LES MOUCHEROLLES
Pour mettre de 1 ordre et de la clarté dans rénumération des espèces du genre tres-nomlireux des gobe-mouches, nous avons cru devoir les (livi.ser on trois ordres relatix emont à leur grandeur, et nous sommes convenus d appeler moucheroUes ceux qui étant plus grands pue les gobe-mouches ordmaire.s, le .sont moins que les tyrans, et forment entre CCS deux familles une famille intermediaire, où s’observent les nuances et les passages de I une et de l’autre.
On trouve des moiicherollcs, ainsi que des gobe-mouches, dan.s les deux contmenls; mais dans chactm les espèces sont différentes et aucune ne paraît commune aux deux. L’Océan est pour ces oiseaux ’corame pour tous les autres animaux des pays méridionaux, une large barrière de séparation que les seuls oiseaux palmipèdes ont pu franchir, par la iaculte qu ils ont de se reposer sur l’eau. ^
l.es climats chaud.s sont ceux du luxe de la nature: elle y pare ses production.s, et qiielqiielois les ohargededéveloppemontsextraonfiiiaire.s Plusieurs espec.es d oiseaux, tels que les veuves, les guêpiers et les moucheron es, ont la queue singulièrement longue, ou prolongée de pennes exorbitantes : ce caractère les distingue des gobe-mouches, de,sq iels ils diflerent encore par te bec, qui est plus fort et un peu plus eoirbé en crochet a la pointe que celui des gobe-mouches.
LE SAVANA.
Genre gobe-mouches, sous-genre tyran. (Cuvieh.)
Ce moiicherolle approche des tyrans par la grandeur, et il est représenté dans nos planches enluminées .sous la dénomination deiumnà queue fourchue de Cayenne. Néanmoins son bec, plus faible et moins crochu que celui des tyrans, le réunit à la famille des moucheroUes. On l’anDelle veuve à Cayenne : mais ce nom, ayant été donné à un autre genre!^d’oiseaux, ne doit pas etre adopté pour celui-ci qui ne rc.ssemblc aux veuves; que par sa longue queue. Comme il se tient toujours dans les savanes iioyees, le nom de savana nous a paru lui convenir. On le voit
BcrroN, lome vm. ’
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im HISTOIRE NATURELLE
sur les arbres, descendre à tout moment sur les mottes de terre ou les touffes d'herbes qui siiinaeent, hochant sa longue queue comme les laxandières. 11 est gros comme l’alouette huppée : les pennes de la queue sont noires; les deux extérieures ont neuf pouces do longueur et s’écartent en fourche; les deux qui les suivent immédiatement n’ont que trois pouces et demi, et les autres \ont en déeroissant jusqu’aux deux du milieu qui n’ont qu’un pouce. Ainsi cet oiseau à qui, en le mesurant de la pointe du btîc à celle de la queue, on trouve quatorze pouces, n’en a que six du bec aux ongles. Au sommet de la tete est une taehe jaune, laquelle cependant manque à plu.sieurs individus, qui sont appai emment les femelles. Du reste, une eoiH'e noirùd'c, courte et carrée lui couvre le derrière de la tète ; au delà le plumage est blanc, et ce blanc remonte jusque sous le bec, et deset-nd sur tout le devant et le dessous du corps; le dos est d’un gris verdâtre, et l’aile brune. On voit ce nioucherolle au bord de la ri\ ière de la l’iata, et dans les bois de Montevideo, d’ou il a été rapporté pai' IVI. Conimcnson.