LE LULU, OU LA PETITE ALOUETTE HUPPÉE OU CUJELIER
Genre alouelte. (Cuvier.)
Cette alouette, que je nomme hdu d’après son chant, ne diffère pas .seulement du cochevis par sa taille qui est beaucoup plus petite- par la couleur de son plumage qui est moins sombre; par celle de scs pieds qui sont rougeâtres; par sou chant ou plutôt par son cri désagréable qu’elle ne fait jamais entendre qu’en volant, selon Tobservation'lr Aldrovandcenfin parl’habitude qu’elle a de contrefaire ridiculement lesautresoiseaux’ mais encore par le lond de I instinct; car on la voit courir par troupes dans les chamms, au heu que le cochevis va seul, comme je Tai remarque; elle en différé meme dans le trait principal de sa ressemblance avec
700 HlSTOlKli NATLHELLK
lui, car les plumes qui composent sa luippe sont plus longues à prol'ortion.
On trouve le luluen Italie, en Autriche, en Pologne, en Silésie, et môme dans les contrées septentrionales de l’Angleterre, telles que la pi'ovince d’York ; mais son nom ne paraît pas dans la liste des oiseaux qui habitent la Suède.
11 se tient ordinairement dans des endroits fourrés, dans les bruyères et môme dans les bois, d’où lui est venu le nom allemand de Wald- Lerche : c’est là qu'il fait son nid, et presque jamais dans les blés.
Lorsque le Iroid est rude, et surtout lorsque la terre est couverte de neige, il .sej réfugie sur les fumiers et s’approche des granges pour y trouver à vivre : il fréquente aussi les grands chemins, et sans doute par la môme raison.
Suivant Longolius, c’est un oiseau de passage qui reste en Allemagne tout l’hiver, et qui s’en va autour de l’équinoxa;.
Gessner fait mention d’une autre alouette huppée, dont il n’avait vu que le portrait, et qui ne différait de la précédente qneparquelquc variété (le plumage, où l’on voyait plus de blanc autour des yeux et du cou, et sous le ventre; mais ce pou\ait être un effet de la vieillesse, comme nous avons vu un exemple à l’article du cochevis, ou de quelque autre cause particulière ; et il n’y a certainement pas là de quoi établir une autre espèce, ni môme une variété : aussi son nom allemand est-il tout à fait ressemblant à celui que les Anglais donnent au oochevis.
.le dois remarquer que l’éperon oii l’ongle postérieur n’a pas, dans la figure de Gessner, la longueur qu’il a communément dans les alouettes.