‹ Œuvres complètes de Buffon avec des extraits de Daubenton, et la classification de Cuvier (volume 5)Chapitre 42 sur 54 · BORAX · texte numérisé non relu

BORAX

Le borax est un sel qui nous vient de l’Asie , et dont l’origine et même la fabrication ne nous sont pas bien connues. 11 parait néanmoins que ce sel est formé ou du moins ébauché par la nature , et que les

anciens Arabes qui lui ont donne son nom sa\ aient le /«c/m er, et en faisaient un grand usage; mais ils ne nous ont rien transmis de ce qu’ils pouvaient savoir sur sa formation dans le sein de la terre, et sur la manière de l’extraire et de le préparer; les voyageurs modernes nous apprennent seulement que ce sel se trouve dans quelques provinces de la Perse * , de la Tartarie méridionale ** et dans quelques contrées des Indes orientales ***. La meilleure relation est celle qui a été publiée par l’un de nos plus laborieux et savants naturalistes, M. Valmont de Romare ’****, par lacpiclle il parait que ce sel se trouve dans des terres

* Le borax est an sel minéral qui naît aux Indes orientales , en Perse, en Transylvanie ; apres qu’il a été tiré de la terre, on le radine peu à peu comme les autres sels, cl il se condense en beaux morceaux blancs, nets, durs, transparents, sees ; il se garde facilement sans s’humecter; il a d’abord un goût un peu amer, après quoi il devient douceâtre. On s’en sert pour souder quelques métaux, et principalement l’or, ce qui l’a fait appeler c7irÿSoco//«; il est aussi quelquefois employé dans la médecine, iximmc un remède incisif et apéritif. Collection académique, partie française, tome II, page 28.

** Le borax, dont les orfèvres se sei vent pour purifier l’or cl l’argent se trouve dans la montagne de la province de Purbet, sous le Itazia Biberom, vers la grande Tartarie Le borax

vient de la rivière de Jankcnckav, laquelle, en sortant do la montagne, entre dans la rivière de Mazeroov, laquelle traverse toute la province, et produit cette drogue qui cridt au fond de Peau comme le corail. Les Guzarates l’appellent anie nc/i/iav, et le gardent dans des bourses de peau de mouton qu’ils remplissent d’huile pour le mieux conserver. Voyages de Mandeslo, suite d’Olearius ; Paris, Kiiifi, tome II, page 21)0.

*•'' 11 n’y a point d’autres précautions à prendre dans l’achat du borax qui se fait dans la province de Guzaratc, que de voir s’il est bien blanc et bien trau.sparcnt, de même que le salpêtre. Suite des Voyages de Tavoiaiier; Rouen, 1713, tome V, page 184.

**** On nous a écrit, en 1734, d’Lspaban, dit M. de lîomare. que le borax brun, tel qu’on l’envoie en Europe, se relirait d’une terre sablonneuse ou d’une pierre tendre, grisâtre grasse, que l’on trouve seulement en Perse et dans l’empire du grand âlogol, à Golconde et à Vi.sapour, proche des torrents et au bas des montagnes, d'où il découle une eau mousseuse, laiteuse, un peu âcre et lixivielle. Ces pierres sont de dill'éronles gros.scurs; on les expose à l’air, afin qu’elles subissent une sorte d’ellloi'cscence. jusqu’à ce qu’elles paraissent rouge à leur superficie, quelquefois vcrdâircs, obscures et brunâtres; c’est là ce qu’on appelle malHcc de borair, bimtxgrus, brut, H pierre de horaX‘. Tantôt ce sel se retire d’une eau épaisse, que l’on trouve dans des fosses ires-profondes près d’une mine de cuivre de Perse ; cette liqueur a l’œil verdâtre, et la saveur d’un sel fade. On a soin de ramasser non senlem'ent cette liqueur, mais encore la malièce comme gélatineuse qui la contient : on lait une espèce de lessive, tant de l’eau que de la terre graisseuse et des pierres, dont nous venons de laire mention, jusqu’à ce qu’elles soient tout à fait insipides; on mélange ensuite toutes Ic.s dissolutions rbargées de l'orax; on les fait évaporer à coiisi-stance requise; puis on procède à la cristallisation, en versant la liqueur à demi refroidie dans des fosses enduites de glaise ou d’argile blaucbâtre, et recouvertes d’un chapeau enduit de la même matière. On laisse ainsi la liqueur se cristalliser; et au bout de trois mois environ , ou trouve une couche de cristaux dilïu.s, opaques , terreux , rerdâtres et visqueux, d’un goût nauséabond, qui flottent dans une partie delà liqueur qui n’a peint totalement cristallisé; on les expose quelque temps à Pair, afin qu’ils sèchent un peu; e est ce qu’on appelle borax gras de la |)remièrc purification.

On dissout de nouveau ce sel dans une quantité suffisante d’eau ; puis l’on donne (luelques

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grasses et dans des pierres tendres, arrosées ou peut-être formées du dépôt des eaux qui découlent des montagnes à mines métalliques 5 ce qui semble indiquer que ce sel est en dissolution dans ces eaux, et que la terre grasse ou la pierre tendre ont été pénétrées de cette eau saline et minérale. On appelle tinkal ou borax brut la matière qu’on extrait de ces terres et pierres par la lessive et l’évaporation ; et c’est sous cette forme et sous ce nom (pi’on l’apporte en Europe, où l’on achève de le purifier.

Dans leur état de pureté, les cristaux du borax ressemblent à ceux de l’alun; ils contiennent cependant moins d’eau, et en exigent une plus grande quantité pour se dissoudre, et même ils ne se dissolvent bien que dans l’eau chaude. Au feu, ce sel se gonlle moins que l’alun; mais il s’y liquéfie et s’y calcine de même : enfin il se convertit en une sorte de* verre salin , qu’on préfère au borax même dans plusieurs usages, parce qu’étant dépouillé de toule humidité il n’est point sujet .à se boursoullcr. Ce verre de borax n’est ni dur ni dense , et il participe moins des qualités du verre que de celles du sel; il se décompose a l’air, y devient farineux; il se dissout dans l’eau, et donne, par l’évaporation, des cristaux, tous semblables à ceux du borax. Ainsi ce sel, en se vitrifiant, loin de se dénalurer, ne fait que s’épurer davantage et acquérir des propriétés plus actives; car ce verre de borax est le plus puissant de tous les fondants; et lorsqu’on le mêle avec des terres de quelque qualité qu’elles soient, il les convertit toutes en verres solides et plus ou moins transparents, suivant la nature de ces terres.

Tout ceci parait déjà nous indiquer que le borax contient une grande quantité d’alcali ; et cela se prouve encore par l’effet des acides sur ce sel ; ils s’emparent de son alcali , et forment des sels tout semblables à ceux qu’ils produisent en se combinant avec l’alcali minéral ou marin; et non-seulement on peut enlever au borax sou alcali, par les acides vitriolique, nitreux et marin, mais aussi par les acides végétaux*. Ainsi la présence de l’alcali fixe dans le borax est parfaitement démontrée; mais ce n’est cependant pas cet alcali seul (pii constitue son essence

joursà la dissolution, pour que les pari icules les plus hétérogènes s’en séparent etso prccipiirni; ensuite on la décante; on l’évapore et on la met à cristalliser dans une autre fosse que la première, mais également enduite d’argile grasse : après l’espace de deux mois, on trouve des cristaux plus purs, plus réguliers que les précédents: ils sont dctni-hlancs, verdâtres, erisâtres, un peu trausparents; cependant toujours couverts d’une substance grasse, dont on les dépouille facilement eu Hollande. C’est en cct état qu’on apporle en Europe ces cristaux de la seconde purification , auxquels l'on donne improprement le noin de borax brui, ou borax de la première fonte. Minéralogie de M. de Bomare, tome 1, pages 344 et 343.

* Voyez sur ce sujet les travaux de MJI. Lémrey, GcoIlVoy et Baron, dans les Mémoires do l’Académie des Sciences.

saline ; car après on a^ oir séparé, par les acides, cet alcali, il rosie un sel qui n’est lui-niéiiie ni acide ni alcali, et qu’on ne sait comment définir. M . Hoinl)crg , de l’Académie des Sciences , est le premier qui en ait ])arlé ; il l’a nommé .lel sédatif, et ce nom n’a l apport qu’à quelques propriétés calmantes que cet habile chimiste a cru lui reconnaitre ; mais on ignore encore quel est le principe salin de ce sel singulier; et comme sur les choses incertaines il est permis de faire des conjectures, et que j’ai ci-devant réduit tous les sels simples à trois sortes, savoir, les acides, les alcalis et les arsenicaux, il me semble qu’on peut soupçonner avec fondement que le sel sédatif a l’arsenic pour principe salin.

D’abord il parait certain : U’que ce sel existe tout forme dans le borax, et qu’il y est uni avec l’alcali, dont les acides ne font que le dégager, puisqu’en le combinant de nouveau avec l’alcali, on en refait du borax; 2° Le sel sédatif n’est point un acide , et cependant il semble suppléer l’acide dans le borax, puisqu’il y est uni avec l’alcali : or, il n’y a dans la nature que l’arsenic qui puisse faire fonction d'acide avec les substances alcalines; 5” On obtient le sel sédatif du borax par sublimation ; il s’élève et s’attache au haut des vaisseaux clos en filets déliés ou en lames minces, légères et brillantes; et c’est sous cette forme qu’on consei-ve ce sel. On i)eut aussi le retirer du borax par la simple cristallisation; il parait être aussi pur que celui ([u’on obtient par la sublimation; car il est également brillant et aussi beau : il est seulement plus pesant, quoique toujours très-léger; et l’on ne peut s’empêcher d’admirer la légèreté de ce sel obtenu par sublimation : un gros, dit M. Macquer, suffit iioui’ emplir un assez grand bocal; i” ("est toujours par le moyen des acides qu’on retire le sel sédatif du borax, soit par sublimation ou par cristallisation; et .M. Baron, habile chimiste, de l’Académie des Sciences, a bien prouvé qip’il ne se foimie pas, comme on pourrait l’imaginer, par la combinaison actuelle de l’alcali avec les acides dont on se sert pour le retirer du borax : ainsi ce sel n’est certainement point un acide connfi ; a“ Les chimistes ont regardé ce sel comme simple, parce qu’il ne leur a pas été possible de le décomposer; il a résisté à toutes les épreuves qu’ils ont pu tenter, et il a conservé son essence sans allé- •‘ation ; G" Ce sel est non-seulement le plus puissant fondant des snbslances terreuses, mais il produit le même effet sur les matières métalliques.

Ainsi, quoique le sel sédatif paraisse simple et qu’il le soit en effet plus que le borax, il est néanmoins composé de quelques substances salines et métalliques, si intiincinent unies, que notre art ne peut les séparer; et je présume que ces substances peuvent être de l’arsenic et tlu cui\re, auquel on sait que l’arsenic adhère si fortement (ju’on a grande peine à l’en séparer. Ceci n’est qu’une conjecture, un soupçon ; •nais comme d’une part le borax ne se trouve que dans des terres ou •les eaux chargées de parties métalliques, et particulièrement dans le 'oisinage des mines de cuivre en Perse; et que d’autre part le sel

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sédatif n’est ni acide ni alcali, et qu’il a plusieurs pro|)riélés semblables à celles de l’arsenic; et qu’enfin il n’y a de sels simples dans la nature que l’acide, l’alcali et l’arsenic, j’ai cru que ma conjecture était assez fondée pour la laisser paraître, en la soumettant néanmoins à toute critique, et particulièrement à l’arrêt irrévocable de l’expérience, qui la détruira ou la contirmera. Je puis, en attendant, citer un fait qui parait bien constaté. M. Cadet, l un de nos savants cliimistes, de l’Académie des Sciences, a tiré du borax un culot de enivre par des dissolutions et des filtrations réitérées; et ce seul fait suflit pour démontrer que le cuivre est une des subslances dont le borax est composé ; mais il sera peut-être j)lus difficile d’y reconnaître l’arsenic.

Le sel sédatif est encore plus fusible, plus vitrifiable et plus vitrifiant que le borax, et cependant il est privé de son alcali, qui, comme l’on sait, est le sel le plus fondant et le plus nécessaire à la vitrification; dès lors ce sel sédatif contient donc une matière qui, sans être alcaline, a néanmoins la même propriété vitrifiante. Or je demande quelle peut être cette matière si ce n’est de l’arsenic, qui seul a ces propriétés, et qui même peut fondre et vitrifier plusieurs substances que les alcalis ne peuvent vitrifier?

Ce sel se dissout dans l’esprit-de-vin : il donne à sa flamme une belle couleur verte; ce qui semble prouver encore qu’il est imprégné de quelques éléments métalliques, et particulièrement de ceux du cuivre. Il est vrai qu’en supposant ce sel composé d'arsenic et de cuivre, il faut encore admettre dans sa composition une terre vilrescible, capable de saturer l’arsenic et d’cnvelo|)per le cuivre, car ce sel sédatif a trèspeu de saveur, cl ses effets, au lieu d’être funestes comme ceux de l’arsenic et du cuivre, ne sont que doux et même salutaires. Mais ne trouvet-on pas la même différence d’effets entre le sublimé corrosif et le mercure doux? Un autre fait qui va encore à l’appui de ma conjecture, c’est que le borax fait pâlir la couleur de l'or; et l’on sait que l’arsenic le pâlit ou blanchit de même : mais on ne sait pas, et il faudrait l’essayer, si en jetant à plusieurs reprises une grande quantité de borax sur l’or en fusion, il ne le rendrait pas cassant comme fait l’arsenic. S’il produisait cet effet, on ne pourrait guère douter que le borax et le sel sédatif ne continssent de l’arsenic. Au reste, il faudrait faire de préférence cet essai sur le sel sédatif qui est débarrassé d’alcali, et qui a, comme le borax, la propriété de blanchir l’or. Enfin, on peut comparer au borax le nitre fixé par l’arsenic, qui devient par ce mélange un três- ])uissant fondant, et qu’on peut employer au lieu de borax pour opérer la vitrification. Tous ces rapports me semblent indiquer que l’arsenic fait partie du borax, mais qu’il adhère si fortement à la base métallique de ce sel, qu’on ne peut l’en séparer.

Au reste, il n’est pas certain qu’on ne puisse tirer le sel sédatif que du seul borax, puisque M. Iloëffer assure que les eaux du lac Cherchiago, dans le territoire de Sienne en Italie, en fournissent une quan-

tité assez considérable; et cependant il ne dit pas que ces mêmes eaux fournissent du borax’'.

On apporte de Turquie, de Perse, du continent des Indes et même de l'ile de Ueylan, du tinkal ou borax brut de deux sortes ; 1 un est mou et rougeâtre, et l’autre est ferme et gris on verdâtre; on leur enlêvê ces couleurs et l’onctuosité dont ils sont encore imprégnés eu les purifiant. Autrefois les Vénitiens étaient, et actuellement les Hollandais sont les seuls qui aient le secret de ce petit art, et les seuls aussi (|ui fassent le commerce de ce sel; cependant on assure que les Anglais en tirent de plusieurs endroits des Indes, et ((u’ils en acbètcnt des Hollandais a Ceylan.

Le borax bien purifié doit être fort blanc et très-léger. On le falsifie souvent en le mêlant d’alun : il porte alors une saveur slyptique sur la langue ; et volume pour volume, il est bien moins léger que le borax pur, qui n’a d’ailleurs presque point de saveur, et dont les cristaux sont plus transparents que ceux de l'alun. On distingue donc, à ces deux caractères sensibles, le borax pur du borax mélangé.

La plus grande et la plus utile propriété du borax est de faciliter, plus qu’aucun autre sel, la fusion des métaux; il en rassemble aussi les parties métalliques, et les débarrasse des substances hétérogènes qui s’y trouvent mêlées, en les réduisant en scories qui nagent au-dessus du métal fondu; il le délend aussi de I action de lair et du feu, parce qu il forme lui-même un verre qui sert de bain au métal, avec le(|uel il ne se confond ni ne se mêle; et comme il en accélère et facilite la fusion, il diminue par conséquent la consommation des côinbustiblcs et le temps nécessaire à la fonte, car il ne faut qu un feu modéré poui" qu’il exerce son action fondante. On s’en sert donc avec tout a\ antage pour soudei' les métaux, dont on peut par son moyen réunir les pièces les plus délicates sans les déformer; il a éminemment cette utile propriété de réunir et de souder ensemble tous les métaux durs et difficiles à fondre.

Quoique, à mon avis, le borax contienne de l’arsenic, il est néanmoins autant ami des métaux cpie lai'senie se montre leur ennemi; le boiax les rend liants et fusibles, et ne leur communique aucune des qualités de l’arsenic, qui, lorsqu’il est seul et nu, les aigrit et les corroilc; et d’ailieui's l’action du borax est subordonnée à lart, au lieu que 1 arsenic agit par sa propre activité, et se trouve répandu et produit |mr la nature dans presque tout le régne minéral; et à cet égard l’arsenic, comme sel, devait trouver ici sa place.

Nous avons dit que des trois grandes combinaisons salines de l’acide primitif ou aérien, la première s’est faite avec la terre vitreuse, et nous

’ Voyez le Mémoire de M. HoëlTor, dirceleur de pliai macie du t;iand-duc de Toscane, imprimé à Florence en 1778i

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est représentée par l’acide vitriolique; la seconde s’est opérée avec la terre calcaire, et a produit l’acide marin; et la troisième, avec la substance métallique, a formé l’arsenic. L’excès de causticité qui le caractérise, et ses autres propriétés, semblent en effet tenir à la niasse et à la densité de la base (jne nous lui assignons : mais l’arsenic est un Protée qui non-seulement se monti e sous la forme de sel, mais se produit aussi sous celle d’un régule métallique; et c’est à cause de cette propriété qu’on lui a donné le nom et le rang de demi-mélal. Ainsi nous remettons à en traiter à la suite des demi-métaux, dont il parait être le dernier, quoique jiar des traits presque aussi fortement marqués il s’unisse et s’assimile aux sels.

Nous terminerons donc ici celte liistoirc naturelle des sels, peut-être déjà trop longue. Mais j’ai dû parler de toutes les matières salines que produit la nature, et je n’ai pu le faire sans entrer dans quelque discussion sur les principes salins, et sans exposer avec un peu de détail les difféi'ents efl'ets des acides et des alcalis amenés par notre art à leur plus grand degré de pureté. J’ai tâché d’exposer leurs propriétés essentielles, et je crois qu’on en aura des idées nettes si l’on veut me lire sans préjugés. J’aurais encore plus excédé les bornes que je me suis prescrites, si je me fusse livré à comparer avec les sels produits par la nature tous ceux i|ue la chimie a su former par ses combinaisons : les sels sont après le feu les plus grands instruments de ce bel art, qui commence à devenir une science par sa réunion avec la ph5'sique.

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