DU PETIT TÉTRAS
Dès que les petits sont éelos, ils se mettent à courir avec beaucoup de légèreté; ils courent même avant qu’ils soient tout à fait éclos, puisqu’on en voit qui vont et viennent ayant encore une partie de leur coquille adhérente à leur corps. I.a mère les conduit avec beaucoup de sollicitude etd'afteetion; elle les promène dans les bois, où ils se nourrissent d’œufs de fourmis, de mûres sauvages, etc. La famille demeure unie tout le reste de l’année, et jusqu’à ce que la saison de l’amour, leur donnant de nouveaux besoins et de nouveaux intérêts, les disperse, et surtout les mâles, qui aiment à vivre séparément; car, comme nous l'avons vu, ils ne se soulTrent pas les uns les autres, et ils ne vivent guère avec leurs femelles que lorsque le besoin les leur rend nécessaires.
Les tétras, comme je l’ai dit, se plaisent sur les hautes montagnes : rnais cela n’est vrai que pour les climats tempérés; car dans les pays très-froids, comme à la baie d’Hudson, ils préfèrent la plaine et les lieux bas, où ils trouvent apparemment la même température que sur nos plus hautes montagnes. Il y en a dans les Alpes, dans les Pyrénées, sur les montagnes d’Auvergne, de Savoie, de Suisse, de Westphalie, de Souabe, de Moscovie, d’Ecosse, sur celles de Grèce et d'Italie , en Norwége et même au nord de l’Amérique; on croit que la race s’en est perdue en Irlande, où elle existait autrefois.
Ou dit que les oiseaux de proie en détruisent beaucoup, soit qu'ils choisissent pour les attaquer le temps où l’ivresse de l’amour les rend si faciles à surprendre, soit que, trouvant leur chair de meilleur goût, ils leur donnent la chasse par préférence.