LE FIGUIER GRIS LE PER
LE FIGUIER TACTÎEÏE,
DU DRONGO. 075
muae de la Caroline, puisse être compris (iansle gem-e des gobe-mouches ni dans celui des mouchcrolles ; car, quoiqu’il én ait la ta^illc la longue queue, et apparemment la laçon de vivre, il a le bec épais, gros et jaunâtre : caractère qui l’éloigne de ces genres, et le renvoie plutôt à celui des bruants. Néanmoins, comme la nature, qui se joue de nos méthodes semble avoir mêlé cet oiseau de deux genres dilî'érents en lui donnant l’appétit elles formes de l’un avec hî bec d’un autre, nous le placerons à la suite des gobe-mouches, comme une do ces espèces anomales, que des \ (nix libres de prévention de nomenclature aper(;oivent aux confins de presque tous les genres. Voici la description qu’en donne Catesby :
« Il est environ de l:i grüs.scur d'un inuiticau; il a de grands yeux n()ir.s; son bec csl épais, grossier et jaunàire. Tout i’uiscaii est d'un be.iii rouge, excepté les franges inicrieurc.s des plumes de l’aile qui sont brunes; mais ces frange.s ne paraisseni que quand les ailes sont étendues. C’est un oiseau de passag'-, qui quitte la C .roline et la Virginie en hiver. La femelle est brune atec une nuance de jaune »
hdwards décrit le meme oiseau (Glan. pag. G3). et lui reconnaît le bec des granÎNorcs, mais plus allongé.
(I Je pense, ajiuile-t-il, que Catesby a découvert que ces oiseaux se nourrissent de mouches, piiisqu il leur a donné le nom latin de muscicapa ruhra. »
LE DKONGO.
Genre gübc-;ni'Uchcs, sous-genre drongo. (Ci viiiK.)
Quoique les nomenclateurs aient placé cet oiseau à la suite des gobemouches, il paraît en di.flfiirer par de si m-ands caractères, aussi bien que dtïs moucherolle.s, que nous avons cru devoir totalement l’en séparer, et lui conserver le nom do drongo qu’il porte à ilîadagascar. Ges caractères sont : D la grosseur, étant aussi grand que le meric et plus épais: 2° la huppe sur l’origine du bec; 3" le bec moins aplati ; i" le tarse et les doigts bien plus robustes, 'lotit .son plumage est d'un noir chanticant en vert : immédiatement sur la racine du demi-bec supérieur s’élèvent droit de longues plumes très-étroites oui ont jusqu’à un pouce huit lignes de liauteur; elles se courbent on devant, et lui font une sorte de huppe fort •singulière : les deux plumes extérieures de la queue dépas.senl les deux ( U milieu d’un pouce .sept ligues, les autres étant de grandeur intermédiaire se courbenten dehors, ce qui rend la queue très-fourchue. M. Gommer.son assure que le drongo a un beau ramage qu’il compare au chaut du rossignol; ce qui marque une gratidc dillérencc entre col oi.seau et les tyrans, qui n'ont lotis que des cris aigres, cl qui d’ailleurs sont indigènes en Amérique. Ce drongo a premièrement été apporté do îlladagascar par M. Poivre ; on l’a aussi ajiporlé du capdc.Horme-K.spérance et de la Chine. Nous av ons remarqué que la huppe manque à quelques-uns; et nous ne douions pas (pieroi-sean t'nvoyé au Cabinet du Uoi, sous le nom dt; gobemouches à gueue fourchue delà Chine, ne soit un individu de cette osjjècc et c’est peut-être la lomcllc ; larcs.s('mblancc, au défaut de bupjie près’ étant entière entre cet oiseau de la Chine et le drongo. ’
On trouve aussi une es|}èce de drongo à la côte de Mttlabar, d’où il nous a (‘té envoyé par M. Somierat. Il est un peu plus grand que celui de Madagascar ciii de la Chine : il a comme eux le plumage eutièremciit noir; mais il a le bec plus fort ot plus épais ; il manque (ïc huppe, et le caractère qui le distingue le plus consiste on deux longs brins qui parlent
IllSTOlKK natl:iîki.le
de la pointe des deux pennes extérieures de la queue ; ces brins sont presque nus, sur six pouces de longueur, et vers leur extrémité ils sont earnis de barbes comme à leur origine. Nous no savons rien des habitudes natui elles de cet oiseau du Malabar; mais la notice sous laquelle il nous est décrit nous indique qu’il les a communes avec le drongo de Madagascar, puisqu’il lui ressemble par tous les caractères extérieurs.
LE PIAUHAU.
henre Cdlinga. (Cüviek.)
Plus grand que tous les tyrans, le piauhau ne peut pas être un gobemouches; le caractère du bec est le seul qui paraisse le faire tenir à ce genre ; mais il est si éloigné de toutes les espèces de gobe-mouches, moucherolles et tyrans, qu i! laut lui laisser ici une place isolée, comme celle qu j1 paraît occuper dans la natui’e.
Le piauhau a onze pouces de longueur, et il est plus arand que la glande grive nommée drnme. tout son plumage est d un noir profond, hors une belle tache d’un pourpre foncé qui couvre la gorge du mâle et quen a pas la lemelle : l’aile pliée s’étcncl jusqu’au bout de la queue- le bec, long de seize lignes, large de huit à' la base, très-aplati, forme un triangle presque isocèle, avec un petit crochet à la pointe.
Les piauhaux marchent en bandes, et précèdent ordinairement les tqueans, toujours en criant aigrement pilimiliau. On dit qu’ils se nourrissent de fruits comme les toucans; mais apparemment ils mangent aussi des msectes volants, à la capture desquels la nature paraît avoir destine le bec de ces oiseaux. Ils sont très-vifs et presque toujours en mouvement. Ils n’habitent que les bois, comme les toucans, et on no manque guère de les voir dans les lieux oii on rencontre le piauhau.
M. Brisson demande si le jacapu de 3Iarcgrave n’est point le même que on grand gobe-mouches noir de Cayennej ou que notre piauhau : on peut lui répondre que non. Le jacapu de Maregrave est, îi la viirité, un oiseau noir, et qui a une tache pourpre ou plutôt rouge sous la gorge; mais on même tem[.)s il a la queue nllonfiée, l'aile accourcie, avec la laille de l’cdouelte. O, n’est point l.à lepiauhaii.
Ainsi le kinki-rnanou et le drongo de Madagascar, le preneur de mouches rouge de \ irginie et le niauhau de Cayenne, sont des espèces voisines, et néanmoins essentiellement différentes de toutes celles des gobemouches, moucherolles et tyrans, mais que nous ne pouvions mieux placer qu’à leur suite.