L’OIJTARDK D'AFRIQUK
C’est celle dont M. Linnæus fait sa quatrième espèce : elle diffère de l'ouiarde d'Arabie par les couleurs du plumage; le noir y domine, mais le dos est cendré et les oreilles blanches.
Le mâle a le bec et les pieds jaunes, le sommet de la tète cendre, et le bord extérieur des ailes blanc; mais la femelleest parioulde couleur cendrée, à 1 exception du ventre et des cuisses qui sont noires comme dans l’outarde des Indes.
Cet oiseau se trouve en Éthiopie, selon M. Linnæus; et il y a grande apparence que celui dont le voyageur Le Maire parle sous le nom d’autruvhe volante du Sénégal n’est pas un oiseau différent : car, quoique ce voyageur en dise peu de chose, ce peu s’accorde en partie et ne disconvient en rien avec la description ci-dessous : selon lui, son plumage est gris et noir, sa chair liélicieuse, et sa grosseur à peu près de celle du cygne. Mais celle conjecture lire une nouvelle force du témoignage de M. Adanson : cet habile naturaliste ayant tué au Sénégal, et par conséquent examiné de près, une de ces autruches volantes, nous assure qu’elle ressemble à bien des égards à notre outarde d Europe, mais qu'elle en diUl'ére par la couleur du plumage qui est généralement d'un gi is cendré; par son cou, qui est beaucoup plus lon^', et par une espèce de huppe qu elle a derrière la tète.
Celte huppe est sans doute ce que M. Linnæus appelle les oreilles, et celle couleur gris cendré est précisément celle de la femelle; et, comme ce sont là les princi()üux traits par lesquels l’outarde d'Afrique de M. Linnæus et 1 auiruehe volante du Sénégal dill'èrenl de notre outarde d Europe, on peut en induire, ce me semble, que ces <leux oiseaux se ressemblent beaucoup : et, par la même raison, on peut encore étendre à tous deux ce qui a été
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observé sur ciiaeun en particiiüer, par exemple, qu'ils ont à peu près la grosseur de notre outarde et le cou plus long. Cette longueur du cou, dont parle M. Adanson , est un trait de ressemblance avec l’outarde d'Arabie, qui habite à peu près le même climat, et l’on ne peut tirer aucune conséquence contraire du silence de M. Linuæus, puisqu’il n’indique pas une seule dimension de son outarde d'Afrique. A l’égard de la grosseur. Le Maire l'ait celle de raiilrucbe volante égale à celle du cygne, et M. Adanson à celle de l'outarde d'Europe, pnisi(ue, ayant dit qu’elle lui ressemblait A bien des égards, et ayant indit|ué les principales (lifférenees, il n’en établit aucune à cet égard; et comme d’ailleurs l’Ethiopie ou l’Abyssinie, qui est le pays de l’outarde d’Afrique, elle Sénégal, qui est celui de l’auiruehe volante, (ptoique fort éloignés en longitude, sont néanmoins du môme climat, je vois beaucoup de probabilité à dire que ces deux oiseaux appartiennent à une seule et même espèce.
O. — LE CHURGE, OU L’OUTARDE iVIOYENXE DES IiNDES. (le grand pluvier du BENGALE.)
(Genre pluvier.)
Cette outarde est non-setilement plus petite que celles d Europe, d’Afrique et d Arabie, mais elle est encore plus menue à proportion, et plus haut montée qu’aucune autre outarde : elle a vingt pouces de haut, depuis le plan de position jusqu’au sommet de la tête; sott cou parait plus court relativement à la longueur de ses pieds : du reste, elle a tous les caractères de I outank; trois doigts seulement à chaque pied, et ces doigts isolés; le bas de la jambe sans plumes; le bec un peu courbé, mais plus allongé; et je ne vois point par quelles raisons M. Brissou l’a renvoyée au genre des pluviers.
Le caractère distinctif par lequel les pluviers dill’èrent îles outardes consiste, selon lui, dans la forme du bec, que celles ci ont en cène courbé, et ceux-là droit et renflé par le bout. Or, l ouiarde des Indes dont d s agit ici a le bec plutôt courbé (|ue droit, et ne l’a point renflé par le bout comme les pluviers; du moins cest ainsi que l’a re|)résenté M. Edwards dans une ligure que M. Brissou avoue connue exacte : je puis même ajouter qu elle a le bec plus courbé cl moins renflé par le Itoul que I outarde d’Arabie de iM, Edwards, dont la ligure a paru aussi très-exacte à M. Bris;mn, et qu il a rangée sans dillicullé parmi les outardes.
D’ailleurs, il ne faut que jeter Icsyeuxsur la figure de l’outarde des Indes, et la comparer avec celles des pluviers, pour reconnaître qu elle en dilfère beaucoup par le port total et et par les proportions, ayant le cou plus long, les ailes |dus courtes et la forme du corps plus iléveloppce : ajoutez à cela qu’elle est quatre fois plus grosse tiue le plus gros pluvier, lequel n'a que seize ftouces de long du bout du bec au bout des ongles, au lieu qu’elle en a vingt-six.
Le noir, le fauve, le blanc et le gris, sont les principales couleurs du plumage, comme dans l'outarde d'Europe : mais elles sont distribuées diliéremment; le noir sur le sommet de la tète, le cou, les cuisses et tout le dessous du corps; le fauve, plus clair sur les côtés de la tète et autour des yeux, plus brun et mêlé avec du noir sur le dos, la queue, la partie des ailes la plus proche du dos, et au haut de la poitrine, où il fortne comme une large ccintitre sur utt fond noir; le blanc sur les couvertures des ailes les
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plus éloignées du dos, le blonc mêlé de noir sur leur parlie moyenne ; le gris plus foncé sur les paupières, rextrémité des plus longues pennes de l'aile, de quelques-unes des moyennes et des plus courtes, et sur quelques-unes de leurs couvertures; enfin, le gris plus clair et presque blanchâtre sur le bec et les pieds.
Cet oiseau est originaire de Bengale, où on l'appelle cliurge, et où il a été dessiné d'après nature; il est à remarquer que le climat de Bengale est à peu près le même que celui d’Arabie, d'Abyssinie et du Sénégal, où se trouvent les deux outardes précédentes : on peut appeler celle-ci outarde moyenne, parce quelle tient le milieu pour la grosseur entre les grandes et les petites espèces.