‹ Œuvres complètes de Buffon avec des extraits de Daubenton, et la classification de Cuvier (volume 4)Chapitre 362 sur 525 · DU PINSON · texte numérisé non relu

DU PINSON

lîaUiquc el la Suède, ou ils sont fort communs et où ils nichent, jusqu’au détroit de Gibraltar, et même jusque sur les côtes d’Afrique.

Le pinson est un oiseau très-vif; on le voit toujours en mouvement; et cela, joint à la gaieté de son chant, a donné lien sans doute à la façon de parler proverbiale, gai comme pinson. Il commence à chanter de fort bonne heure au printemps, et plusieurs jours avant le rossignol; il finit vers le solstice d’été. Son chant a paru assez intéressant pour qu’on l'analysât ; on y a distingué un prélude, un roulement, une nnale; on a donne des noms particuliers à chaque reprise, on les a presque notées, et les plus grands connaisseurs de ces petites chos<!s s’accordent à dire que la dernière reprise est la plus agréable. Quelques personnes trouvent son l’amagetrop fort, trop mordant; mais il n’est trop fort que parce que nos orgaires sont trop faibles, ou plutôt parce que nous l’entendons de trop près et dans des appai'temcnts trop résonnants, oh le son direct est exagéré, giUc par les sons rélléchis : la nature a fait les pinsons pour être les chantres des bois; allons donc dans les bois pour juger leur chant, et surtout pour en jouir.

Si l’on met un jeune pinson pris au nid, sous la leçon d’un serin, d’un rossignol, etc., il se rendra propre le chant de scs maîtres : on en a vu [dus d'un exemple; mais on na point vu d’oiseaux de cette espèce qui eussent appris a siffler des airs de notre musique : ils ne savent pas s’éloigner de la nature jusqu'à ce point.

Les pinsons, outre leur ramage ordinaire, ont encore un certain frémissement d’amour qu’ils font entendre au printemps, et de plus un autre cri peu agréable qui, dit-on, annonce la pluie. On a aussi remarqué que ces oiseaux ne chantaient jamais mieux ni plus longtemps que lorsque jiar quelque accident ils avaient perdu la \ ue; et cette remarque n’a pas été plutôt faite, qu(! l’art de les rendre aveugles a été inventé .- ce sont do petits esclav es à qui nous crevons les yeux pour qu’ils puissent mieux servir à nos plaisirs. Mais je me tromper, on n(; leur crève point les yeux ; on réunit seulement la paupière inférieure à la supérieure par une espèce de cicatrice artificielle, en touchant légèrement et à plusieurs reprises les bords de ces deux paupières avec un fil de métal rougi au feu, et prenant garde de blesser le globe de l’œil. Il faut les préparer à cette singulière opération, d’alvord en hîs accoutumant à la cage pendant douze ou (juinze jours, et ensuite en les tenant enfermés nuit et joui- avec leur cage, dans un coflre, afin de les accoutumer à prendre leur noun-ilurc dans robscurité. Ces pinsons aveugles sont des chanteurs infatigables, et l'on s’en sert par préférence, comme d'appeaux ou d'appelants, pour attirer dans les {)iéges les pinsons sauvages : on prend ceux-ci aux gluaux et avec diiféi-entes sortes de fihîts, ('iitrc autres celui d’alouettes; inais il faut (jue les mailles soient plus petites, et proportionnées à la grosseur de l’oiseau.

Le temps de cette chasse est celui oii les pinsons volent en troupes nombreuses, soit en automne à leur départ, soit au prinh'mps à leur retour : il faut, autant que l’on peut, choisir un temps calme, parce qu'alors ils volent plus bas et qu'ils entendent inieiix l’appeau. Ils ne se façonnent point aisément à la captivité ; les [)remiers jours ils ne mangent point on presque point, ils fi-appent continuellement de leur Ijce les bâtons de la cage, et fort soiiv ami ils se laissent mourir.

Ces oiseaux font un nid bien rond et solidement tissu : il semble qu'ils n’ai(mt pas ïuoins d'adresse qu(' de force dans le bec. Ils posent ce nid sur les arbü's ou les arbustes les plus touffus : ils le font (pichpiefois

’ô‘Si HISTOIRE NA'l'LKElJÆ

jusque dans nos jardins, sur les arl)rcs Iruitû.-rs; mais ils le oachenl avec tant de soin, que souvent on a de la peine à l'apercevoir, quoiqu’on en soit fort près : ils le construisent de mousse blanche et de petites racines en dehors, do laine, de crins, de fils d’araignées et de plumes en dedans. La femelle pond cinq ou six œufs gris rougeàtio semés de taches noirâtres plus fréquentes au gros bout. I.e mâle ne la (juitte point tandis qu’elle couve, surtout la nuit; il se tient toujours fort près du nid, et le jour s’il s’éloigne un peu, c’est pour aller à la provision. Il se pourrait que la jalousie fût pour quelque chose dans cette grande assiduité; car ces oiseaux sont d’un naturel ti’ès-jaloux : s’il se trouve; deux mâles dans un même verger au printemps, ils se battent avec acharnement jusqu’à ce que le plus faible cède la place ou succomb(; ; c’est bien pis s'ils se trouvent dans une même volière où il n’y ait qu'une femelle.

Les père et mère nourrissent leurs petits de chenilles et d’insectes; ils en mangent eux-mèmes : mais ils vivent plus communément de petites graines, de celles d’épine lilanchc, di; pavot, de bardane, de rosier, surtout de faine, de navette et de chènevis; ils se nourrissent aussi de blé, et meme d’avoine, dont ils savent fort bien casser les giains pour en tirer la substance farineuse. Quoi(iu’ils soient d’un naturel un peu rétif, on vient à bout de les former au petit exercice de la galère comme les chardonnerets : ils apprennent à se servir de leur bec et de leurs pieds, pour faire monter le seau dont ils ont Ix'soin.

Le pinson est plus souvent posé que perché : il ne marche point en sautillant, mais il coule légèi-cment sur la terre, et va sans cesse ramassant quelque chose. Son vol est inégal ; mais lorsqu’on attaque son nid, il plane au-dessus en criant.

Cet oiseau est un peu plus petit que notre moineau; il est trop coimii pour le décrire en détail : on sait qu’il a les côtés de la tète, le devant du cou, la poitrine et les lianes d’une belle couleur vineuse ; le dessus de la tète et du corps marron, le croupion olivâtre et une tache blanche sur Taile. La femelle a le bec plus effilé et les couleurs moins vives ; mais soit dans la femelle, soit dans le mâle, le plumage est fort sujet à varier. J’ai vu une femelle vivante, prise sur ses œufs le 7 mai, qui différait de celle que M. Brisson a décrite; elle avait le dessus de la tète et du dos d’un brun olivâtre, une espèce de collier gris qui environnait le cou par dcirière, le ventre et les couvertures inféiicures de la queue, blancs, etc. Parmi les mâles, il y en a qui ont le dessus de la tète et du' cou cendré, et d’autres d’un brun marron; quelques-uns ont les pennes de la quem; les plus voisines des deux intermédiaires bordées de blanc ; et d’autres les ont entièrement noires : est-ce l’âge qui produit ces petites différences?

Un jeune pinson pris sous la mère, dont les pennes de la queue étaient dqjà longues de six lignes, avait le dessous du corps comme la mère, le dessus d’un brun cendré, le croupion olivâtre; ses ailes avaient déji^;s deux raies blanches; mais les bords du bec supérieur n’étaient ■^it encore échancrés près de la pointe, comme ils le sont dans les mâles adultes; ce qui me ferait croire que cette échancrure, qui se trouve dans lieancoup d’cspèees, ne dépend pas immédiatem(;nt de la première organisation, mais que c’est un effet secondaire et mécanique, produit par la pression continuelle de l’extrémité du bec inférieui-, qui est un peu plus court, contre les bords du bec supérieur.

Tous les pinsons ont la queue fourchue ('I composée de douze pennes; le fond de leurs plumes est ccndi’é obscur, et leur chair n'esi pas bonne à manger. La durée de leur vie est de st-pt ou huit ans.

J)U PINSON D’ARÜENNE. 53;{

Longueur totale, six pouces un tiers; hee, six^ lignes; vol, près de dix pouces; queue, deux pouces deux tiers : elle dépasse les ailes d’environ seize lignes.

Variétés du pinson.

Indépendamment des variations fréquentes de plumage que l’on peut remarquer dans les pinsons d’un meme pays, on a observé parmi les pinsons de dili'érents climats des variétés plus constantes,^ et (juc les auteurs ont jugées dignes d’ètre décrites. Les trois premières ont été observées en Suède, et les deux autres on Silésie.

I. Le piixsoN A AILES ET QUEUE xoiiiES. Il a OU effet les ailes entièrement noires; mais la nonne extérieure de la queue et la suivante sont bordées de blanc en dehors, depuis le milieu de leur longueur. Cet oiseau se tient sur les arlires, dit IM. Linnæus.

II. Iæ pixsox brun. 11 est remarquable par sa couleur brune et par son bec jaunâtre : mais cette couleur brune n’est point uniforme ; elle est moins foncée sur la partie antérieure, et participe du cendré et du noirâtre sur la partie postérieure. Cette vari(;tc a les ailes noires comme la précédente, les piecls de meme couleur et la queue fourchue. Les Suédois lui donnent le nom de riska, dit M. Linnæus.

III. Le pixso.x brux huppé. Sa huppe est couleur de feu, et c’est le trait caractéristique qui le distingue de la variété précédente. M. Linnæus disait en 1740 qu’il sctiouvait enNortland, c’est-à-dire dans la partie septentrionale de la Suède ; mais douze ans après il a cru le reconnaitre dans la linotte noire de Klein, et il a dit en général qu’il se trouvait en Europe.

IV. Le Pixsox BLAxe. 11 est fort rare, selon Schwenckl'eld, et ne diffère que par la couleur de notre pinson ordinaire. Cessner atteste qu’on avait vu un pinson dont le plumage était entièrement blanc.

V. Le pixsox a collier. Il a le sommet de la tète blanc, et un collier de la même couleur : cet oiseau a été pris dans les bois, aux environs do Kotzna.

LE PINSON D’AllDENNE.

(le OROS-BEC n’ARnEXXE.)

Genre moineau, sous-genre pinson. (Cuvier.)

Il pourrait se faire que ce pinson, qui passe généralement pour le pinson de montagne ou Vornspiza d’Aristote, ne fût que son spiza ou son pinson proprement dit; et que notre pinson ordinaire, qui passe généralement pour son spiza, lut son véritable orospiza ou pinson de montagne ; voici mes raisons :

Les anciens ne faisaient point de descriptions complotes; mais ils disaient un mot, soit des qualités extérieures, soit des habitudes, et ce mot indi(}uait ordinairement ce qu’il y avait de plus remarquable dans 1 animal. Vorospiza. dit Aristote, est semblable au spiza : il est un peu moins gros; il a fe cou bleu; enfin il se tient dans les montagnes. Or, toutes ces propriétés appartiennent h notre pinson ordinaire, et quelques-unes d’elles lui appartiennent exclusivement.

1” 11 a beaucoup de ressemblance avec le pinson d’Ardcnne par la supposition même; et pour s’en convaincre, il ne faut que les comparer

l’un à 1 autre | d’ailleurs il n’est pas un seul méthodiste qui iTuit rapporté ces. deux espèces au même genre.

2" Notre pinson ordinaire est un peu plus petit que le pinson d’Ar- (lenne, suivant le témoignage des naturalistes, et suivant ce que j’ai observe raoi-mème.

3" Notre pinson ordinaire a le dessus de la tète et du cou d’un cendré bleuâtre, au lieu que dans le pinson d’Ardennc ces memes parties sont variées de noir lustré et de gris jaunàfnî.

4" Nous avons remarejué ci-dessus, d’après Olina, qu’en Italie notre pinson ordinaire se retire l’été dans les montagnes pour y nicher; et comme le climat de la Grèce est fort peu dilférent de celui de l’Italie, on [MHit supposer par analogie, à défaut d’observation, qu’en Grèce notre [linson ordinaire niche aussi sur l(;s montagnes.

5" Enfin le sjnza d’Aristote semble chercher, suivant ce philosophe, les pays chauds pendant l’été, et les pays froids pendant riiiv cr. Or, cela convient beaucoup mieux aux pinsons d’Ardcnne qu’aux pinsons ordinaires, puisqu’une grande {)artie de ceux-ci ne voyagent point, et que ceux-là non-seulement sont voyageurs, mais qu’ils ont coutume d’ai river au fort de l’hiver, dons les diftérents pays qu'ils parcourent ; c’est ce que nous sav ons pai- expérience, et ce qui d’ailleurs est attesté pai- les noms de pinson d’hiver, pinson de neige, que l’on a donnés en divers pavs au pinson d’Ardcnne.

De tout cola, il résulte, ce me semble, que très-probablement ce dernier est le spiza d’Aristote, et noti-e pinson ordinaii e son (rrosniz-a.

^ Les pinsons d Ardcnne ne nichent point ilans nos pays; ils y passent d’années à autres en très-grandes troupes. Le ton ps dedeur passage est l’automne et rhiver : souvent ils s’en retournent au bout de. huit ou dix jours; quelquefois ils restent jusqu’au printemps. Pendant leur séjour ils vont avec les pinsons ordinaires, et se retient comme eux dans les feuillages. Il en parut des volées très-nombreuses en Rourgogne, dans Thiver de 1774, et dos volées encore plus nombreuses dans le "pays de Virtenberg, sur la fin de décembre 1773; ceux-ci allaient se gîter tous les soirs dans un vallon sur les bords du Rhin, et dès l’aube du jour ils prenaient leur vol : la terre était toute couverte de leur fiente. La même chose avait été observée dans les années 1735 et 1757. On ne vit peut-être jamais un aussi grand nombre, de ces oiseaux on Lorraine, (pie dans t’hiver de 1765; chaque nuit on en tuait plusdesix cents douzaines, dit M. Lottinger, dans les forêts de sapins qui sont à quatre ou cinq lieues de Sarrebourg. On ne prenait pas la [)eine de les tirer, on les assommait à coups de gaule; et, quoiepie cc massaci'c eût duré tout rhiver, on ne s’apercevait presque pas à la fin que la troupe eût été entamée. 31. Willughby nous apprend qu’on en voit licaucoup aux env irons de Venise, sans doute au temps du passage; mais nulle part ils ne, reviennent aussi régulièrement ([UC dans les forêts de Weissembourg, où abonde h; liêtre, et par conséc|ucntla faîne, dont ils sont très-friands. Ils en mangent le jour et la nuit; iis vivent aussi do toutes sortes de petites graines. Je me persuade que ces oiseaux restent dans leur pays natal tant (ju’ils ,y trouvent la nourriture (pii leur convient, et que c’est la disette qui les oblige à voyager: du moins il est certain que l’abondance des graines qu’ils aiment de préférence ne suffit pas toujours pour les attirer dans un pavs, même dans un pays qu’ils connaissent; car cm 1774, quoiqu’il y eût abondance de laîne en Lorraine, ces pinsons n’y parurent pas et prirent une autre route : l’année suivante, au contraire, on en vit quelques troupes.

DU PINSON D'AHDKNNE. ."iSo

([Uüiquc lu laine ei'il manqué. J.orsqu'ils arrivent chez nous ils ne sont point lin tout sauvages, cl se laissent approcher de fort près. Us volent serrés se posent et pai'tent de même; cela est au point que l’on en peut tuer douze d’un seul coup de fusil.

Kn pilturant dans un champ ils font à peu près la même manœuvre (pie les pigeons; de temps en temps on on voit quelques-uns se porter en avant, lesquels sont hientùt suiv is de toute la bande.

Ce sont, commeron voit,dcsoiseau\eonnus et répandus dans toutes les parties de rEuro[)C, du moins parleurs voyages; mais ils ne se bornent point à l’Europe. Al. Edvvanlsen a vu qui venaient de la baie d’IJudson, sous le nom û’ oiseaux de neù/c-, et les gens qui fréquentent cette contrée lui ont assm-é qu’ils étaient les primiiers à y reparaître chaque année au retour du printemps, avant mi'mc que les neiges fussent fondues.

La chai r dos pinsons d’Ardeime, quoique un peu amère, est fort bonne à manger, et ceilainement meilleure que celle du pinson ordinaire. Leur plumage est aussi plus varié, plus agréable, plus velouté; mais il s’en laut beaucoup qu ils chantent aussi bien : on a comparé leur voiv tà celle vie la chouette et à celle du chat. Us ont deux cris : Tun est une espèce de piaulement; l’autre qu’ils tout entendre étant posés à terre, approche de celui dutraquet; mais il n’est ni aussi fort ni aussi [trononcé. Quoique nés avec si peu de talents naturels, ces oiseaux sont néanmoins susceptibles de talents acquis : lorsqu’on les tient à portée trun autre oiseau dont le ramage est plus agréable, le leur s’adoucit, se perfectionne et devient .semblable à celui qu’ils ont entendu. Au reste, pour avoir une idée juste de leur voix, il faudrait les avoir ouïs au temps de la ponte; car c’est alors, c’est en chantant l’hymne de l’amour, que les oi.seaux font entimdre leur véritable ramage.

Un chasseur qui avait voyagé m’a a.s.suré que cos oiseaux nichaient dans le J.uxembourg; qu il.s posaient leurs nids sur les sapins les plus branehus, assez haut; qu’ils commençaient à y travailler sur la fin d’aviil; qu’ils y employaient la longue mousse des sapins au dehors, du crin, de la laine et des plumes au dedans; que la femelle pondait riuatrc ou cinq œufs jaunâtres et tachetés, et que les petits commençaient a voltiger de branche en branche dès la fin de mai.

Le pinson d’Ardeune est, suivant Uclon, un oiseau courageux et qui se diîfcnd avec son bec jusqu’au dernier soupir. Tous conviennent qu’il est d’un naturel plus doux que notre pinson oi'dinaire, et qu’il donne plus facilement dans les pièges. On en tue beaucoup à certaines chasses que l’on pratique dans le pays de Weissembourg, et qui méritent d’etre connues. On se rassemble pour cela dans la petite ville de BorgzaI)ci-n ; et le jour étant pris on envoie, la veille, des observateurs à la découverte, pour remarquer les ai-bres sur lc.squels ils ont coutume de se poserle soir; c’est communément sur de petits picéas et sur d’autres arbres toujours verts. Ces observateurs, de retour, servent de guides à la troupe; elle part le soii' avec des (lambeaux et dos sarbacanes : les llambeaux ser- V ont à éblouir les oiseaux et à éclairer les chasseurs; les .sarbacanes servent à ceux-ci pour tuer les pinsons avec de petites boules de terre .sèche. On les tire de très-près, afin de ne les point manquer; car .s’il y en avait un seul qui ne fut que blessé, scs ciis donneraient infailliblement l'alaime aux autres, et bientôt ils s’envoleraient tous à la fois.

La nourriture principale do ceux que l’on veut avoir en cage, c’est le pannis, lechènevis, la faîne, etc. Olina dit qu’ils vivent quatre ou cinq ans.

o3G illSTOIHIi NATljRELIÆ

Leur plunmge est sujet à vurier dans les ditléreuls individus; quelques luûles ont la gorge noire, et d’autres ont la tète absolument blanche et les couleurs plus faibles. Fi'isch l'omanpic que les jeunes mâles, lorsqu’ils arrivent, ne sont pas si noii's et n’ont pas tes couvertures inférieures des ailes d’un jaune si vif que lorsqu’ils s’en retournent. 11 peut se faire que l’age plus a\ ancé amène encore d’autres différences dans les deux sexes, et de là toutes celtes que l’on remarque dans les descriptions.

Le pinson qui; j’ai observe pesait une once : il avait le front noir; le dessus de la tète et du cou et le haut du dos, variés de gris jaunâtre et de noir lustré ; la gorge, le devant du cou, la poitrine et le croupion d’un roux clair; les petites couvertures de la base de l’aile d’un jaune orangé: les autres formaient deux raies transv ersales d’un blanc jaijnâtrc, séparées par une bande noire plus large. Toutes les pennes de Tailc, excepté les trois premières, avaient sur leur bord extérieur, h l’endroit où finissaient les grandes couvertures, une tache blanche d’env iion cinq lignes de long; la suite de ces taches formait une troisième raie blanche, qui était pai'allèlc aux deux autres dans l’aile étendue, mais qui, dans Taile repliée, ne paraissait que sous la forme d’une tache oblongue presque parallèle à la côte des pennes; enfin ces memes pennes étaient d’un très-beau noir, boixiées de blatic : les petites couvertures inférieures des ailes les plus proches du corps se faisaient remarquer par leur belle couleur jaune. Les pennes de la queue étaient noires, bordées de blanc ou de blanchâtre; la queue fourchue, les flancs mouchetés de noir; les pieds d’un brun olivâtre; les ongles peu arqués, le postéiâeur le plus fort de tous; les bords du bec supérieur échancrés près de la pointe; les bords du bec inférieur rentrants et reçus dans le supérieur, et la langue divisée par le bout en plusieurs filets très-déliés.

Le tube intestinal avait quatorze pouces de longueur; le gésier était musculeux, doublé d’une membrane cartilagineuse^ sans adhérence, précédé d’une dilatation de Tœsophage, et encore d’imjabotqui avait cinq à .six lignes de diamètre; le tout rempli de petites graines sans un seul petit caillou. Je n’ai vu ni cæcum ni vésicule du fiel.

La femelle n’a point la tache orangée de la base de Taile, ni la belle couleur jaune de ses couvertures inférieures; sa gorge est d'un roux plus clair, et elle a quckpie chose de cendré sur le sommet de la tète et derrière le cou.

Longueur totale, six pouces un quaiT; bec, six lignes et demie; vol, près de dix pouces; queue, deux pouces un tiers ; elle dépasse les ailes d’environ quinze lignes.

LE GRAN1)->10NTAIN.

(le bruaxt-moxtaix.)

Ordre des passereaux, famille des coniroslres, genre bruanl. (CrviER.)

Ce pinson est le plus grand de ceux qui habitent l’Europe; Klein dit qu’il égale l’alouette en grosseur. 11 se trouve dans la Laponie, aux environs de Torneo. Il a la tète noirâtre, variée de blanc roussâtre, ornée de chaque côté d’une raie blanche, qui part de Tæil et descend le long du cou; le cou, la gorge et la poitrine d’un roux clair; te ventre et tout ce qui suit, blanc; le dessus du corps roussâtre varié de brun ; les ailes noires

DL BlUJNKT. r,;i7

Ijoi'dées de jaune pâle cl \eidùlre, et tra\ei'sées par une raie blanche; la cfueue lourchue, composée de douze pennes presque noires, bordées' de jaunâtre; le bec couleur de corne, plus l'oucee vers la pointe; les pieds noirs.

Longueur totale, six pouces et demi ; bec, sept lignes, comme le pied et le doigt du milieu ; vol, onze pouces et demi ; queue, deux pouces et demi ; elle dépasse les ailes de dix lignes.

- LE PINSON DE NEIGE OU LA NlYEROLLE.

Genre moineau, sous-genre pinson. (Cuvieh.)

Uelte dénomination est fondée apparemment sur la couleur l)lanchc de la gorge, de la poitrine et de toute la partie inférieure de l’oiseau, comme aussi sur ce qu’il habite les pays froids, et qu’il ne paraît guère dans It^ pays tempérés qu’en hiver, et lorsque la terre est couverte de neige. Il a les ailes et la queue noires et blanches; la tète et le dessus du cou cendré, en quoi il se rapproche de notre pinson; le dessus du corps gris brun varié d’une couleur plus claire; les couvertures supérieures de la queue tout à fait noires, ainsi que le bec et les pieds.

Longueur totale, sept pouces; bec, sept lignes; pieds, neuf lignes et demie; vol, douze pouces; queue, deux pouces sept lignes; elle dépasse les ailes de huit à neuf lignes.

LE BRUNOR.

Genre moineau, sous-genre pinson. (Ctiviep.I

Ce nom renferme une description en raccourci; car l’oiseau à qui on l’a donné et qui est le plus petit de tous les pinsons connus, a la gorge, la poitrine et tout le dessous du corps d’un orange rougeâtre : il a de plus la tête et tout le dessus du corps d’un brun foncé; mais les plumes et même les pennes sont bordées d’une nuance plus claire, ce qui produit une couleur mêlée; enfin il a le bec blanc et les pieds bruns.

HL Edwards, à qui nous devons la connaissance de cet oiseau, n’a pu découvrir de quel pays il venait. M. Linnæus dit qu’il se ti’ouve aux Indes.

Longueur totale, trois pouces et un quart; bec, trois lignes et demie; pieds, quatre lignes et demie; queue, un pouce; elle dépasse les ailes de six lignes.

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