‹ Œuvres complètes de Buffon avec des extraits de Daubenton, et la classification de Cuvier (volume 4)Chapitre 396 sur 525 · L’ESCLAVE · texte numérisé non relu

L’ESCLAVE

Nous conserverons à cet oiseau le nom d’asclave qu’il porte à Saint- Domingue, selon M. Brisson, et nous sommes surpris qu’ayant un nom qui semble tenir à l’état de servitude ou de domesticité, on ne se soit point informé si on le nourrit en cage, et s’il n’est pas d’un naturel doux et familier, que ce nom paraît supposer. .Mais ce nom vient peut-ètn! de ce qu’il y a à Saint-Domingue un gobe-mouche huppé qn’on y nomme le tyran; nom qu’on a aussi donné au gobe-rnouchc à queue fourchue en Canada; et comme ces oiseaux tyrans sont bien supérieurs en grandeur et en force, on aura donné le nom d’esclave à celui-ci, qui se nourrit comme eux d’insectes, auxquels ils donnent la chasse.

Cet oiseau a quelques caractères communs avec les grives : il leur ressemble par les couleurs et surtout par les mouchetures du ventre; les grives ont, comme lui et comme les autres tangaras, l’échancrure du bec a la mandibule supérieure. Ainsi le genre des^grives et celui du tangara sont assez voisins l’un de l’autre, et l’esclave est peut-être de tous les tangaras celui qui ressemble le plus à la grive; neanmoins, comme il en diffère beaucoup par la grandeur, et qu’u est considérablement plus petit, on doit le placer comme nous le fai.sons ici dans le genre des tangaras.

L’esclave a la tète, la partie supérieure du cou, le dos, le croupion, les plumes scapulaires cl les couvertures du dessus des ailes d’une couleur uniforme; tout le dessous du corps est d’un blanc sale, varié de taches brunes qui occupent le milieu de chaque plume; les pennes des ailes sont brunes, bordées extérieurement d’oîivâtre et intérieurement de blanc sale; les deux pennes du milieu de la queue.sonl brunes; les autres sont de la même couleur avec une bordure olivâtre sur leur côté intérieur; la queue est un peu fourchue; hîs pieds sont bruns.

l.E BLÜET.

Geme Ungai a, soiis-getire tangara proprcmonl dit. (Cuvier.)

Q't oiseau a été indiqué dans les planches enluminées sous le. nom de Ycrrquerle Cayenne, parce qiic les nomenclateurs l’avaient ainsi nommé.

sans faire attention à rindcceuce de la dénomination, et à un inconvénient encore plus grand : c’est qu’il y a deux espèces d’oiseaux auxquels les voyageurs ont aussi donné ce nom, sans trop savoir pourquoi, si ce n’est qu ils ont une partie de leur robe bleue : l’un est un bengali, qu’on a aussi appelé ministre, apparemment par la même raison; Te second est celui qu on a appelé à Saint-Domingue Vorganistc, et auquel nous conserv'erons ce nom, à cause de son chant harmonieux; et enfin le troisième évêque était notre bluct de Cayenne, que les habitants de cette colonie connaissent sous ce dernier nom, plus convenable que celui d’évêque pour un oiseau : il' est certainement du genre des tangaras, et d’une grandeur un peu au-dessus de celle des espèces de tangaras qui composent notre second ordre de grandeur en ce genre. Dans la planche enluminée, les couleurs en général sont trop fortes : le mâle a tout le dessous du corps d’un gris bleuâtre, et la femelle a le dessus de la tête vert jaunâtre, et tout le dessous du corps, le dos, le dessus des pennes de la queue et des ailes, d’un brun olivâtre glacé de violet : la large bande des ailes qui est d’un olivâtre clair tranche beaucoup moins 'que dans la planche avec le brun du dos.

Les blucts sont très-communs à Cayenne : ils habitent les bords des forêts, les plantages et les anciens endroits défrichés, où ils se nourrissent de petits fruits. On ne les voit pas en grandes troupes, mais toujours par paires. Ils se réfugient le soir entre les feuilles des palmiers à leur jonction près de la tige : ils y font un bruit à peu près comme nos moineaux dans les saules, car ils n ont point de chant et seulement une voix aiguë et peu agréable.

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