LE NOIR-SOUCI
Genre moineau, sous-genre pinson. (Cuvier.)
C'est ici une espèce nouvelle à qui j’ai cru devoir donner un nouveau nom; ce nom est formé des couleurs principales qui régnent dans le plumage de l’oiseau : il a la gorge, le devant du cou et la poitrine souci; le dessus du corps noirâtre ; les pennes des ailes et de la queue de môme, bordées extérieurement de bleu; la tète et le dessus du cou du même bleu ; le ventre et les couvertures inférieures de la queue d’un jaune soufre; le bec noirâtre, court, fort et convexe; le bec inferieur d’une couleur plus claire; les narines rondes, situées dans la base du bec et percées à jour; la langue demi-cartilagineuse et fourchue; les pieds d'un brun rougeâtre, le doigt du milieu uni à l’extérieur par une membrane jusqu’à la première articulation ; le doigt postérieur le plusgros de tousles doigts, et son ongle le plus fort de tous les ongles, lesquels, en général, sont aigus, arqués et creusés en gouttièi'e.
Ces oiseaux vont par couples : le mâle et la femelle paraissent avoir l’un pour l’autre un attachement et une fidélité réciproques; ils se tiennent dans les terres cultivées et les jaixlins, et vivent d’hei'bes et de graines. M. Commerson, qui le premier a fait connaître cet oiseau, et qui i’a observé à Buénos-Ayres, dans le mois de septembre, marque sa place entre les pinsons et les gros-becs. 11 dit que sa grosseur est oîgale à celle du moineau.
Longueur totale, sept pouces; bec, scptlignes;vol, onze pouces et demi; queue, trente-trois lignes; elle est composée de douze pennes égales; les ailes ont dix-sept pennes: la deuxième et la troisième sont les plus longues de tontes.
LES VEIA ES.
Toutes les espèces de veuves se tiouvent en .Vfrique ; mais elles n’appaiTicnnenl fias exclusivement à ce climat, puisqu’on en a vu (ui Asie
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et jusqu’aux îles l’iiilippiucs : toutes ont le bec clos graniv ores, de l'orme conique, plus ou moins raccourci, mais toujours assez fort pour casser les gi’aincs dont elles se nourrissent: toutes sontremarqual)les par leur longue queue, ou plutôt par les longues plumes cpii, dans la plupart des espèces, accomjiagnent la véiitable queue du mâle, et prennent naissance plus hautcl plus basqiK'lerang despennesdonteettequeucestcomposée ; toutes enlin, ou pn'sqne toutes, sont sujettes à deux mues par an, dont l’intervalle, qui répond à la saison des pluies, est de six à huit mois, pendant lesquels les mâles sont privés, non-seulement de la longue c(ueuc dont je viens de parler, mais encore de leurs belles couleurs et de leur joli ramage. Ce n’est qu’au retour du printemps cm’ils commencent à recouvrer les beaux sons de leur voix, à rcprennie leur véritable plumage, leur longue queue, en un mot, tous les attributs, toutes les mai-qucs de leur dignité de mâles.
I.es lemellcs, qui subissent les memes mues, non-seulement perdent moins, parce qu elles ont moins à perdre, mais elles n’éprouvent pas :oèmc de changement notable dans les couleui's de leur plutnage.
Quant à la première mue des jeunes nifilcs, on sent bien qu’elle ne peut avoir de temps lixe, et qu’elle est avancée ou retardée suivant l'époque de leur naissance: ceux qui sont venus des premières pontes commencent à prench-e leur longue queue dès le mois de mai ; ceux au contraire qui sont \ enus des dernières pontes ne la prennent qu’en septembre et meme en octobre.
Les voyageurs disent que les veuves font leur nid avec du coton; que cc nid a deux étages; (]uc le mâle habite l’étage supérieur, et que la femelle.couve au rez-de-chaussée. 11 serait possible de vérifier ces petits faits en Europe et même en France, où par des soins bien entendus on pourrait faire pondre et couver les veuves avec succès, comme on l’a fait en Hollande.
Ce sont des oi.seaux très-vifs, très-remuants, qui lèvent et baissent sans cesse leur longue queue : ils aiment beaucoup à se baigner, ne sont point sujets aux maladies, et vivent jusqu’à douze ou quinze ans. On les nourrit avec un mélange d’alpiste et de millet, et on leur donne pour rafraîchissement des feuilles de cliicorée.
Au reste, il est assez singulier que ce nom de veuves, sous lequel ils sont généralement connus aujourd’hui , et qui paraît .si bien leur convenii'j^ soit à cause du noir qui domine dans leur plumage, soit à cause de leur queue traînante, ne leur ait été néanmoins donné (pie par pure m(‘prise : les Portugais les appelèrent d’abord oiseaux de Whidha (c’est-àdire de Juida), parce qu’ils sont très-communs sur cette côte d’Afrique. La ressemblance de ce mot avec celui qui signifie veuve en langue portugaise, aura pu tromper des étrangers; quelques-uns auront pris run p(mr l’autre, et cette erreur se sera accréditée d’autant plus aisément, que le nom de veuves parais.sait à plusieurs égards fait pour c(‘s oisi'aux.
On trouvera ici huit espèces de veuves, savoir.: les cinf(espèe('s d(’jà connues, et qui ont été décrites par .H. lîiisson; deux espcc.i's nouvelles très-distinguées et remarquables par la belle plaque rouge ([u’cllcs ont l’une sur l’aile, et l’autre sur la poitrine. Enfin, j’ajoute à ces sept espèces ci'lle de l’oiseau que M. Hrisson a appelé linoife à loinjiæ <iueuc. et qui, ne fût-ce que par cette longue queue, me paiaît av oir {dus de rapport avec les veuves qu’avec les linottes.
DE LxV VEUVE A QUATRE BRINS.