‹ Œuvres complètes de Buffon avec des extraits de Daubenton, et la classification de Cuvier (volume 4)Chapitre 388 sur 525 · LE TARIN · texte numérisé non relu

LE TARIN

(LK (UiOS-BEO TAlilX.)

Ordre des passcreaus, l'amille des eoiiiroslres, genre moineau, sous-genre ehardüuneret. (CiiViEit.)

De tous les granivores, le chardonneret est celui mii passe pouravoir le plus de rapport au tarin : tous deux ont le bec allongi;, un peu grêle vers la pointe; tous deux ont les mœurs douces, le naturel docile et les mouvements vils. Quelques naturalistes frappés de ces traits de ressemblance, et de la grande analogie de nature qui se trouve entre ces ois(îaux, puisqu’ils s’apparient et produisent ensemlvlc des métis h-conds, les ont regardés comme deux espèces voisines app;u'tcuanl au même genre; on pourrait même, sous ce dernier point de vue, les rapporter avec tous nos granivores, comme autant de variétés ou, si l’on veut, do races constantes, à une .seule et même espèce, puisque tous se mêlent et prodiiisiml ensemble des individus féconds. .Mais cette analogie fondamentale entre ces races tliverscs doit nous ixmdre plus attentifs à remarquer leui's différences, afin de pouvoir reconnaître l’étendue des limites (ians lesquelles la nature semble se jouer, et qu'il faut avoir mesurées, ou du moins estimées pal’ approximation avant d’oser determiner l'identité des espèces.

Le tarin est plus petit que le chardonneret; il a le bec nn peu plus court à proportion, et son plumage est tout ditï’éi’imt : il n’a point de rouge sur la tête, mais du noir; la gorge brune; le devant du cou, la poitrine et les pennes latéi’ales de la queue jaunes; le ventre blanc jaunâtre; le dessus du corps d’un vert d’olive moucheté de noir, (]ui prend une teinte de jaune sur le croupion, et plus encore sur les couvertures supérieures de ia queue.

.V l’égard des (pialités plus intéi ienres et qui dépendent immédiatement de l’organisation ou de l’instinct, les dillércnccs sont encore plus grandes. Le tarin a un chant qui lui est particulier, et qui ne vaut pas celui du chardonneret; il recherche beaucoup la graine de l’aune, à laquelle le clun donneret ne louclie point, et il ne lui dispute guère celle de chardon; il grimpe le long des branches et siv suspend ii leur extrémité comme la mésange; en .sorte tpi’on pourrait la regarder comme une espèce moyenne enirela mé.sangc et le chardonneret. Déplus, ilestoLseau de pa.s.sage, et dans ses migrations il a le vol foi't élevé : on l’entend plutôt (pi’on no l’aperçoit; au lieu (pie le chardonneret rc.st(; toute l’aniKH' dans nos pays et no vole jamais bien haut. Enfin l'on ne voit pas ces deux races foire volontairement sociiité entre elles.

I.e tarin apprend à faire allei’ la galèie comme le chardoniUTel; il n’a pas moins de docilité que lui, et quoique moins agissant, il est plus vif a certains égards, et vif par gaieté : toujours éveillé le premier dans la volièi’o, il est ans.si le premi('r à gazouilhu- et à mettre les autres en train; mais comme il ne ehei’che ])oint à nuir(v, il est sans défiance et donne dans tous les pièges, gluaux, trébuchets, filets, etc. On l’apprivoise plus facilement qu’aucun autie oiseau pris dans l'âge adulte; il ne faut pour cela que lui présenter habituellemeni dans la main une nourriture mieux

->02 msToiKE natirelliî:

choisie que celle qu’il a à sa disposition, et hicutol il s(îra aussi appri- \ Oise que le serin ie plus familier. Ou peut même raccoutiimer à venir se poser sur la main au bruit d’une sonnette ; il ne s’agit qu(! de la faire sonner dans les commencements, chaque ibis qu’on lui tloime à manger j car la mécanique subtile de l’association des perceptions a aussi lieu chez les animaux. Quoique le tarin semble choisir avec soin sa nourriture, il ne lai.sse pas de manger beaucoup, et les perceptions qui tiennent de la gourmandise paraissent avoir une grande influence sur lui ; cependant ce n’est point là sa passion dominante, ou du moins elle est subordonnée à une passion plus noble : il se fait toujours un ami dans la volière parmi ceux de son espèce, et à leur défaut j)armi d’autres espèces; il se charge de noiurir c(!t ami comme son enfant et de lui donluir la becquée. Il est assez singulier que, sentant si vivement le besoin de consommer, il sente (mcore plus vivement le besoin de donner. Au reste, il boit autant qu’il mange, ou du moins il boit très-souv'cnt, mais il se baigne peu : on a observé qu’il entre rarement dans l’eau, mais qu'il se met sur le bord de la l)aignoirc, et qu’il y plonge seulement le bec et la poitrine sans faire beaucoup de mouvements, êxcepfé peut-être rlans les grandes chaleurs.

ün prétend qu’il niche dans les îles du Rhin, en Franche-Comté, en Suisse, en Crèce, en Hongrie, et pai’ pi'éférence dans les forêts en montagne. Son nid est fort dillicileà trouver, et si dillieilc à trouver, (pie c’est une (vpinion reçue par 1(( peuple, que ces petits oiseaux savent h' rendre invisible par le moyen d'une certaine pierre : aussi personne ni' nous a donné de détails sur la ponte, d('s tarins. 31. Frisch dit qu'ils font, ou plulot ([u’ils cachent leur nid dans d('s trous; 31. Cramer croit qu’ils le cachent dans les feuilles, et que c’est la raison pourquoi on n’en trouve point ; mais on sent lhen que cela n’est pas applical)le à la plupart de nos provinct^s ; autrement il faudrait que les tarins eux-mêmes demeurassent au.ssi cachés tout l’été dans les mêmes trous, puisrpi’on n’y en voit jamais dans cette saison.

Si I on voulait piundrc une idée de leurs procédés dans les divenses opi'rationsqui ont rappoi't à la multiplication de l'espêicc, il n’y aurait qu’à les faire nicher dans une chambre; cela est possible, (]uoi([u'on l’ait tenté [tlusieurs fois .sans succès : mais il est plus ordinaire et plus aisé de croiser (îcttc race avec celle des serins; il y a une sympathie matquéc entre ces deux races, au point que si on liie’he un tarin dans un endroit oii il y ait des canaris en volière, il ira droit à eux, .s’en approchera autant qu'il sera possible, et ipic ceux-ci le rechercheront aussi avec empr('.ssemcnt ; et si on lâche dans la même chambre un mêilc et une fem(!lle tarin avec bon nombre de canaris, c(îs (humiors, comme on l’a déjà remarqué, .s’apparieront indilï'éremment (uitre eux et ava^c les tarins, surtout avec lu femelle, car le mâle reste quelciucl'ois vacant.

Lorsqu’un tarin s’est apparié av('c une femelle canaii, il partage tous ses travaux avec beaucoup de zèle, il l'aide assidûment à porter hîs matériaux du nid et à les enqvloyer, et ne ccîsse de lui di'gorger la nourriture tandis qu’elle couve : mais malgré toute cette iwnne intelligence, il faut avouer que la plupart des œufs reslent clairs. Ce n’est pivlnt assi'z de l'uuion des cœurs pour opiirei- la fécondation, il faut de plus un cei'tain accord dans les tempéraments, et à cet égaitl le tarin est fort au-dessous de la femelle canari. Le peu de métis qui prov iennent de hmr union tiennent du père et de la nuire.

En Allemagne, le passage des tarins commence en octobre ou même

I)L TAHIN. riC:?

plus lot : ils laangeiU alors les graines du houliloii au grand pi’éjudice des propriétaires; on reconnaît [es endroits où ils se sont arrêtes à la quantité do feuilles dont la terre est jonchée. Ils disparaissent tout à fait au mois do décembre, et reviennent au mois de février : chez nous ils arrivent au temps de la vendange, et repassent lorsque les arbres sont en Heurs; ils aiment surtout la fleur du pommier.

En Provence ils quittent les bois et descendent dos montagnes sur la fin de l’automne; on on trouve alors des voli'es de deux cents et plus, qui se posent tous sur le même arbre ou ne s’éloignent que très-peu. Le passage dure miinzc on \ ingt jours, après quoi on n’en voit presque plus.

Le tarin de Provence diftère du nôtre en ce qu’il est un pou plus grand, et d’un plus beau jaune; c'est une petite variété de climat.

Ees oiseaux ne sont point rares en Angleterre, comme le croyait Turner; on en voit au temps du passage comme ailleurs : mais il en passe quelquefois un très-grand nombre, et d’autres fois très-peu. Les grands passages ont lieu tous les trois ou quatre ans : on en voit alors des nuées, que (}uelques-uns ont cru apportées pai' le vent.

Lé ramage du tarin n’est point désagréable, quoique fort inférieur à celui du chardonneret, qu’il s’approprie, dit-on, assez facilement; il s’approprierait de même celui du serin, de la linotte, de la fauvette, etc., s’il était à portée de les entendre dès le premier âg(î.

Suivant Olina,ce.t oiseau vit jusqu’à dix ans; la femelle duR. P. Rougot, dont j’ai parlé ci-diwsus, est parvenue à cet âge; mais il faut toujours se souvenir que les femelles d oiseaux vivent plus que leurs males. Au ri'stc, les tai'ins sont peu sujets aux maladies, si ce n’est à ta gras-fondure, lorsqu’on ne les nourrit que de chènevis.

Le mâle tarin a le sommet de ta tète noir, le reste du dessus du corps olivâtre, un peu varié de noirâtre; le croupion teinté de jaune; les [)etites couvertures supérieures de ta queue tout à fait jaunes; les grandes, olivâtres, terminées de cendré; quelquefois la gorge bruiu!, et même noire; les joues, h*, (hivant du cou, la poitrine et les couvertures inférieures de la queue, d'un beau jaune citron ; le ventre blanc jaunâtre ; les flancs aussi, mais mouchetés de noir; deux raies transversales olivâtres ou jauni's sur les ailes, dont hîs pennes sont noirâtres, bordées extérieurement de vert d’olive ; les pennes de la queue jaunes, excepté les deux intermédiaires qui .sont noirâtres, bordées de vert d’olive; tout('s ont la côte noire; le bec a ta pointe brune, le reste est blanc et les pieds .sont gris.

La femelle n’a pas le dessus de la tète noir comme le mâle, mais un peu varié de gris; et elle n'a la gorge ni jaurn', ni brum!, ni noire, mais blanche.

Lotigucui' totale, quatia; pouces trois quarts; bec, einci lignes; vol, .sept ]wuces deux tiers; queue, vingt et une lignes, un peu fourchue; elle dépasse les ailes de sept h huit lignes.

Variétés dans l’espèce du tarin.

1. On m’apporta l'année pa.ssée, au mois de sepltunlnx', un oiseau pris au trébuchet, lequel ne ponv ait être qu’un métis de. tarin (h de cainiri, car il avait le be.c de celui-ci, et à [)eu près les couleurs du premiei' : il s’cHait sans doute échappé; de quelque volière, .le n’ai point eu oc(;asion de rentendre chanter ni d’en tirer de la race, parce qu'il est mort au mois d(; mars suivant; mais M. Guys m’assure en général que le l'amagc do ces métis est très-varié et très-agréable. Le dessus du corps était"jnèlc

IllSTOlIlE NATURELLE

de gris, de brun el (Tun peu de j.iune olhâlre : dernière couleui-

t oniinait derrière le cou, el était pi-esque pure sur le croupion, 1(! de,vant du cou et la poitrine jus(|u aux jambes; enfin elle bordait toutes les pennes de la queue et des ailes, dont le fond était noirâlrtq id, [)i‘(;sque toutivs les couxcrturcs supérieures des pennes des ailes.

Longueur totale, quatre pouccis un quart; bec, trois lignes et demie; ^ql, sept pouces- et demi; queue, \ingt-deux lignes, un peu l'ourciuie, dépassant les ailes de ncul lignes; I ongle postérieur était le plus long de tous....; l’oesophage, deux pouces trois lignes, dilaté en forme de petite poche avant son insertion dans le gésier, (]iii était musculeux et doublé d une membrane cartilagineuse sans adhérence; tube intestinal, sept pouces un (juart; une petite vésicule de fiel; point de cæcum.

II. Le TAiiix DE LA xouvELCE-YORCK. Il sulüt dc comparci’ cet oiseau avec le tarin d’Europe, pour voir que ce n’est qu’une variété dc climat : d est un peu plus gros, et a le bec un peu plus court que le notre; il a la calotte noire; le jaune de la gorge et de la poitrine remonte derrière le cou, et forme une espece dc colli<'r; cette même couleur l)orde la plu- ])art des plumes du haut du dos, et r'cparait encore au Ijas du dos et sur le croupion; les couvertures supérieures do la queue sont blanches; les pennes dc la queue et des ailes sont d'un beau noir-, bordées et termiiuHîs dc blanc; tout le dessous du corps est d’un blanc sale. Comme les tarins sontde.s oiseaux voyageurs, et qu’ils ont le \ ol très-élevé, il peut se faire qu ils aient Iranchi les mers qiii séparent les deux continents du eôté du Nord : il est possible aussi qu'on ait porté dans rAméi'itjuc septentrionale des tarins d Europ(', et qu'en s’y perpétuant ils aient éprouvé quelques changements dans leur ]dumage.

III. L OLivAKEZ. Le dessus du corps olivâtre ; le dessous citron ; la tète noire; les peniK's de la queue et des ailes noirâtres, bordées plus ou moins de jaune clair; les ailes marquées d une raie jaune : tout cela ressemble fort à notin tarin et à celui dc la Nouvellè-Yorck; il est de la même grosseur et modelé sur les memes proportions; on ne peut s’empêcher de croii’c que c’est le même oiseau qui, s’étant répandu depuis peu de temps dans ces diffénïnts climats, n’en a pas encore subi toute rinfhicncc.

La femelle a le sommet de la tète d’un gris brun, et les joues citron ainsi que la gorge. ' ' ’

C’est un oiseau (|ui chante très-bien, et qui surpasse à cet égard tous les oiseaux de rAmériqiic méridionale. On le trouve aux entrons de IIuenos-Ayres et du deti'oit de âlagellan, dans les bois qui lui offrent un abri contre! le froid et les grands vents. Celui qu’a \ ti AL Commerson s était laissé prendre par le pied entre les deux \ ab cs d’une moule.

Il avait le bec cl les pieals cendrCs; la pupille bleuâtre; le doigt du milieu uni par sa première phalange au doigt extérieur; le doigt postérieur le plus gros, el son ongle le plus long de tous : enfin il pesait unc! once.

Longueur totale, quatre pouces et demi; bec, cinq lignes; vol, huit pouces; (jucue, vingt-deux lignes, peu fourchue., composée dc douze |)('rmes; (îlle dépasse les ailes d’environ un [)oucc; ses ailes n'ont que seize pennes.

IV. Le tauix xoiu. Comme il y a d('s chardonnerets noirs à tète orangée, il y a aussi des tarins noirs a tète jaune. Schvvenckreld en a vu un de cette couleur dans la volière d’un gentilhomme de Silésie : tout son plumage était noii-, à l’exception du sommel de la tète, qui était jaunâtre.

DKS OISEAUX ETHAXGEHS.

(JUF ONT UAl*PORT AU TARIN.

LE CATOTOL.

On ajipcllc ainsi an iMexiqnc nn polit oiseau de la taille de notre tarin, lecjuel a toute la partie supérieure variée de noirâtre et de fauve; toute la partie intérieure blanchâtre, et les pieds cendrés : il se tient dans les plaines, vit de la graine de l’arbre que les Mexicains appellent Iwauhtli, et (Lante foid agréablement.

L’ACATÉCHILI.

Le peu que l’on sait de cet oiseau ne permet pas de le séparer du tarin : il est à peu près de la même gros.seur ; il chante comme lui; il vit des mêmes nourritures; il a la tète et tout le dessus du corps d’un brun \ (uxlaire, la gorge et tout le dessous du corps d’un blanc nuancé de jaune. Fernandez lui donne le nom d’oiseau se frottant contre tes roseaux : cela tiendrait-il à quelques-unes de ses habitudes?

LES TANGARAS.

On trouve dans les climats chauds de l’Amérique un genre très-nombreux d’oiseaux, dont quelques-uns s’appellent au Brésil tangams; et les noracnclateurs ont adopté ce nom pour tontes les espèces qui composent ce genre. Ces oiseaux ont été pris par la plupart des voyageurs pour des espèces de moineaux. Us ne diffèrent en effet de nos moineaux d’Europe que par les couleurs et par un petit caractère de conformation : c’est d’avoir la mandibule supérieure du bec échancrée des deux côtés vers son extrémité : mais ils ressemblent aux moineaux par tous les autres caractères, et meme ils en ont à très-peu près les habitudes naturelles; comme eux ils n’ont qu’un vol court et peu élevé, la voix desagréable clans la plupart des espèces. On doit aussi les mettre au rang des oiseaux granivores, parce qu'ils ne se nourrissent que de très-petits fruits. Ils sont d'ailleurs presque aussi familiers que les moineaux, car la plupart viennent auprès des habitations; ils ont aussi les mœurs sociables entre eux. Ils habitent les terres sèches, les lieux découverts, et jamais les marais. Ils ne pondent que deux œufs et rarement trois : les moineaux de Cayênne n’en [)ondent pas davantage, tandis que ceux d’Europe en pondent cinq ou six, et cette dilférence est presque générale entre les oiseaux des climats chauds et ceux des climats tempérés. Le petit nombre dans le produit de chaque ponte est comp('nsé par des pontes plus fréquentes; comme ils sont en amour dans toutes les saisons, parce (|ue la hanpératurc est toujours <à très-peu près la même, ils ne font à chaque ponte qu’un moindre nombre d’œufs que les oiseaux de nos climats, qui n’ont qu’une ou deux saisons d'amour.

la; genre entier des tangaras dont nous connaissons déjà plus de trente espèces, sans y comprendre les variétés, paraît appartenir o^xclusivement au nouveau continent; car toutes ces espèces nous sont venues de la

llISTOiHE NATURELLE

(juyaiio d, dos aiilro.s contr(îcs d(! rAiïi(iri([uo, cl pas u)ic seule ne nous c'sl arrivée de I Aiiiquc ou des Indes. Celle niullitudc d'espèces n’a néanïnojiis 11011 (le sui'pronant J car nous a\ons observe fju’on general le nomlire des especes cl des individus dans les oiseaux csl peut-être dix lois plus grand dans les climats chauds que dans les auti’os climats, parce que la chaleur y est plus Ibrle, les ibi'èls plus fréquentes, les tci'rains moins peupkis, les nom riturcs plus abondantes, et que les frimas, les neiqcvs et les glaces, qur sont incomius dans ces pays chauds, n’en font péi ir aucun; au heu qunn seul hiver rigoureux réduit presque à rien la plupart des especes de nos oiseaux. Une autre cause qui doit encore produire cette (hllerencc, c est que les oiseaux des pays chauds, trouvant leur subsistance en toutes saisons, no sont point voyageurs : il n’y en a meme que trcs-peu dcr/'flfa/wc.s'; il ne leur arrive jamais de changer de riays a moins que les petits Iruits dont ils se nourrissent ne viennent ;i leur nianquer ; ils vont alors on chercher d’autres à une assez petite distance :

1 on doit donc cesserd être étonné de cette nombreuse multitude d’oiseaux qui se trouvent dans les climats diauds de l’Amérique.

Nous allons di\ iser nos trente espèces de tangaras en trois ordres pour éviter la conlusion, et nous n emploierons que la diflérence la plus simule qui est celle de la grandeur. ’

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