‹ Œuvres complètes de Buffon avec des extraits de Daubenton, et la classification de Cuvier (volume 4)Chapitre 511 sur 525 · LA FAUVETTE DE ROSEAUX · texte numérisé non relu

LA FAUVETTE DE ROSEAUX

Septième espèce.

(I.K liCC-FIVi DES ROSEAUX, OU EIFA RV AT'l'E. )

(icnic bec-lin, sous-genre fauvelie. (('uvikr.)

La lauvetto de roseaux chante dans les nuits chaudes du printemps comme le rossignol : ce qui lui a fait donnei- par quelques-uns le nom de rossignol des saules ou des osiers. Elle fait son nid dans les roseaux, dans les buissons, au milieu des marécages, et dans les taillis au bord des eaux. Nous avons vu un de c<.w nids .sur les branches basses d’une charmille près de terre : il est composé de paille et de brins d’iierbe sèche, d’un peu de crin on dedans; il est construit avec plus d’art que celui dos autres fauvettes : on y trouve ordinairement cinq œufs, l)lanc sale, marbrés de brun, plus fonce et plus étendu vers le gros bout.

Les pc.tits, quoique fort jeunes et sans plumes, quittent le nid quand on l’approche de Trop près : cette habitude qui est propre aux petits de toute la famille des lauvettes, et imuno à cette espèce qui niche au milieu des eaux, semble devoir être un caractère distinctif du naturel de ces oiseaux.

On voit [icndant tout l’été cette fauvuitle s’élancer du milieu des roseaux.pour saisir au vol les (lemoisoMes etaulnïs insectes qui voltigent sur les eaux : elle ne cesse en même temps de faire entendre son ramageet pour dominer seule dans un pelit canton, elle on chasisc kis autres

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oiseaux, et demeure maîtresse dans son domicile, qu’elle ne quitte qu’au mois de septembre pour partir avec sa l'amillc.

Elle est de la grandeur de la fauvette à tète noire, ayant cinq pouces quatre lignes de longueur, et huit pouces huit lignes de vol : son bec est long de sept lignes et demie; les pieds de neuf; sa queue de deux pouces: I aile pliee s’étend un peu au delà du milieu de la queue. Elle a tout le dessus du corps d’un gris roussâtre clair, tirant un peu à l’olivâtre près du croupion; les pennes des ailes plus brunes que celles de la queue; les couvertures inférieures des ailes sont d’un jaune clair; la gorge et tout le devant du corps jaunâtre sur un fond blanchâtre, altère sur les côtés et vers la queue de teintes brunes.

Il n’y a nulle apparence que la petronclla de Schwenckfeld, oiseau qui niche sous les rochers et à plate-tcrre, qu’on ne voit que dans les endroits escarpés des montagnes, qui remue incessamment la queue, comme la lavandière, soit notre fauvette de roseaux : et nous ne voyons pas sur quoi M. Bri.sson a pu l’y rapporter; car, suivant le plumage même que lui donne Schwenckfeld, ce serait plutôt une sorte de rossignol de muraille ou de queue-rouge.

Si l’oiseau de sauge\sedge-bird) d’Albin est aussi la fauvette de roseaux, la figure Cj^u’iï en donne est bien mauvaise, et toutes les couleurs en sont fausses. Ce n’est point peindre, c’est masquer la nature que de la charger d’images infidèles. La figure donnée dans Aldrovande et empruntée de Gessner, sous le nom de salicaria, porte un bec beaucoup trop gros, et qui ne peut appartenir au genre des fauvettes; et si l’oiseau de la page 733 (Acm' consimilis stoparolœ. et magnanimee) est la fauvette de roseaux, eornme le dit M. Hrisson , et comme on peut le croire, il est très-difficile d’imaginer que la salicaria de la page 737 soit le même. Tel est l’embarras de démêler dans .Aldrovande les espèces qu’il a voulu rapporter à un genre qu’il paraît n’avoir pas connu par lui-même; et on voit par l’exemple de ce naturaliste, si estimable d ailleurs, combien il est dangereux de ne parler que sur des relations souvent fautives, souvent confuses, et qui ne peignent jamais la nature avec la vérité nécessaire pour la reconnaître et la juger.

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