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surface que dans l’iiilérieur de la terre. Ou voit aux environs d’Aslracan une montagne de sel gemme *, où les habilants du ])a3's , et même les étrangers, ont la liberté d’en prendre autant qu’il leur |)Iait **. 11 y a aussi des plaines immenses qui sont, pour ainsi dire, toutes couvertes de sel *** : on voit une semblable plaine de sel en Natolie ****. Pline dit que Ptolémée, en plaçant son camp près de Péluse, décoinrit sous le sable une couche de sel <jue l’on trouva s’étendre de l’Egypte à l’Arabie
par l’espace de plusieurs milles, est toute blanclic de sel, lequel venant à se fondre en temps de pluie, et par ee moyen effaçant entièrement les chemins, cause une extrême confusion, et donne aux passanis une peine incroyable. Voyages d’Orient, par le père Philippe, canne déchaussé; Lyon, 1609, liv. Il, page lOi.
* On trouve dans la province d’Asli akan une montagne, de sel qui, bien qu’on y en prenne journollemeni, semble ne point diminuer; ce sel est dur et aussi transparent que du crislal ; il est permis à toutes sortes de gens d’y en faire couper, ce qui a enrichi beaucoup de marchands. Voyages historiques d’Europe; Paris, 1093, tome 11, pages 3^3 et 3.
** Pline cite une montagne de sel aux Indes, laquelle était, dit-il, pour le souverain son possesseur, une source inépuisable de riche.sse ; « Siint et montes nativi salis, ut in India U Oromenus, in qno lapidicinariim modo cæditur renascens, majusque regum vectigal ex eo,
» quant ex auro atquc margaritis », Lib. X.XXI, c. 1, scc.t. 39.
Au delà du Volga, vers le couchant, s’étend une longue bruyère de plus de soixante-dix lieues tl’.\llemagne jusqu’au Pont-Euxiu ; et vers le midi, tinc autre de plus de quatre-vitigts lieues le long de la mer Caspie... Mais ces déserts ne sont point si stériles qu’ils ne produisent d U sel en plus grande «piantité que les marais de France et d’Espagne ; ceux de ces qiiarliers-là les a]tpellcut Mozakoski, Kainkowa et Gwoflouki, qui sont à dix, quinze et trente werslcs d’Astrakau, ont des veines salées, que le soleil cuit et fait nager sur l’eau l’épais,seur d’un doigt, comme un crislal de roche, et en si grande quantité, qu’en payant deux liards d impôt de chai|ue poud, c'est-à-dire, du poids de quarante livres, on en emporte tant que l’on veut; il sent la violette comme en France, et les Moscovites en fond uu grand traOe, en le portant •sur le bord du Wolga, où ils le mettent en de grands monceaux jusqu’à ce qu’ils aient la commodité. de le transporter ailleurs. Pctrcius, dans son Histoire de Moscovie, dit qu’à deux lieues d’Astrakan, il y a deux montagnes, qu’il nomme Itussin, qui produisent du sel de roche en si grande abondance, que quand trente raille hommes y travailleraient incessamment, ils n’en pourraient pas tarir les sources; mais je n’ai pu rien apprendre de ces montagnes ima);inaires; cependant il est certain que le fond des veines salées dont nous venons de parler est inépuisable, et i|ue l’on n’en a pas sitôt enlevé une croûte qu’il ne s’y en fasse aussitôt une nouvelle. Le même l'etreius se trompe au.ssi (|uand il dit (|uc ces montagnes fournissent de sel la Médie, la Perse et l’Arménie, puisque ces provinces ne manquent point de marais salants, non plus que la Moscovie, ainsi que nous le verrons dans la suite. Voyages d’Oléarius; Paris, lOüO, tome I, page 510.
*"* Tavernier parle d’une plaine deiXalolic, qui a environ dix lieues de long, et une ou deux de large, qui n’est qu’un lac salé dont l’eau .se congèle et .se forme en sel qu’on ne peut dissoudre qu’avec peine, si ce n’est dans l’eau chaude ; ce lac fournit de sel prcs(iuc toute la Natolie, et la charge d’une charrette tirée par deux bullles ne coûte sur le lieu qu’euviron quarantecinq sous de notre monnaie : il s’appelle Dousiiic, c’est-à-dire la place de sel, et le hacha île Couchahur, petite ville qui est à deux journées, en retire vingt mille cens par an. \ oyages de laveruier, tome 1, page 12i.
invenit et juxtaPclusium Plolcmæus rex, eum castra faceret ;quo excinplo postca inter ‘^'gyptum et Arabiam cmplum est invenire, detractis arenis. Lib. XXXI, c. I, sect. 39.
HISTOIRE NATURELLE
La mer Cas])ieniic et plusieurs autres lacs sont pins on moins salés *. Ainsi, dans les terres les pins éloignées de l’Océan, l’on ne manque pas pins de sel que dans les contrées maritimes , et partout il ne coûte que les Irais de l’extraction ou de l’évaporation. On peut voir dans les noies ci-jointes la manière dont on recueille le sel à la Chine, au Japon et dans quelques autres provinces de l’Asie En Afrique,
* Pline, ou parlant de rivières salées qu’il place dans la mer Caspienne , dit que le sel forme une croûte à la surface, sous laquelle le fleuve coule, comme s’il était glacé ; ce qu’on ne peut néanmoins entendre que des mers et des anses, où l’eau tranquille et dormante et
Laissant dans les clialours, donnait lieu à la voûte de sel de se former Seil et summa
lluminum durantur in Salem, amne rcliquo veluti sub gelu Iluente, ut apud Caspias portas, quæ salis flumina appcilantur. Histoire . N'a Inrel le, lili. XXXI, eli. I,sect. 5!).
l.es parties occidentales de la Chine qui boident la Tartarie sont bien pourvues de sel malgré leur éloignement de la mer : outre les salines qui se trouvent dans quelques-unes de ces provinces, on voit dans quelques autres une sorte de terre grise, comme dispersée de côté et d’autre en pièces de trois ou quatre arpents, qui rond une prodigieuse quantité de sel. Pour le recueillir, on rend la surface de la terre aussi unie que la glace, en lui laissant assez do pente pour que l’can ne s’y arrête point ; lorsque le soleil vient à la sécher, jusqu’à faire jjaraître blanches les particules de sel qui s’y trouvent mêlées, on les rassemble en petits tas, qu’on bat ensuite soigneusement, alin que la pluie |niissc s’y imbiber; la seconde operation consiste à les étendre sur de grandes tables un peu inclinées, qui ont des bords de quatre ou cinq doigts de hauteur; onyjetle de l’eau fraîche, qui faisant fondre les parties de sel les entraîne avec elle dans de grands vaisseaux de terre, oû elles toinbeut goutte à goutte par un petit tube. Après avoir ainsi dessalé la terre, on la fait sécher, on la réduit rn poudre, et on la remet dans le lieu d’où on l’a tirée; dans l’espace de sept ou huit jours, elle s’imprègne de nouvelles parties de sel, qu’on sépare encore par la même méthode.
Taudis que les hommes sont occupés de ce travail aux champs, leurs femmes et leurs enfants s’emploient, dans des huttes bâties au même lieu, à faire bouillir le sel dans de grandes chaudières do for, sur un fourneau de terre percé de plusieurs Irons, par lesquels tous les chaudrons reçoivent la même chaleur; la fumée passant par un long tuyau, en forme de chendnée, sort à l’extrémité du fourneau ; l’eau, après avoir bouilli quelque temps, devient épaisse et se change par degrés eu un sel blanchâtre qu’on ne cesse pas de remuer avec une grande spatule de fer jusqu’à ce qu’il soit devenu tout-à-fait blanc. Histoire générale dos Voyages, tome VI, pages 481} et 487. — Au Japon, le sel se fait avec de l’eau de la mer; on creuse un grand espace de terre qu’on remplit de sable lin, sur lequel on jette de l’eau de la mer, et on le laisse .sécher: on recommence la même opération ju.s<iu’à ce que le sable paraisse assez imbibé de sel ; alors on le ramasse, on le met dans une cuve, dont le fond est percé en trois endroits : on y jette encore de l’eau de la mer, qu’on laisse filtrer au travers du sable; on reçoit cette eau dans de grands vases, pour la faire bouillir jusqu’à certaine consistance, et le sel qui en sort est calciné dans de petits pots do terre jusqu’à ce qu’il devienne blanc. Histoire Naturelle du Japon, par Kampfer, tome I, page DK.
Chez les Mogols, il y a une nune de sel mêlée de sable à la profondeur d’un pouce sous terre : cette région en est remplie ; les Slogols, pour le purifier, mettent ce mélange dans un bassin où ils jettent de l’eau ; le sel venant à se dissoudre, ils le versent dans un autre bassin et lefont bouillir; après quoi ils le font séchei' au soleil. Ils s’en procui eut encore plus aisément dans leurs étangs d’eau de pluie, où il .se ramasse de lui-même dans des trous ; et séchant au soleil, il laisse une croûte de sel fin et pur, qui est quelquefois épaisse de deux doigts et (|ui se lève en masse, Histoire générales des Voyages, tome VII, ()agc 404. — La province de Portalona .
DES MINEllAUX.