‹ Œuvres complètes de Buffon avec des extraits de Daubenton, et la classification de Cuvier (volume 4)Chapitre 82 sur 525 · LE HOÜBARA, OU PETITE OLTARDE HUPPÉE D'AFRIQUE · texte numérisé non relu

LE HOÜBARA, OU PETITE OLTARDE HUPPÉE D'AFRIQUE

(UorTAnDE IlOl’BARA.)

Nous avons vu que, parmi les grandes outardes, il y en avait de hupfu'-es et d’autres qui ne l'étaient point; et nous allons retrouver la même différence entre les petites outardes; car la nôtre n'a point de huppe, ni même de ces barbes de plumes qu’on voit à la grande outarde d'Europe, tandis que cellesci ont non-seulement des huppes, mais encore des fraises; et il est à remarquer que c’est en .Afrique que se trouvent toutes les huppées, soit de la grande, soit de la petite es|)éce.

Celle que les Barbaresques appellent houhaara est en effet huppée et fraisée. M. Shaw, qui en donne la figure, dit positivement qu’elle a la forme et le plumage de l'outarde, tuais qu'elle est beaucoup plus petite, n'ayant guère que la grosseur d'un chapon; et, par cette raison seule, ce voyageur, d’ailleurs habile, mais qui, sans doute, ne connaissait point notre petite outarde de France, blâme Golius d’avoir traduit le mot houbaary par outarde.

Elle vit, comme la notre, de substances végétales et d’insectes, et elle se lient le plus communément sur les confins du désert.

Quoique lAl. Shaw ne lui donne poitit de huppe dans sa description, il lui en donne une dans la figure qui y est relative, et cette huppe parait renversée en arrière et comme tombante; sa fraise est formée par de longues plumes qui naissent du cou, et qui se relèvent un peu et se renflent, comme il arrive à noire coq domestique lorsqu’il est en colère.

C'est, dit M. Shaw, une chose curieuse de voir, quand elle se sent menacée par un oiseau de proie, de voir, dis-je, par combien d’allées et de venues, de tours et de détours, de marches et de contre-marches, en un mot par combien de ruses et de souplesses elle cherche à échapper à son ennemi.

Ce savant voyageur ajoute qu’on regarde comme un excellent remède contre le mal des yeux, et que par cette raison l’on paye quelquefois très-cher, son fiel cl une certaine matière qui se trouve dans son estomac.

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