‹ Œuvres complètes de Buffon avec des extraits de Daubenton, et la classification de Cuvier (volume 4)Chapitre 441 sur 525 · LE COQ DE ROCHE DU PÉROU · texte numérisé non relu

LE COQ DE ROCHE DU PÉROU

Genre manakin. (Ci’vü b )

Il y a une autre espèce ou plutôt une variété du coq de roche, dans les provinces du Pérou, qui diffère de celui-ci, en ce qu’il a la queue beaucoup plus longue, et que le.s pluincs ne sont pas coupées carrément : relies des ailes ne sont pas Irangées comme dans le précédent. Au lieu d etre d^m rousse uniforme partout, il a les ailes et la queue noires, et le croupion cTiinc couleur cendrée. La huppe est aussi différente, moins elevec et composée de plumes séparées. Mais pour tout le reste des caractères, cet oiseau du Pérou ressemble si fort au coq de roche de la Gu;vane, qu’on ne doit le regarder que comme une variété de cette meme espece.

On pourrait croire que ces oiseaux sont les représentants de nos coqs et UC nos poules dans le nouveau continent : mais j’ai été informé qu’il

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existe dans l’intérieur des terres de la Guyane et au Mexique, des poules sauvages qui ressemblent beaucoup plus que les coqs de roche cà nos poules; ou peut meme les regarder comme très-approchantes du genre de nos poules et de nos coqs d’Europe; elles sont, à la vérité, bien plus petites, n’étant guère que cle la grosseur d’un pigeon commun; elles sont ordinairement brunes et rousses; elles ont la même figure de corps, la même petite crête charnue sur la tête, et la même démarche que nos poules; elles ont aussi la queue semblable-, et la portent de même ; le cri des mâles est aussi le même que celui de nos coqs, seulement il est plus faible. Les sauvages de l’intérieur des terres connais.scnl parfaitement ces oiseaux : cependant ils ne les ont pas réduits en domesticité, et cela n’est pas étonnant, parce qu’ils n’ont rendu domestique aucun des animaux, qui néanmoins auraient pu leur être très-utiles, surtout les hoccos, les marails, les agamis parmi les oiseaux; les tapirs, les pécaris et les paras parmi les quadrupèdes. Les anciens .Mexicains, qui, comme l’on sait, étaient civilisés, avaient au contraire réduit en domesticité quelques animaux, et particulièrement ces petihis poules brunes. Gemelli Carreri rapporte qii ils les appelaient Chiacchialacca; et il ajoute qu’elles ressemblent en tout à nos poules domestiques, à l’exception qu’elles ont les plumes brunâtres et qu’elles sont un peu plus petites.

LES COTINGAS.

Il est peu d’oiseaux d’un amssi beau plumage (pic les cotingas : tous ceux qui ont eu occasion de les voir, naturalistes ou voyageurs, en ont été comme éblouis, et n’en parlent qu’avec admiration. H semble que la nature ail pris plaisir à ne rassembler sur la palette que des couleurs choisies, pour les répandre avec autant de goût que de profusion sur riiabit de fête qu’elle leur avait destiné. On y voit briller toutes les nuaucess de bleu, de- violet, de rouge, d’orangé, de pourpre, de blanc pur, de noir veloutc, tantôt assorties et rapprochées par les gradations les plus suaves, tantôt opposées et contrastées avec une entente admil'able, mais presque toujours multipliées par des reflcLs sans nombre qui donnent du mouvement, du jeu, de l’intérêt, en un mot, tout le charme de la peinture la plus expressive à des tableaux muets. Immobiles en apparence, et qui n'en sont que plus étonnants, puisque leur mérite est de plaire par leur beauté propre, sans rien imiter, et d’être eux-mernes inimitables.

Toutes les espèces, ou si l'on veut toutes les races qui composent la brillante famille des cotingas, appartiennent au nouveau continent, et c’est sans fondement que quelques-uns ont cru qu’il y en avait dans le Sénégal. Il paraît qu’ils se plaisent dans les pays chauds; on ne les trouve guère au delà du llrésil du côté du sud, ni au delà du Mexiijue du côté du nord; et par conséquent il leur serait diflicilc de traverser les vastes mers qui séparent les deux continenisà eeshautems.

Tout ce qu’on sait de leurs habitudes, c’estqu’ils ne font point de voyages de long coui's, mais seulement des tournées périodiques qui se renferment dans un cercle assez étroit. Ils reparaissent deux fois 1 année aux environs des habitations; et quoiqu’ils arrivent tous à peu près dans le même temps, on ne les voit jamais en troupes. Ils sc tiennent le plus souvent au bord des criques, dans les lieux marécageux; ce qui leui- a fait donner par quelques-uns le nom de poule d’eau. Ils trouvent en abondaticc sur

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les palétuviers qui croissent dans ces sortes d’endroits, les insectes dont us SC nourrissent, et surtout ceux qu’on nomme karias, en Amérique, et QUI sontdcjspoux dcboissuivantlos uns, et des espèces de fourmis suivant les auties. Les creoles ont, dit-on, plus d’un motif de leur faire la guerre ; la beauté de leur pliimaj^e qui charme les yeux, et selon quelques-uns, la bonté de leur chair qui flatte le goût. iMais il est dilTicilc de concilier tous les avantages, et 1 une des intentions lait souvent tort à l’autre; car en dépouillant un oiseau pour manger sa chair, il est rare qu’on le dépouille comme il laut pour avoir son plumage bien conservé. Cela explique assez naturellement pourquoi tous les jours il nous arrive d'.Amérique tant de cotingas imparfaits. On ajoute que ces oiseaux se jettent aussi sur les rizières et y causent un dégât consitlérabic. Si cela est vrai, les créoles ont une raison de plus pour leur donner la chasse.

La grandeur des dillérentes espèces varie depuis celle du petit pigeon à celle du mauvis, et même au-dessous. Toutes ces espèces ont le bec large a la base; les bords du bec supérieur et très-souvent ceux du bec mleneur, echancrés vers la pointe; et la première phalange du doigt extérieur unie a celle du doigt du milieu : enfin, la plupart ont la queue un peu fourchue ou rentrante et composée de douze pennes.

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