DE L’ALBATRE
Cet albâtre, auquel les poêles ont si souvent comparé la l)lancbcur de nos belles, est tout une autre matière que ralbàlrc dont nous allons parler; ce n’est qu’une substance gyp.seuse, une espèce de plâtre ti’è.sblanc, au lieu que le vérilable albâtre est une matière purement calcaire, plus souvent colorée que blanche, et qui est plus dure que le plâtre, mais en mémo temps plus tendre que le marbre. Les couleurs les plus ordinaires des albàires .sont le blanchâtre, le jaune et le rougeâtre; on en trouve aussi qui sont mêlés de gris et de brun ou noirâtre. Souvent ils sont teints de deux de ces couleurs, quelquefois de trois, rarement de quatre ou cinq. L’on verra qu’ils peuvent recevoir toutes
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les nuances de couleur qui sc trou\'ent dans les marbres sous la masse desquels ils se forment.
L’albàlre d’Italie est un des jdus beaux; il porle un grand nondire de taches d'nn rouge foncé sur un fond jaunâlre, et il n’a de transparence (pie dans quehpies petites parties. Uclui de Malte est jaunâtre, mêlé de gris et de noirâtre, et l’on y voit aussi quelques parties transparentes. Les albâtres (juc les Italiens appellent agates .sont ceux qui ont le plus de transparence et ipii ressemblent aux agates par la disposition des couleurs. Il y en a même que l’on appelle a/ââtre onyx, parce qu’il présente des cercles concentriques de différentes couleurs. On connail aussi des albâtres berborisés, et ces herborisations sont ordinairement brunes ou noires. FoUerra est l’endroit de TKalie le plus renommé par ses albâtres; on y en compte plus de vingt variétés différentes par les degrés de transparence et les nuances de couleurs. Il y en a de blancs à reflets diaphanes, avec quelques veines noires et opaques, et d’autres qui sont absolument opaques et de couleur assez terne, avec des taches noires et des herborisations branchucs.
Tous les albâtres sont susceptibles d’un poli plus ou moins brillant : mais on ne peut polir les albâtres tendres qu’avec des matières encore plus tendres et surtout avec de la cire ; et quoiqu’il y en ait d’assez durs à Voltcrra et dans quelques autres endroits d’Italie, on assure cependant (ju’ils le sont moins que l’albâtre de Perse * et de quelques autres contrées de l’Orient.
L’on ne doit donc pas se persuader avec le vulgaire que l’albâtre soit toujours blanc, quoique cela ail passe parmi nous en proverbe. Ce qui a donné lieu à celle méprise, c’est (|ue la plujiart des artistes et même quelques chimistes ont confondu deux matières et donné, comme les poêles, le nom d’albâtre à une sorte déplâtré Irés-lendrc et d’une grande blancheur, tandis que les naturalistes n’ont appliqué ce même nom d’albâtre qu’à une matifu’c calcaire qui se dissout par les acides et se convertit en chaux au même degré de chaleur que la pierre : les acides ne font au contraire aucune impression sur cette autre matière blanche (|ui est du vrai plâtre; et Pline avait bien indiqué notrcalbàtre calcaire, en disant qu’il est de la couleur du miel.
Etant descendu en 1740 dans les grottes d’Arcy-sur-Curc , près de Vermanton, je |)ris dès lors une idée nette do la formation de l’albâtre, j)ar l’inspection des grandes stalactites en tuyaux, en colonnes et en
* U A Tauris, dans lu inosiiuco d’Osmanla, il y a dcu.x grandes pierres blanches transpao rentes, qui par.iissent ronges quand le soleil les éclaire; ils disent que c’est une espèce <1 d’albètrc qui sc forme d’une eau qu'on trouve à une journée de Tauris, laquelle étant mise a dans une fosse se congèle en peu de temps : cette pierre est fort estimée des Persans, qui en « font des tombeaux, des vases et d’autres ouvrages qui passent pour une rareté à Ispahan ; » ils m’ont tous assuré que c’était une congélation d’eau. » Voyage autour du Monde, par (jcmolli Carreri, tome II, page 37.
nappes, dont ces grottes, qui ne paraissent être que d’anciennes carrières, sont incrustées et en partie remplies. La colline dans laquelle se trouvent ces anciennes carrières a été attaquée par le liane à une petite liauteur au-dessus de la rivière de Curcj et l'on peut juger, par la grande étendue des exca\ ations, de riimnense quantité de pierres à ])àlir qui en ont été tirées : on voit en quelques endroits les marques des coups de marieau qui en ont tranché les blocs. Ainsi l'on ne peut douter que ces grottes, quelque grandes qu'elles soient, ne doivent leur origine au travail de l'honinie; et ce travail est bien ancien, puisque dans ces juèines carrières abandonnées depuis longtemps il s’est formé des masses très considérables, dont le volume augmente encore chaque Jour par l’addition de nouvelles concrélions formées, comme les premières, par la stillation des eaux : elles ont filtré dans les joints des bancs calcaires (|ui surmontent ces excavations et leur servent de voûtes ; ces Ijaucs sont superposés horizontalement et forment toute l’épaisseur et la hauteur de la colline dont la surface est couverte de terre végétale ; l’eau dos pluies passe donc d’abord à travers celte couche de terre et en jii^end la couleur jaune ou rougeàire ; ensuite elle pénètre dans les joints et les fentes de ces bancs où elle se charge des molécules i)ierrcuses qu’elle eu détache, et enfin elle arrive au-dessous du dernier banc, et suinte en s’attachant aux parois de la voûte, ou tombe goutte à goutte dans l’excavation.
Et cette eau chargée de matière pierreuse forme d’abord des stalactites qui pendent de la voûte, qui grossissent et s’allongent successivement par des couches additionnelles, et prennent on même temps plus de solidité à mesure qu’il arrive de nouveaux sucs pierreux*. Lorsque
* L’aiilpur du Traité des l’étrificalions, qui a vu une grotte près de Neufcliâtcl, nommé Triiiü-liiis, a remarqué que l’eau qui coule Iciilemcnt par diverses l'eûtes de roc s’arrête, peudiiiil qunlqiio temps, en forme de gouttes, au liant d’uue espèce de voùto formée par les lianes du roclier; In, de petites molécules orislalliacs que l’eau entraîne eu passant à travers les Imites SC lient par leurs côtés pcniU'int que la goutte demeure suspendue, et y formont de petits tuyaux à mesure que l’air s’échappe par la partie inférieure do lu petite huile qu’il farinait dans la goutte d’eau : ces tuyaux s’allongent peu à peu en grossissant par une aceession eonlinnellc de nonvotle ninlièrc, puis iis se remplissent j de sorte que les cylindres qui en résultent sont ordinairement arrondis vers le hout d’en bas, taudis qu'ils sont encore suspendus au rocher; mais dès qu’ils s’unissent avec les particules cristallines qui, tomhaiit pins vile , forment un sédiment à plusieurs couches an bas de la grotte, ils ressemblent alors a des arbres, qui du bas s’élèvent jusqu’au comble de la voûte.
Ces eylindi cs acquièrent un plus grand diamètre on bas par le moyen de la nouvelle matière qui coule le long de leur superlicie, et ils deviennent souvent raboteux, à cause des particules crislallincs qui s’y arrêtent en (ombant dessus, comme une pluie menue, lorsque l’cau abonde plus qu’il roislinairc dans l’enlrc-dcux des rochers ; la configuration intérieure de leur masse faite à rayons et à couches couccutriqucs, quelquefois différemment colorées par une petite quantité de terre fuie qui s’y mêle et les rend semblables aux aubiers des arbres, jointe aux circoiislaiices dont on vient de parler, peuvent tromper les plus éclairés.
ISO
llISTOIltE NAÏUREtXE
ons sncssonl très-aRoiidaiits, ou qu’ils sont trop liquides, la stalactite supéi'ieurc attachée à la \ oùle laisse tomber par goutte cette matière siiperllue qui forme sur le sol des concrétions de même nature, lesquelles grossissent, s’élèvent et se joignent enfin à la stalactite supérieure, en sorte qu’elles formeul par leur réunion une espèce de colonne d’autant plus solide et plus grosse, qu’elle s’est faite en plus de tempsj car le li([uide pierreux augmente ici également le volume et la masse, en se déposant sur les surfaces et pénétrant l’intérieur de ces stalactites, lesquelles sont d’abord légères et friables, et acquièrent ensuite lie la solidité par l’addition de cette matière pierreuse qui en remplit les pores ; et ce n’est qu’alors que ces masses concrètes prennent la nature et le nom d’albâtre : elle se présentent en colonnes cylindriques, en cônes plus ou moins obtus, en culs de lampe, en tuyaux et aussi en incrustations figurées contre les parois verticales ou inclinées de ces excavations, et en nappes déliées ou en tables épaisses classez étendues sur le sol J il paraît même que cette concrétion spathique, qui est la première ébauche de l’albàtre, se forme aussi à la surface de l’eau stagnante dans ces grottes, d’abord comme une pellicule mince, qui peu à peu prend de l’épaisseur et de la consistance, et présente par la suite une espèce de vofite qui couvre la cavité ou encore pleine ou épuisée d’eau*. Toutes ces masses concrètes sont de même nature; je m’en suis assuré en faisant tirer et enlever quelques blocs des unes et des autres, pour les faire travailler et polir par des ouvriers accoutumés à travailler le marbre : ils reconnurent, avec moi, que c’était du véritable albâtre, qui ne différait des i)lus beaux albâtres qu’en ce qu’il est d’un jaune un peu plus pâle et d’un poli moins vif; mais la conqiosition de la matière et sa disposition par ondes ou veines circulaires est absolument la même **. Ainsi tous les albâtres doivent leur origine aux con-
II se forme aussi plusieurs autres masses plus ou mous raoius régulières de stalactites dans des cavernes de pierre à chaux et de marbre ; ces masses ne diffèrent entre elles, par rapport à leur matière, (jiie par le plus grand ou le moindi'e mélange de terre fine de différente couleurs, que l’eau enlève souvent du roc même avec les particules cristallines, ou qu’elle amène des couches de terre supérieures aux roches dans les couches de stalactite. Traité des l’étrifications, in-i°, Paris, 1742, pag. 4 et suiv.
* Dans la caverne de la llulnie (au mont Vergi), j’étais étonné d’entendre quelquefois le fond résonner sous nos pieds, eoinine si nous eussions marché sous une voûte retentissante ; mais en examinant le sol, je vis qu’il était d’une matière cristallisée, et que je marchais sur un faux fond, soutenu à une distance assez grande du vrai fond de la galerie : je ne pouvais comprendre comment s’était formée cette croûte ainsi suspendue, lorsqu’en observant des eaux stagnantes an fond de la caverne, je vis qu’il se formait à leur surface une croûte cristalline, d’abord semblable à une poussière incobérentc, mais qui peu à peu prenait de l’épaisseur et de la consistance, au point que j’avais peine à la rompre à grands coups de marteau, partout où elle avait deux pouces d’épaisseur ; je compris alors que si ces eaux venaient à s’écouler, cette croûte contenue par les bords formerait un faux fond semblable à celui qui avait ré.sonné sous nos pieds. Saussure, Voyage dans les Alpes, tome I, page 588.
Lorsqu’on scie transversalement une grosse stalactite ou colonne d’albâtre, on voit sur la
DES ftJINEIlALX.
crclions produites par l’infiltralioii des eaux à travei‘s les matières calcaires. Plus les bancs de ces matières sont épais et durs, plus les albâtres qui en proviennent seront solides à l’intérieur et brillants au poli. L’albâtre (|u’ou appelle oi-iental ne porte ce nom que parce qu’il a le grain plus lin, les couleurs plus fortes et le poli plus vif que les autres albâtres ; et l’on trouve en Italie, en Sicile, à Malte, et même en France*, de ces albâtres (|u’on peut nommer orientaux par la beaulé de leurs couleurs et l’éclat de leur poli : mais leur origine et leur formation sont les mêmes que celles des albâtres communs, et leurs différences ne doivent être attribuées qu’à la qualité différente des pierres calcaires qui en ont fourni la matière. Si cette pierre s’est trouvée dure, compacte et d’un grain tin, l’eau ne pouvant la pénéti'cr qu’avec beaucoup de temps, elle ne se chargera que de molécules très-lines et très-denses qui formeront des concrétions plus pesantes, et d’un grain plus lin que celui des stalactites produites par des pierres plus grossières, en sorte (ju’il doit se trouver dans ces conez étions, ainsi que dans les albâti es, de gi’andes variétés, tant pour la densité que pour la finesse du gi-ain et l’éclat du poli.
tranche les couches circulaires dont la stalactite est formée; mais si on la scie sur sa longueur, ralhâtre ne présente qiic des veines longitudinales, en sorte que le incnie alhàtre paraît être diiïércnt, selon le sons dans lequel on travaille.
’ On trouve à deux lieues de Mâcon , du côté du midi , une grande carrière d'alhâlrc trèsbeau cl très-bien coloré, qui a beaucoup de transparence en plnsicnrs endroits; cette carrière est située dans la montagne que l’on appelle Solulrie- , dans laquelle il s’est fait un éhoulcment considérable par son propre poids. Xote communiquée par âl. Dninorcy. — « Les eaux d’Aix, « en l’i ovence, dit M. (îiicttard, produisent un albâtre brun-foncé, mêlé de taches blanchâtres « qui le varient agréablement et le font prendre pour un albâtre oriental... Cet albâtre s’est O formé dans une aneienne conduite faite par les llomains.etqui porte à Aix l’eau d’une source O qui est à une petite doini-licue de celle ville... Cette e.spcce d’aqueduc était bouché en entier O par la sub.stancc dont il s’agit... Un morceau de cet albâtre, qui est dans le cabinet de M. le » duc d’Orléans , a pris un lics-bcan poli, ipii fait voir que cet albâtre est composé de plnci sieurs couches d’une ligne ou â peu pics d’épaisseur, et qui paraissent elles-mêmes, à la « loupe, u’cti'C qu’un amas de quelques autres petites couches trcs-niinccs : ces couches sont Il ondées, et, rentrant ainsi les unes dans les antres, elles font nu tout serré et compacte...
>1 Quant à sa formation, ou ne peut pas s’empêcher de reconnaître qu’elle est la suite des « dépôts successifs d’une matière qui a clé charriée par un fluide ; les ondes des deux luigcs « bandes qu’on voit sur le côté du morceau en question le démontrent invinciblement; elles « semblcn t mcinc prouver que la pierre a dû se former dans un endroit où l’eau était resserrée Il et contrainte ; en effet, retle eau devait .soulTrir quelque retardement sur les côtes du canal Il et accélérer .son mouvement dans le milieu; ainsi l’oau de ce milieu devait agir et presser Il l’eau des côlcs,qni en résistant ne pouvait par conséquenlquc sonlîrir difl'érentes courbures Il et occasionner, par une suite nécessaire, des sinuosités que le dépôt a conservées. La rapi- 11 dilé ou le plus grand mouvement du milieu de l’eau a encore dû cire cause de la matière la n plus fine et la plus dure ; les parties les plus grossières et les plus loiii des otil du être reje- 11 lées sur les bords et s’y déposer aisément, vu la Iraininillité du mcnvemenl de l'eau dans Il ces endroits, n Mémoires de r.Vcadéniic des Seiejices, année 17»^, [lag, Lâl et suiv.
HISTUIUE NATÜKELLE
La nialière pierreuse que l’eau détache eu s’intiltraul dans les bancs calcaires est quelquefois si pure et si homogène, que les stalactites qui qui en résultent sont sans couleurs et transparentes, avec une figure de cristallisation régulière; ce sont ordinairement de petites colonnes à pans, terminées par des pyramides triangulaires ; et ces colonnes se cassent toujours obliquement. Cette matière est le spath, et les concrétions qui en contiennent une grande quantité forment des albâtres plus transparents que les autres, mais qui sont en inèine temps plus difficiles à travailler.
Il ne faut pas bien des siècles ni même un grand nombre d’années, connue on pourrait le croire, pour former les albâtres : on voit croitre les stalactites en assez peu de temps; on les voit se grouper, se joindre ct s’étendre pour ne former que des masses communes, en sorte {(u'en moins d'un siècle elles augmentent peut-être du double de leur volume. Étant descendu, en 1739, dans les mêmes grottes d’Arcy pour la seconde fois, c’est-à-dire dix-neuf ans après ma première visite, je trouvai cette augmentation de volume très-sensible et plus considérable (pie je ne ^a^ais imaginé : il n’était plus possible de passer dans les mêmes défilés jiar lesquels j’avais passé en 1740; les routes étaient devenues trop étroites ou trop basses; les cônes cl les cylindres s’étaient allongés; les incrustations s’étaient épaissies; et je jugeai qu’en supjiosant égale l’augmen talion successive de ces concrétions, il ne faudrait peut-être pas deux siècles pour achever de remplir la plus grande partie de ces excavations.
L’albâtre est donc une matière qui, se produisant et croissant chaque jour, pourrait, comme le bois, se mettre, pour ainsi dire, en coupes réglées à deux ou trois siècles de distance; car en supposant qn’on fit aujourd’hui l’extraction de tout l’albâtre contenu dans quelques-unes des cavités qui en sont remplies, il est certain que ces mêmes cavités se rempliraient de nouveau d’une matière toute semblable par les mêmes moyens de l’infiltration et du dépôt des eaux gouttières qui passent à travers les couches supérieures de la terre et les joints des bancs calcaires.
Au reste, cet accroissement des stalactites, (pii est très-sensible et même prompt dans certaines grottes, est ((uelqucfois très-lent dans d’autres. « II y a près de vingt ans, dit M. l’abbé de Sauvages, que je cassai « plusieurs stalactites dans une grotte où personne n’avait encore tou- « chc; à peine se sont-elles allongées aujourd’hui de cinq ou six lignes : « on en voit couler des gouttes d’eau chargées de suc pierreux, et le « cours n’en est interrompu (pie dans le temps de sécheresse*. >> Ainsi la formation de ces concrétions dépend non-seulement de la coiiliniiité delà stillation des eaux, mais encore de la qualité des rochers, et de la
Mémoires de l’Académie dos Sciences, année I74(j, page 747.
qiuuililé des particules pierreuses qu’elles en peuvent détacher. Si les rochers ou bancs supérieurs sont d’une pierre très-dure, les stalactites auront le grain très-fin et seront longtemps à se former et à croître; elles croîtront au contraire en d’autant moins de temps que les bancs supérieurs sei ont de malières plus tendres et plus poreuses, telles que sont la craie, la piei-re tendre et la marne.
Ua plupart des alb.àlrcs sc décomposent à l’air peut-être eu moins de temps (|u il n’eu faut pour les former. « l.a pierre dont on se sert à <1 \ enise pour la construction des palais et des églises est une pierre « calcaire blanche, (pi’on tire d’istria, païuni laquelle il y a beaucoup de « stalactites d’un tissu conqiacte et souvent d’un diamètre deux fois plus <' grand que celui du corps d’un homme très-gros : ces stalactites se for- <1 ment en grande abondance dans les vofites souterraines des monla- « gnes calcaires du pays. Ces pierres se décomposent si facilement, que “ l’on vit, il y a quelques années, à l’entablement supérieur de la façade " d’une belle église neuve, bâtie de cette pierre, plusieurs grandes « stalactites qui s’étalent formées successivement par l’égoultcmcnt lent Il des eaux r|ul avaient séjourné sur cet entablement. C’est de la même « manière qu’elles se forment dans les souterrains des montagnes, puis- « que leur grain ou leur composition y ressemble *. ■> Je ne crois pas (péil soit nécessaire de faire observer ici que cette pierre d’Istiâa est une espèce d’albâtre; on le voit assez par la description de sa substance et de sa décomposition.
Et lorsqu’une cavité naturelle ou artificielle sc trouve surmontée i)ar des bancs de marbre qui, de toutes les pierres calcaires, est la plus dense et la plus dure, les concrétions formées dans cette cavité par l’infiltration des eaux ne sont plus des albâtres, mais de beaux marbres fins et d’une dureté j)resquc égale à celle du marbre dont ils tirent leur origine, et qui est d’une formation bien plus ancienne. Ces premiers mai’brcs contiennent souvent des coipiilles et d’autres productions de la mer, tandis (pie les nouveaux marbres, ainsi que les albâtres, n’étant composés que de particules pierreuses détachées par les eaux, ne présentent aucun vestige de coquilles, et annoncent par leur texture que leur formation est nouvelle.
Ces carrières parasites de marbre et d’albâtre, toutes formées aux dépens des anciens bancs calcaires, ne peuvent avoir plus d’étendue que les cavités dans lesquelles on les trouve. On peut les épuiser en assez peu de tenqis, et c’est par cette raison que la plupart de beaux marbres antiques ou modernes ne se retrouvent plus. Chaque cavité contient un marbre différent de celui d’une autre cavité, surtout pour les couleurs, parce que les bancs des anciens marbres qui surmontent ces cavernes sont cux-iiièmes différemment colorés, et que l’eau par sou infiltration
Lettres de M. Fcrber, pages 41 et 42.
HISTOIUE NATLlîELLE
dclache el emporte les molécules de ces marbres avec leurs couleurs : souvent elle mêle ces couleurs ou les dispose dans un ordre différent; elle les affaiblit ou les charge, selon les circonstances. Cependant on peut dire (|ue les marbres de seconde formation sont en général plus fortement colorés c|ue les premiers dont ils tii’ent leur origine.
Et ces marbres de seconde formalion peuvent, comme les albâtres, se régénérer dans les endroits d’où on les a tirés, parce qu’ils sont formés de même par la stillation des eaux. Bagli^ i * rapporte un grand nombre d’exemples qui prouvent évidemment que le marbre se reproduit de nouveau dans les mêmes carrières; il dit (pie l’on \ oyait de son temps des chemins très-unis, dans des endroits où cent ans au|)aravanl il y avait eu des carrières très-profondes. Il ajoute qu’en ouvi-ant des carrières de marbre on avait rencontré des haches, des pics, des marteaux et d’autres outils renfermés dans le marbre, qui avaient vraisemblablement servi autrefois à exploiter ces mêmes carrières, lesquelles se sont rcmi)lics par la suite des temps, et sont devenues propres à être exi)loitées de nouveau.
On trou\'c aussi plusieurs de ces marbres de seconde formation qui sont mêlés d’albâtre ; et dans le genre calcaire, comme en tout autre, la nature passe, i)ar degrés et nuances, du marbre le plus lin et le plus dur à l’albâtre et aux concrétions les plus grossières et les plus tendres.
La plupart des albâtres, et surlout les plus beaux, ont quelque transparence, parce qu’ils contiennent une certaine quantité de spath qui s’est cristallisé dans le temps de la formalion des stalactites dont ils sont composés : mais pour l’ordinaire la quantité du sjiath n’est pas aussi grande (juc celle de la matière pierreuse, opaque et grossière, en sorte que l'albâtre (jui résulte de cette composition est assez opaque, quoiqu’il le soit toujours moins que les marbres.
Et lorsque les albâtres sont mêlés de l)eaucoup de spath, ils sont plus cassants et |)lus difficiles à travailler, par la raison que celle matière spathique cristallisée se fend, s’égrène très-facilement et se casse presque toujours en sens obliciue; mais aussi ces albâtres sont souvent les plus beaux, parce qu’ils ont plus de transparence et prennent un j)oli plus vif que ceux où la matière |)ierreuse domine sur celle du si)ath. On a cité dans riiistoirc de l’Académie des Sciences ** un albâtre trouvé paini . Pugel aux environs de Marseille, qui est si lrans|)arent, que par le poli très-parfait dont il est susceptible on voit, à plus de deux doigt de son
* De lapUhim vcgelalione.
” Anncc 1703, page 17. — « Dans certaines grottes, comme dans celle de la montagne de U Lnminiani, près de Vicenre, en Italie, les cristallisations spathi(pics sont jaunâtres, et O rcssemblentau pins beau snerc candi ; les cristan.\ sont en forme de j)yi amides triangulaires, <> dont le sommet est très-aigu ; cominuiicnient elles sont vei tiealcs; de nouvelles jiyramidcs >' sortent des cotes de ces premières et deviennent boi izonlalcs ; un jieiil en détaeber de très- .( grands blocs, «i Xotc de 51. le baion de Diétricb, dans lesLetlics do 51. l'crber, page 23.
DES MLNEKALA.
épaisseur, l'agréable variélc de couleurs doni il esl. embelli. Le marbi e à demi transparent (|ue M. Dallas a vu dans la province d'isebski en Tartarie, esl vraisemblablement un albâtre semblable à celui de Marseille. Il en esl de même du bel albâtre de Grenade eu Espagne, (jui, selon M. Bowles, est aussi brillant el transparent (|ue la plus belle cornaline blancbe, mais qui néanmoins est fort tendre, à moitié blanc el â moitié couleur de cire*. En général la transparence dans les pieires calcaires, les marbres cl les albâtres, ne provient (pic de la matière spalhicpie qui s y trouve incorpoi'ée et mélee en grande quantité; car les autres matières pierreuses sont o|)aques.
Au reste, on peut regarder comme une espèce d’albâtre toutes les incrustations et même les ostéocolesel les auliTs concrétions pierreuses moulées sur des végétaux ou sur des ossements d’animaux. Il s’en trouve de celte dernière espèce en grande quantité dans les cavernes du margra^iat de Bareilh, dont S. A. B. .Moirseigncur le Margrave d’AspacIi a eu la bonté de m’envoyer la description suivante : « Ou connait assez " les marbres qui renferment des coquilles ou des pétrilications qui leur « ressemblent... Mais ici on trouve dcis masses pierreuses pétries d’os- ■' sements d’une matière semblable; elles sont nées, pour ainsi dire, de « la conglutination des fragments des stalactites de la pierre calcaire “ grise (pti fait la base de toute la chaîne de ces montagnes, d'un peu « de sable, d’une substance marneuse et d'une quantité infinie de l'rag- « ments d’os. Il y a dans une seule pierre, dont on a trouvé des masses « de quelques centaines de livres, un mélange de dents de différentes « espèces, de cotes, de cartilages, de vertèbres, de plialanges, d’os cylin- « dricpies, en un mot de fragments d’os de fous les membres qui y sont « i>ar milliers. On trouve souvent dans ces mémos pieriTs un grand os « qui en fait la pièce principale, cl qui est entouré d’un nombre infini « d’autres ; il n’y a pas la moindre régularité dans la disposilion des cou- « ebes. Si l’on \ ersait de la chaux détrempéesur un mélange d’esquilles,
« il en naîtrait (juclque chose de semblable, (ies masses sont déjà assez
<1 dures dans les cavernes mais lorsqu’elles soid exposées â l’air
« elles durcissent au point que, quand on s’y prend comme il faut, elles " sont susceptibles d'un médiocre poli. On trouve rarement des ca\ it(*s « dans l’inférieur; les interstices sont remi)lis d’une matière compacte « que la pétrification a encore décomposée davantage. Je m’en suis à la « lin procuré, avec bcaucoiq) de j)eines, une collection si complète que » je puis présenter i)i-es((ue chacpie os icmaiajuable du squelette de ces " animaux, enchâsse dans une propre pièce, doid il fait l’os principal.
« En entrant dans c(;s cavernes pour la première fois, nous en avons « trouvé une .si grande quantité qu’il eiït été facile d'en amasser qiicl- « ques charretées.
* Histoire naturelle d’Espagne, par M. Howles, pages /â't et 42ü. arrrox, tom. ni.
iH MlSTOir.Ë NATURELLE
K tJn heureux destin m’avait réservé à moi et a mes amis, entre « autres, un morceau de cette pierre osseuse, à peu près de trois pieds « de long sur deux de large et autant d’épaisseur. La curiosité nous le « fit mettre en pièces ; car il était impossible de le faire passer par ces « détroits pour le sortir en entier. Chaque morceau , à peu près de «deux livres, nous présenta pins de cent fragments d’os... J’eus le « plaisir de trouver dans le milieu une dent canine, longue de quatre « pouces, bien conservée ; nous avons aussi trouvé des dents inolaiix's « de différentes espèces dans d’autres morceaux de cette même « masse *. »
Par cet exemple des cavernes de Rarcith, où les ossements d'animaux dont ctle est remplie se trouvent incrustés et meme pénétres de la matière pierreuse amenée i)ar la stillation des eaux, on peut prendre une idée générale de la formation des ostéocoles animales qui se forment i)ar le même mécanisme que les ostéocoles végétales ** , telles que les mousses pétrifiées et toutes les autres concrétions dans lesquelles on
* Dcscriplion des cavernes du margraviat de Bareith , par Jcan-Frcdéric Esper, in-folio, page 27.
•*M. Glcditscdi donne une bonne description dcsosicocoles qui se trouvent en grande quantité dans les terrains maigres du Brandebourg : « Ce fossile, dit-il, est connu de tout le monde « dans les deux ülarches, où on l’emploie depuis plusieurs siècles à des usages tant internes » qn’extcnies... On le trouve dans un sable plus on moins léi;cr, blanc, gris, rouge ou « jaimàtrc, fort ressemblant à l’espèce de sable qu’on trouve ordinairement au fond des O rivières ; celui qui touebe immédiatement l’ostéocolc est plus blanc et plus niou que lcresle... « Quand, dans les temps pluvieux, Cette terre, qui s’attaebo fortement aux mains, vient à se « dissoudre dans les lieux élevés, les eaux l’cnlrainent en forme d’émulsion, dans les creux O qui se trouvent au-dessous... Elle ne dilfèrc guère de la marne, et se trouve allacbée au « sable dans des proportions diflérenles. .. Hlais pins le sable est voisin des branches du fos- » silc, plus la quantité de cette terre augmente; il n’y a pas grande différence entre elle et la » matière même du fossile : on trouve aussi cette terre dans les fonds et même sous quelques « étangs, etc...
« Les vents, les pluies, etc., en enlevant le sable, laissent quelquefois à découvert l’os- « léneolc... Quelquefois on en trouve ça et là des pièces rompues... Quand on aperçoit des U liranches on les dégage du sable avec précaution, et on les suit jusqu’au tronc qui jette des U racines s-ous terre, de plusieurs côtés...
1. Tant que le tronc entier est encore renfermé dans le sable, la forme du fossile ne 1 offre « aux yeux que d’un côté, et alors elle représente asscx parfaitement le bas du tronc d’un vieil « arbre... Les racines descendent en partie jusqu’à la profondeur de quatre à six pieds, et « s’étendent en partie obliquement de tons côtés... Le tronc du fossile, dont la grandeur et a l’épaisseur varient, doit sans doute son origine au tronc de quebiue arbre mort, et en partie « carié, ce qui se prouve suflisammeiit par la lésion et la destiuction de sa structure inté- « rieui’C...
« Les racines les plus fortes sont plus ou moins grosses que le bras j elles s’amincissent peu » à peu en se divisant, de sorte que les dernières ramifications ont à peine une circonférence » qui égale une plume d’oie. Pour les productions capillaires des racines, elles ne se trouvent w en aucun endroit du fo.ssile, sans doute parce que leur ténuité et la délicatesse de leur « texture ne leur permet pas de résister à la pulrélactlon... On trouve l'aremciil les grosses
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troino des figures de végétaux : car supposons qu’au lieu d'osseaieiits d’animaux accumulés dans ces cavernes, la nature ou la main de l’homme y eussent entasse une grande quantité de roseaux ou de mousses; n’cst-il pas évident que ce même suc pierreux aurait saisi les
« racines pétrifiées et durcies dans le sable, elles y sont plutôt un peu humides et molles ; et » exposées à l'air elles deviennent sèches et friables...
« La masse terrestre qui, à proprement parler, constitue notre fossile, est une vraie terre « de chaux, et quand on l’a nettoyée du .sable et de ta poui rilure qui imiivcnt y rester, l’acide U vilrioliqiie, avec lequel elle fait une forte elTcrvcscnnce, la dissout en partie. La matière de « notre fossile, lorsqu’elle est encore renfermée dans le sable, est molle, elle a de l’humidité; « sa cohérence est lâche, et il s’en c.xhalo une odeur âcre, assez faihle cependant; ou bien elle i> forme un corps graveleux, pierreux, insipide et sans odeur : tout cela met en évidence que » la terre do chaux de ce fossile n’est point du gravier fin, lié par le moyen d’une glu, comme » le prétendent quelques auteurs.
>. .Mais lorsqu’on peut remarquer dans la eomposition de la matière de notre fossile quelque . proportion, elle consiste pour l’ordinaire, en parties ég.alcs de sable et de terre de chaux.
« Oc fossile est dû à des troncs d’arbres, dont les fibres ont été atlénuccs et pourries par K l’humidité... Il se forme dans ces troncs et dans eos racines, des cavités où s’insinuent faci- « lement, par le moyen de l’eau, le sable et la terre de chaux qu’elle a dissous ; cette terre « cjilrantpar tous les trous et les endroils cariés, descend jusqu’aux extrémités de toute la « tige et des racines, jusqu’à ce qu’avec le temps toutes ces cavités se trouvent c.xactement « remplies : l’ean superflue trouve aisément une issue, dont les traces se manifestent dans le « centre poreux des branches; voilà comment ce fossile se forme... L’humidité croupissante a qui est perpétuellement autour du fossile est le véritable obstacle à son endurcissement.
« Quel(|ucs auteurs ont regardé comme de l’ostcocolc une certaine espèce de tuf en partie « informe, en partie composé de l’assemblage de plusieurs petits tuyaux de dilTcrcntc nature; « ce tuf SC trouve en abondance dans plusieurs contrées de la Tlmringe et cïi d’autres « endroils
O L’expérience, jointe au consentement de plusieurs auteurs, dépose qtte le terrain naturel O et le plus ronvenable à l’ostéocole est un terroir stérile, sablonneux et léger : au contraire O un terrain gras, consistant, argileux, onctueux et limoneux, etc., lorsqu’il vient à être Il délayé par I eau, lais.se pas.ser lentement et difiicilemcnt l’eau elle-même, et à |das forte « raisoti quelque autre terre, coininc celle dont rostêocole est formée; l’ostéocole se mêlerait » intimement à la terre grasse, dans l'intcrieur de laquelle elle formerait dos lits idats, plutôt » que de pénétrer une substance aussi consistante. » Extrait des Mémoires de l’.Vcadémie de Prusse, par M. Paul; Avignon, ITtiS, tome V, in-12, page 1 et suiv. du Supplément à ce volume.
M. Brunckman dit, comme M. Glcditsch, que les ostéocoles no se trouvent point dans les terres grasses et argileuses, mais dans les terrains sablonneux; il y en a près de Francfort-surroder, dans un .sable blanchâtre, mêlé d’une matière noire, qui n’est que du bois pourri ; l’ostéoeolc est molle dans la terre, mais plutôt friable que ductile; elle .sc dc.ssèche et durcit en très-peu de temps à l’air : c’est une espèce de marne ou du moins une terre qui lui est fort analogue. Les différentes figures des ostéocoles ne viennent que des racines au.xquellos celle inalicrc .s’attache; de là provient aussi la ligne noire qu’on trouve presque toujqjirs dans leur milieu : elles sont toutes creuses, à l’exception de celles qui sont formées de plusieurs petites fibres de racines aceiimidées et réunies par la matière marneuse ou crétacée. Voyez la Collection académique, partie étrangère, tome II, pages Itiîi et 156.
AI. Beurer de Aiuremberg, ayant fait déterrer grand nombre d’ostéocoles, en a trouvé une
HISTOIKE NATUUELLE
mousses cl les roseaux, les aurail incrustés en doliors, et remplis en dedans et même dans tous leurs pores; que dès lors ces concrétions pierreuses en auront pris la forme, et qu’aprcs la destruction et la ])ourriture de ces matières végétales , la concrétion piei reuse subsistera et se présentera sous cette même forme? Nous en avons la preuve démonstrative dans certains morceaux qui sont encore roseaux en partie et du reste ostéocoles. Je connais aussi des mousses dont le bas est pleinement incrusté, et dont le dessus est encore \crt et en état de végétation. Et comme nous ra\ons dit, tout ce qu’on appelle pélrilications ne sont que des incrustations qui, non-seulement se sont appliquées sur la surface des corps, mais en ont même pénétré et rempli les vides et les pores en se substituant peu à i)eu à la matière animale ou végétale , à mesure qu’elle se décomposait.
On vient de voir i>ar la note précédente, que les ostéocoles ne sont que des incrustations d’une matière crétacée ou marneuse, cl ces incrustations se forment (iuel<iuefois en très-peu de temps, aussi bien au fond des eaux que tians le sein de la terre. M. Outour , correspondant de l’Académie des Sciences, cite un ostéocole qu’il a vu se former en moins
dans le temps de sa formation ; c’élail une souche de peuplier noir qui, par son extrémité supérieure, était encore ligneuse, et dont la racine était devenue une véritable ostéocole. Voyez Ic.s ïransact. philos., année 174o, n" 470.
M. fiuetUird a aussi trouvé des ostéocoles en France, aux cnviron.s d’Etampes, et particulièrement sur les bords de la rivière de l.ouclte. « l.’ostéocole d’Etampes, dit cet académicien, U forme des tuyaux longs depuis trois ou quatre pouces jusqu’à un pied, un pied et demi et » plus : le diamètre de ces tuyaux est de deux, trois, quatre lignes et même d’uu pouce ; les U uns, et c’est le plus grand nombre, sont cylindriques, les autres sont formés de plusieurs a portions de cercles, qui, réunies, forment une colouneà plusieurs pans. Il y en a d’aplatis; U les bords de quelques autres sont roulés en dedans suivant leur longueur, et ne sont par « conséquent que demi-cylindriques : plusieurs n’ont qu’une seule couche, mais beaueou|i a plus en ont deux ou trois ; on dirait que ce sont autant de cylindres renfermés les uns dans « les autres : le milieu d’uu tuyau cylindrique, fait d’une ou deux couches, en contient quela quefois une troisième qui est prismatique triangulaire. Quelques-uns de ces tuyaux sont a coniques; d’autres, ceux-ci sont cependant rare.s, sont couibés et forment pres(pie un a cci'clc ; do quelque ligure qu’ils soient, leur surface interne est lisse, polie et ordinairement a striée; l’extérieure est raboteuse cl bosselée, la couleur est d’un assez beau blanc de marne a ou de craie à l’exiérieur ; celle de la surface interne est quebiuclois d’un jaune tirant sur le a rougeâtre, et si elle est blanche, ce blanc est toujours un peu sale... Il y a aussi de l’osa léiocole sur l'autre bord de la rivière, mais en moindre quantité... On en trouve encore de a l’autre côté de la ville, dans un endroit qui regarde les moulins à papier qui sont établis sur a une branche de la Chalouctte, et sur les bords des fossés de celle ville qui sont de ce côté...
« M. Guetlard rapporte encore plusieurs observations pour prouver que la formation de » l’ostcocole des environs d’Etampes n’est due (pi’à des plantes qui se sont chargées de parti- « cules de marfie et de sable des montagnes voisines, qui auront été entraînées par les averses a d’eau et arrêtées dans les marnes par les plantes qui y croissent et sur lesquelles ces para ticulcs lie marne et de sable se seront déposées successivement. » Voyez les Mémoires de r.àcadémie des Sciences, année 17o4, page 2(i9 jusqu’à 2SiS.