LA ROUSSETTE, OU LA FAUVETTE DES ROIS
Sixième espèce.
(l ACCE.XTEOH AIOÜCIIET,)
Genre bec-fin, sous-geiire fauvelle. (CuMiaî.)
Si Belon ne distinguait pas aussi expressément qu’il le fait la roussetle ou Jauvette des bois, de son mouchet, que nous verrons être la fauvette d hiver, nous aurions regardé ces deux oiseaux comme le même, et nous ^‘^®sions fait q U une espèce : nous ne savons pas encore si elles sont ditiercntcs; car les ressemblances paraissent si grandes et les dilTérences si petites que nous réunirions ces deux oiseaux, si Belon, qui les a peut-etie inioux observes que nous, ne les avait pas séparés d’espèce cl de nom. ^ ^
Comme toutes les fauvettes, celle-ci est toujours gaie, alerte vive et lait souvent entendre un petit cri : elle a de plus nichant qui quoioiie monotone, nest point désagréable; elle le perfectionne lorsqu’elle est h portée d entendre des modiilatioris plus variées et plus brillantes. Ses migrations semblent se borner h nos provinces méridionales; elle v parait I hiver, et chante dans cette saison : an printemps elle revient dans nos bois préféré les taillis et y construit son nid de mousse verte et de taine; elle pond quatre ou cinq œufs d’un bleu céleste.
DE LA FAlIVETrE, 72 f
S(îs pclils sont ais(;s a olcver et à iioun'ir, et l'on en prend volontiers la peine pour le plaisir que donne leur lamiliarité, leur petit ramage et leur gaieté. Ces oiseaux ne laissent pas d’ètre courageux.
«(.eux que j elevai.s, rtil M. de (.Jucihociil , se lïiisaienl redimler de licaucoup d oi.s.'aux au'^si gros qu'eux. Au mois d’avril je donnai la liborlé à tous mes pelil.s iinsonniers; t s roussedes lurent les dernières a en pioliler. r.omme elles allaient souvent lairede pelili s romenades, lessauvagi S de la même cspC' e les poursuivaient, mais elles se réfugiaient sur la tablette de ma fenêtre, où elles tenaient bon : clics hérissaient le.ui s plumes; chaque (larti fredonnait une petite chanson et becquetait la planche a la manière des cjqs, ut le combat s’engageait au^sitül avec vivacilé. »
Cetto fauvette e.st la seule que nous n’ayons pu décrire d’après nature : la description qu’on nous donne du plumage nous confirme dans la pensee que cette espèce est au moins tres-voisino de celle do la fauvette d’hiver, si ce n’est pas précisément la meme : celle-ci a la tcU;, le dessus du cou, la poitrine, le dos et le croupion, variés de brun et de roux, chaque plume étant dans son milieu de la première couleur, et bordée de la seconde; les plumes scapulaires, les couvertures du dessus dos ailes et de la (|ueue, variées de même et des memes couleurs; la gorge, la partie intérieure du cou, le ventre et les côtés rousstVtrcs; les pennes des ailes brunes, bordées do roux; celles de la queue tout à fait lirimes. Elle est de la grandeur de la fauvette, première espèce. La roltc des fativettes est généralement terne et obscure; celle delà roussette ou fauvette des bois est une des plus variées, et Belon peint av'cc expression l’agrément de son plumage. 11 remarque en même temps que cet oiseau n (ist guère connu que des oiseleurs et dtîs paysans voisins des bois, et qn’on le prend dans les chaleurs, lorsqu’il va boire aux mares.