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Oeuvres complètes de Buffon avec des extraits de Daubenton, et la classification de Cuvier

omiiie 1 ordre de nos idées doit èlre ici le même que celui de la suc- ^ tt;mps, et que le temps ne peut nous être représenté que

oi)éraiio'*^*^i^T^*^^ t'flels, c’est-à-dire par la succession des

masses üu; '] »alnre, nous la considérerons d’abord dans les grandes

"lobe terrcslrc- pi'emicrs et grands tra^anx sur le

, '* ^' essayerons de la suivre dans ses pro-

ced,^ parfcnbers, et tacherons do saisir la co.nbinaison des n.oiens qn elle emploie pour former les petits volumes de ces matières “précieuses, dont elle paraît d’aulant plus avare (|ii’clles sont en apparence plus pures et plus simples : et quoiqn’en général les substances et leurs formes soient si dilfércntes qu’elles paraissent être variées à l’infini, nous espérons qu en suivant de près la marche de la nature en mouvement, ‘^«n nous avons déjà tracé les plus grands pas dans ses époques, nous de égarer que quand la lumière nous manquera, faute

acquises par l’expérience encore trop courte des siècles

<l«"ious ont précédés.

iii iliér.^r'i''’. * ’*. *‘!'*^^ nature, en trois grandes classes tonies les

Jiu CS et minérales qui conqioscnt le globe de la terre; et

BlFFüN. iülllC 111.

2 IIISTOIUE NATURELLE

d’abord cousidérons-los une à une, en les combinant ensuite doux a deux, et enfin en les réunissant ensemble toutes trois.

La première classe embrasse les matières qui, ayant été produites par le feu primitif, n’ont point changé de nature, et dont les grandes masses sont celles de la roche intérieure du globe et des emincnces qui forment les appendices extérieurs de celte roche, et qui, comme elles, sont solides et vitreuses ; on doit donc y comprendre le roc vif, les quartz, les jaspes, les feld-spatlis, les scborls, les micas, les grès, les porphyres, les granits, cl toutes les pierres de première, et meme de seconde formation qui ne sont pas calcinables, et encore les sables vitreux, les argiles, les schistes, les ardoises, et toutes les autres matières provenant de la décomposition et des débris des matières primitives que

l’eau aura délayées, dissoutes ou dénaturées.

La seconde classe comprend les matières qui ont subi une seconde action du feu, et qui ont été frappées par les foudres de l’électricité souterraine, ou fondues par le feu des volcans dont les grosses niasses sont les laves, les basaltes, les pierres ponces, les pouzzolanes et les autres matières volcaniques, qui nous présentent en petit des produits assez semblables à ceux de l’action du feu primitif : et ces deux classes sont celles de la nature brute, car toutes les matières qu’elles contiennent ne portent que peu ou point de traces d’organisation.

La troisième classe contient les substances calcinables, les terres végétales, et toutes les matières formées du détriment etdcs dépouilles des animaux et des végétaux, par l’action ou rintermède de l’eau, dont les Ki-andes niasses sont les rochers et les bancs de marbres, des pierres calcaires, des craies, des pUitres, et la couche universelle de terre végétale, qui couvre la surface du globe, ainsi que les couches particulières de tourbes, de bols fossiles et de charbons de terre qui se trouvent dans son

intérieur. . ^

C’est surtout dans cette troisième classe que se voient tous les degi es et toutes les nuances qui remplissent l’intervalle entre la matière brute et les substances organisées; et celte matière intermediaire, pour ainsi dire mi-partie de brut et d’organique, sert également aux productions de la nature active dans les deux empires de la vie et de la mort : car comme la terre végétale cl toutes les substances calcinables contiennen beaucoup plus de parties organiques que les autres matières pro ui es ou dénaturées par le feu, ces parties organiques, toujours actives, on fait de fortes impressions sur la matière brute et passive ; elles en on travaillé toutes les surfaces et quelquefois pénétré 1 épaisseur; leau eveloppe, délaye, entraine et dépose ces éléments organiques sur les matières brutes; aussi laiiliipart des minéraux figurés ne doivent leurs ddlerentes formes iju’au mélange et aux ombi liaisons de cette matière active avec l’eau qui lui sert de véhicule. Les productions de la nature organisée qui, dans l’état de vie et de végétation, représentent sa force et lont l’oruement de la terre, sont encore, après la mort, ce qinl y a de plus

noble dans la nalure binilc: les dclrimcnts des animaux et des végétaux conservent des molécules organiques actives, qui communiquent à cette matière passive les premiers traits de l’organisation en lui donnant la forme extérieure. Tout minéral figuré a élé travaillé par ces molécules organiques, provenant du détriment des êtres organisés, ou par les l'ccniières molécules organiques existantes avant leur formation : ainsi les minéraux figurés tiennent tous de près ou de loin à la nature organisée ; et il n’y a de matières entièrement brutes que celles qui ne portent aucun trait de figuration ; car l’organisation a, comme toute autre qualilc de la matière, scs degrés et ses nuances dont les caractères les plus généraux, les plus distincts, et les résultats les jdus évidents, sont

Vie dans les animaux, la végétation dans les plantes et la figuration uans les minéraux.

f-'e grand et premier instrument avec lequel la nature opère toutes ses merveilles est cette force universelle, constante et pénétrante dont elle «mime chaque atonie de matière en leur imprimant une tendance muiicHc a SC rapprocher et s’unir. Son autre grand moyen est la chaleur, et cette seconde force tend à séparer tout ce que la première a réuni : neanmoins elle lui est subordonnée ; car rélément du feu, comme tout autre matière, est soumis à la puissance générale de la force attractive. Uelle-ci est d’ailleurs également répartie dans les substances organisées comme dans les matières brutes j elle est toujours proportionnelle à la masse, toujours présente, sans cesse active, elle peut travailler la inaicre dans les trois dimensions à la fois, dès qu’elle est aidée de la chacui , parce qu’il n’y a pas un point qu’elle ne pénètre à tout instant, et que par conséquent la chaleur ne puisse étendre et développer, dès qu c le se trouve dans la proportion qu’exige l’état des matières sur lesque les elle opère. Ainsi par la combinaison de ces deux forces actives, a matière ductile, pénétrée et travaillée dans tous ses points, et par conséquent dans les trois dimensions à la fois, prend la forme d’un RW' bientôt deviendra vivant ou végétant par la contiu te üe son développement et de son extension proportionnelle en onoUCur, et profondeur. Mais si ces deux forces pénétrantes et

productrices, 1 attraction et la chaleur, au lieu d’agir sur des substances molles et ductiles, viennent à s’exercer sur des matières sèches et dures qui leur opposent trop de résistance, alors elles ne peuvent agir que sur la surface, sans pénétrer l’intérieur de cette matière trop dure; elles ne pourront donc malgré tonte leur activité la travailler que dans deux dimensions au lieu de trois, en traçant à sa superficie quelques linéaments ; et cette mal ière n’étant travaillée qu’à la surface ne pourra prendre autre foi nie que celle d’un minéral figuré. La nature opère ici comme m e 1 homme, il ne peut que tracer des ligures et former des sur-

même de travail, le seul où nous puissions imi ei , e e nous est encore si supérieure qu’aucun de nos ouvrages ne peut approcher des siens.

4 HISTOIRE NATURELLE

Le germe de ranimai ou du végétal étant formé par la réunion des molécules organi(|ues avec une petite portion de matière ductile, ce moule intérieur une fois donné, et bientôt développé par la nutrition, suflit pour communiquer son empreinte, et l'cndre sa même forme a perpétuité, par toutes les voies de la reproduction et de la généiation, au lieu que dans le minéral il n’y a point de germe, point de moule intérieur capable de se développer par la nutrition, ni de transmettre sa forme par la reproduction.

Les animaux et les végélaux, sc reproduisant également par euxmémes, doivent être considérés ici comme des êtres semblables pour le fond et les moyens d’organisation ; les minéraux qui ne peuvent se reproduire par eux-mêmes, et qui néanmoins se produisent toujours sous la même forme, en diffèrent i)ar l’origine et par leur structure dans laquelle il n’y a (pie des traces supeiTicielles d’organisation. Mais pour bien saisir celle dilîérence originelle, on doit se rap|u;ler* (|uc pour lormer un moule d’animal ou de végétal capable de se reproduire, il faut que la nature travaille la matière dans les trois dimensions à la fois, cl que la chaleur y distribue les molécules organiiiues dans les mêmes proportions, alinquela nutrition et raccroissement suivent celle pénétration intime, ctqu’enlin la reproduction puisse s’opérer par le sujierllu de ces molécules organiipies, ren\oyées de toutes les parties du corps organisé lorscpie son accroissement est complet : or, dans le minéral, celle dernière opération, (pii est le suprême effort de la nature, ne se fait ni ne tend à sc faire; il n’y a point de molécules organiques suiierllues qui puissent éire renvoyées pour la reproduction. L’opération qui la précède, c’(îst-à-dire celle de la nutrition, s’exerce dans certains corps organisés qui ne sc reproduisent pas, et qui ne sont produits eux-mêmes que par une généralion spontanée : mais celte seconde opération est encore supprimée dans le minéral; il ne se nourrit ni s’accroît parcelle inlus-susceplion qui, dans tous les êtres organisés, étend et développe leurs trois dimensions à la fois en égale proportion : sa seule manière de croître est une augmenlation de volume par la juxtaposition successive de ses parties constituantes, (pii loiites n’étant travaillées que sur deux dimensions, c’est-à-dire en longueur et en largeur, ne peuvent prendre d’autre forme que celle de petites lames intiniment minces et de ligures semblables ou différentes ; cl ces lames ligurées, superposées et réunies, composent par leur agrégation un volume plus ou moinsgrand cl figuré de même. Ainsi, dans cbaque sorle de minéral figuré, les parties constituantes, quoique excessivement minces, ont une figure déterminée qui borne le iilan de leur surface, et leur est propre, et particulière; et comme les figures peuvent varier à l’infini, la diversité des minéraux est aussi grande ipie le nombre de ces variétés de figure.

* Voyez, dans celle llisloiro nalurolle, les aetieles où il csl liaité de la iiulrilioii et de la lepioduction.

DES MIXEliAEX. S

EoKc figuration dans cluuino lanio uiiiico rsl un Irait, un vrai linéament d’organisation qui, dans les parties constituantes de chaque minéral, ne peut être tracé que par l’impression des cléments organiques; et en effet, la nature, qui travaille si souvent la matière dans les fi'ois dimensions à la fois, ne doit-elle pas opérer encore plus souvent en vagissant que dans deux dimensions, et en n’employant à ce dernier •••a\ail (ju’un petit nombre de molécules orgaïuhiues, (pii, se trouvant alors surchargées de la matière brute, ne peuvent en arranger que les parties superficielles, sans en pénétrer rinlérieur pour en disposer le fond, et, par conséciuent, sans pouvoir animer cette masse minérale dune vie animale ou végétative? lît quoique ce travail soit beaucoup plus simple que le premier, et que dans le réel il soit pUis aisé d'efllcu- •’cr la matière dans deux dimensions que de la brasser dans loutcs trois a la fois, la nature emploie uéamoins les mêmes moyens et les mêmes agents ; la force pénétrante de l’attraction jointe à ccllede la chaleur [moduisent les molécules organiques, et donnent le mouvement à la matière brute en la déterminant à telle ou telle forme, tant à l’cxtcrleur qu’à I intérieur, lorsqu’elle est travaillée dans les trois dimensions, et c’est de cette manière (|ue se sont formés les germes des végétaux et des animaux : mais dans les minéraux chaque petite lame infiniment mince, n étant travaillée que dans deux dimensions, par un plus ou moins grand nombre d’éléments organiques, elle ne peut recevoir qu’autour de sa surlace une figuration plus ou moins régulière; et si l’on ne peut nier que cette figuration ne soit un premier trait d’organisation, c’est aussi le seul qui se trouve dans les minéraux : or cette figure une fois donnée à chaque lame mince, à chaque atome du minéral, tous ceux qui l’ont lecuc se reunissent par la force de. leui' affinité respective; laquelle, comme Je lai dit *, dépend ici plus de la figure que de la masse; et bientôt ces atomes en petites lames minces, tous figurés de même, composent un volume sensible et de même ligure ; les prismes du cristal, les 1 mm jes des spaths calcaires, les cubes du sel marin, les aiguilles du nitre, etc., et toutes les figures anguleuses, régulières ou irrégulières des minéraux, sont tracées par le mouvement des molécules organiques, et particulièrement par les molécules qui proviennent du résidu des animaux et végétaux dans les matières calcaires, et dans celles de la couche universelle de terre végétale qui couvre la superficie du globe; c’est donc à ces matières mêlées d’organique et de brut, que l’on doit rapporter l’origine primitive des minéraux figurés.

Ainsi toute décomposition, tout détriment de matière animale ou végétale, sert non-seulement à la nutrition, au développement et à la reproduction des êtres organisés ; mais cette même matière active opère encore comme cause efficiente la figuration des minéraux : elle seule par

* ^ nyn l’ai liclc de cette Ui.stoiic nattircllc. qui a pour lilce : De ta AViOwc, seconde vve.

IIISTOIRE NATURELLE

son activité différemment dirigée, suivant les résistances de la matière inerte, peut donner la figure aux parties constituantes de chaque minéral, et il ne faut qu’un très-petit nombre de molécules organiques pour imprimer cette trace superficielle d’organisation dans le minéral, dont elles ne peuvent travailler l’intérieur j et c’est par cette raison que ces corps étant toujours bruts dans leur subslancc, ils ne peuvent croître parla nutrition comme les êtres organisés, dont 1 intérieur est actif dans tous les points de la masse, et qu’ils n’ont que la faculté d’augmenter de volume par une simple agrégation supcr/iciellc de leurs parties.

Quoique cette lliéorie sur la figuration des minéraux soit plus simple d’un degré que celle de l’organisation des animaux et des végétaux, puisque la nature ne travaille ici que dans deux dimensions au lieu de trois; et quoique cette idée ne soit qu’une extension ou même une conséquence de mes vues sur la nutrition, le développement et ta reproduction des êtres, je ne m’attends pas à lavoir universellement accueillie ni même adoptée de sitôt par le plus grand nombre. J’ai reconnu que les gens peu accoutumés aux idées abstraites ont peine à concevoir les moules intérieurs et le travail de la nature sur la matière dans les trois dimensions à la fois; dès lors ils ne concevront pas mieux qu’elle ne travaille que dans deux dimensions pour figurer les minéraux : cependant rien ne me parait plus clair, pourvu qu’on ne borne pas ses idées à celles que nous présentent nos moules artificiels; tons ne sont qu’extérieurs et ne peuvent que figurer des surfaces, c’est-à-dire opérer sur deux dimensions : mais l’existence du moule intérieur et son extension, c’est-à-dire ce travail de la nature dans les trois dimensions à la fois, sont démontrées par le développement de tous les germes dans les végétaux, de tous les embryons dans les animaux, puisque toutes leurs parties, soit extérieures, soit intérieures, croissent proportionnellement; ce (jui ne peut se faire que jiar l’augmentation du volume de leur corps dans les trois dimensions ,à la fois. Ceci n’est donc point un système idéal fondé sur des suppositions hypothétiques, mais un fait constant démontré par un effet général, toujours existant, et à chaque instant renouvelé dans la nature entière : tout ce qu’il y a de nouveau dans cette grande vue, c’est d’avoir aperçu qu’ayant à sa disposition la force pénétrante de l’attraction et celle de la chaleur, la nature peut travailler l'intérieur des corps et brasser la matière dans les trois dimensions a la fois, pour faire croître les êtres organisés, sans que leur forme s’altère en prenant trop ou trop peu d’extension dans chaque dimension. Un homme, un animal, un arbre, une plante, en un mot tous les corps organisés sont autant de moules intérieurs dont toutes les parties croissent proportionnellement, et par conséquent s’étendent dans les trois dimensions à la fois; sans cela l’adalle ne ressemblerait pas à l’enfant, et la forme de tous les êtres se corromprait dans leur accroissement : car en supposant que la nature manquât totalement d’agir dans l’une des trois dimensions, l’étrc organisé serait bientôt, non-seulement défiguré, mais

délriiit, puisque son corps cesserait de croître à l’intérieur par la nutrition, et dès lors le solide réduit à la surface ne pourrait augmenter que par l’application successive des surfaces des unes contre les autres, et par conséquent d’animal ou végétal il deviendrait minéral, dont effccti- ' Cillent la composition se fait par la superposition de petites lames prescpie infiniment minces, qui n’ont été travaillées que sur les deux dimensions de leur surface en longueur et en largeur; au lieu que les germes des animaux et des végétaux ont été travaillés, non-seulement en longneur et en largeur, mais encore dans tous les points de l’épaisseur qui fuit la troisième dimension; en sorte qu’il n’augmente pas par agrégation comme le minéral, mais par la nutrition, c’est-à-dire par la pénétration de la nourriture dans toutes les parties de son intérieur, et c’est par cette intus-susception de la nourriture que l’animal et le végétal se dé- 'cloppent cl prennent leur accroissement sanscliangcr déforme.

On a cherché à reconnaitre et distinguer les minéraux par le résultat de 1 agrégation ou cristallisation de leurs particules : toutes les fois qu’on dissout une matière, soit par l’eau, soit par le feu et qu’on la réduit à 1 liomogénéité, elle ne manque pas de se cristalliser, pourvu qu’on tienne cette matière dissoute assez longtemps en repos pour que les particules snnilaires et déjà figurées puissent exercer leur force d’affinité, s’attirer céciproqueuienl, se joindre et se réunir. Notre art peut imiter ici la na- Inie dans tous les cas où il ne faut pas trop de temps, comme pour la cristallisaiion des sels, des métaux et de quelques autres minéraux; niais quoique la substance du temps ne soit jias matérielle, néanmoins c temps entre comme clément général, comme ingrédient réel et plus necessaire qu’aucun autre, dans toutes les compositions de la matière : or la dose de ce grand élément ne nous est point connue; il fautpeutetre des siècles pour opérer la cristallisation d’un diamant, tandis qu’il ne faut que quelques minutes pour cristalliser un sel. On peut même cioire que, toutes choses égales d’ailleurs, la différence de la dureté des

Piii’lies sont à se

.111 U ; (ar comme la force d’affinité, qui est la même que celle de l’ati action, agit a tout instant et ne cesse pas d’agir, elle doit avec [dus de temps produire plus d’ellet : or, la plupart des productions de la nature dans le règne minéral, exigent beaucoup plus de tcnqis que nous ne pouvons en donner aux compositions artificielles par lesquelles nous cherchons à l’imiter. Ce n’est donc pas la faute de l’homme; son art est borné par une limite qui est elle-même sans bornes; et quand, par ses lumières, il pourrait reconnaître tous les éléments que la nalure emploie, tjuand il les aurait à sa disposition, il lui manquerait encore la puissance

isposer du temps , et de faire entrer des siècles dans l’ordre de ses eoinJjinaisons.

Ainsi les matières qui paraissent être les plus parfaites sont celles qui, e aut composées de parties homogènes, ont pris le plus de temps poui S(. consolider, se durcir, el augmenter de volume et de solidité

HISTOIRE NATIÎRELI.E

autant qu’il est possible. Toutes ces juatièces uiincrales sont figurées; les éléments organiques tracent le plan tiguré de leurs parties constituantes jusque dans les plus petits atomes, et laissent faire le reste au temps (jui, toujours aidé de la force attractive, a d'abord séparé les particules hétérogènes pour réunir ensuite celles qui sont similaires, par de simples agrégations toutes dirigées par leurs affinités. Les autres minéraux qui ne sont pas figurés ne présentent qu’une matière brute qui ne porte aucun trait d’organisation; et comme la nature va toujours par degrés et nuances, il se trouve des minéi aux mi-partie d’organique et de brut, lesquels offrent des figures irrégulières, des formes extraordinaires, des mélanges plus ou moins assortis, et quelquefois si bizarres qu’on a grande peine à deviner leur origine, et même à démêler leurs diverses substances.

L’ordre que nous mettrons dans" la contemplation de ces différents objets sera simple et déduit des principes (juc nous avons établis; nous commencerons par la matière la plus brute, parce qu’elle fait le fond de toutes les autres matières, et même de toutes les substances plus ou moins organisées : or , dans ces matières brutes , le verre primitif est celle qui s’offre la première comme la plus ancienne, et comme produite |)ar le feu dans le temps où la terre liquéfiée a pris sa consistance. Cetle masse immense de matière vitreuse, s’étant consolidée par le refroidissement, a formé des bouisoutlures et des aspérités à sa surface; elle a laissé en se resserrant une infinité de vides et de fentes, surtout à l’extérieur, lesquelles se sont bientôt remplies par la sublimation ou la fusion de toutes les matières métalliques; elle s’est durcie en roche solide à l’intérieur, comme une masse de verre bien recuit se consolide et SC durcit lorsqu’il n’est point exposé à l’action de l’air. La surface de ce bloc immense s’est divisée, fêlée, fendillée, réduite en poudre, par l’impression des agents extérieurs : ces i)Oudres de verre fui ent ensuite saisies , entraînées et déposées par les eaux , cl formèrent dès lors les couches de sable vitreux qui, dans ces premiers temps, étaient bien plus épaisses et plus étendues qu’elles ne le sont aujourd’hui; car une grande partie de ces débris de verre qui ont été transiiortés les premiers par le mouvement des eaux, ont ensuite été réunis en blocs de grès, ou décomposés et convertis en argile par l’action et 1 intermède de leau. Ces argiles durcies par le dessèchement ont formé les ardoises et les schistes; et ensuite les bancs calcaires produits par les coquillages , les madrépores et tous les ilétriments des productions de la mer, ont été déposés au-dessus des argiles et des schistes ; et ce n’est qu’après l’établissement local de toutes ces grandes masses que se sont formés la plupart des autres minéraux.

Nous suivrons donc cet ordre, qui de tous est le plus naturel ; et au lieu de commencer par les métaux les plus riches ou par les pierres précieuses, nous présenterons les matières les plus communes, et qui, quoique moins nobles en apparence, sont néanmoins les plus anciennes.

DES MINEllAUX.

et celles ((ui lieniieul, sans comparaison, la plus grande place dans la nature, et méritent par consétiucnt d’autant plus d’étrc considérées, que toutes les autres en tirent leur oi’igine.

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