L’ORTOLAN DE NEIGE
(lK IÎIUIANT de XEIGE. t Genre binant. ^Cuvikr.)
Les montagnes du Spitzberg, les Alpes Lapones, les côtes du détroit d Hudson et peut-être des pays encore plus septentrionaux sont le séjour layori de cet ortolan pendant la belle saison, si toutefois il est une belle saison dans des climats aussi rigoureux. On sait quelle est leur influence sur la couleur du poil dos quadrupèdes, comme sur celle des plumes des
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oiseaux, cl Ton uc doit pas être surpris tie ce que 1 oiseau dont il s’agit dans cet article est blanc pendant riiivor, comme le dilM. Linnæus, non plus que du grand nombre de variétés que l’on compte dans cette espèce, et dont toute la diii'érence consiste dans plus ou moins de blanc, de noir ou de roussâtre. On sent que les combinaisons de ces bois couleurs principales doivent varier continuellement, en passant de la livrée d’été à la livrée d’hiver, et que chaque comliinaison observée doit dépendre en grande partie de l’époque de l’observation : souvent aussi elle dépendra du degré de fi-oid que ces oiseaux auront éprouvé; car on peut leur conserver toute l’année leur livrée d’été, en les tenant riiivcr dans un poêle ou dans tout autre appartement bien échaufi'é.
En hiver, le male a la tète, le cou, les couvertures des ailes et tout le dessus du corps blancs comme de la neige, avec une teinte légère et comme transparente de roussâtre sur la tète seulement; le dos noir; les pennes des ailes et de la queue mi-parties de noir et de blanc. En été, il SC répand sur la tète, le cou, le dessous du corps et meme sur le dos des ondes transversales de roussâtre plus ou moins foncé, mais jamais autant que dans la femelle, dont celte couleur est, pour ainsi di]-e, la couleur dominante, et sur laquelle elle forme des raies longitudinales. Quelques individus ont du cendré sur le cou, du cendré varié de brun sur le dos; une teinte de pourpre autour des yeux, de rougeâtre sur la tète, etc. : la couleur du bec est aussi variable, tantôt jaune, tantôt cendrée à la base, et a.ssez constamment noire à la pointe. liaiis tous, les narines sont rondes, im peu relevées et couvertes de petites plumes; 'la langue un peu fourchue; les yeux petits cl noirs, les pieds noirs ou noirâtres.
Ces oiseaux quittent leurs montagnes lorsque la gelée et les neiges suppriment leur nourriture; elle est la même que celle de la gelinotte blanche, et consiste dans la graine d’une espèce de bouleau, et quelques autres graines semblables. Lorsqu’on les tient en cage, ils s’accommodent trèsbien de l’avoine qu’ils épluchent foi t adroitement, dos pois verts, du chènevis, du millet, de ta graine de cuscute, etc.; mais te chènevis les engraisse trop vite et les fait mourir de gras-fondure.
îls repassent au printemps pour regagner leurs sommets glacés. Quoiqu’ils ne tiennent pas toujours la même" route, on les voit ordinairement en Suède, en Saxe, dans la Basse-Silésie, en Pologne, dans la Russie- Rouge, la Podolie, en Angleterre, dans la province d’Vork. Ils sont trèsrares dans le midi de rAllemagnc, et presque tout à fait inconnus en Suisse et en Italie.
Au temps du passage ils se tiennent le long dos grands chemins, ramassant les petites graines et tout ce qui peut leur servir de nourriture : c’est alors qu’on leur tend des pièges. Si on les recherche, ce n’est que pour la singularité de leur plumage et la délicatesse de leur chair, mais non à cause de leur voix; car jamais on ne les a entendus chanter dans la volière : tout leur ramage connu sc réduit à un gazouilhunent qui ne signifie rien, ou à un cri aigre approchant de celui tlii geai, qu’ils font entendre lorsqu'on veut les toucher. Au reste, pour les juger définitivement sur ce point, il faudrait les avoir entendus au temps de l’amour, dans ce temps oii la voix des oiseaux prend un nouvel éclat et de nouvelles inflexions; et l’on ignore les détails de loin’ ponte et même les endroits oii ils la font : c’est sans doute dans les contrées où ils passent l'été; mais il n’y a-pas beaucoup d’observateurs dans les Alpes Lapones.
(les oiseaux u'aiment point à se pi'rchcr; ils sc tiennent à terre, où ils courent cl piélineni comme nos alouettes dont ils ont les allures, la taille,
o9t iilSrOillE NAILRELLE
picsquc les longs opérons, etc., mais dont ils dillci'ent par la l'orme du ncc et de la langue et, comme on a vu, par les couleurs, riiabitude des gi'ands voyages, leur séjour sur les montagnes glaciales, etc.
On a rcnicyquc qu ils ne donnaient point ou que très-peu la nuit, et que dès qu ils apercevaient de la lumière ils se mettaient à sautiller : c’est peut-être la raison pourquoi ils se plaisent pendant l’été sur le sommet des hautes montagnes du Nord, où il n’y a point de nuit dans cette saison, et où ils peuvent ne pas perdre un seul instant de leur perpétuelle insomnie.
Longueur totale, six pouces et demi; bec, cinq lignes, ayant au palais un tubercule ou grain d’orge qui caractérise cette famille ; doigt postérieur, égal à celui du milieu, et il a l’ongle beaucoup plus long et moins crochu ; vol, onze pouces un quart; queue, deux pouces deux tiers, un peu fourchue, composée de douze pennes : elle dépasse les ailes de dix lignes.
Variétés de l’ortolan de neige.
On juge bien d après ce que j’ai dit du double changement que l’ortolan de neige éprouve chaque année dans les couleurs (ie son plumage, et de la différence qui est entre sa livrée d’été et sa livrée d’hiver; on juge bien, dis-je, qu’il ne sera ici question d’aucune variété qui pourra appartenir,soit aux deux époques principales, soit aux époques intermédiaires, ces variétés n’étant au -vrai que les variations produites par l’action du froid et du chaud dans le plumage du même individu, que les nuances successives par lesquelles chacune des deux livrées se rapproche insensiblement de l’auti'e.
I. L’oiitoi.\!v jvcosriv. C’est une variété de climat, qui a le bec, la poitrine et le ventre blancs, les pieds gris, tout le reste noir. Cet oiseau paraît tous les hivers h la Caroline et ci la Virainic, et disparaît tous les étés. Il est probable qu’il va nicher du côté du Nord.
IJ. L’ortocan UE XEICE A coEEiER. 11 a la tètc , la gorge et le cou blancs; deux espèces de colliers au bas du cou; le supérieur de couleur plombée; l’inférieur de couleur bleue, tous deux séparés par la couleur du fond, qui forme une espèce de collier blanc intermédiainq les plumes des ailes blanches, teintées de jaune verdâtre, et entremêlées de quelques plumes noires; les huit pennés du milieu de la queue et les deux extérieures blanches, les deux autres noires; tout le reste du plumage d’un brun rougeâtre, tacheté d’un jaune verdâtre; le bec rouge bordé de cendré; l’iris blanc et les pieds couleur de chair. Cet oiseau a été pris dans la province d’Essex; et cc n’est qu’après un très-long temps et beaucoup de tentatives inutiles qu’on est venu à bout de l’attirer dans le piège.
M. Kramcr a remarqué que les ortolans, ainsi nue les bruants, les pinsons et les bouvriîuils avaient les deux pièces du nec mobiles; et c’est par cette raison, dit-il, que ces oiseaux épluchent les graines et ne les a\ aient pas tout entières.