‹ Œuvres complètes de Buffon avec des extraits de Daubenton, et la classification de Cuvier (volume 4)Chapitre 387 sur 525 · LE CHARDONNERET JAUNE · texte numérisé non relu

LE CHARDONNERET JAUNE

Tous ceux qui ont parlé de C(;t oiseau se sont accordés à lui donner le nom de chardonneret d’Amérique : mais pour que cette diinomination fût bonne, il faudrait que roi.seau, à qui on l’a appliquée, lût le seul chardonneret qui existât dans tout hi continent du Nouvcau-.àfonde; et nonseulement c(‘la e.st dillicile à supposer, mais cela est démenti par le fait même, puisque le chardonneret de l’article précédent est aussi d’Amél iquc. J ai donc cru devoir changer cette dénomination trop vague en une autre qui annonçât ce qu’il y a de. plus remartpiable dans le plumage de roiscau. Le chardonneret jaune a le bec à tiès-pcu près de même

DU SIZURIN.

forme et. de mémo couleur que notre cliai douneret,; le fi'oiil noir, ce qui est proni'o au mâle; le reste de la tète, le cou, le dos et la poitrine, d’un jaune wdalant; les cuisses, le bas-ventre, les couvertures supéi-ieures et inférieures de la queue d’un blanc jaunâtre^ les petites cou\ erturcs des ailes jaunes à l’extérieur, blanchâtres à l’intérieur, et terminées de blanc; les grandes couvertures noires et lerminécsd un blanc leiicrement nuancé de iu un, ce qui forme deux raies transversales liien marqimes sui' les ailes, qui sont noires; les pennnes moyennes terminées de blanc; celles qui avoisinent le dosclleurs cou\ erturcs bordées do jaune; les pennes de la queue, au nombre de douze, égalés entre elles, noires des-^us, ccndiees diissous; les latérales blanches a l’intérieur vers le bout; le bec et les

pieds couleur de chair. , „ , i c . • ■ v

La femelle diffère du mâle en ce qu elle n a pas le front noir, mais d un sert olive, ainsi que tout le dessus du coiqis, et en ce t|uc le jaune du croupion et du dessous du corps est moins brillant, le noir îles ailes moins foncé, et au contraire les raies transversales moins claires; enfin en ce (pi’elle a le ventre tout blanc, ainsi que les couvertures inférieures de la queue.

Le jeune mâle ne diffère do la femelle que par son front noir.

La femelle obserx ée jiar ÎM. Edwards était seule dans sa cage, et cependant elle pondit au mois d’aoùt 1753 un petit œuf gris de perle, sans aucune tache ; mais ce c[ui mérite plus d’attention, c’est que M. Edwards ajoute que constamment cette femelle a mué deux fois par an, savoii’ ; aux inois do mars et de septembre. Pendant l’hiv er son corps était tout à fait brun mais la tète, les ailes cl la (|ueiic conservaient la même couleur qu’en été. Le mâle étant mort trop tôt, on n’a pu suivre cette observation sur lui; rnais il est plus que vraisemblable qu'il aurait mué deux fois comme’ sa femelle, et comme les bengalis, les veuves, le ministre et beaucoup d’autres espèces des pays chauds.

L'individu ob.sorvé par M. lîrisson avait le ventri', les lianes, les cou- V ertures inférieures de la queue et des ailes du meme jaune que le reste du corps; les couvertures .supérieures de la queue d’un gris blanc; le l)Oc, les pieds et les ongles blancs; mais la [ilupart de ces diflérences peuvimt vcqir des dilForents états oii 1 oiseau a été observe. M. Edwaids l a dessiné vivamt; il paraît aussi quil était plus grand que celui de

.M. Brisson. . . t»-

Uatesliy nous apprend qu’il est fort rare à la Caroline, moins a la virginie, et très-commun à la Nouvellc-Yorck; celui qui est représenté dans nos planches enluininé.es venait du Canada, où le P. Charlcvoix a vu plus d’un individu de la même espèce.

Lomuicur totale, quatre pouces un tiers •. bec, cinq a six lignes; tarse, de même; vol, sept pouces un quart; queue, dix-huit lignes, composée de douze ’pennes égales ; elle dépasse les ailes de six lignes.

lÆ SIZERIN.

(la: ciuis-BKC sizkiux.)

ürilri' (les passereaux, lamillc des Cdniriislres, genre muineau, S(jus-genre cliai dunnerel. (Ciivikb.)

M. Brisson appelle ert oiseau pe.tite linotte de vignes. Je ne lui consi'rve point le nom de linotte, \iarce qu’il me semble avoir plus de rapport avec le tarin, et que d’ailleurs son ramage est fort inlérieur à celui

•')(><> ffiSTOlRE NATUUELLR

de la liiiotU^. (icsisti(')- dit qii ou lui donne le nom de Ichel-scherle, d’ajnvs son cri qui est tort aigu; il ajoiile qu’il ne paraît guère (pie tous les ein([ ou tous les sept ans, comme les jascurs de Bohème, et qu’il arrive en très-gi’andes troupes. On voit, par le témoignage des voyageurs, qu’il pousse quelquefois ses CACursions jusqu’au Groenland. BÊ Friscli nous apprend qu’en Allemagne il passe en oetolire (A en novembre, cl qu’il repasse en février.

^ J'ai dit qu’il hmait plus du tarin que de la linotte : (AUait l’avis de Ges|sncr, et e est cedui de .VI. le docteur Lottinger, qui connaît bien ces petits oiseaux. 31. bi'iscb \a plus loin; car, selon lui, le tarin pcutseiair d appelai! pour attirer les sizerins dans les pièges au temps du passagi', et ces (l(,Mix (^sjièees se mêlent et produisent ensemble. Aldrovande a trouve au sizerin beaucoiq) de r('-ssemblance avei; le cliardoniuiret, et l’on sait qu’un chardonneret approche fort d’un tarin qui aurait du rouge sur la teh'.. Un oiseleur, (pii a beaucoup de pratique et peu de lecliuv, m’a assuré, en \ oyant la ligun; eidumiiK'o du sizerin, qu’il avait pris plusieurs lois des ois(>au\ semblables ii celui-lii pcl((-mèle avec, des tarins auxquels ils nisseinblaient fort, mais surtout les lémell(^s aux lémelhis: seiderucnt ('Ihîs ont le plumage plus rembruni et la queue plus courte. Kniiu, 31. Uinnæus remarque que ces oiseaux se plaisent dans les lieux plantés d'aunes, et Scliwenckh'ld met la graine d’aune parmi celles dont ils sont Iriands; or, on sait que les tarins aiment beaucoup la graine de cet ai'bre, ce qui est un noineau trait d(^ conformih; entre, (.m>s deux espèces : d'ailleurs les sizerins ne. mangent point de navette comme la linotte, mais bien du chèiunis, de la graine d'ortie grièche, de chardons, de lin, de pa\ots, les boutons des jeunes branchés de chêne, etc. Ils se mêlent volontiers aux autres oiseaux. L’hiver est la saison oîi ils sont le plus lamiliers; on hss approche alors de très-près sans les elïaroiicJicr ; en général ils sont peu défiants et se prennent facilenmnt aux gluaux.

Le sizerin fréquente les bois; il se lient souvent sur le, s chêiuîs, y grinipc commi' les luésanges, et s'accroche comme ('lies à r(',xti'émit,é (hfs petites branches : c’est de là (|ue lui est venu probidilement le nom de linaria /rimcalis, cl peut-être celui de petit chêne.

Los siz('rius prennent beaucoup de graisse et sont un fort bon manger. Schvvcnclvléld dit (pi’ilsoni un jabot comme h's poule.s, indép(!ndamiuent de la pctit(‘. poche foi-m(ie par l'a dil.alation de Lœsophage avant son inse.rtion dans le gccsiivr; ((c g(ésier ('St muscuhiiix comme dans tous les granivores, et l'on y trouve beaucoup de petits cailloux.

Le male a la poitrine et le sommet de la tête rouges, deux i-aies blanches transversales sur les aile.s; hs reste de la tête' et loid le dessus du corps mêle de firun et de roux clair; la gorge brune; le ventix; et les couvertuiTs inféri('ur(vs de la queue et d((s aih's d'un blanc roussàtre; leui's pennes brniKvs, bordées tout autour d’une coulem' plus claire; le bec jaunâtre, mais brun vers la pointe; le,s pi(',(ls bruns. Les individus oliserv és par Schvvenckfcld .avaient le dos ecndia'i.

La femelle, n'a du ronge que sur la tête, enc.ore (\st,-il moins vif. M. I.iunæus le lui refuse tout à fait; mais peut-être que la feimdle (pi’il a examinée avait été longtenqis en cage.

Klein raconte qu'ayant électrisé au printemps un de C((s oiseaux avec un chardonneret, sans leur causer d incommoditii iqiparente, ils mou ruiaait tous deux au mois d octobi’c suivant, et, tous (hmx la même nuit ; mais ce qui esta observer, c'est que tous deux avai('nt eiilièremeut perdu leur rouge.

DU ’l'AlilN. 501

Longueur totale, ciiKj pouces et plus; vol, huit pouces cl dciui; bec, cinq à six ligiuîs; queue, deux pouces uu quart; elle est uu peu fourcluie, composée de douze pennes, et elle dépasse les ailes do plus d’un pouce.

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