‹ Œuvres complètes de Buffon avec des extraits de Daubenton, et la classification de Cuvier (volume 4)Chapitre 472 sur 525 · LE ROI DES GOBE-MOUCHES · texte numérisé non relu

LE ROI DES GOBE-MOUCHES

Genre gobe-mouelies. (Cuvieb.)

On a donné à cet oiseau le nom de l'oi des gobe-mouches, à cause de la belle couronne qu’il porte sur la tête, et qui est posée transversalement, au lieu que Icshuppes de tous les au très oiseaux sont posées longitudinalement. La figure, dans la planche enluminée, ne rend pas assez sensible cette po.sition transversale de la couronne; elle est composée de quatre à cinq rangs de petites plumes arrondies, étalées en éventail sur dix lignes de largeur, toutes d’un rouge bai très-vif, et toutes terminées par un petit œil noir, en sorte qu’on la prendrait pour la miniature d’une queue de paon.

Cet oiseau a aussi la forme singulière, et paraît rassembler les traits des gobe-mouches, des moucherolles et des tyrans : il n’est guère plus gros que le gobe-mouches d’Europe, et porte un bec disproportionné, très-large, tres-aplati, long de dix lignes, hérissé de soies qui s’étendent jusqu’à sa pointe, qui est crochue; le reste ne répond point a cette arme :

MisTOllSK i\;\Tl HKI.I.i-:

le lufsc est c'oiirt, les doigts sont lnil)les ; I nilo n’a nas trois ponces de longucni, la qneuo, pas plus de deux. On voit surlipil un petit sourcil ulaiic; la gorge est jaunoj un collier noirâtre ccitd le cou et se rejoint ;t cette teinte qui couvre le. dos, (^t se cliange sur l’aile en brun fauve foncé; les pennes de la cjiicne sont bai clair; la mcnic coub'ui’, mais plus léeère, teint le croupion et le ventre, et le blanchâtre de l'estomac est tra\a!rsé de noirâtre en petites ondes. Ce roi des gobe-mouches est très-rare; on n en a encore vu qu un seul aiiporté de Caveime, oii meme il ne paraît que rarement.

LES GOBE-MOl'CnEnOiXS.

Ici la nature a propoitionno le chasseur îi la proie; les moucherons sont celle de ces petits oiseaux, que telki giossc mouche on scarabé fl Amérique attaquerait a\ec, avantage, ^ons les avons au Cabinet du Hoi, et leur de.sci iption sera coui h'. Le premier de ces goho-moucherons est plus petit qu'aiuun gobe-mouches; il l’est plus que le souci, le plus petit des oiseaux de iioti-c continent : il en a aussi à peu près la figure cl meme les couleurs; un gris d’olive, un peu plus fonce que ccluî du souci et sans jaune sni' la tetc, fait le fond de la couleur de son pliimagi'; quelques ombres faibles de verdàtie so montrent au bas du dos, ainsi que sur le ventre, et de petites lignes d’un blanc jaimàtre sont tracées sur les plumes noirâtres et sur les couvertures de l’aile. On le trouve dans les climats chauds du nouveau continent.

Ea seconde espèce est celui que nous avons fait représenter dans nos planchesenhiminées, sous ie nom de iJcUtgohe-ii touches tacketéde Cayenne. Il est encore un peu pins petit que le premier; tout le dessous du corps (le ce très-petit oiseau est d'un jaune clair, tirant sur la couleur paille. C est un des plus petits oiseaux de ce genre; il a <■> peine trois pomx's de longueur. La tète et le commencement du cou sont partie, jaunes et partie noirs, chaque plume jaune ayant dans son milieu un trait noir qui fiiit j)ai'aître les deux conlouj s disposéics par taches longues et alternatives ; les plumes du dos, des ailes et leurs couvcrturCvS sont d’un cendré noir et bordées de verdàtie; la queue est très-conrle, l’aiie encore plus. Le bec cffilé.«e pro|ongc;cequi porte toute la figurede ce petit golve-inouches en avant, et lui donrio un air font particulier et très-reconnaissable.

Nous ne pouvons mieux terminer riiistoire de tous ces petits oiseaux chasseurs aux mouches, que par une réllexion sur le bien qu’ils nous procurent; sans eux, sans leins secours, l’iiomme ferait de vains efforts pour écarter les tourbillons d’insectes volants dont il serait assailli : comme la (piantitc en est innombrable et leur pullulation très-prompte, ils envahiraioiil notre domaine, ils rempliraient l’air et dévasteraient la terre, si les oiseaux n’établissaient pas l’équilibre de la nature vivante, en délriiisant ce qu’elle produit de trop. La plus grande incommodité des climatschaudsestcellc du tourment contiruiel qn’v causent les insectes ; l’homme et les animaux ne peuvent s’en défendre mIs les attaquent par leurs piqûres; ils s’opposent aux progrès de la culture des teircs, dont ils d(;\ orenl toutes les productions utiles ; ils infectent de leurs excréments ou de leurs œufs toutes les denrées que l’on vent conserver : ainsi les oiseaux bienfaisants qui détruisent ces insectes no sont pas encore assez nombreux dans les climats chauds, où néanmoins les espèces en sont trôsmultipliees. Et dans nos pays tempérés, pourquoi sommes-nous plus

DES MÜLCMKHOLLKs

(Uio

toiirmo^iU-s .les mouches m commenccmenl de rauk.nme qu’au milieu de lete/ Puui quoi \oiUm, dans les beaux jours d’oclohre, l’air rempli de myriades de moucherons? C est parce que tous les oiseaux imectivore, tels que les hirondelles, les rossignols, fauvettes, gobe-mouches etc ’ sont partis d avance, comme s’ils prévoyaient que lé premier froid doit détruire le londs de leur subsistance, en frappant d’une mort universelle tous les êtres sur lesquels ils vivent. Et c’est vraiment une prévoyancecar ces oiseaux trouveraient encore, pendant les quinze ou vingt jours qui suivent celui de leur départ, la même quantité de subsistant la ïïicmc louiniturc dinscctfis (ju auparavant ; ctî putit temps pendant lequel ils abandonnent trop tôt notre climat suffit pour que les insectes nous incommodent, par leur multitude, plus qu’en aucune autre saisonet cotte incoinmqdite ne ferait qu’augmenter, car ils se multiplieraient à’ l infini, SI le Iroid n arrivait pas tout a propos pour en arrêter la pullulation, et purger I air de cette vermine aussi superflue qu’incommode

Page 1