Amérique, et notamment dans les îles Antilles, est bien postérieure à cette époque. Le père Duterlrc rapporte que M, du Parquet acheta, en l’année 1657, d’un marchand qui avait abordé dans ces îles, un grand nombre de serins des Canaries, auxquels il donna la liberté; que, depuis ce temps, on les entendait ramager autour de son habitation, en sorte qu’il y a apparence qu’ils se sont multipliés dans cette contrée. Si l’on trouve de vrais serins à la .lainaïquc, ils pourraient bien venir originairement de ces serins transportés et naturalisés aux Antilles dès l’année 1657. Néanmoins, l’oiseau décrit par MM. Sloane, Hay et Brisson, .sous le nom de serin de la Jamaïque, nous paraît être tropàlifférent du serin des Canaries, pour qu’on puisse le regarder comme provenant de CCS serins transportés aux Antilles.
Tandis qu’on finissait rimpre.ssion de cet article, il nous est arrivé plusieurs serins du cap de Bonne-Espérance, parmi lesquels j’ai cru reconnaître trois mâles, une femelle et un jeune oiseau de l’année. Ce sont tous des serins panachés, mais dont le plumage est émaillé de couleurs plus distinctes et plus vives dans les mâles que dans les femelles. Ces mâles approchent beaucoup de la femelle de notre serin vert de Provence : ils en diffèrent en ce nu’ils sont un peu plus grands, qu’ils ont le bec plus gros à proportion; leurs ailes sont aussi mieux panacliées; les pennes de la queue sont bordées d’un jaune décidé, et ils n’ont point de jaune sur le croupion.
Dans le jeune serin, les couleurs étaient encore plus faibles et moins tranchées que dans la femelle.
Mais, quoi qu’il en soit do ces petites différences, il me paraît prouvé de plus en puis que les serins panachés du Cap, de Mozambique, de Provence, (fltalie, dérivent tous d’une souche commune, et qu’ils appartiennent à une seuh'. et même espèce, laquelle s’est répandue et fixée dans tous les climats del’aiicieucontinentdontellea pu s’accommoder, depuis la Provence et fltalie jusqu'au cap de Bonne-Espérance, et aux îles voisines;
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seulement cet oiseau a pris plus de vert en Provence, plus de gris en Italie, plus de brun ou plus de panaché en Afrique, et semble présenter sur son plumage différemment varié rinfluence des différents climats.
LE WORABÉE.
Famille des conirostres, genre moineau. (Cuviek.)
La seconde espèce, qui nous paraît avoir plus de rapports avec les serins qu’avec aucun autre genre, est un petit oiseau d’Abyssinie dont nous avons vu la figure bien dessinée et coloriée dans les portefeuilles de iM. le chevalier Bruce, sous le nom de worabée d’Abyssinie.
On trouve dans ce petit oiseau, non-seulement les couleurs de certaines variétés appartenant à rcspcce des serins, le jaune et le noir, mais la même grandeur, à peu près la même forme totale, sciihanent un peu plus arrondie, le même bec et un appétit de préférence pour une graine huileuse comme le serin en a pour le mil et le panis.Mais le worabée a un goût exclusif pour la plante qui porte la graine dont je viens de parler, et qui s’appelle nuk en abyssin; il ne s’éloigne jamais beaucoup de cette plante et ne la pcu'd que rarement de vue.
Le worabée a les côtés de la tête jusqu’au dessous des yeux, la gorge, le devant du cou, la poitrine et le haut du ventre jus(iu’aux jambes, noirs; le dessus de la tête et de tout le corps et le bas-ventre jaunes, à l’exception d’une espèce de collier noir qui embrasse le cou par derrière, et qui tranche avec le jaune. Les couvertures et les pennes des ailes sont noires, bordées d’une couleur plus clair-c; les pennes de la queue sont pareillement noires, mais bordées d’un jaune verdâtre; le bec est encore noir et les pieds d’un brun clair. Cet oiseau va par troupes, et nous ne savons rien de plus sur ses habitudes naturelles.