‹ Œuvres complètes de Buffon avec des extraits de Daubenton, et la classification de Cuvier (volume 4)Chapitre 490 sur 525 · LA CALANDRE, OU GROSSE ALOUETTE · texte numérisé non relu

LA CALANDRE, OU GROSSE ALOUETTE

Genre aluuelio. (Ci;vu;n.)

Oppien, qui v ivait dans le second siècle de l ere chrétienne, est le piemier parmi les anciens qui ail parlé de cet oiseau, en indiipiant la meilleur)' façon de le prendre, et cette façon est précisément celle que

IIISJOIHI!; iNATLKELLIi

propose Olina : elle consiste à tondre le filet à r)ortoe des eaux oii la calandre a coutume d’aller boire.

Cet oiseau est plus grand que l’alouette; il a aussi le bec plus court et P us toi t, en sorte qu il peut cassci' les graines : de plus, l’espèce est moins nombreuse et moins répandue. A ces ditFércnces pi-ès, la ealandre icssemble tout a lait à notre alouette : meme plumage, à peu près même port, meme conformation dans l’ensemble et dans'les détails, mêmes mœurs et meme voix, si ce n’est qu’elle est plus forte, mais elle est aussi agréable; el cela est si bien recoiuiUj qu’en Italie on dit communément chanter comme une calandre, poui- dire chanter bien. De même que 1 alouette ordinaire, elle joint à ce talent naturel celui de contrefaire paraitement le ramage de plusieurs' oiseaux, tels que le chardonneret, la linotte, le scnn, etc., et meme le piaulement des petits poussins, le cri <1 apfiel de la chatte, en un mot, tous les sons analogues à ses organes et qui s y sont imprimes lorsqu’ils étaient ('.ncorc tendres.

Pour a\ oir des calandres quichantent bien,ilfauf, selon Olina, prendre les jeunes dans le nid, et du inoins avant leur première mue, préférant, autant qu il est possih e. celle de la couvée du mois d’août ; on les noiiriira d abord avec de la patcc composée en partie de cœur de mouton; on pourra leur donnercrisuitedcsm-ainesavecde la miedepain, etc. ayantsoin qu elles aient toujours dans Icurcage un plâtras pour s’aiguiser le bec, et un petit tas de sablon pour s’y égayer lorsqu’elles sont tburmentees fiar la vermine. Malgré toutes ces précautions, on n’en tirera pas beaucoup de plaisir la première année : cai- la calandre est un oiseau sauvage, c est-a-dirc ami de la liberté, et qui ne se façonne pas tout de suite al esclavage. Il faut même dans les commencements ou lui lier les ailes, ou substituer au plafond de la cage une toile tendue. Mais aussi lorsqu elle est civilisée, et qu’elle a pris le pli de sa condition, elle chante sans cesse ; sans cesse elle répèteoiison ramage propre on celui desautres oiseaux ; et elle se [ilai l tellement a cet exercice, qu’elle en oublie q uelquclois la nourriture. ‘ '

On distingue le mâle en ce qu’il est plus gros, et qu’il a plus de noir autour du cou ; la femelle n a qu un collier lort étroit; quelques individus au lieu du collier, ont une grande plaque noire surle haut de la poitrinetel était I individu que nous avons fait repi-ésenlcr. Cette espèce niche a terre comme ralouettc ordinaire, sous une motte de eazon bien fournie d herbe, et elle pond quaIre ou cinq œufs. Olina, qui "nous apprend ces details, ajoute que la calandre ne vit pas plus de quatre ou cinq ans el par conséquent beaucoup moins que l’alouette ordinaire. Delon conjecture quelle va par troupes, comme cctlc dernière espèce. 11 ajoute qu’on ne la verrait point en France, si on ne l’y apportait d’ailleurs : mais cela signifie seulement qu on nen voit point an .Mans ni dans les prov inces vousmes; car cette espèce est commune en Provence, où elle se nomme coulassade, a cause de .son collier noir, et où l’on a coutume de riîlevi'r a cause de son chant. A l’égard de l’.Mlemagne, de la Pologne, de la Suède et des autres pays du Nord, il ne paraît [las qu’elle y soit fréquente On n®," f’yi'‘''«ces, en Sardaigne. Enfin M. Russel a

dit a M. Edwards qu elle était coramune aux environs d’Alcp • et ce dernier nous a donné la figure coloriée d’une vraie calandre qui vi-nail disait-on, de la Caroline. Elle pouvait y avoir été transportée, elle ou ses peic el mere, non-seulement par un coup de v'ont, mais encore par que que vaisseau européen; el comme c’est un pays chaud, il est trèslirobahle que 1 espece pcul y iirospérer el s’v naliiraliser.

DKS ALOLKTTKS. G9;}

Al. Adauson regardtdu calandre comme tcnanl lo milieu entre rulouotte et la grive : ce qui ne doit s’entendre que du plumage et de la forme extérieure; car les habitudes de la grive et de la calandre sont fort différentes, entre autres dans la construction du nid.

Longueur totale, sept pouces et un quart; bec, neuf lignes; vol, treize pouces et demi; queue, deux pouces un tiers, composée de douze pennes, dont les deux paires les plus extérieures sont bordées de blanc la troisième paire terminée de même, la paire intermédiaire gris brun; tout le reste noirâtre; ces pennes dépassent les ailes de quelques lignes : doigt postérieur, dix lignes.

Page 1