‹ Œuvres complètes de Buffon avec des extraits de Daubenton, et la classification de Cuvier (volume 4)Chapitre 496 sur 525 · LE COCIIEVIS GE LA GROSSE ALOUETTE HUPPÉE · texte numérisé non relu

LE COCIIEVIS GE LA GROSSE ALOUETTE HUPPÉE

Genre aloiielte. (Cuvikr.)

C(;ttealouettc a été nommée cocho.ms, parce qu’on a regardé l’aigrette de plumes dont sa tète est surmontée comme une espèce de crête, et conséquemment comme un trait de ri'ssemblance avec le coq. Cette crête, ou plutôt cette huppe, est composée de quatre plumes de principale grandeur, suivant Belon, de quatre ou six suivant Olina , et d un grand nombre, selon d’autres, qui le portent jusqu’à douze. On ne s’accorde pas plus sur leur situation et le jeu de ces plumes que sur leur nombre; elles sont toujours relevées, selon les uns, et selon d’autres l'oiseau peut les élever ou les ahai.sser, les étendre ou les resserrer à son gré ; soit que cette dilférence dépende du climat, comme l’insinue Turner, ou de la saison, ou du sexe, ou de quelque autre circonstance. C’est une preuve de plus, ajoutée à mille autres, qu’il e.st dilficile de se former une idée complète de l’espèce, d’après l’examen, même attentif, d’un petit nombre d’individus.

J.e cochevis est un oiseau peu farouche, dit Belon, qui se réjouit à la vue de l’homme et se met à enanter lorsqu’il le voit approcher, tl se tient dans les champs et les pi'airies sur les revers des fossés et sur la crête des sillons. On le voit fort souvent au bord des eaux et sur les grands chemins, où il cherche sa nouri'iture dans le crottin de cheval, surtout pendant l’hiver. IM. Frisch dit qu’on le rencontre aussi à l'entrée des bois, perché sur un arbre : mais cela est rare, et il est encore plus rare qu’il s’enfonce dans les grandes forêts. Il se pose quelquefois sur les toits, les murs de clôture, etc.

BiiFroN, (nme viii.

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mSlOJHli NAT( REf.f.E

(Icllc. alüucltc, sans èlrc aussi coivinutne que l’aloucUe ordinaire, est cepcndaiit répandue assez généraicnieni, dans l'Kuroiae, si ee n’est dans la partie septentrionale. On en ti'ouve eu Italie, suivant Olina; en France, suivant Belqnj en Allemagne, selon Willughhyj en Pologne, selon Rzaczj-nski; en Ecosse, selon Sil)bald : mais je doute qu’il y en ait en Suède, M) que M. Linnæus n’en a point fait mention dans sa Faunn mecica.

Le cochevis ne change pas de demeure pendant l’hiver : mais Belon ne devait i)oint pour cela souiaçonner une faute dans le texte d’Aristote, car ce texte ne dit point que le cochevis quitte le pays -, il dit seulement qu’il se cache pendant l’iiiver, et c’est un fait qu’on en voit moins dans cette saison rpie penrlant l’été.

Le chant (.les mâles (vst fort élevé, et cependant si agréable et si doux, qu’un malade le soulfrirait dans sa chambic : pour en pouvoir jouir à toute heure , on les tient en cage; ils l’accompagucmt ordinairement du iremoussement de leurs aikîs. Ils sont k's premiers à annoncer chaque année le retour du printemps, cl chaque jour le lever de l’aurore, surtout quand le ciel est serein; et mcane alors ils gazouillent quelqueiois pendant la nuit; car c’est le beau temps qui es"t Fûme de leur chant et de l(îur gaieté. Au contraire, un temps plu\icux et sombre leur inspire la tristesse et les rend muets. Ils continuent ordinairement de chanter juseju’à la fin de septembre. iVu reste, comme ces oiseaux s’accoutument dinicilcmcnl à la captivité et qu’ils vivent fort p('u de temps en cage, il est f) propos de leur donner tous les ans la volée sur la fin de juin', qui est le temps où ils cessent de chanter, sauf à en reprendre d’autres au printemps suivant : ou bien on peut encore conserver son ramage en perdant l’oiseau; il ne faut pour cela que tenir quelque temps auprès d’eux une jeune alouette ordinaire ou un j(!une serin, qui s’approprieront leur chant à force de l’entendre.

Outre la prérogative de mieux chanter, qui distingue le mâle de la femelle, il s’en distingue encore par un bec plus fort, une tt'te plus grosse, et parce qu’il a plus de noir sur la poitrine. Sa manière de chercher sa femelle et de la féconder est la m('me rnic celle du mâle de l’espèce ordinaire, excepté qu’il décrit dans son vol un plus grand cercle, par la raison que l’espèce est moins nombreuse.

I.a femelle fait son nid comme ralouctle commune, mais le plus souvent dans le voisinage des grands chemins; elle pond quatre ou cinq œufs, qu’elle couve assez négligemment; et l’on prétend (p’il ne faut en (îlfct qu’une chaleur fort médiocre, jointe à celle du soleil, pour l(;s faire éclore : mais les petits ont-ils percé leur coque, et eommencent-ils à implorer son secours par leur cris répétés, c’est alors qu’elle se montre N érilablemwil leur mère, et qu’elle se charge de pourvoira leurs besoins jusqu’à ce qu’ils soient en état de prendre la volca;.

!VL Fri.sch dit qu’elle fait deux pontes, par an, et qu’elle établit son nid |)ar préférence sous les genévriers : mais cela doit s’entendre principalement du pavs où l’observation a été faite.

La première éducation d(!s petits réussit d’abord fort aisément : mais dans la suite elle devient toujours plus dillicile, et il est rare, comme je l’ai dit d’api'ès >1. Fr'isch, qu on puisse les conserver en cage une année entière, meme en leur donnant la nourriture qui leur convient le mieux, c’est-à-dire, les œufs de fourmis, le c.œur de bœuf ou de mouton haché mc.nu, le chènevis écrasé, le millet. Il faut avoir grande attention en leur donnant à manger, et en leur introduisant les petites boulettes dans le gosier, de ne pas leui- renverser la langue ; ce qui pourrait les faire périr.

i)KS ALOUI£ÏTl{S.

tout io reste les deux espèces sont semblables, même dans'la dii'rêc'dc lc(]r vie. je veux dire de Icui' vie sauvage et libre.

Il semblerait, d’après ce quefai rapporté des mœurs de ralouetle huppée, qu’elle a le naturel plus indépendant, plus éloigné de la domesticité que les autres alouettes, puisque, malgré son inclination prétendue pour 1 homme, elle ne connaît point d’équivalent à la liberté, et qu’elle ne peut vivre longtemps dans la prison la plus douce et la plus ex)mmndc- on dirait meme qu elle ne vit solitaire que pour ne point se soumettre aux assuiettissemcnts inséparables de la vie sociale : cependant il est certain qu elle a une singulière aptitude pour apprendre en peu de temps à chanter un air qu on lui aura montré; qu'elle peut même en apprendre plusieurs et les répéter sans les mêler avec son raraaa;e qu’elle semble oublier parfaitement. "

L’individu observé par Willughby avait la langue large, un peu fourchue, les ca-rum. très-courts, et le fiel d’un vert ob.scur et bleuâtre - ce que ce naturaliste attribue à quelque cause accidentelle. ’

Aldrovandc dorme la figure d’un cochevis fort âgé, dont le bec était lilanc autour de sa base; le dos cendré; le dessous du coi-ps blanchâtre et la poitrine aussi, mais pointillée de brun; les ailes presque toutes blanches, et la queue noiie. Il ne laut pas manquer l’occasion de reconnaître les eflcts de la vieillesse dans les animaux, .surtout dans ceux qui sont utiles, et auxquels nous ne donnons guère le temps de vieillir D’ailleurs cette espèce a liien d’autres ennemis que l’homme : les plus petits oiseaux carnassiers lui donnent la chasse, et Albert en a vu dévorer un par un corbeau; aassi la présence d’un oiseau de proie l’efiraie, au point de venir se mettre à la merci de Ibiselcur, qui lui semble moins cà craindre, ou de rester immobile dans un sillon, jusqu’à sc laisser prendre à la main, ^

yautumne est la bonne saison pour tendre des pièges à ces oiseaux; ou le.s prend alors en grand nombi e et on bonne chair, à l’entrée des bois M. Frisch remarque qu'ilssuiAentrappeau, eeque nefont paslcs alouettes communes. Voici d autres différences : le coche\ is ne vole point en troupes; son plumage est moins varié, et a plus de blanc; il a le bec dIus long, la queue et les ailes plus courtes : il s’élève moins en l’air - il est pins le jouet des vents, et reste moins de temos sans .se nneni-

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