‹ Œuvres complètes de Buffon avec des extraits de Daubenton, et la classification de Cuvier (volume 4)Chapitre 384 sur 525 · LE VERDIER SANS VERT · texte numérisé non relu

LE VERDIER SANS VERT

Genre moineau sous-genre gros-bec. (Ccviek.)

Il n’y aurait sans doute jamais eu de verdier, s’il n’y eut pas eu d’oiseau à plumage vert; mais le premier verdier ayant (Té nommé ainsi ;i cause de sa couleur, il s’est trouvé d’autres oiseaîix qui, lui ressemblant à tous égards, excepté par les couleurs du plumage, ont clèi recev oir la même dénomination do verdier : tel est l’oiseau doiit il s’agit ici. C’est un verdier presque sans aucun vert, mais qui dans tout le reste a plus de rapport avec notre verdier qu’avec tout autre oiseau. 11 a la gorge blanche, le dessous du corps de la môme couleur; la poitrine varice de brun;

DU CHAHDOiXNUHET. Sol

le dessus de la lètc et du eorps nièh; de gris et de hnin \erdfitre; une teinte de roux au bas du dos et sur les eoiivertui-es supérieures des ailes d'un roux décide j les pennes moyennes bordées (îxtérieiiremc'nt de cett(! couleur; les grandes pennes cl les grandes couvertures bordées de blanc roussâtre, ainsi que les pennes latérales de la queue; enfin la plus extérieure de ces dernières est lerniinée par une tache de ce même l>ianc, et elle est plus courte que les autres. Parmi les pennes de l’aile, la seconde et la troisième sont les plus longues de toutes.

Cet oiseau a été apporté du cap de Ikmnc-Espérance par M. Sonnerai.

I.ongueur totale six pouces un tiers; bec, six lignes; tarse, sept lignes; queue, environ doux pouces et demi : elle dépasse les ailes de seize lignes.

LE CHARDONNEllET.

(le GUOS-BEC CHAUnOiNXEUET.)

Ordre des passereaux, famille des cuiiireslrcs , genre moineau, sous-gciiic chardoiiiiercl. (OeviEK.)

Reajité du plumage, douceur de la voix, finesse de l’instinct, adresse singulière, docilité â répreuve; ce charmant petit oiseau réunit tout, et il ne lui mancjue que d’etre rare et de venir d’un pays éloigné, pour êtr e estimé ce qu’il vaut.

I.e rouge cramoisi, le noir velouté, le blanc, le jaune doré, sont les principales couleurs qu’on voit briller sur son plumage, elle mélange bien entendu de teintes plus douces ou plus sombres leur donne encore plus d’éclat; tous les yeux en ont été frappés également, etplusieuis des noms qu’il porto en différentes langues sont relatifs à ces belles couleurs. Les noms tle chrysomkre.s, d'aurivillis, de (/old-fmck, n’ont-ils pas en (dlct un rapport évident à la plaque jaune dont ses ailes sont décorées; ct'lui de roUwoyd, au rouge, de sa tète et de sa gorge; ceux d'asteres, d'astrolinus, à l’éclat de ses diverses couleurs; et ceux de poihTIs, de varia, à rcîffet qui résulte de leur variété? Lorsque ses ailes sont dans leur état de repos, chacune présente une suite de points blancs, d’autant plus apparents qu’ils SC trouventsur un fond noir. Cesontautantde petites taches blanches quj teiminent toutes les pennes de l’aile, c.\ceptc les deux ou trois premières. ].,es p(;nncs de la queue sont d’un noir encore plus foncé; les six intermédiaires sont terminecsd(! blanc, elles deux dernières ontde chaque côté, sur leurs barbes intérieures, une tache blanche ovale très-remarquable. Au reste, tous ces points blancs ne sont pas toujours en même nombre, ni distribués de la même manière*, et il faut avouer qu’en général le plumage des chardonnerets est fort variable.

* f.PS (•harduniicret'i qui onl les six pennes inlcrméitiairos <f • l,i queue lorminées ilo Itliuic s’appi'flenl .sizains ; roux qui en onl huit siml appelés huifuim ; ceux qui en onl (jualre sonl aiipclcs qualruins ; enlin, quelqu'Oi-uns n’en onl que deux ; el c n n’a pas uianqué d’aliribucr au noinbre de ces peliies ladies la ilinércnce qu'on a rcniai-quéedans le chanl de chaque individu. On prélcnd que ce sonl les sizai .s qui cliantenl le mieux, mai.» c'esi sans aucun l'otideinenl, puisque souvenl roisean qui éiail sizain pendanl l'elé devient qiialraiii ajnès l.i n ne. quoiqu’il chante loujours de même Kramerditdans s in Elenchns végétal, cl animal. Auslrijû inl'erions, pag. Hfili, que les pennes de la queue cl des ailes ne sont lerniinées de blane que pendanl l’automne. et qu’elles sonl eiUièremeiil noiri-s au prinlcm|is. Cela est ilit trop gcnéraleineiil. J’ai sous les yeux, aujourd’hui fi avril, deux mâles ehardoiinerels qui ont louios les pennes des ailes (excepté les deux pieinicres) el les six inleimédiaiies de. la qoene lerrniuccs de blanc, el qui onl aussi les ladics b’anehi'S ovales sur le côté inieiieiir des deux pennes lalcrales de la queue.

:m HlSTOIRIi NA rLHKi.LE

La fcmcilc a moins de ronge que le niùle, et n u point du tout de noir. J.es jeunes ne prennent leur beau rouge que la seconde année; dans les premiers temps leurs couleurs sont ternes, indécises, et c’est pour cela qu’on les appelle grisets : cep('ndant le jaune des ailes paraît de trèsbonne heure, ainsi (jue les taches blanches des pennes de la queue ; mais CCS taches sont d’un Idunc moins pur.

Les mâles ont un ramage très-agréable et très-connu : ils commencent à le faire entendre vers les premiers jours du mois de mars, et ils continuent pimdant la liellc saison; ils le conservent même l’hiver dans les poêles où ils trouvemt la température du printemps. Aldrovande leur donne le second rang parmi les oiseaux chanteurs, et M. Daines Harrington ne leur accorde que le sixième. Ils paraissent avoir plus de disposition à prendre le chant du roihîlet que celui de; tout autre oiseau : on en voit deux exemples, celui d'un joli métis sorti d’un chardonneret et d'une serine, obscîrvé à Paris par M. Salcrne, et celui d’un chardonneret qui avait été pris dans le nid deux ou trois jours après qu’il était éclos, et cjui a clé entendu par M. Daines Barrington. Ce ciernier observateur suppose, à la vérité, que cet oiseau avait eu occasion d’('nt('ndrc chanter un roitelet, et que ces sons avai(mt été, sans doute, les premiers qui eussent frappé son oreille, dans le temps où il comiru'nçaità être sensible au chant et capable d’imitation; mais il faudrait donc faire la meme supposition pour l’oiseau de M. Salcrne, ou convenir qu’il y a une singulière analogie, quant aux organes de la voix, entre le roitelet et le chardonneret.

On croit généralement en Angleterre, que les chardonnerets de la province de Kent chantent plus agréablement (jue ceux de toutes les autres provinces.

Ces oiseaux sont, avec les pinsons, ceux qui savent le mieux construire Icurnid, en rendre le tissu plus solide, lui donner une forme plus arrondie, je dirais volontiers plus élégante : les matériaux qu’ils y emploient sont pour le dehors la mousse fine, les lichens, l’hépatique, les joncs, les petites racines, la bourre de chardons, tout cela entrelacé avec tcaucoup d’art; et pour l’intérieur, l'hcrbc sèche, le ci'in, la laine et le duvet. Ils le posent sur les arbres, et par préférence sur les pruniers et les noyers; ils choisissent d’ordinaire les branches faibles et cjui ont beaucoup de mouvement : guclquelbis ils nichent dans les taillis; d’autres fois, dans de? buissons épineux; et l’on pnitend que les jeunes chardonnerets qui proviennent de ces dernières nichées ont le plumage un peu plus rembruni, mais qu’ils sont plus gais et chantent mieux que les autres. Olina dit la même chose de ceux qui sont nés dans le mois d’août. Si ces remarques sont fondées, il faudrait élever par préférence les jeunes chardonnerets éclos dans le mois d’août, et trouvés dans des nids établis sur des buissons épineux. La femelle commencera pondre vers le milieu du printemps; cette première ponte est do cinq œufs, tachetés de brun rougeâtre vers le gros bout. Lorsqu’ils ne viennent pas à bien, elle fait une seconde ponte, et même une troisième lorsque la seconde ne réussit pas; mais le nombre des œufs va toujours en diminuant à chaque ponte. Je n’ai jamais vu plus de quatre œufs dans les nids qu’on m’a apportés au mois de juillet, ni plus de cleux dans les nids du mois de septembre.

Ces oiseaux ont beaucoup d’attachement pour leurs petits ; ils les nourrissent av ec des chenilles et d'autres insectes, et si on les prend tous à la fois et qu’on les renferme dans la même cage, ils continueront d’eq avoir soin. 11 est vrai que de quatre jeunes chardonnerets que j ai lait

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ainsi noiüiir en cage par leurs père cl mère, prisouniei's, aucun n’a vécu plus d’un mois, .l’ai allrihué cela à la nourritui'e, qui uo pouvait être aussi bien choisie; qu’elle l’est dans l'état de liberté, et non à un prétendu désespoir lu'roïepje qui porte, dit-on, les chardonnerets à l'aii-e moui'ir leurs [«‘lits lorsepi’ils ont perdu l’espérance de les rendre à la liiierté pour laquelle ils étaient nés.

Il ne faut qu une seule l'emelle au mâle chardonneret j et pour que leur union soit l'éconde il (!stà propos qu'ils soient tous deux libres. Ce qu’il y a de .singuli('r, c’est (jiie ce màh; se détermine b(;aucoup plus diflicilement à s’apjiarier ellicacement dans une \ olièi’e avec sa l'emelle [U'opre qu’av ec une iemelle étrangère; [)ar exemple, avec utn; serine de (ianarie, ou toute autre remelle, qui étant originaire d’un climat plus chaud, aura plus de 1-e.ssourccs pour l'exciter.

On a \ U quclqueroisla l'emelle chardonneret nicher avec le mâle canari; mais cela estr.an;, et l'on voit au contraire Tort soin initia l'emelle canari, privée de tout aulre mâle, se joindre avec le mâle chardonneret. C’est cette leinc'llc c.anari qui entre en amour la première, et qui n’oulilic rien pour écliauirer .son mâle du l'eu dont elle bride : ce n’est qu’à force d'iin itations et d’agaceries, ou plutôt c’e.st par rinllucnce de la belle .sai.son, plus forti; ici que toutes les agaceries, que ce mâle froid devient capalile de s’unir id’étrangère, et de consommer cette e.spèce d’adultère i)h\ sique; encore faut-il qu’il n’y ait dans la volière aucune femelle de .son espèce. Les préliminaires durent ordinairement six semaines, pendant lesquelles la serine a tout le temiis de faire une ponte entière d’œufs clairs, dont elle n’a ()u obtenir la fécondation, quoiqu'elle n’ait cessé di; la solliciter; car ce qu'on peut appciei’ lelibertinage dans le-s animaux estpresque toujours subordonné au grand but de la nature, qui est la l'cproduclion des êtres. Le H. P. Hougot, qui a été déjà cité avec éloge, a suivi avec attention le petit mani-ge d’une serine panachée, en pareille circonstance; il l'a vue s’approcher soir, eut du mâle chardonneret, s'accroupir comme la poule, mais avec plus d’expression, appeler ce mâle, qui d’aijord ne parait point récouter, iitii commence ensuite à y [iri'iidre inté'rèt, puis s’échauire doucement et avec toute la lenteur des gradations : il se [losc un grand nombre de fois .sur elle avant d’en venir à l’acte décisif, l't à chaque fois elle épanouit ses ailes et fait entendre de petits cris; mais lorsqu’enh’n cette femelle .si bien préparée est deviamc mère, il est l'oi’ta.esidii h remplir les dev oirs do père, soit en l’aidant à faire le nid, soil en lui portant la nourriture, tandis qu’clh; couve ses œufs ou qu’elle élève ses petits.

Quoique les couvées réu.ssi.ssent quelr|uefois l'iitre une sm ine et un chardonneret sauvage pris au battant, néanmoins on conseille d’élever ensemble ceux dont on veut tirer de la race, et de ne les a[)parier qu’à l’âge de deux ans. Les métis qui résultent de ces unions forcées i-es.seinblent plus à leur père par la forme du bec, par les couleurs de la tète, des ailes, en un mot, par les extrémités, et ;i leur mère par le reste du corps. On a encore observé qu’ils étaient plus forts et viv aient plus longtemps; que leur ramage naturel avait plus d’éclat, mais qu'ils adoptaient dillicilement le ramage artificiel do notre musique.

Ces métis ne sont point inféconds; et lorsque l’on vient à bout de les apparier avec une serine, la seconde généiation qui provient de ce mélange se rapproche sensiblement de l’espèce 'du chardonneret : tant l’empreïnte masculine a de prépondérance dans l’œuvre de la génération.

Le chardonneret a le vol bas, mais suivi et filé comme celui de la linotte, et non pas bondissant et sautillant comme celui du moineau. C’est

Dt i-roN, lome viii. 3G

liU IlfS'iOlRl': NATLÜKLl.K

un oiseau aclil' cl laborieux; s’il ii’a pas (puilques tèlcs de, pavois, de chanvre ou de chardons à éplucher pour h; Icnir en aclion, il porlera et rapporlera sans cesse tout ce qu’il trouvera dans sa cage. Il ne l'aul qu’un mâle vacant de cette espèce dans une volière de canaris pour faire manquer toutes les pontes; il inquiétera les cou\cus(^s, se bal Ira avec les mâles, défera les nids, cassera les œufs. On ne croirait pas qu’avec tant de vivacité et de pétulance, les chardonncivts fussent si doux l't même si dociles. Jls vivent en paix les uns avec les autres; ils sc recherchent, sc donnent des manjues d’amitié en toute saison, et n'ont guère de querelles que pour la nourriture. Ils sont moins pacificpics à l’égard des autres espèces ; ils batlent les serins et les linottes, mais ils sont battus là leur tour par les mésanges. Us ont le singulier instinct de vouloir toujours se coucher au plus haut de la volière, et l’on sent bien que c’est une occasion de rixe lorsque d’autres oiseaux ne veulent point leur céder la place.

A l’égard de la docilité du chardonneret, elhî est connue; on lui apprend, sans beaucoup de peine, à exécuter divers mouvements avec précision, à faire le mort, à mettre le feu à un pétard, à tirer de petits seaux (jui contiennent son boire cl son manger : mais pour lui apprcuidrc ce dernier exercice, il faut savoir [’habiller. Son haliilh'inent consiste dans une petite bande de cuir doux de deux lignes de large, percée de quatre trous, par lesquels on fait passf'.r les ailes et les pieds, et dont les deux bouts, se rejoignant sous le ventre, sont maintenus par un anneau auquel s’attache la chaîne du petit galérien. Dans la solitude oii il se trouve, il prend plaisir à se regaixler clans le miroir de .sa galère, croyant voir un autre oiseau de son espèce; et ce btvsoin de .société paraît chez lui aller tie front av('c ceux de première nécessité : on le voit .souvent prendre .son chenevis grain à grain et l’aller mangei'au miroir, croyant sans doute le manger en compagnie.

Poiii' réu.ssir dans l’éducation des chardonnerets, il faut les séparer et les élever seul à seul, ou tout au plus avec la femelle qu’on destine à chacun.

Aladame Daubenton la jeune ayant élevé une nichée entière, les jeunes chardonnerets n’ont été familiers que jusqu’à un caa'lain âge, et ils sont dev enus avec le temps presque aussi sauv âges que ceux qui ont été élevés en pleine campagne par les père et mère. Cela est dans la natun'; la société de l’homme ne peut être, n'est en circt que leur pi.s-aller, et ils doivent y renoncer dès qu’ils trouvent un(! autre .société qui leur convient davantage. Mais ce n’est point là le seul inconv énient de l'éducation commune : QHS oiseaux, accoutumés à vivre ensemble, prennent un attaclu'mcnl réciproque les uns pour les autres, et loi'squ’on les sépanv pour h's apparier avec une femelle canari, ils font mal les fonctions qu oti exige cmix, ay ant le regret dans le cœur, et ils Unissent ordinairement par mourir de chagrin.

L’automne,'' les chardonnerets commencent à se ras.sembler; on en [vrend beaucoup en celte sai.son parmi hîs oi.seaux de passage qui fourragent alors les jardins : leur vivacité naturelle les précipite dans tous les pièges; mais, pour faire de bonnes chasses, il faut avoir un mâle qui soit bie'n en train de chanter. Au iv'ste, ils ne se prennent point à la pipée, et ils savent échapper à l’oiseau de [noie en sc réfugiant dans les buis.sons. L’hiver ils vont par tioupes fort nombrcusc's, aip point que l'on [veut en tuer sept ou huit d’un seul coup de fusil : ils s’a[)prochcnt des gionds clnnnins, à jvortée des lieux oîi croisstuit les chardons, la chicorée sauvage; ils savent fort bien en éplucher la graine, ainsi que les nids de

DU CIlAUDONMiRKT. 535

choiiillcs, {'Il l'aisanl lonihcr la neige. EiiProvciic<',,ilsseréuriissenlcri grand nombre sur les amandiers. Lorsque le froid est rigoureux ils se cachent dans les buissons fourreis, et loujours à portée de la nourriture qui leur convient. On donne communément du cluinevis à ceux (fuc l’on lient en cage. Ils vivent fort longtemps : Gessner en a vu un à Mayence ;mé de V ingt-trois ans; on était obligé toutes le.s si'maines de lui rogner les oTigles et le bec, pour qu'il pût boire, manger et se tenir sur son bAton. Sa noiirriture ordinaire était la graine de pavots. Toutes ses plumcis étaient dev enues blanches; il ne volait plu.s, et il restait dans toutes les situations qu’on voulait lui donner. On on a vu dans le pays que j’habite vivre seize à di.x-huit ans.

Ils sont sujets cà l'épilepsie, comme je l’ai dit plus haut, à la gras-fondure, et souv ent la mue est pour eux une maladie mortelle.

Ils ont la langue divisée par le bout en petits filets; le bec allongé, l(;s bords (le l inférieur rentrants et reçus dans le supéiieur; les narines couvertes de petites plumes noires; le doigt (Extérieur uni au doigt du milieu jiiS(}ua la premifîre articulation^ le tube intestinal long d’un pied; de légers vestiges de cæcum ; une vésicule du fiel; le geisier musculeux.

I.ongueur totale do l’oiseau, cinq pouces quelques lignes; liée, six lignes; vol, huit à neiil pouc.(;s; queue, deux pouces; elle est composée de douze pennt'/S, un peu fourchue, et elle d(;pa.sse les ailes d’environ dix à onze lignes.

Voriélés du chardonneret.

Quoique cet oiseau ne perde pas son rouge dans la cage aussi promp- IcuK'nt que la linotte, cependant son plumage y éprouve des alt(u-alions considérables et livapientos, comme il arrive a tous les oisevaux qui vivent en domesticité. .Lai diüà parlé des variétés d'àge et de sexe, comme aussi des dillorences raultipïiéiîs (lui se trouvent entre hxs individus, quant au nombre et à la (listribulion des petites taches blanches do la queue et des ailes, cl quant à la teinte plus ou moins brune du plumage; je ne ferai mention ici que des variétés principahs que j'ai obseivéesou ('pu ont été observées par d’autres *, et qui me paraissent n’ètrc pour la plupart que dos variétés individuelles et purement accidentelles.

I. Le ciiAiiüoxxEnET a poitiuxe jauxe. Il n’est pas rare de voir des chardonnerets qui ont les côtés de la poitrine jaunes, et qui ont le tour du bec et les penne', s des ailes d’un noir moins foncé. On croit s’ètro aperçu qu ils chantaient mieux que les autres. Ce qu’il y a de certain, c'est que la l'emelhî a les côtés de la poitrine jaunes comme le mâle.

IL Le ClIARDOXSEllET A SOURCILS ET FROXT liLAXCS. Tout CC qui CSt

ordinairement rouge autour du bec et des yeux dans les oiseaux d(3 cette espf'ce était blanc dons celui-ci. Aldrovande, qui l’a observé, ne parle d’aucune autre dilTérence. J’ai vu un chardonneret qui avxiil en blanc tout ce qui est en noir sur la tête des chardonnends ordinaires.

III. Le chardo.nxeret a rÉrE rayée de rouge et de jauxe. Il a été trouve e,n Amérique : mais probablement il y avait été porté.

‘ .Te ne mcUiai pas an notnbre (ic ces variéles le chaidonnerel à tèie brune dont parle Gessner, sur la foi d'un oiri-dire, comme d'une race dislincte de la race ordinaire, ni des variétés rapportées parM. .Salei ne, d’après les oiselcors Orléanais, Iclles que le vert-pré, quia du vert au «rosde l'aile, le charbonnier, qui a la barbe noire, le corps plus petil, le plumage plus grisâtre, et qui est plus plein de chaiil. .le ne citerai point non plus les mousires, tels que le ehardonucret à quatre pieds dont Aldrovande (ail rnciilion.

ü.iG liiSrOlKK iNAILHHI.LE

J'ai i'('inaix|uc dans pliisiciii's cliardoiiiicrcl.s (jtin le l'ouge de la tète et de la goi'g(M’dait vai iti de- qnelijiies nuances tle- jaune, et aussi de la eouleuinoirâtre du fond des plumes, lacpiel le perçait en quelques endroit-sà travers les belles couleurs de la superficie.

IV . Le cjiAuno.vNEKKT A CAi’bXiioN Koin. A la vérité, le rouge propre aux eliardonnerets se retrouve ici, mais pai' petites taches semées suile front, (let ois(;au a encore les ailes et la queue du chardoninxet ; mais le dos et la poitrine sont d’un brun jaunâtre ; le venti e et les cuisses d'un blanc assez pmq l’iris jaunâtre; le bec et les pieds couleur de chair.

Albin avait appris d’une personne dûjue de foi que cet individu était né d’une femelle chardonneret fécondée par une alouette mtîle. iMais un seul témoignage no suffît pas pour constater un pareil fait. Albin ajoute, en confirmation, que son métis avait quelque chose de l'alouette dans son ramage et tlans ses manières.

Y. Le cuari)OiV?ve«et blaxciiatre. Excepté le dessus de la tète et la gorge qui étaient d’un beau rouge comme dans le chardonneret ordinaire, la queue qui était d’un cendré brun, et les ailes qui étaient de la meme couleur avec une bande d'un jaune terne, cet oiseau avait en effet le plumage blanchâtre.

YI. Le ciiaudovxeuet hla.xc. Celui d’Aldrovande avait sur la tète le mémo rouge qu’ont les chardonnerets ordinaires, et de plus quelques pennes de l’aile bordées do jaune; tout le reste était blanc.

Celui de JL l’abbé Aubry a une teinte jaune sur les couvertures supérieures des ailes, quelques pennes moyennes noires depuis la moitié de leur longueur, terminées de blanc; les pieds et les ongles blancs ; le bec de la môme couleur, mais noiri\tre vers le bout.

J’en ai vu un chez M. le baron de Coula, qui avait la gorge et le front d’un rouge faible, le reste de la tète noirâtre; tout le dessous du corps blanc, légèrement teinté de gris cendré, mais plus pur immédiatement au-dessous du rouge de la gorge, et qui remontait jusqu’à la calotte noirâtre; le jaune do l’aile du chardonneret; les couvertures supérieures olivâtres; le reste des ailes blanc, un peu plus cendré sur les pennes moyeniKîs les plus proches du corps; la {|ucue a peu près du môme blanc; le bec d’un Idanc rosé, et fort allongé; les pieds couleur de chair. Cette dernière vaiiété est d’autant plus intéiessantc qu’elle appartient à la nature ; l’oi-seau avait été pris adulte dans les champs.

Gessner avait entendu dire qu’on en trouvait de tout blancs dans le pays des Gi isons, et tel est celui que nous avons fait représenter dans nos planches enluminées.

Ml. Le chahdox.veuet rvoiu. On en a vu plusieurs de cette couleur. Celui d’Aspernacs dont parle André Schenlverg Anderson était devamu cntièiement noir, après avoir été longtemps en cage.

La meme altération de couleur a eu lieu dans les mômes circonstances sur un chardonneret que l’on nourrissait en cage dans la v illc que j’habite; il était noir sans exception.

Celui de .M. lirisson avait (|uatre pennes de l’aile, depuis la quatriènnî il la septième inclusiv cment, bordées d’une belle couleur soufre au diffîors et de blanc ii l’intérieur, oimsi qu(! les moyennes, une de ces dernières terminée de blanc; enfin le bec, les pieds et les ongles blanchâtres. Hfais la description la plus exacte ne repré.sente qu’un moment de l'individu, et son histoire la plus complète, iju’un moment de l’cspècc; c’est à l’histoire générale à représenter, autant qu’il est possible, la suite et l’enchaînement des difliu’cnts états par où passent et les individus et les espèces.

DU CllARDONNEllET. .wT

Il y a acliiollcnientà Beauiic doux cliardoiincrols noirs, siii’ kssqucls je ino suis procure quelques éclaircissenicnls : cc sont doux mâles : l'un a quatre, ans, l’autre est plus âiïé; ils ont l’un et raulrc essuyé trois mues, et ont recouvre trois Ibis leurs couleurs, qui étaient très-belles ; c’est à la qualrième mue qu’ils sont devTniis d’un beau noir lustré sans mélange. Us conservent ccitfe nouvelle couleur depuis huit mois : mais il parait qu’elle n’est pas plus lixe que la prernièrcî; car on commence à apercc\oir ("iü mars) du gris sur le ventre do l'iin de ces oiseaux, du rouge sui- sa tète, du roux sur son dos, du jaune sur les pennes doses ailes, <lu blanc à leurs extrémités et sur le bec. Il serait curieux de rcchcrclier l’influence que peuvent avoir dans ces changements de couleurs la noui riture, l’air, la hîuipérature, etc. On sait que le chardonneret électrisé par M. Klein avait entièrement pc'rdu, six mois après, non-seulement le rouge d(', sa tète, mais la belle plaque citriiK', do ses ailes.

\'lll. Le cuauuoxxeuet xom a tête ouaxgée. Aldrovancle trouvait <'et oiseau si différent du chardonneret ordinaire, qu’il le l'oganlait, non comme étant de la même espèce, mais seulement du même géni e. Il était plus gros que le chardonneret et aussi gros que le pinson; ses yeux étaient plus grands à proportion; il avait )e dessus du corps noirâtre, la tètede même couleur, excepté que sa partie antérieure, près du bec, était entourée d’une zone d’un orangé vil'; la poitrine et les couvertures siqiérieures des ailes d’un noir verdâtre; le bord extérieur des pennes des ailes de même, avec une bande d’un jaune faible, et non d’un beau citron comme dans le chardonneret; le reste des pennes noir, varié de blanc; celles de la queue noires, la plus extérieure iiordée de lilanc <à rinlérieiir ; le ventre d’un cendré brun.

Ce n'est point ici une altération de couleur produite par l’état de cajitivité ; l’oiseau avait été pris dans les environs de Fcrrare et envoyé à Aldrovancle.

XL I.E ciiAUDOxxERET MÉTIS. On a vu beaucoup de ces métis ; il serait infini et encore plus inutile d’en donner ici toutes les descriptions. Ce qu’on peut dire en général, c’est qu’ils ressemblent plus au père par les extrémités, et à la mère par le reste du corps, comme cela a lieu dans les mulets des quadrupèdes. Ce, n’est pas que je regarde absolument ces métis comme de vrais mulets : les mulets viennent de deux espèces difl'érentes, quoique voisines, et sont presque toujours stériles; au lieu que les métis résultant de raccouplcment de deux espèces granivores, tels que les serins, chardonnerets, verdiers, tarins, bruants, linottes, sont féconds et SC reproduisent assez facilement, comme on le voit tous les jours. Il pourrait donc se faire que ce qu’on appelle différentes espèces parmi les granivores ne fussent en effet que des races diveeses, appartenant à la même espèce, et cjuc leurs mélanges ne fussent réellement que des croisements de races, clont le produit est perfectionné, comme il arriv e ordinairement. On remarque en effet que les métis sont plusgrands, plusforts, qu'ils ont la voix plus sonore, etc. : mais ce ne sont ici que des vues; pour conclure quelque chose, il faudrait que des amateurs s’occupassent de ces expériences, et les suivissent jus(|u’où elles peuvent aller. Ce que l’on peut prédire, c’est que [dus on s’occupera des oiseaux, de leur multiplication, du mélange, ou [ilutot du croisement des races iliv cr.ses, plus on multipliera les prétendues e.spèces. On commence déjà à trouv er dans les campagnes des oiseaux qui ne ressemblent à aucune dcsespccavs connues. .T’en donnerai un exemple à l’article du tarin.

Le métis d’Albin provenait d'un mâle chardonneret (devé à la bru-

diette, et d’une l'emellc canari : ii avait la tète, le dos et les ailes du cliardonneret, mais d'une teinte plus faible; le dessous du corps et les pennes de la queue jaunes, celles-ci terminées de blanc. J’en ai vu qui avaient la tète et la gorge orangées; il semblait que le rouge du male se lut mêlé, fondu avec le jaune de la femelle,

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