‹ Œuvres complètes de Buffon avec des extraits de Daubenton, et la classification de Cuvier (volume 4)Chapitre 425 sur 525 · DU BOUVREUIL · texte numérisé non relu

DU BOUVREUIL

plus voisines du coi ps; la dernière de toutes, rouge en tlcliors; les grandi» couvertures des ailes d’un beau noir changeant terminées de gris claii’ rougeâtre; les moyennes cendrées, les petites d’un cendré noirâtre bordé de rougeâtre; l’iris noisette; le bec noirâtre et les pieds bruns.

Les côtés (le la tète, les côtés et le devant du cou, la poitrine, le haut du ventre, en un mot presque tout ce qui est l'ouge dans le mâle est d’un cendré vineux dans la femelle, quelquefois nicmc le bas-ventre : elle n’a pas non plus ce beau noir changeant et lustré qué le mâle a sur la tète et ailleurs : mais j’ai vu de C(îs femelles qui avaient la dernière des pennes de l’aile bordée de rouge, et qui n’avaient point de blanc sur la plus extérieure de celles de la queue. M. Linnæus ajoute qu’idle a le bout de la langue divisé en petits filets; cependant je lai toujours trouvée bien entière comme celle du mâle, ayant la forme d’un bec de cure-dent fort court. ^ >

Plusieurs jeunes liouvreuils, que j’ai observés sur la fin de juin, avaient le front d’nn roux clair; le devant ducoii etlapoitrincd’un brunroussâtrc; le ventre et les couvertures inférieures de la queue, d’un fauve qui allait toujours sedégradantducôtédcla queue; le dessus du corps plusou moins rembruni ; la raie blanche de l’aile chargée d’une forte teinte de roussâtre; le croupion d’un blanc plus on moins pur. On sent bien que tout cela est sujet à beaucoup de petites variétés.

Longueur totale, six pouces; bec, cinq lignes, épais et crochu. Kramer a remarqué que ses deux pièces sont mobiles, comme dans les pinsons et les bruants. Vol, neuf pouces un quart; queue, deux pouces un tiers, un peu fourchue (mais pas toujours dans les femelles), composée de douze pennes; doi^t extérieur uni par sa première phalange au doigt du milieu; ongle postérieur plus fort et plus crochu pue les autres.

■ Voici les dimensions intérieures d’une lemelle que j’ai disséquée. Tube intestinal, dix-huit ponces; vestiges de cæcum; œsophage, deux pouces et demi, dilaté en forme de poche dans sa partie contiguë au gésier; cette poche distinguée de l’(Esophagc par un rebord saillant; le gésier musculeux, contenant beaucoup de petites pierres, et même deux ou trois petites graines jaunes bien entien», quoique cet oiseau lut resté deux jours et demi dans une cage sans rien manger; grappe de l’ovaire, d’un volume médiocre, garnie (le petits œufs presque tous égaux entre eux; oviduetm développe, trois pouces et plus; la trachée formait une espèce de nœud assez gros à l’endroit de sa bifurcation.

Variétés du bouvreuil.

Roger Sibbald n’a écrit qu’une seule ligne sur le bouvreuil, et dans cette ligne il dit qu’il y en a diverses espèces en Écosse, sans en indiquer d’autre que l’espece commune. Il est probable que ces espèces dont il parle ne sont autre chose que les variétés dont nous allons bientôt faire mention.

Frisch nous dit que l’on distingue des bouvre\iils de trois grandeurs différentes; M. le marquis de Pioicne en connaît de deux grandeurs; enfin d’autres prétendent qu’ils sont plus petits en Nivernais qu’en Picanlie. .âl. Lottinger assure que le bouvreuil de montagne est plus grand que celui de la plaine; et cela explique assez naturellement 1 origine de ces variétés de grandeur, qui dépendent en effet, du moins à plusieurs égards, de la différence do l’habitation, mais dont les limites ne sont poïnt assez connues, et les caractères, c’est-.à-flir(* les mesures

j’clatives aux circonstances locales, ne sont point assez déterminées pour que I on puisse traiter de chacune dans un article séparé : je me contenterai donc d’indiquer ici les seules variétés de plumage.

1. Le BouvREUiL BEAvo. Schwonclcfcld parle d’un bouvreuil blanc que t on avait pris aux environs du village de Frischbach en Silésie, et qui avait seulement quelques plumes noires sur le dos. Ce l'ait a été confirmé par M. de ITsle.

« I] y a dans cc canlon (de Korcs^jw en Siïiéri(‘)î dit eel habile aslronntne, des pivoines on bouvreuils blancs, <iou! le dos est un peu rioirâiro, cl grisoiuie vers l’été. <-i‘s oi.seaux ont le chant agréable, fin cl beaucoup plus beau que les pivoines (1 Luropc. <>

Il parait vraisemblable que le climat du Nord a beaucoup influé sur ce changement de couleur.

H. Le bouvreuil noir. Je comprends sous cette dénomination, nonseulement les bouvreuils entièrement ou presque entièrement noirs, mais encore ceux qui commencent sensiblement à le devenir : tel était celui que j ai vu chez JVl. le baron Goula : il avait la gorge noire ainsi que le croupion ; les couvertures inférieures de la queue et ie bas-ventre, le haut (le la poitrine, variés de roux vineux et de noir, et il n’y avait point de tache blanche sur la dernière penne de la queue. Ceux dont parlent And. Schæiiberg Anderson et 31. Salernc étaient tout noirs, d’un noir de charbon, comme les corbeaux, dit ce dernier. Celui do 31. de Réaumur, dont parle 31. Rrisson, était exactement noir par tout le corps. J’en ai observe un qui était devenu noir et d’tin beau noir lustré à la première mue, mais qui avait conser\é un peu de rouge de chaque côte du cou, et un peu de gris derrière le cou et sur les petites couvertures supérieures des ailes; il avait les pieds couleur de chair, et rintéricur du bec rouge. Celui d Albin avait quelques plumes rouges sous le ventre • les cinq premières pennes de l’aile bordées de blanc; l’iris blanc et les pieds couleur de chair. Albin remarque que cct oiseau était d’une grande douceur^ corome sont tous les bouvreuils. Il arrive souvent que cette couche do noir disparait à la mue, et fait place aux couleurs naturelles; mais quelquefois aussi elle so renouvelle à chaque mue, et sc soutient pendant plusieurs années : te! était celui do 31. de Réanmur. Cela ferait croire que ce changement do couleur n’est pas l’cflét d’une maladie.

III. Le GRAM) bouvreuil noir d Afrique. Quoique cet oiseau soit d’un pays fort oloi^^nc, et qu’il surpasse eh grosseur notre bouvreuil d’Europe, •ip cnjiecher de le regarder comme analogue à la variété que

j ai docritc sous le nom de bouvreuil noir, et de soupçonner que les grandes chaleurs de l’Atrique noircissent le plumage tic ces oiseaux, comme les grands froids de la Sibérie le blanchissent. Ce bouvreuil est tout noir, a 1 exception d une très-petite tache blanche sur les grandes couvertures de Tailc. 11 faut encore excepter le bec, qui est gris, et les pieds, qui sont cendrés. On l’a vu vivant à Paris, où il avait été apporté des cotes d Afrique.

Longueur totale, sept pouces un quart; bec, six lignes; vol, onze ponces un quart; queue, deux ponces et demi, composée de douze pennes; elle dépasse les ailes de dix-huit lignes.

QUI ONT UAPPOUÏ AU BOUVUEUIL.

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