‹ Œuvres complètes de Buffon avec des extraits de Daubenton, et la classification de Cuvier (volume 4)Chapitre 59 sur 525 · DU DUC OU GRAND DUC · texte numérisé non relu

DU DUC OU GRAND DUC

efîiiiif, (lu'on a aussi appelée schleijer-eule, ehoiiellc voilée; perl-eulit, eliouelte perlée ou marcpiée de petites taches rondes, ohr-euleen allemand, horn-owl en anglais, chouette ou hibou à oreilles en français, qui est notre hibou ou moyen duc ; knapp-eule, chouette qui fait avec son bec le bruit que l’on fait en cassant une noisette, ce qui néanmoins ne peut désigner aucune espèce particulière, puisque toutes les grosses espèces de hiboux et de choneites font ce même bruit avec leur bec. Le nom bubo, que les Latins ont donné à la plus grande espèce de hibou, c'est-à-dire au grand duc, vient du rapport de son cri avec le mugissement du bteuf; elles .Allemands ont désigné le nom de l'animal par le cri même, uliu (ouhou), puhu (pouhou).

Les trois espèces de hiboux et les cinq espèces de chouettes que nous venons d'indiquer par des dénominations précises, et par des caractères aussi précis, composent le genre entier des oiseaux de proie nocturnes; ils diffèrent des oiseaux de proie diurnes : I” Par le sens de la vue, qui est excellent dans ceux-ci, et qui paraît fort obtus dans ceux-là, parce qu'il est trop sensible et trop affecté de l'éclat de la lumière : on voit leur ptqtille, qui est très-large, se rétrécir au grand jour d'une manière différente de celle des chats. La pupille des oiseaux de nuit reste toujours ronde en se rétrécissant concentriquement, au lieu que celle des doits devient perpendiculairement étroite et longue. 2“ Par le sens de l’ouïe : il parait que ces oiseaux de proie nocturnes ont ce sens supérieur à tous les autres oi.seaux, et peut-être même à tous les animaux, car ils ont, toute proportion gardée, les conques des oreilles bien plus grandes qu'aucun des animaux; il y a aussi plus d’appareil et de mouvement dans cet organe, qu'ils sont maîtres de fermer et d'ouvrir à volonté, ce qui n'est donné à aucun animal. 5" Par le bec, dont la ba«e n’est pas, comme dans les oiseaux de proie diurnes, couverte d'une [leau lisse et nue, mais est, au contraire, garnie de plumes tournées en devant; et de plus ils ont le bec court et mobile dans ses deux parties comme le bec des perroquets; et c’est par la facilité de ces deux mouvements qu'ils font si souvent craquer leur bec, et qu’ils peuvent aussi l’ouvrir assez pour prendre de très-gros morceaux que leur gosier aussi ample, aussi large que l’ouverture de leur bec, leur permet d'avaler tout entiers. 4“ Par les serres dont ils ont un doigt antérieur de mobile, et qu’ils peuvent à volonté retourner en arrière; ce qui leur donne plus de fermeté et de facilité qu’aux autres pour se tenir perchés sur un seul pied. 5“ Par leur vol, qui .se fait en culbutant lorsipi'ils sortent de leur trou, et toujours de travers et sans aucun bruit, comme si le vent les enqjoriait. Ce sont là les différences générâles entre ces oiseaux de proie nocturnes et les oiseaux de proie diurnes, qui, comme l’on voit, n’ont, pour ainsi dire, rien de semblable que leurs armes, rien de commun que leur appétit pour la chair cl leur goût pour la rapine.

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