‹ Œuvres complètes de Buffon avec des extraits de Daubenton, et la classification de Cuvier (volume 4)Chapitre 361 sur 525 · LE PINSON · texte numérisé non relu

LE PINSON

(le ckos-bec rnsox.)

Gnnre moineau, sous-genre pinson. (Cuvier.)

Cet oiseau a beaucoup de force dans le bec : il sait très-bien s’en servir pour se faire craindre dos aulres petits oiseaux, comme aussi pour pincer

jusqu au sang l(;s personnes qui le liennent ou qui veulent le prendre; et c est poui' cela suivant plusieurs auteurs, il a reçu le nom de, pinson ; mais comme 1 uahituclc de pincer n’est rien moins que propre à cette espece, que même elle lui est commune, non-seulement avec beaucoup d autres espèces d’oiseaux, maisavccbeaucoupd’animaux de classes toutes difiérentes, quadrupèdes, millepèdes, bipèdes, etc., je trouve mieux l'ondée l’opinion de Frisch, qui tire ce mot pinson de pincio, latinisé du mot allemand pinck, qui semble avoir été lormé d’après le cri de l’oiseau.

Les pinsons ne s’en vont pas tous en automne; il y im a toujours un assez bon nombre qui restent Thiver avec nous : je dis avec nous, car la plupart s’approchent en efï'et dos lieux habités, et viennent jusque dans nos basses-cours où ils trouvent une subsistance plus facile; ce sont de [letits parasites qui nous recherchent pour vivre à nos dépens, et qui ne nous dédommagent par rien d’agréable : jamais on ne les entend chanteidans cette saison, à moins qu’il n’y ait oc beaux jours; mais ce ne sont que des moments, et des moments fort rares : le reste du temps ils se cachent clans des haies fourrées, surdos chênes ejui n’ont pas encore perdu leurs feuilles, sur des arbres toujours verts, quelquefois même dans des trous de rochers, où ils meun'iit lor.squo la saison est trop rucle. Ceux qui passent en d’autres climats, se réunissent assez souvent en troupes innombrables ;maisoù vont-ils? M. Frischcroil qucc’estdansles climats septentrionaux, et il se fonde : I" sur ce qu’a leur retour ils raniènent avec eux des pinsons blancs qui ne se trouvent guère que dans ces climats ; 2;'' sur ce qu’ils ne ramènent point de petits, comme ils feraient s’ils eussent passé le temps de leur absence dans un pays chaud où ils eussent pu nicher, et où ils n’auraient pas manqué de le'laire : tous ceux qui reviennent, mâles et femelles, sont adultes; 3" sur ce qu’ils ne craignent point h' froid, mais seulement la neige, qui en couvrant les campagnes les prive d’une partie de leur subsistance.

Il faut donc, pour concilier tout cela, qu’il y ait un pays au Nord où la neige ne couvn; point la terre : or, on pi'étend que h's déserts ch; la Tartarie sont ce pays; il y tombe certainement de la neige, mais les vents Temportent, dit-on, à mesure quelle tombe, et laissent cTe grands espaces découverts.

Une singularité très-remarquable dans la migration des pinsons, c’est ce cfuc dit Gessner de ceux de la Suisse, et MrLinnæus de ceux de la Suède, que ce sont les femelles qui voyagent, et que les nicàles restent l’hiver dans le pays; mais ces habiles naturalistes n’auraient-ils pas été! trompés par ceux qui leur ont attesté ce fait, et ceux-ci par quelque altération périodique dans le plumage des hnnellcs, occasionnée par hi froid ou par quelque autre eau.se? Le changement de couleur me paraît plus dans l’ordre de la nature, plus conforme îi l'analogie, que cette .séparation à jour nommé des mâles et des femelles, et que la fantaisie de celles-ci de voyager seules et de quitter leur pays natal où elles pourraient trouver <à vivre tout aussi bien (pie leurs malos.

Au reste, on sent bien (pie l’ordre de ces migrations doit varier dans les diirérents climats. Aldrovande assure que les ])insons font rarement leur ponte aux envii'ons de Roulogne, et qu’ils s'en vont presqiu! tous sur la fin de Fliiver pour rcnimir l'automne suivant, .le vois au contraire, par le témoignage de Willughby, qu’ils passent toute l’année en Angleterre, et qu’il est peu d’oiseaux (pie l’on y voie aussi frécpiemmcnt.

Ils sont généralement répandus dans toute l'Europe, (h'puis la mer

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