‹ Œuvres complètes de Buffon avec des extraits de Daubenton, et la classification de Cuvier (volume 4)Chapitre 489 sur 525 · SS · texte numérisé non relu

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OISEAUX ÉTHANGEUS

QUI ONT RAPPOUT A La FARLOUSE

LA FARLOUZANNE.

(lH PIPIT SPIPOLEÏÏE.)

Jcdonne ce nom à uncalouettcdela Louisiane, quej’aivuechez M. Mauduit et qui m’a paru avoir beaucoup de rapport avec la farlouse : elle a la gorge d un gris jaunâtre j le cou. et la poitrine grivclés de brun sur ce meme fond; le reste du dessous du corps fauve; le dessus de la tète et du corps mêle de brun verdâtre et do noirâtre : mais comme ce sont des couleurs sombres, elles tranchent peu l’une sur l’autre, et il résulte de leur mélangé une teinte presque uniforme de brun obscur; les couverlui es supérieures dun brun verdâtre sans mélange: les pennes de la queue, brunc^; la plus extérieure mi-partic de brun noirâtre et de blanc, le blanc en dehors, et la suivante terminée de blanc; les pennes et les couvertures supérieures des ailes, d’un brun noirâtre, bordé d’un brun plus clair.

Longueur, totale, près de sept pouces; bec, sept lianes; tarse, neuf lignes; doigt postérieur avec l’ongle, un peu moins dduiit lignes; cet ongle, un peu plus de quatre lignes, légèrement courbé ; queue, deux pouces et demi; elle dépasse les ailes de seize lignes.

L’ALOEETTE PIPI.

(Icnrc aloiieUe. (Cuviku.)

C est la plus petite de nos alouettes de France; son nom allemand pieplerche, et son nom anglaispipft, sont évidemment dérivés de son cri, et CCS sortes de dénominations sont toujours les meilleures, puisqu’elles représentent l’objet dénommé autant qu’il est possible : aussi n’îavonsnous pas hésité a adopter ce nom de p/pi. On compare le cri de cette alouette, du moins son cri d’hiver, à celui d’une sauterelle; mais il est un peu plus lort et plus perçant. L’oiseau le fait entendre soit en volant soit en se perchant sur les branches les plus élevées des buissons; car il se perche même sur les petites branches, quoiqu’il ait Tonale de derrière tort long (moins long cependant et plus recourbé que dans Talouettc ordinaire); mais il sait fort bien se servir de ses ongles antérieurs pour saisir les petites branches et s’y tenir perché; il se tient aussi à terre', et court tres-legerement.

Au printemps, lorsque le mâle pipi chante sur sa branche, c’est avec beaucoup d action; il se redresse alors, il entr’ouvre le bec, il épanouit ses ailes, et tout annonce que c’est un chant d’amour : de temps en temps il s’élève assez haut; il plane quelques moments, et retombe presque a la meme place, en continuant toujours de chanter, et de chanter fort agréablement. Son ramage est simple, mais il est doux, harmonieux et nettement prononcé. Ce petit oiseau fait son nid dans des endroits solitaires et le cache sous une motte de gazon; aussi ses petits sont-ils souvent lâ

J)HS AI.Ol’KITES. G89

proie d(‘s couleuvres : sa poule est de cinq œufs 'marques de brun vers le gros bout. Il a la tète plutôt longue que ronde; le bec très-délicat et noirâtre; les bords de la pièce supérieure écbancrés près de la pointe; les narines à demi recouvertes par une membrane convexe de même couleur que le bec, et cachée en partie sous de petites plumes qui reviennent en avant; seize pennes à chaque aile; le dessus du corps d’un brun • verdâtre varié, ou plutôt ondé de noirâtre ; le dessous d’un blanc jaunâtre, mouchctcirrégiilièrcmentsur la poitrine et surlecou; le fond des plumes cendré foncé; enfin deux raies blanchâtres sur les ailes, dont M. I.innæus a fait un des caractères de l’espèce.

Les alouettes pipi paraissent en Angleterre vers le milieu de septembre, et on en prend alors une grande quantité dans les environs de Londres; elles fréquentent les bruyères et les plaines, et voltigent [ilutôt qu’elles ne volent ; car elles ne s’élèvent jamais beaucoup. Il en reste ordinairement quelques-unes pendant l’hiversur les maraisdes environs de Sarrebourg.

On peut juger par la forme et la délicatesse du bec de l’alouette pipi qu’elle se nourrit principalement d’insectes et de petites graines, et par sa petitesse qu’elle ne vit pas fort longtemps. Elle se trouve en Allemagne, en Angleterre et môme en Suède, à ce que d it .M . I ,i n næus dans son Sysfnne de la. Nature, quoiqu’il n’en fasseaucune mention dans la Fuuna sueeica, du moins dans la première édition. Cet oiseau est assez haut monté.

Longueur totale, environ cinq poncer et demi; bec, six à sept lignes; doigt postérieur, quatre lignes; son ongle, cinq; vol, huit pouces un tiers; queue, deux pouces : elle dépasse les ailes d’un pouce; tube intestinal^ six pouces et demi ; œsophage, deux pouces et demi, dilaté avant son insertion dans le gésier, qui est musculeux; deux très-petits cæcum; je n’ai point trouvé de vésicule du fiel. Le gésier occiq^ait la i)artie gauche du bas-ventre; il était recouvert par le foie, et nullement par les intestins.

LA LOCLISTELLE.

(le 1!EC-FIX LOCfSTELI.E. )

Genre bec-fin. (Cuviek.)

Cette alouette est encore plus petite que la précédente, et elle est la plus petite de joutes celles denotie Europe. Les autours de la Z ooku fie britannique, à qui seuls nous devons la connaissance de celle espèce, lui ont donne le nom d'alouette des.muk‘s, parccqu’on la voit tous les ans revenir visiter certaines saussaies du territoire de Whiteford en Elint-shire, où elle passe tout l’été. La locustelle ne difière de l’alouette 'pipi, ni par’ son éperon, ni par ses allure.s, ni par son chant, qui ressemble par conséquent à celui d’une cigale; et c’est par cette raison que je lui ai conservé le nom de locustelle que lui adonné Willughby. Quant'au plumage, elle a la tète et le dessus du corps d’un brun jaunâtre, avec des taches obscures; les pennes des ailes brunes, bordées de jaune sale; celles de la queue d’un brun foncé; des espèces de sourcils blanchâtres, et le dessous du corps d’un blanc teinté de jaune.

LA SPIPOLETTE.

(le P 1 P 1 T s P I 0 s c e l l e . )

Genre aluuelle. (Cuvter.)

•l'adopte ce nom que l’on donne à Florence à l’oiseau dont il s’agit ici. Il est un peu plus gros que la farJoiise, et se tient dans les friches^ et les

000 IIISTOIIIK NATL'KELLE

bruycics. 11 a le doigl poslérieur Idii long, comme 1 alouelte, mais sot» corps est plus eüilé; et il diirère encore de celte dendère par le mouveiiient de sa queue, semblable à celui de la lavandière et de la farlouse. Ces oiseaux se plaisent dans les bruyères, les friches, cl surtout dans les (deules d’avoine, peu après la moisson; ils s’y rassemblent en troupes assez nombreuses.

Au printemps, le mâle se perche pour rappeler ou découvrir sa l'einclle; quelquefois même il s élève en l’air, en chantant de toutes ses foi-ces, puis revient bien vite se poscj' à terre, oh est toujours le rendez-vous.

Lorsqu’on approche du nid, la mère se trahit bientôt par ses cris; en quoi son instinct paraît différer de celui des autres alouettes qid, loi'squ’cllcs craignent quelque danger, se taisent et demeurent immobiles,

AL Willu^by a vu un nid de spipolettc sur un genêt épineux, fort près de terre, composé de mousse en dehors, et en dedans de paille et de crin de che\ al.

On est assez curieux d’élever les jeunes mâles à cause de leur ramage ; mais cela demande des précautions. 11 faut au commencement cou\ rir leui’ cage d’une élollè verte, ne leur laisser que peu de jour, et leur prodiguer les œufs de fourmis. Lorsqu’ils sont accoutumés à manger et <à boire dans leur prison, on peut diminuer par degrés la quantité dès œufs de fourmis, y substituant insensiblement le chènev is écrasé, mêlé avec de la fleur de farine et des jaunes d’œufs.

On prend les spipolettes au filet traîné, comme nos alouettes, et encore avec des gluaux que l’on place sur les arbres oh elles ont fixé leur domicile; elles vont de compagnie avec les pinsons; il paraît même qu’elles partent et qu’elles l'cviennent avec eux.

Les mâles diffèrent peu des femelles à l’extérieur : mais une manière s, ire de les reconnaître, c’est de leur présenter un autre mâle enfermé dans une cage; ils se jetteront bientôt dessus comme sur un ennemi, ou f)lutôt comme sur un rival.

Willughby dit que la spipolettc diffère des autres alouettes par la couleur noire de son bec et de ses pieds. 11 ajoute que le bec est grêle, droit et pointu, les coins de la bouche bordés de jaune ; qu’elle n’a pas, comme le cujelier, les premières pennes de l’aile plus courtes que les suivantes, et que le mâle a les ailes un pou plus noires que la femelle.

Cet oiseau se lrouveenllaUe,en.\llcmagne, en Angleterre, enSuède, etc.

AL Brisson regarde l’alouette des champs de Jessop comme étant de la même espèce que la sienne, quoiqu’elles different entre clhis par l’ongle postérieur qui est fort long dans la derinère, et beaucoup plus court dans l’alouette de Jessop : mais on sait que la longueur de cet ongle est sujette à varier suivant 1 âge, le sexe, etc. Il y a une différence plus marquée entre l’alouette de champ de AI. Brisson et celle de AI. Linnæus, quoique ces deux naturalistes les regardent comme appartenant à la même espèce; l’individu décrit par AL Lmnæus avait toutes les pennes de la queue, à

1 exceplion des deux intermédiaiies, blanches depuis la base jusqu’au milieu de leur longueur; au lieu que celui de AL Brisson n’avait de blanc qu’aux deux pennes les plus cxtéi ieures, sans parler de beaucoup d’autres différences de détail, qui sidiîsent avec les précédentes pour ronstituer une variété.

Les spipolettes vivent de petites graines et d'insectes; leur chair, lorsqu’elle est grasse, est un très-bon manger. Elles ont la tête et tout le dessus du corps d’un gris brun teinté d’olivâtre; les sourcils, la gorge; (;t tout le dessous du corps d’un brun jaunâtre, avec des taches brunes

DES Ai.ULiETTES. G9f

ohloiieiics sur le cou et la poitrine j les pennes et les couvertures des ailes, brunes, bordées d un brun plus clair; les pennes delà queue noirâtres, excepté les deux intermédiaires qui sont d’un giûs iM’un, la plus extérieure qui est bordée de blanc, et la suivante qui est tenninée de même; enfin, le bec noirâtre et les pieds bruns.

Longueur totale, six pouces et demi; bec, six à sept lignes; vol, onze pouces et plus; queue, doux pouces et demi, un peu fourchue, composée de douze pennes; elle dépasse les ailes de quinze lignes.

LA GIKÜLE.

Gctiic aloucilc. (Cl) V IKK.)

M. Brisson soupçonne, avec unegrande apparence de i-aison, que l’individu observé par Aldrovande était un jeune oiseau dont la queue, extrêmement courte et composée de plumes très-étroites, n’était pas entièreinimt formée, et qui avait encore la commissure du bec bordée de jaune : mais il y auraU eu, ce me semble, une seconde conséquence à tirer de la : c’est (^110 c'était une simple variété d âge, appartenant à une espèce connue, d autant plus qu’Aldrovande, le seul auteur qui en ait parlé, n’a jamais vu que ce seul individu. 11 était de la taille de notre alouette commune; il en avait le principal attribut, c’est-à-dire le long éperon à chaque pied. Le plumage de la tête et de tout le dessus du corps était varié de brun marion, de brun plus clair, de blanchâtre et de roux vif; Aldrovande le compare à celui de la caille ou de la bécasse. 11 avait le dessous du corps blanc; le derrière de la tête ceint d’une espèce de couronne blanchâtre; les pennes des ailes bruji marron, bordées d’une couleur plus claire; celles de la queue, du moins les quatre paires intermédiaires, de laîmêmc couleur; la paire suivante mi-partie de marron et de blanc, et la dernière paire toute blanche; la queue un peu fourchue longue d’un pouce; le fond des plumes cendré; le hoc rouge à large ouverture; les coins de la bouche jaunes; les pieds couleur de chair; les ongles blanchâtres; l’ongle postérieur long de six lignes, presque droit et seulement un peu recourbé par le bout.

Cet oiseau avait été tué aux en\ irons de Bologne, sur la fin du mois de mai. .le le présente ici seulement comme un problème à résoudre aux naluralistes qui sont à portée de l’observer et de le rapportera sa véritable espèce : car, encore une lois, je doute beaucoup que l’on en doive faire une espece distincte etsepaiee. IM. Bay lui trouve beaucoup de rapjiort avec le cujelier, et ne voit de diliërcnce que dans les couleurs des pennes de la queue ; cependant il aurait dù y voir aussi une difïercnce de grandeur, puisqu’il est aussi gros que raîouctte ordinaire, et par conséquent plus gros que le cujelier; dift'èrencc à laquelle on doit avoir encore plus égard, si l’on siqipose avec M. Brisson que l'oiseau d’Aldrovande était jeune.

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