AOT
il y a peut-être encore plus de mines de sel qu’en Europe et en Asie : les voyageurs citent les salines du cap de lîonne-Espérauce *; Kolbe
au l oucliaiil (le Pile de Ceylan, a un poi l de mer d’ofi une pai lle du royaume tire du sel et du poisson.... A l'égard des parties orientales (jue l’éloigueineut et la dilïiculté des eheinins ein- Iidchent de tirer du sel de ce port. la nature a pourvu .à leurs besoins d une autre manière. Le vent d’est fait entrer l’eau de la mer dans le port de Lcaouva j et lors(]ue ensuite le vent d’ouest amène le beau temps, celte eau se congèle, et fournit au.\ habitants plus de sel rpi’ils n’en peuvent employer. Iii.sloire giinérale des Voy'ages, tome \ III, page 5â0.
Dans le royaume d’Ascra, ou fait du sel en faisant sécher et hrfiler ensuite celle verdure ijui se trouve ordinairement sur les eaux dormantes : les cendres qui en proviennent étant hmiillies et passées servent de sel. La seconde méthode est do prendre de grandes feuilles de figuier que l’on sèche et que l’on brûle de même. Les cendres sont une espèce de .sel d’une àcreté si pi(]uantc, qu’il serait impossilde d’en manger s’il n’étail adouci t on met les cendres dans l’eau ; on les y remue l’c.space do dix ou douze heures, ensuite on passe cette eau trois fois dans un linge, et puis on la fait bouillir ; à mesure qu’elle bout, le lond s’épaissit, et lors- (pi’eile est consuince, on trouve au fond de la chaudière un sel blanc et d’assez bon goût. C’est de In eendro des mêmes feuilles qu’on fait dans le royaume d’Asein une lessive dont on blanchit les soies j si le pays avait plus de figuiers, les habitants feraient toutes leurs soies blanches, parce que la soie de cette couleur est beaucoup plus clair que l’autre. Idem, tome IX, page 8^8.
* Dans les environs de la baie de .Saldauha, qui sont habités par les Koehoijuas ou Salthanchaters, il y a plusieurs mines do sel dont les étrangers tout commerce.... Il y a aussi des salines dans plusieurs endroits du pays des Daina([uas, mais elles ne sont d aucun usage, parce qu’elles sont trop éloignées des habitations européennes, et que les lloltcutols ne niailgeiil jamais do sel... Dans toutes les terres du ea]i de Bomie-lîspérance, le sel est forme par l’action du soleil sur l'eau des pluies ; ces eaux s’amassent dans des espèces de bassins naturels pendant la saison des pluies, elles enlrainenl avec elles, eu descendant des montagnes et des collines, un limon gras dont la couleur est plombée, et e’est sur cc limon (pie se ioriiic le sel dans lus bassins.
L’eau, en doscondant dans ces ha.ssins, est lonjonrs noirûtre et sale ; mais au bout tic quelque temps elle devient claire et linqiide, et ne rcdcvicul noirâtre que dans le mois d’oclohre, temps auquel elle commence à devenir salée : à mesure que la chaleur de l’été devient plus grande, elle prend un goût plus âcre et plus salé, et sa couleur devient enfin d’un ronge foncé : les vents do sud-est soufllant alors avec force agitent cette eau cl accélèrent l’cvaporation.... Le sel commence à paraître sur les hordsj sa quantité augmente de jour en jour, et ver.s le solstice d’été les bassins se trouvent rcin|dis d’un beau sel blanc, dont la coueho a quelquefois six pouces d’épaisseur, surtout si les pluies ont été assez eousidcrahles ]i()ur remplii' ci eau ees creux ou ees bassins naturels....
Dès (|ue le sel est ainsi formé, chu{uo habitant des Colonies en fait sa provision pour toute l’année j il n’a besoin pour cela d’aucune permission, ni de payer aucun droit; il y a seulement deux bassins qui sont riiservés pour la Comjiagnie bollandaise et pour le gouvernement, et dans lesquels les colons ne prennent point de sel...
Ce sel du cap de Boimc-Espéraiicc est bl.inc et transpnrenlj .«es grains ont ordinairement six angles, et quelquefois plus ; le plus blanc et le plus lin est celui qui se tire du milieu du b.issin, c’est-à-dire de l’endroit oii la courbe de sel est la plus épaisse.., Celui des bord.s est grossier, dur et amer; cependant on le préfère pour saler la viande et le poisson, parce qu il est [dus dur à fondre (juc celui du milieu du bassin; mais ni 1 un ni 1 autre ne vaut celui d’Europe poiii' ces sortes de salaisons ; et les viandes qoi en sont salées ne peuvent jamais soutenir un long voyage.
lïlSTOrP.E NATURELLE
sui’loul s’élend beaucoup sue la inaiiièrc dont s’y forme le sel , et sur les moyens de le recueillir. En Abyssinie, il y a de vastes plaines toutes couv ertes de sel, et Ton y connaît aussi des mines de sel gemme *; il s’en
La manière dont se forme ce sel, ressemble trop à celle dont se produit le nitre pour ne pas supposer que le sel du Cap vient, eu bonne partie, du nitre que le terrain et l’air contiennent dans ce pays... Ces |iarlies nitreuses deseeinb'iit peu à peu sur la terre où elles reslent renlerinécs jusqu’à ce que les pluies, loinbant eu aboudiince, lavent le terrain et les entraînent avec elles dans les bassins... D’un aiilrc côté, ou a lieu de présumer que le lerrain des vallées du Cap est naturellement salé, puisque l’Iicrbe (|ui croit dans ces vallées a un goût d’amertume et de salure, et que les Hollandais noinmcnt ces pâturages terren saumaches, et Ce fait seul sei’ait sullisaut jiour expliquer la formation du sel dans les terrains du cap de Boinie-Espérance.
Kniin, pour prouver que l’air est chargé de particules salsugineuses au Cap, M. Kolbe rapporte une cxi)éricnee (|ui a été faite par un de scs amis, dont il résulte ([UC si l’on reçoit dans un vaisseau les vents qui soulllcnl au Cap, il se forme sur les (jarois de ce vaisseau de petites gouttes qui augmentent peu à peu, le remplissent en entier; que cette eau, qui d’abord ne paraît pas être salée, étant exposée dans un endroitoù la elialciir et l’air puissent agir en même temps sur l’eau et sur le vaisseau, elle devient dans l’espace de trois ou quatre heures salsugineuse et blanebâtre, paraît comme mélangée de vert de mer et de bleu céleste, et laisse un sédiment qui prend la forme de gelée.
Lorsque après cela on couvre légèrement le vaisseau et qu’on le met sur un fourneau , eette eau devient d’abord jaune, ensuite rougeâtre, et culin elle prend une couleur d’un rouge écarlate; il s’y forme après cela divers corps de différentes ligures : les parties nitreuses sont scxangulaires, cannelées et oblongucs, les vilrioliques ( ou plutôt île sel murin ) ont la ligure cubique, cl les urinaires prennent une ligure sexangulaire, ronde et étoilée, üii démêle aussi les parties de sel, les unes sont jaunes, les autres blanches et brillaiilc.s, etc... Telle est, ajoute M. Kolbe , rcxpéi iüiiee que mon corrcspoiidant a faite et qu’il a réitérée soixante-dix fois et loujours avec le même .succès; toujours il a retiré de celte eau aérienne les trois principes, etc. Description du c.q> de Bonnc-Espérance, Amsterdam , 1741, partie II, pages 110,128, Iflb, et jusqu’à 202. /Votif. L’on peut dire que partout l’air des environs de la mer est salé à peu près comme au Cap, cl eet air salé, poiiqié par la végétation, donne nu goût salin à scs productions. Il y a des raisins et d’autres fi uits salés ; les dilTérentes plantes dont on fait le varec, le sont plus ou moins siiivanl les différents parages. Celles qui sont le plus proche des embouchures des fleuves le sont moins que celles qui croissent sur les écueils des hautes mers.
* Le P. Loin) dit qu’eu partant du port de Baylno sur la mer llougc, il traversa de grandes plaines de sel qui aboutissent aux montagnes de Duan , par Ic.squelles l’Abyssinie e.sl séparée du pays des (ialles et des Mores... Le même auteur dit que la principale monnaie des Abyssins est le sel , qu’on donne par morceaux de la longueur d’une palme , larges cl épais de quatre doigts : chacun eu porte un petit morceau dans .sa poche; lorsque deux amis se rencontrent , ils liront leurs petits morceaux de sel et se le donnent à lécher l’un à l’autre, liibliolhèque raisonnée , tome I , pages îiti et SS. — On se sert eu Éthiopie de sel de roche pour la petite monnaie : il est blanc comme la neige cl dur comme la pierre ; ou le tire de la montagne Lalla, et on le porto dans les magasins de l’empereur , où on le forme en tablettes qu’on appelle amoulij , ou eu deuii-tablettcs qu’on nomme enurman. Chaque tablette est longue d’un pied, large et épaisse de trois pouces ; dix de ces tablettes valent trois livres de France. On les ronqit selon le paiement qu’on a à faire , et on se sert de ce sel également pour la monnaie et pour l’usage domestique, M. l’ouect. Suite des Lettres édifiantes; l'aris, 1704, quatrième Uccueil, page ô2!l.
trouve de nicine aux îles du cap Vert *, et au cap Blanc **; et connue la clialeur est excessive au .Sénégal, en Guinée et dans toutes les terres basses de rAfricpie, le sel s’y forme par une évaporation prompte et presque continuelle **. 11 s’en forme aussi sur la côte
* L’ilc de Sal , l’une de celles du cap Vert, tire son nom de la grande quantité de sel qui s’y congèle nalurellemenl, toute l’île étant pleine de marais salants j le terroir est lort stérile , ne produisant aucun arbre, cIc. Nouveau Voyage autour du monde, par Dampierj Rouen , 17111, tome I, page 92. — 11 y a des mines de sel dans l’ilc de liuona-Visla, l’une des îles du cap Vert; on en charge des vaisseaux, et l’on en conduit dans la Baltique. Histoire générale des Voyages , tome II , page 295. — L’ile de Mai est la plus célèbre des îles du cap Vert par son sel , que les Anglais chargent tous les ans dans leurs vaisseaux. Barbot assure que celte île pourrait en fournir tous les ans la cargaison de mille vaisseaux. Ce sel se charge dans des espèces de marais salants où les eaux de la mer sont introduites dans le temps des marées vives, par de petits aqueducs pratiqués dans le banc de sable : ceux qui le viennent charger le prennent à incsnre qu’il se forme, et le mettent en tas dans quelques endroits secs avant que l’on y introduise de l’eau nouvelle. Dans cet étang, le .sel ne coinincnce ii .se congeler ipic dans la saison sèche; au lieu que dans les salines des Indes occidentales , c’est au temps des pluies, particulièrement dans l’îlc delà Tortue. Histoire générale des Voyages, tome II, page 572.
A six journées de la ville de llodcn , derrière le cap Blanc , on trouve une ville nommée Teijijarza , d’où l’on tire tous les ans une grande quantité de sel de roche , qui se transporte sur le dos des chameaux à Tiimhuto , et de là dans le royaume de Melly, qui est du pays des nègres. Histoire gcnéraledes Voyages, tome II, ))age 293. — Ces nègres regardent le sel comme un préservatif contre la chaleur; ils en font chaque jour dissoudre un morceau dans un vase rempli d’eau, et l’avalent avec avidité; ils croient lui être redevables de leur santé et de leurs forces. Idem, ibidem.
On ne saurait presque s’imaginer combien est considérable le gain que les nègres fout à
cuire le sel sur la côte de Guinée Tous les nègres du pays sont obligés .à venir quérir le sel
sur la côte; ainsi, il ne vous sera pas dillieile de comprendre que le sel y doit être exlrémement cher , et les gens du commun sont forcés de se contenter en place de sel d’une certaine herbe un peu salée, leur bourse ne pouvant souffrir qu’ils achètent du sel.
Quelques milles dans les terres derrière Ardra, d’où viennent la plupart des esclaves, on en donne un et quelquefois deux pour une poignée de sel...
Voici la manière de cuire le sel : quelques-uns font cuire l’eau de la mer dans des bassins de cuivre au.ssi longtemps qu’elle se mette ou se change en sel; mais c’est la manière la plus longue, et par con.séqucnt lu moins avanlageuse; aussi ne fait-ou cela que dans les lieux où le l)ays est si haut, que la mer ou les rivières salées n’y peuvent couler par-dessus ; mais dans les autres endroits où l’eau des rivièi'es ou de la mer se répand souvent, ils creusent de profondes fosses pour }' renfermer l’eau qui se dérobe, ensuite de(|Uoi le plus lin ou le plus doux de cette eau se sèche peu à peu par l’ardeur du soleil , et devient plus i)ropre pour eu tirer dans peu de temps beaucoup de sel.
En d’autres endroits ils ont des salines où l’eau est tellement séchée par la chaleur du soleil, qu’ils n’ont pas hesoin de la faire cuire , mais n’ont qu’à l’amasser dans ces salines.
Ceux qui n’ont pas les moyens d’acheter des bassins de cuivre , ou ipii ne veulent pas employer leur argent à ces bassins, ou bien encore qui craignent que l’eau de mer devant cuire si longtemps, ces bassins ne fussent bientôt percés par le feu, prennent des pots de terre dont ils mettent dix ou douze les uns contre les aulres , et font ainsi deux longues rangées , étant attachés les un.s aux antres avec de l’argile, comme s’ils étaient maçonnés, et sous ces pots il y a comme un fourneau , où l’on met continuellement du bois ; cette manière est la plus ordi-
HISTOIRE NATURELLE
(l’Or *, et il y a des mines de sel gemme au Congo**. En génoîral , l'Afrique , comme la région la plus cliaude de la terre , a peu d’eau douce, et presque tous les lacs et autres eaux stagnantes de cette partie du monde sont plus ou moins sales.
L’Amérique, surtout dans les contrées méi’idionalcs, est assez abondante en sel marin ; il s’en trouve aussi dans les îles, et notamment àSaint- Domingue *** , et sur plusieurs côtes du continent **** , ainsi que dans
naire dont ils sc servent, et avee laquelle cependant ils ne tirent pas tant de sel ni si proui|)tement. Le sel est exlréinenient fin et blanc sur toute la côte (à l’exception des environs d’Aera), piineipalement dans le pays de Pantin, «n il surpasse presque la neige en blanclieur. Voyages de Bosrnan ; Ulreclit, 170o, page 521 et siiiv.
Le long du rivage du canal de Biyurt, qnel(|ues lieues au-dessus de la barre du fleuve du .Sénégal, la nature a l'orinc des salines fort riebes ; on en compte huit éloignées l’une de l’autre d’une ou deux lieues ; ce sont de grands étangs d’eau salée, au fond desquels le sel se forme en masse ; on le brise avec des crocs de fer pour le faire sécher au soleil : à mesure <|u’on le tire de l’élang, il s’en foioie d’aiilrc. On s’en sert pour saler les cuirs; il est corrosif et fort inférieur eu bonté au Sel de l’Euiope. Cbaquo étang a son fermier qui se nomme Ghiodinou Komcssu, sous la dépendance du roi de Kayorou. Histoire générale des Voyages, tome II, page «iftll.
* La Côte-d’Or, en Afrique , fournit un fort bon sel et eu abondance La méthode des
nègres est do faire bouillir l’ea.i de la mer dans des ebaudières de cuivre, jusqu’à sa parfaite
congélation Ceux qui sont situés plus avantageusement, creusent des fosses et des trous ,
dans lesquels ils font entrer l’eau delà mer pendant la nuit; la mer étant d’elle-mcnic salée et nitreuse, les parties fraîches s’exhalent bientôt à la ebalenr du soleil , et laissent de fort bon sel, qui ne demande pas d’autre préparation. Dans quelques endroits, on voit des salines i égulières où la seule peine des habitants est de recueillir le sel chaque jour. Histoire générale des Voyages, tome l\', page2IG et suiv.
Le pays de .Sogno est voisin des mines de Demba , d’où l’on tire, à deux ou trois pieds de terre, un sel de roche d’une beauté parfaite, aussi clair que la glace, sans aucun mélange; on le coupe on pièces d’une aune de long , qui se transportent dans toutes les jiarlie.s du pay.s. De Lille place les mines de sol dans le pays de Bainha : ce pays de Sogno fuit partie du royaume de Congo. Idem, ibidem, page (i2fi.
L’ilc de Saint-Domingue a, dans plusieurs endroits de ses cotes, des salines naturelles, cl l’on trouve du sel minéi al dans une inontagiie voisine du lac Xaragua, plus dur et plus corrosif que le sel marin , avec cette propriété que les brèches que l’on y fait se réparent , dit-on, dans l’espace d’un an. Oviedo ajoute que toute la montagne est d’un très-bon .sel , aussi luisant que le cristal , et comparable à celui de Cardoua en Catalogne. Idem , tome XII , page 218. — H y a dans cette ile de très-belles salines qui , sans être cultivées, donnent du sel aussi blanc que la neige , et étant travaillées en puurr.iien( fournir davantage que toutes les salines de France , de Portugal cl d'Espagne. Il sc rencontre de ces salines au midi , dans la baie d'Ocoa, dans le cul-de-sac, à un lieu nommé Coridoii, au septentrion de File vers l’orient, à Cnracol, à Limonade , à Montc-Chrislo ; il y en a encore eu plusieurs autres lieux , et ce ne sont ici que les principales. Outre ces salines marines, l’on trouve dans les montagnes des mines de sel qu’on appelle ici sel gemme , qui est aussi beau et aussi bon que le sel marin : je l’ai moi-inéuie éprouvé, et l’ai trouvé beaucoup meilleur que le premier. Histoire des .Aventuriers Boucaniers; Paris, 1686, lomcl, page 8i.
Der rière le cap d’Araya en Amérique, qui est vis-à-vis de la poinle occidentale de la marguerite , la nature a place une saline (pii serait utile aux navigateurs , si elle n’était pas trop éloigni'e du rivage; mais dans l’inlérieiir du golfe, le continent forme un coude près du-
DES MIIS'ÉUAEX. 407
les (erres de ristlimc de Panama dans celles du Pérou ** , de la (lalifornie ***, el jusque dans les terres Magcllaniciues
11 y a donc; du sel dans presque tous les pays du monde ***** , soit en masses solides à rintérieur de la lcrre, soit eu poudre cristallisée à
quel est une autre saline , la plus grande peut-être qu’on ait eonnue jusqu’aujourd’hui ; elle n’est pas à plus de trois cents pas du rivage, cl l’on y trouve dans toutes les saisons de l’année un execlleut sel, quoique moins ahoudantavi temps des pluies : quehjues-uns croient que les Ilots de la mer, poussés dans l’élaiig par les tempêtes, et u’ayaiil point d’issue pour en sortir, y sont coagulés par l’action du soleil, comme il arrive dans les salines artificielles de Krance et d’Espagne ; d’autres jugent que les eaux salées s’y reudeut de la mer par des conduits souterrains, parce que le rivage parait trop convexe pour donner passage aux Hols ; euriii d’auties encore altrihueiit aux terres mêmes une qualité saline, qu’elles communiquent aux eaux de pluie : ce sol est si dur, qu’on ne peut en tiicr sans y employer des instruments de fer. Histoire générale des Voyages, tome XIV, page 395.
* Les Indiens de cet isthme tirent loue sel de l’eau de la mer, qu’ils cuisent dans des pots de terre jusqu’à ce qu’elle soit évaporée, et que le sel reste au fond eu forme de gâteau ; ils eu coupent à mesuie qu’ils en ont besoin ; mais celte voie est si longue qu’ils n’en peuvent pas faire une grande quanti té, et qu’ils l’épargnent beaucoup. Voyages deWafci', suite de Dampier, tome IV, page — Le sel minéral ou sel de pierre se trouve très-abondamment au l’éroii ; il y a aussi dans la province de Lipes une plaine de sel de plus de quarante lieues de longueur sur seixe de largeur, à l’endroit le plus éti oit. Métallurgie d’Alphonse Barba , tome I , page S-t et suiv.
Le port de l’iinta, dans le corrégimeut do (luyaquil au Pérou, est si riche ou salines, qu’il sutlll seul pour fournir du sel à toute la province de Quito. Histoire générale des Voyages , tome XllI, page 500.
Ce u’est pas de la mer qu’on lire le sol pour la Californie ; il y a des salines dont le sel est blanc et luisant comme du cristal , mais en même temps si dur qu’on est souvent obligé de le rompre à grands coups de marteau. H serait d’uu bon débit dans la Xoiivelle-Espagne où le sel est rare. M. l’ouecl. Suite des Lettres édifiantes; Paris, 170;), cinquième Uccueil, page 271.
Vers le port Saint-Julien eu Amérique, environ cinquante degrés de latitude sud, le voyageur Xarborough vit, en 1609, un marais qui n'avait pas moins de deux mille de long, et sur lequel il trouva deux pouces d’épaisseur d’un sel très-blauc, qu’on aurait pris de loin pour un pavé fort uni : ce sel était également agréable au palais et à l’odorat. Histoire générale des Voyages, tome XI , page 56. — George .\nson dit la même chose dans sou Voyage autour du monde, page 38.
I.esvoyagcurs nous disent qu’au paysd’Ascm aux Indes orientales, le sel naturel manque absolument, et que les habitants y suppléent par un sel artificiel : « Pour cet elîct ils prennent “ de grandes feuilles de la piaule qu’on nomme au,x Indes pÿuier d’Adam ; ils les font sécher, ■ cl après les avoir fait brûler , les cendres qui restent sont mises <lans l’eau qui en adoucit “ l’àprclé; on les y remue pendant dix à douze heures , après quoi l’on passe cette eau au « travers d’un linge, et on la fait bouillir ; à mesure qu’elle bout, le fond s’épaissit, cl quand « elle est consumée , on y trouve pour sédiment au fond du vase un sel blanc el assez bon ; “ mais c’est là le sel des riches , et les pauvres de ce pays eu emploient d’un oidre fort infe- « rieur. Pour le faire on ramasse l’écume verdâtre cpii s’élève sur les eaux dormantes et en “ couvre la superficie : on fait sécher cette matière , on la brûle , cl les cendres qui en pro- « viennent étant bouillies , il en vient une espèce de sel que le commun peuple d’Ascm em- » ploie aux mêmes usages que nous employons le nôtre. » Académie des Sciences de Berlin , année page 75.
HISTOIRE NATURELLE
sa surface, soit en dissolution dans les eaux courantes ou stagnantes. Le sel en masse ou en poudre cristallisée ne coûte que la peine de le tirer de sa mine ou celle de le recueillir sur la terre : celui qui est dissous dans l’eau ne peut s’obtenir que par l'évaporation, et dans les pays où les matières combustibles sont rares, on peut se servir avantageusement de la chaleur du soleil, et même l’augmenter par des miroirs ardents, lorsque la masse de l'eau salée n’est pas considérable; et l’on a observé que les \ ents secs font autant et peut-être plus d’effet que le soleil sur la surface des marais salants. On v oit par le témoignage de Pline, que les Germains et les Gaulois tiraient le sel des fontaines salées, par le moyen du feu *; mais le bois ne leur coûtait rien, ou si peu qu’ils n’ont pas eu besoin de recourir à d’autres moyens : aujourd'hui, et même depuis plus d’un siècle, on fait le sel en France par la seule évaporation, en attirant l’eau de la mer dans de grands terrains (pTon appelle t\cs marais salatils, M. Montel a donné une description ti ès-exacte des marais salants de Pécais dans le bas Languedoc **. On peut en lire
* Galliæ , Gei'maniæque ardcnlibus lignis aqiiam salsam inlundunt. Pline , lib. XXXI , (diiip. I, sect. 59.
** Ces salines de Pécais sont situées à une lieue et demie d’Aignc.s- Moi tes, dans une plaine dont l’étendue est d’environ une licnc et demie en tout sens : ce terrain est presque tout sablonneux et limoneux, mêlé avec un débris de coquillages que la mer y a jeté... Ce terrain est coupé de canaux creuses exprès pour la facilité du transport des sels, qui ne se fait qu’en hiver ou dans des barques; on le dépose dans le grand entrepôt pour le compte du roi...
On compte dix-sept salines dans tout le terrain de Pécais; mais il n’y en a que douze qui soient en valeur, et toutes sont éloignées de la mer d’environ deux mille toises. Ce terrain de Pécais est plus bas que les étangs qui sont séparés de la mer par une plage , et communiquent avec elle par quelques ouvertures : il est aussi plus bas que le bras du Khône qui passe à .Saint-Gilles, dont on a tiré un canal qui arrive à Pécais; il y a des digues , tant du côté de ce bras du Uhône que du rôle des étangs, pour empêcher les inondations...
Toute l’eau dont on se sert dans les douze salines vient des étangs... Ces salines sont divisées en compartiments de cinquante, cent, etc., arpents chacun ; plus ils sont grands et plus la récolte de sel est abondante, parce que l’eau salée qui vient des étangs parcourt plus d’espace et a plus de temps pour s’évaporer... C’est au commencement de mai que l’on fait les )ireiniers travaux en divisant les grands compartiments en d’autres plus petits : celte séparation se fait par le moyen des bâtardeaux, des piquets, des fascines et de la terre. . . On ne fait entrer qu’envirou un pied et demi d’eau sur le terrain , et comme il est imprégné de sel depuis plusieurs
siècles , l’eau à force de rouler dessus se cliiirgc d’une plus grande quantité de sel L’eau
évaporée par la chaleur du soleil proiluit à sa surface une pellicule, et lorsqu’elle est prêle à former le sel , elle paraît quelquefois rouge ou de couleur de l'ose , quand on la regarde à une certaine distance, et quelquefois claire et limpide ; mais les ouvriers en jugent par une épreuve fort simple : ils plongent la main dans l’eau salée, et tout de suite ils la présentent à l’air; s’il se forme dans l’instant sur la surface de lu peau de petits cristaux et une légère croûte saline, ils jugent que l’eau est au point requis , et qu’il faut la conduire aux réservoirs , ensuite aux puits à roue, et enfin dans les tables pour la faire cristalliser Les puits à roue n’ont ordinairement que cinq à six pieds de profondeur Les tables ont des rebords formés de terre,
pour y retenir huit à douze lignes d'eau que l’on y fait entrer toutes les vingt-quatre heures, et on ne lève du sel qu’après avoir réitéré l’introduction de l’eau sur les tables une vingtaine
l’extrait dans la note ci-dessous. On ne fait àPécais qu’une récolte de sel cliaque année, et le temps nécessaire à l’évaporation est de quatre ou cinq mois, depuis le commencement de mai jusqu’à la fin de septembre.
de fois, c’est-à-dire ou bout de vingt jours : si la cristallisation a bien réussi , il reste apres ce temps une épaisseur de sel d’environ trois ]>ouccs ou de deux pouces et demi... Ce sel est quel- <|Ucfois si dur, surtout lorsque les vents du nord ont régne pendant l’évaporation, qu’il faut se servir de pelles de fer pour le détacher... On enlève ce sel ainsi formé sur les tables, et on en forme des monceaux en forme de pyramides , qui eoutiennciit chacun environ quatre-vingts ou quatre-vingt-six minois de sel, du poids do cent livres par minot; au bout de vingt-quatre heures, on rassemble tous ces petits monceaux de sel, et ou en forme sur un terrain élevé des amas qui ont quelquefois cent toises de long, onze de large cl cinq de hauteur, que l’on couvre ensuite de paille ou de roseau , en attendant qu’on puisse les faire transporter sur les grands entrepôts de vente, où l’on charge le sel pour l’appi ovisionnement des greniers du roi...
On ne fait chaque année , dans toutes les salines de l’écais , qu’une seule récolte ; dans les salines de Proveuee, à ce qu’on m'a assuré , on fait quelquefois une seconde récolte de sel (pli est fort inférieur à celui de la première.
Si dans l’espace de (|uatrc mois que dure toute la manœuvre de l’opération , il survient îles I)luics fréquentes , des vents de mer ou des orages , ou fait une mauvaise récolte; il faudrait toujours, pour bien réussir, un soleil ardent et un \ cul do nord ou nord-ouest Les inonda-
tions du Hhôue , qui répandent des eaux douces sur le terrain des salines , font quelquefois perdre la récolte d’une année.
■Suivant le règlement des gabelles , on ne doit laisser le sel en tas que pendant une année , [)our lui faire perdre celte amertume et cette âcretc (ju ou lui trouve lors(ju il est récemment fabriqué; mais il y reste bien plus longtemps; car les piopi iétaires ne le vendent ordinairement aux fermiers-généraux qu’au bout de trois , quatre et quelquelois cinq ans; au bout de ce temps, il est si dur qu’on ne peut le détacher qu’avec des piques du fer.
J)uns bîs bonnes récoltes, otï tire des salines de Pécais jusqu’à cinq cent treize mille minots
de sel üii le vend au roi sur le pied de quaraulc-deux livres quinze sous le gros muids
( c’est-à-dire cinq sous le minot pesant cent livres ) Klles produisent au roi environ sept à
huit millions par an...
Les bords des canaux qui conduisent l’eau dans les puits à roue sont couverls de belles cristallisations de sel , que l’on est oblige de détacber de temps en temps , parce qu’avec le temps elles intercepteraient le passage de l’eau... La surface de l’eau qui coule au milieu du canal est couverte d’nnc pellicule mince , qui est uu indice pour connaître quand une dissolution de certains sels doit être mise à cristalliser.
La plaine do sel que l’on voit sur les compartiments , et dont la blancheur se fait apercevoir de loin, ne commence à paraître que dans les premiers jours de juin , temps où les eaux sont déjà prèles à être conduites dans les puits à roue , et se soutient jusqu’au mois d’octobre et de novembre. Dans certaines années, celte cristallisation ne dure pas si longtemps ; tout dépend des pluies plus ou moins abondantes...
L’eau évaporée au point l'cquis , à mesure qu’on l’élève par les seaux des puits à roue , se cristallise aux parois de ces seaux , surtout si le soleil est ardent et si le vent du nord règne; on est obligé alors d’y faire passer l’eau des étangs , ou de détacber deux lois par jour ces cristallisations , pour qu’elles ne remplissent pas toute la capacité du seau; mais ce dernier travail serait trop pénible , et ou préfère la première manœuvre. On sait ([ue le sel marin a la propriété de grimper dès qu’on lui présente quelque corps pendant qu il cristallise ; c est à celle propriété iiue sont ducs ces crislalli.satious auxquelles les ouvriers donnent toutes sortes de ligures, comme de laes-d’ainour, de cruciüx, d’étoiles, d arbres, etc... tllcs sont lormées à
IllSTOlUE NATUUEf.LE
Il 3^ a de même des marais salants en Provence, dans lesquels on fait quelquefois deux récolltîs chaque année, parce que la chaleur et la scchei'esse de l’été 3' sont plus grandes j et comme la mer Méditerranée n’a ni flux ni rcllux, il y a plus de sûreté et moins d’inconvénients à établir des marais salants dans son \ oisiiiagc que dans celui de l’Océan. Les seuls marais salants de Pécais, dit M. IVlonlel, rapportent à la ferme générale sept ou huit millions par an. Pour que la récolte du sel soit regardée comme bonne, il faut que la couche de sel, produite par l’évaporation successive pendant quatre à cimj mois, soit épaisse de deux pouces et demi ou trois pouces. Il est dit, dans la Gazette d’agriculture : U qu’en 177S, il y avait plus de quinze cents hommes employés à
l’aide de morceaux do bois auxquels le sel s’altacbc , eu sorte qu’il prend la figure qu’ou a donnée à ces morceaux de bois ; tonies ces crista'.lisalions sont dos amas de cubes trcs-rêgulicrs et d’une grosseur trcs-considcrablc...
On tire de l’écume qui surnage les eaux salées que l’on fait passer aux tables un sel qui est friable cl Ires-blanc , cl que l’on emploie à l’usage des salières dont on se sert pour la laide; mais ce sel est plus amer que l’autre , parce qu’il conlicnl du sel de Glauber et du sel marin à base terreuse... Ce sel de Glauber se trouve en quaptilé dans l’eau de la mer que l’on puise sur nos côtes... Kous tiouvions principalement le sel de Glauber à la partie inférieure de la ciistallisalion ou de la masse totale des deux sels cristallisés; la raison en c.sl (pic le sel de Glauber étant très-aoluble dans une moindre quantité d’eau que le sel marin , est enlrainé au-dessous de ce dernier sel par la dernière partie de. ieau qui reste avant l’entière dissipation. C’est jiar la même raison qu’on ne voit pas un atome de sel de Glauber dans ces belles erislallisalions (pie le sel forme en grimpant, ni dans toutes les eroiites salines qui s’alt.acbciit aux puits .à l oue, etc. C’est ce sel de Glauber et le sel marin à base terreuse qui donnent de l'amertume au sel nouvclleUKuit fabrique, et qui s'cii séparent ensuite , parce qu’ils sont triis-solubles; l(irs(pie le sel est pendant (pielqucs années conservé en tas avant d’être mis dans les greniers du roi, il en est meilleur et plus propre à l’usage de nos cuisines...
Au moyen de ce que le sel de l'ccais reste pendant trois , (piatre nu cinq ans rassemblé en monceaux avant d’étrcvendii aux fermiers du roi, il se sépare do tout son sel de Glauber et du sel marin à ba.«e terreuse, et devient enfin le sel le meilleur, le plus salant, le moins amer du royaume , et peut-être de l’Europe; il est encore le plus dur, le jilus beau , et celui qui est formé eu plus gros cristaux bien compactes et bien secs ; ]iar l.à les surfaces (pi’il présente il l’air étant des plus petites possibles, il est très-peu sujet ,à rinflncncc de son humidité, tandis que les sels eu neige , qu’on lire par une forte évaporation sur le feu , soit de l’eau de la mer, soit des puits salants , comme en l’ranclic-Comtc , en Lorraine, etc., sont au contraire tièsexposés , par leurétat de corps rare , par la multiplication de leurs surfaces , à cire pénétrés par l’humidité de l’air dont le sel marin se charge facilement; ces sels formés .sur le feu contiennent d’ailleurs tout leur sel de Glauber et beaucoup de sel marin à ba.s'e terreuse , ou du moins une bonne partie; celui do Bretagne et de Normandie les contient dans la même proportion où ils sont dans l’eau de la mer, car on y évapore ju.squ’à dessication ; et celui de Franebc- Comté et de Lorraine en eoiitient une partie, quoiqu’on enlève le sel avant que toute la liqueur soit consumée sur les poêles...
11 faut au surplus que les ouvriers qui fabriquent le sel à l’écais prennent garde que les tables ne manquent jamais d’eau pendant tout le temps de sa saunaison, parce que, selon eux, le sel s’échaufferait et serait diflicile à battre ou è laver. Mémoires de SI. Montel , dans ceux de l’.ôcadémic des Sciences, année 1705, page Ul et suiv.
DES MlNÉnAOX.
« recueillir e( entasser le sel dans les marais de Pécais : indépendamment « de ces salines et de celles de Saint-Jean et de Roqnemaure, où le sel « s’obtient par industrie, il s’en forme tout naturellement des quantités <1 mille fois plus considérables dans les marais qui s’étendent jusqu’au- « près de y¥ar%MPS en Provence. L’imagination peut à peine sc figurer « la (|uanlité étonnante de sel qui s’y trouve cette année : tous les « hommes, tous les bestiaux de V Europe ne pourraient la consommer en « plusieurs années, et il s’en forme à peu près autant tous les ans.
« Pour garder, ce n’est pas dire consci-ver, mais bien perdre tout ce « sel, il y aura une brigade de gardes à cheval, nommée dans le pays du « nom sinistre de brigade Mofre, laquelle va campantd’un lieu à un autre,
et envoyant journellement des détacbements de tous les côtés. Ces gar- <1 des ont commencé <à camper vers la fin de mai; ils resteront sur pied,
« suivant la coutume, jusqu’à ce que les pluies d’automne aient fondu « et dissipé tout ce sel naturel. »
On voit par ce récit qu’on pourrait épargner le travail des hommes, et la dé|)ensedes digues et autres constructions nécessaires au maintien des marais salants, si l’on voulait profiter de ce sel (pie nous offre la nature : il faudrait seulement l’entasser comme on entasse celui (pii s’est déposé dans les marais salants, et le conserver pendant trois ou quatre ans, pour lui faire perdre son amertume et son eau superflue. Ce n’est pas que ce sel trop nouveau soit nuisible à la santé, mais il est de mauvais gofit; et tout celui qu’on débite au public, dans les greniers a sel, doit, par les règlements, avoir élè fracturé deux ou trois ansauparavanl.
Malgré l’inconvénient des marées, on n’a pas laissé d établir des marais salants sur l’Océan comme sur la îlédiîerranée, surtout dans le bas Poitou, le pays d’Aunis, la Sainlonge, la Bretagne et la ISormandie : le sel s’y fait de même par l’évaporation de l’eau marine : « Or, on faci- « lite celte évaporation, dit M. Guetlard,en faisant circuler l’eau autour « de ces marais, et en la recevant ensuite dans de petits carrés qui se « ferment au moyen d’espèce de vannes : l’eau par son séjour s’y éva- « pore plus ou moins promptement, et toujours proportionnellement à « la force de la chaleur du soleil; elle y dépose ainsi le sel dont elle est « chargée*.» Cet académicien décrit ensuite avec exactitude les salines de Normandie dans la baie d’Avranches sur une plage basse on le niou veinent de la mer se fait le moins sentir, et donne le temps nécessaire à l’évaporation. Voici l’e.xtrait de cette description, ün ramasse le sable chargé de ce dépôt salin, et celte récolte se fait pendant neul ou dix mois de l’année; on ne la discontinue que depuis la fin de décembre jusiiu’au commencement d’avril... On transporte ce sable mêlé de sel dans un lieu sec, où ou en fait de gros tas en forme de spirale ; ce qui donne la facilité de monter autour pour les exhausser autant qu on le
’ .Mëmoii'es de l’Académie des Sciences, année i7S8, page ü!) cl suiv.
illSTOIRK i>AïlJUi:i.LI':.
juge à propos : on couvre ces las avec des fagots, sur lesquels ou met un enduit de terre grasse pour cmpêclier la pluie de pénétrer.... Lorsqu’on veut travailler ce sable salin, on découvre peu à peu le tas, et à mesure qu’on eidéve le sable, on le lave dans une fosse enduite de glaise bien battue, et revélue de planches, cidre lesjoinls desquelles l’eau peut s’écouler. On met dans cette fosse cim|uanteou soixante boisseaux de ce sable salin, eton y verse (rente ou trente-cinq seaux d’eau; elle passe à travers le sable et dissout le sel qu’il conlicut:on la conduit jiar des gouttières dans des cuves carrées de trois pieds, qui sont placées dans un bâtiment (lui sert à l’évaporation; on examine avec une éprouvette si cette eau est assez chargée de sel ; et si elle ne l’est pas assez, on enlève le sable de la fosse et on y en remet du nouveau. Lorsque l’eau se trouve suftisamment salée, on la transvase dans des vaisseaux de plomb qui n’ont iiu’un ou deux pouces de profondeur sur vingt-six pouces de longueur et vingt-deux de largeur ; on place ces plombs sur un fourneau qu’on (■chauffe avec des fagots bien secs : l’évaiioration se fait eu deux heures. On remet alors de la nouvelle eau .salée dans les vaisseaux de plomb et on la fait évaporer de même. La (juantité de sel que l’on retire en vingtquatre heures, au moyen de ces opérations répétées est d’environ cent livres dans trois vaisseaux de plomb des dimensions ci-dessus. On donne d’abord un feu assez fort, eton le continue ainsi jusqu’à ce ([u’il se forme une petite fleur de sel sur l’écume de cette eau; on enlève alors cette écume et on ralentit le feu. L’évaporation étant achevée, on remue le sel avec une pelle pour le dessécher; ou le jette dans des jianiers en forme d’entonnoir où il peut s'égoutter. Ce sel,quoi((uc tiré par le moyen du feu et dans un jiays où le bois est cher, ne se vend guère que (rois livres dix sous les cinquante livres pesant *. Il y a aussi en IJretagne soixante petites fabriques de sel par évaporation, tiré des vases et sables de la nier, dans lesquels on mêle un tiei s de sel gris pour le purifier, et porter les liqueurs à quinze sur cent.
On fait aussi du sel en grand dans quelques cantons de cette meme province de Ilretagne; on tire des marais salants de la baie de Bourgneuf seize ou dix-huit mille muids de sel, et l’on estime que ceux de Guérande et du Croisic ju'oduisent, année commune, environ vingt-cinq mille muids
En Franche-Comté, en Lorraine, et dans plusieurs autres contrées de l’Europe et des autres parties du monde, le sel se lire de l’eau des fontaines salées. M. de Montigny, de l’Académie des Sciences, a donné une bonne description des salines de la Franche-Comté, et du travail qu’elles exigent. Voici l’extrait de ses observations : « Les Il eaux, dit M. de Montigny, de tous les puits salés, tant de Salins
* Voyez le Jlcmoiie de ^1. Giiettnrd, depuis l.o pnge Üi) jusqu’à IIC.
übscnaliuns d’IIisloire nalui elle, par M. le iMonuicr, tome IV, page 452.
« que de Monlinorot, contiennent en dissolution, avec le sel marin ou « sel gemme, des gypses ou sélénites gypseuses , des sels composés de « l’acide vitrioliquc engagé dans une base terreuse, du sel de Glau- « ber, des sels déliquiecents, composés de l’acide murin engagé dans une K base terreuse, dans une terre alcaline trés-blancbe, que I on sépare « du sel gemme, lorsqu’on le tient longtemps en l'usiondans un creuselj « enfin, une espèce de glaise très-fine, et quelques parties grasses « bitumineuses, ayant une forte odeur de jjétrole. Toutes ces eau\ » ])orlent un principe alcalin surabondant... Elles ne sont point mêlées « de vitriols métalliques...
« Les sels en petits grains, ainsi que les sels en pain, se sont égale- « ment trouvés chargés d’un alcali terreux... Ainsi ces sels ne sont pas « comme le sel marin dans un état de i\eulralilé parfaite.
« Le set à gros grains de Monlinorot est le seul que nous ayons >1 trouvé parfaitement neutre... Ce sel à gros grains est tiré des mêmes » eaux que le sel à petits grains : mais il est foi-mé par une évaporation « beaucoup plus lenle : il vient en ci islaux plus gros, Irès-réguliers, « et en meme temps beaucoup plus jnirs.... Si les eaux des fontaines « salées ne contenaient que du sel gemme en dissolution, l’évaporalion « de ces eaux, plus lente ou plus prompte, n’inlluerait en rien sur la « purelé du sel.... On ne peut donc séparer les matières étrangères de « ces sels de Franclie-t^omté que par une Ircs-lenle évaporation, et '■ cependant c'est avec les sels à petits grains, faits par une trés-pronqitc « évaporation, que l’on fabrique tous les sels en pains, dont l’usage est « général dans toute la Franche-Comté... On met les pains de sel que « l’on vient de fabriquer sur des lits de braises ardentes, où ils restent « pendant vingt-cinq, trente et même quarante heures, jusqu’à ce « qu’ils aient acquis la sécheresse et la dureté nécessaires pour résister « au transport Le mélange de sel de Clauber, de gypse, de bitume « et de sel marin à base terreuse, qui vient par la réduction de ces « eaux, est d’une amertume inexprimable.
« La saveur et la qualité du sel marin sont fort altérées par le mé- “ lange du gypse, lorsque les eaux ne reçoivent pas assez de chaleur « pour en opérer la séparation, et la quantité du gypse est fort considérable
* Nota. Nous devons observer que celle pratique de nicltrc le sel a 1 exposition du feu pour le durcir est très-préjudiciable à la pureté et à la qualité du sel :
t” Parce que pour mouler le sel, il faut qu’il soit liumeclc do son eau-iuère que le feu ne lait que dessécher en agglutinant la masse saline; et celte eau-mère est une partie iiupuie qui reste dans le sel.
2° Une p.artie du g)'psc se décompose, son acide vitrioliquc agit sur la base du sel marin, le dénature et le rend amer.
3“ Le sel marin le plus pur reçoit une altération très sensible parla calcination; il devient plus caustique, une partie de l’acide s’eu dissipe et laisse une base terreuse, qui procède de la dcconipositioii de l’alcali minerai. La dccoinposition du sel est si sensible , que l’on ne peut rester dans les éluvcsdugi'illuge,à cause des vapcursucides qui alfcctcnt lu poitrine et lesyeux.
Birrux, tome III. 27
lIlSTOmE NATUilELLE
<i dans les eaux de Salins... Le gypse de Salins rend le sel d’un « blanc opaque, et le gypse de Montmorot lui donne sa couleur grise... « Lorsque les eaux sont faibles en salure comme celles de Montmorot, <■ on a trouvé le moyen de les concentrer par une méthode ingénieuse * « et qui multiplie l’évaporation sans feu. »
Ces fontaines salées de la Franche-Comté, qui fournissent du sel à toute celte province et à une partie de la Suisse, ne sont pas plus abondantes que celles qui se trouvent en Lorraine et (|ui s’ex[)loitent dans les petites villes do üieiize, Moyenvic et Château-Salins, toutes situées le long de la vallée qu’arrose la rivière de Seille. A Rosières, dans la même province, était une saline des plus belles de l’Europe par retendue de son bâtiment de graduation; mais cette saline est détruite depuis environ vingt ans. A Dieuze, non plus qu’à Moyenvic et à Château-Salins, on n’a pas besoin de ces grands bâtiments ou hangars de graduation pour évaporer l’eau , parce que d’elle-mème elle est assez chai-gée pour qu’on puisse, en la soumettant immédiatement à l’ébullition, en tirer le sel avec prolit.
11 se trouve aussi des sources et fontaines salées dans le duché de Bourgogne et dans ])lusicurs autres provinces, où la ferme générale entretient des gardes pour empêcher le peuple de i)uiser de l'eau dans ces sources. Si l’on refuse ce sel aux hommes, on devrait au moins permettre aux animaux de s’abreuver de celte eau, en établissant des bassins dans lesquels ces mêmes gardes ne laisseraient entrer que les bœufs et les moutons qui ont autant et peut être plus besoin (jue l’homme de ce sel, pour prévenir les maladies de pourriture qui les font périr; ce qui, je le répète, cause beaucoup plus de perte à l’État que la vente du sel ne donne de profit.
Dans quelques endroits, ces fontaines salées forment de petits lacs; on en voit un aux environs de Courtaison, dans la principauté d’Orange : « Des hommes, dit 31. Guettard, intéressés à ce qu’on ne fasse point « usage de cette eau, ordonnent de trépigner et mêler ainsi avec la terre
* Ucs 'pompes mues par un courant d’eau élèvent les eaux salées dans des réservoirs placés au haut d’un vaste hangar, long et étroit, d’où on les fait tomber par gouttes, au moyen de plusieurs files de robinets, sur des lits d’épines accumulées jusipi’à la hauteur d’environ dixhuit pieds; l’eau répandue cillâmes très-déliées, et divisée presqu’à l’infini sur tous les branchages des épines, est reçue dans un vaste bassin formé de planches de supin, qui sert de base à tout le hangar; de ce bassin, les memes eaux sont relevées et reportées par d’autres pompes dans le réservoir supérieur; on les fait ainsi passer et repasser à plusieurs reprises sur les épines , ce qui fait qu’elles deviennent de plus en plus salées... et lorsqu’elles ont acquis onze à douze dcgi és de salure, c’est-à-dire lorsqu’elles sont en état de rendre environ douze livres de sel par cent livres d’eau, on les fait couler dans les poêles de la saline pour les évaporer au feu, et dans ect état les eaux de Montmorot sont encore inféi icurcs en salure au degré naturel des eaux de Salins. Mémoires de M. de Moiiligny, dans ceux de l’Académie des Sciences, année 17C2, page 118.
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« le sol qui peut, dans la belle .saison, se cristalliser sur les bords de cet « étang. L’eau en est claire et limpide, un peu onctueuse au toucher, « d’un goût passablement salé. Ce petit lac est éloigné de la mer d’en- « viron vingt lieues. S’il n’était dû qu’à une masse d’eau de mer restée •1 dans cet endroit, bientôt la seule évaporation aurait suffit pour le tarir. « Ce lac ne reçoit point de rivière; il faut donc nécessairement qu’il « sorte du fond des sources d’eau salée pour l’entretenir. »
En d’autres pa3s, où la nature, moins libérale que chez nous , est en même temps moins insultée, et où on laisse aux habitants la liberté de recueillir et de solliciter scs bienfaits, on a su .se procurer, et pour ainsi dire créer des sources salées, là où il n’en existait pas, en conduisant par de grands et ingénieux travaux des cours d’eau à travers des couches de terre ou de pierres imbues ou imprégnées de sel , que ces eaux dissolvent et dont elles sortent chargées. C’est à M. Jars que nous devons la connaissance et la description de cette singulière exploitation qui se fait dans le voisinage de la ville de Halle en Tyrol. « Le sel, ditu il , est mélangé dans cette mine avec un rocher de la nature de l’ar- >i doise, (|ui en contient dans tous ses lits ou divisions. Pour extraire le Il sel de celte masse, on commence par ouvrir une galerie, en i)artant « d’un endroit où le rocher est ferme, et on l’aNance d’une vingtaine de « toises; ensuite on en fait une seconde de chaque côté d’environ dix Il toises , et d’axitres encore qui leur sont parallèles ; de sorte qu’il ne Il reste dans cet espace que des piliers distants les uns des autres de « cinq pieds, et qui ont à peu |irès les mêmes dimensions en carré, sur Il dix pieds de hauteur, qui est celle des galeries. Pendant qu’on tra- 11 vaille à ces excavations, d’autres oinriers sont occupés à faire des Il mortaises ou enlailles de chaque coté de la galerie i)rincipale, qui a Il été commencée dans le rocher ferme, pour y placer des pièces de bois, « et y former une digue qui serve à retenir l’eau ; et dans la partie Il inférieure de cette digue on laisse une ouverture pour y mettre une Il bonde ou un robinet. Lorsque le tout est exactement bouché, on y Il fait arriver l’can douce par des tuyaux qui partent du sommet de la Il montagne; peu à peu le sel se dissout à mesure que l’eau monte Il dans la galerie... Dans quelques-unes des excavations de cette mine. Il l’eau séjourne cinq, six et même douze mois avant que d’être saturée ; « ce (|ui dépend de la richesse de la veine de sel et de l’étendue de Il l’excavation... Ce n’est que quand l’eau est entièrement saturée, que « l’on ouvre les robinets des digues, pour la faire couler et la conduire « par des tuyaux de bois Jusqu’à Halle , où sont les chaudières d’éva- “ poralion. »
Dans les contrées du Nord où l’eau de la mer se glace, on pourrait tirer le sel de celte eau, en la recevant dans des bassins peu profonds, et la laissant exposée à la gelée ; le sel abandonne la partie qui se glace et se concentre dans la portion inférieure de l’eau, qui, par ce moyen assez simple, se trouve beaucoup plus salée qu’elle ne l’était auparavant.
HISTOIRE NATURELLE
Il semble que la natupe ait pris elle-même le soin de combiner l’acide et l’alcali, pour former ce sel qui nous est le plus utile, le plus nécessaire de tous, et qu’elle l’ait en même temps accumulé, répandu en immense quantité sür la terre et dans toutes les mers. L’air même est imprégné de ce sel ; il entre dans la composition de tous les êtres organisés j il plait au goût de l’honime et de tous les animaux; il est aussi reconnaissable par sa figure que recommandable par sa qualité; il se cristallise plus facilement qu’aucun autre sel, et scs cristaux sont des cubes presque parfaits *. Il est moins soluble que plusieurs autres sels, et la chaleur de Tcau, même bouillante, n’augmente que très-peu sa solubilité : néanmoins il attire si puissamment rbiiinidité de l’air, qu’il se réduit en liqueur si on le tient dans des lieux très-humides; il décré- [litc sur le feu par l’effort de l’aii- qui se dégage alors de ses cristaux, dont l’eau s’évapore en même temps : et celle eau de cristallisation qui dans certains sels, comme l’alun, parait faire plus de la moitié de la masse saline, n’est dans le sel marin qu’en petite (|uanlilé; car en le faisant calciner et même fondre à un feu violent, il n’éprouve aucune décomposition et forme une masse opaque et blanche, également saline et du même poids à peu près ** qu’avant la fusion; ce qui prouve qu’il ne perd au feu que de Tair et qu’il contient très-peu d’eau.
Ce sel, qui ne peut être décomposé par le feu , se décompose néanmoins par les sels vitriolique et niti-eux, qui, ayant plus d’affinité avec son acide, s’en saisissent et lui font abandonner sa base alcaline ; autre preuve quC' les trois acides, vitriolique, nitreux et marin, sont de la meme nature au fond, cl qu’ils ne diffèrent (|ue par les modifications qu’ils ont subies. Aucun de ces trois acides ne se trouve pur dans le sein de la terre; et lorsqu’on les compare on voil que l’acide marin ne diffère du vitriolique qu’en ce qu’il est moins pesant et plus volatil, qu’il saisit moins fortement les substances alcalines, et qu’il ne forme presque toujours avec elles que des sels déliqucsceuls : il ressemble à l’acide nitreux par celte dernière propriété , qui prouve (|uc tous deux sont plus faibles que l’acide vitriolique dont on peut croire qu’ils se sont formés, en ne perdant pas de vue leur première origine qu’il ne faut |)as confondre avec leur formation secondaire et leur coinersion réciproque. L’acide aérien a été le premier formé; il n’est composé que d’air et de feu. Ces deux éléments, en se combinant avec la terre vitrifiée, ont d’abord produit l’acide vitriolique ; ensuite l’acide marin s’est produit par leur combinaison avec les matières calcaires ; et enfin l’acide nitreux a été formé par l’union de ce même acide aérien avec la terre limoneuse et les autres débris putréfiés des corps organisés.
Comme l’acide marin est plus volatil que le nitreux et le vitriolique,
* Los grains ligmes on li ômics sont de pelits cuLcs groupes les uns conlre tes aulrcs.
** Le sel luariti ne perd qu’un liuil-eenlicmc de son poids par la calcinaliun.
on ne peut le eoneenirer autant. Il ne s’unit pas de inènic avec la matière du l'eu; mais il se combine pleinement avec les alcalis fixe et volatil : il forme avec le premier le sel marin , et avec le second un sel très-piquant qui se sublime par la chaleur.
Quoique l’acide marin ne soit qu’un faible dissolvant en comparaison des acides vitriolique et nitreux, il se eondjiue néanmoins avec l’argent et avec le mercure; mais sa |)ropriétc la plus remarquable, c’est qu’étant mêlé avec l’acide vitreux ils font ensemble ce que l’acide vitriolique ne peut faire : ils dissolvent l’or , qu’aucun autre dissolvant ne peut entamer; et quoique l’acide marin soit moins puissant que les deux autres, il forme néanmoins des sels plus corrosifs avec les substances métalliques ; il les dissout presque toutes avec le temps , surtout lorsqu’il est aidé de la chaleur, et il agit meme plus efficacement sur leurs chaux que les autres acides.
Comme toute la surface de la terre a été longtemps sous les eaux, et que c’est jiar les mouvements de la mer qu’ont été formées toutes les couches qui enveloppent le noyau du globe fondu par le feu , il a dû rester après la retraite des eaux une grande quantité des sels qui y étaient dissous : ainsi les acides de ces sels doivent être universellement répandus. On a donné le nom &'Àckle méphitique à leurs émanations volatiles; cet acide méphitique n’est que notre acide aérien, qui, sous la forme d’air fixe, se dégage des sels, et enlève une petite quantité de leur acide particulier auquel il était uni par l’intermède de l’eau :
aussi cet acide se manifeste-t-il dans la plupart des mines sous la forme de Mouffette su/focante, qui n’est autre chose que de l’air fixe stagnant dans ces profonds souterrains; et ce phénomène olfre une nouvelle et grande preuve de la production primitive de l’acide aérien, et de sa dispersion universelle dans tous les règnes de la nature. Toutes les matières minérales en effervescence, et toutes les substances végétales ou animales en fermentation, peuvent donc produire également de l'acide méphilique; mais les seules matières animales et végétales en putréfaction produisent assez de cet acide pour donner naissance au sel de nitre.