LE 310LCHER0LLE HUPPÉ A TÈTE COULEUR D’ACIER POLI
Gonre gube-iiituclios, sous gciiro moi ciieiulle. (Cuvirh.)
Ce moucherolle se trouve au cap de Bonne-Espérance, au Sénégal et à Madagascar; il est donné ti’ois fois dans rOrnitliologie de M. Brisson, sous trois dénominations différentes : 1“ sous le nom do gobe-niowhes huppé du cap de Bonne-Espérance ;'t'' sous le nom de (jobe-inouches blanc du cap de Bonne- Espéran ce ; 3" sous le nom de (jobè-mcuches huppé du Brésil. Ces trois espèces n’en font qu’une, dans laquelle l’oiseau rouge est lemâle,ct le blanc la femelle, qui est un peu plus grande que son màie, comme nous l’avons obserx é dans l’espèce du barbidnm. Celte différence^ qui ne se trouve guère que dans la classe des oiseaux de proie, en l'approche le genre subalterne des gobe-mouches, moucherollesettyrans.
Ce moucherolle mâle a sent pouces de longueur, et la femelle, huit pouces un quart, cet excès de longueur étant presque tout dans la queue : cependant (die a aussi le corps un peu plus épais, et à peu près d(' la grosseur de l’alouette commune. Tous deux ont la tète et le haut du cou, à le trancher circiilaircment à la moitié, enveloppés d’un noir luisant de v(Tt ou de bleuâtre, dont l’éclat est pareil à celui de i’aci('r liruni. Une belle huppe de nnune couleur, dc'gagi'e et jetée en arrière en plumet, parc leur tète où brille un œil couleur de feu. Au coin du b(;c, qui c'st long de dix ligues, un peu arqué vers la pointe, et roug((âtrc, sont des soies ass('z longues. Tout le reste du corps de la femelle c.st blanc, excepté les grandes pemuîs dont le noir perce a la pointe de l’aik; pliée. On voit deux rangs de traits noirs dans les pc.tites pennes et ilans les grandes couvertui es; et la côte des plumes de la queue est également noire dans toute sa longueur.
Dans le mâle, au-dessous de la coiffe noire, la poitrine est d’un gris bleuâtre, et l’c'stomac ainsi que tout le dessous du corps sont blancs; un manteau rouge bai vif en couvre tout le dessus jusqu’au bout clc la queue; cette queue est coupée en ovale et régulièrement (;tag('c : les deux pennes du milieu étant les plus grandes, lj;s autres s’accourcissent de deux en doux lignes ou de trois en trois, jusqu’à la plus extérieure; et de meme dans la femelle.
Ce b('au moucherolle est venu du cap de Bonne-Espérance; on le
DES MOlCIIEHüEI ES. Oüî
trouve aussi au Sénégal et à Sfadagascar : selun M. Adanson il habite sur les manglicrs qui l)ordent les eaux, dans les lieux solitaires et peu fréquentés du Niger et de la Gamhria. Seba place ce moucherolle au Brésil, en le rangeant parmi les oiseaux de paradis, et lui donnant le nom brésilien d'acamacu; maison sait assez que ce collecteur d’histoire naturelle a souvent donné aux choses qu’il décrit des noms empruntés sans discernement; et d’ailleurs nous ne croirions pas qu’un oiseau vu et reconnu aux rives du Niger par un excellent obscj-vateur tel que IM. Adanson, soit en meme temps un oiseau du Brésil ; néanmoins, c’est uniquement sur la foi de Seba que .AI. Brisson l’y place, (jiioique lui* même obsen e l'erreur où il tombe, et remaï quc à'ia fin de ce prétendu gobe-mouches huppé du Brésil, qu’appai-emmcnt Seba se trompe en te nommant ainsi, et qne ccl oiseau nous vient (l’Afrique et de Madagascar Klein le prend pour une grive huppée, et .Mohering pour un choucas, Eixcmple de la confusion (lont la manie des méthodes a rempli l’IiisLoire naturelle; et s il en fallait un plus frappant, nous le trouverions enc'orc sans quitter cet oiseau : c’était peu de l’avoir fait grive et choucas, AI. Linnæus a voulu en faire un corbeau, à cause de sa cfueue allongée, un corbeau de parcidis; et c’est à son espèce blanche que AI. Brissonlipplique la phrase où cet auteur fait de ce moucherolle un corbeau.