SO
An rcsle, les huiles, les graisses cl les bitumes n’attaquent le cuivre que par les acides qu’ils contiennent -, et de tous les alcalis, l’alcali volatil est celui qui agit le plus puissainiuent sur ce métal : ainsi l’on peut assurer qu’en général tous les sels de la terre et des eaux, soit acides, soit alcalins, attaquent le cuivre et le dissolvent avec plus ou moins de promptitude ou d’énergie.
Il est aisé de retirer le cuivre de tous les acides qui le tiennent eu dissolution, en les faisant simplement évaporer au feu; on peut aussi le séparer de ces acides en employant les alcalis fixes ou volatils, et même les substances calcaires : les précipités seront des poudres vertes; mais elles seront bleues si les alcalis sont caustiques, comme ils le sont eu effet dans les matières calcaires lorsqu’elles ont été calcinées, 11 ne faudra qu’ajouter à ce précipité ou chaux de cuivre, comme à toute autre chaux métallique, une petite quantité de matière inflammable pour la réduire en métal; et si l’on fait fondre cette chaux de cuivre avec du verre blanc, on obtient des émaux d’un très-beau vert : mais on doit observer (ju’en général les précipités qui se font par les alcalis ou par les matières calcaires ne se présentent pas sous leur forme métallique, et qu’il n’y a que les précipités par un autre métal où les résidus après l’évaporation des acides soient en elfet sous cette forme, c’est-à-dire en état de métal, tandis que les autres précipités sont tous dans l’état de chaux.
On connaît la violente action du soufre sur le fer; et quoique sa puissance ne soit pas aussi grande sur le cuivre, il ne laisse pas de l’exercer avec beaucoup de force ” : on peut donc séparer ce métal de tous les autres métaux, par l’intermède du soufre qui a plus d'affinité avec le cuivre qu’avec l’or, l'argent, l’étain et le plomb; et lorsqu’il est mêlé avec le fer , le soufre peut encore les séparer, parce qu’ayant plus d’affinité avec le fer qu avec le cuivre, il s’empare du premier et abandonne le dernier. Le soufre agit ici comme ennemi ; car en accélérant la fusion de ces deux métaux, il les dénature en même temps, ou plutôt il les ramène par force à leur état de minéralisation, et change ces métaux en minerais ; car le cuivre et le fer foudus avec le soufre ne sont plus que des pyrites semblables aux minerais pyriteux, dont on tire ces métaux dans leurs mines de seconde formation.
Les filons où le cuivre se trouve dans l'état de métal sont les seules mines de première formation. Dans les mines secondaires le cuivre se présente sous la forme de minerai pyi iteux, et dans celles de troisième formation, il a passé de cet état minéral ou pyriteux, à l’état de i‘ouille
Les lames de cuivre stratifiées avec le soufre forment une espece de matte aigre, cassante, de couleur de fer... Cette operation réussit également par la voie humide, employant le cuivre eu limaille, et en (létreiupant le mélange avec un peu d’eau. Éléments de Chimie, par M. de Morvean, tome II, page SiS.
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verte, dans lequel il a subi de nouvelles alléralions, et mille combinaisons diverses par le contact et l’action des autres substances salines ou métalliques. Il iTy a que les mines de cuivre primitif que l’on puisse fondre sans les avoir fait grilIcT auparavant : toutes celles de seconde formation, c’est-à-dire toutes celles qui sont dans un état pyriteux demandent à être grillées plusieurs fois; et souvent encore après plusieurs feux de grillage, elles ne donnent qu’une matte cuivreuse mêlée de soufre, qu’il faut refondre de nouveau pour avoir enfin du cuivre noir, dont on ne peut tirer le cuivre rouge en bon métal qu en faisant passer et fondre ce cuivre noir au feu violent et libre des charbons enflammés, où il achève de se séparer du soufre, du fer et des autres matières hétérogènes qu’il contenait encore dans cet état de cuivre noir.
Ces mines de cuivre de seconde formation peuvent se réduire à deux ou trois sortes : la premièi*e est la pyrite cuivreuse, qu'on appelle aussi improprement marenssite, qui contient Une grande quantité de soufre et de fer, et dont il est très-difficile de tirer le peu de cuivre qu’elle renferme*; la seconde est la mine jaune de cuivre, ([ui est aussi une pyrite cuivreuse, mais moins chargée de soufre et de fer que la première; la troisième est la mine de cuivre grise, qui contient de l’arsenic avec du soufre, et souvent un peu d’argent : cette mine grise paraît blanchâtre, claire et brillante lorsque la quantité d’argent est un peu considérable; et si elle ne contient point du tout d’argent, ce n est qu'une pyrite plutôt arsenicale que cuivreuse**.
Pour donner une idée nette des travaux qu’exigent ces minerais de cuivre avant qu’on ne puisse les réduire en bon métal, nous ne pouvons mieux faii'e que de rapporter ici par extrait les observations de feu IM. Jars, qui s’est donné la peine de suivre toutes les manipulations et préparations de ces mines, depuis leur extraction jusqu’à leur conversion en métal raffiné. « Les minéraux de Saint-Bel et de Chessy «c dans le Lyonnais sont, dit-il, des pyrites cuivreuses, auxquelles on « donne deux, trois ou quatre grillages avant de les fondre dans un
’ La mai’cassite ou pyrite cuivreuse est très-pauvre en métal de cuivre; mais elle contient beaucoup de fer, de soufre, et quelquefois même un peu d’arsenic... Elle est si dure, qu elle donne des clinccllcs avec le briquet. Leltres de M. Demeste, tome II, page 567.
’’’’ Ces dilTcrcntes mines de cuivre gfi.ses éprouvent, dans le sein de la terre, divers degres d’altération, à proportion que leurs minéralisateurs se volatilisent; elles passent alors par divers états successifs de décomposition , auxquels on a donne les noms de mine de cuivre vitreuse hépatique^ violette ou azurée^ de mine de cuivre vitreuse couleur de poixj à’uzur et de vert de cuivre, de malachite, et enfin de hleu et de vert de montagne Los couleurs rou-
geâtre, pourpre, violette, azm-ée, le chatoyement de l’espèce déglacé qu’on observe à la surface de la mine de cuivre hépatique, violette ou azurée, sont dues à la dissi[ation plus ou moins considérable des substances arsenicales et sulfureuses... Si la décomposition est plus avancée, les couleurs vives sont remplacées par une teinte d’un brun rougeâtre foncé. Lettres 'le il. Pemcslo, tome II, pages 564 et 563,
>■ fourneau à manche, où elles produisent des malles qui doivent être « grillées neuf à dix fois avant que de donner par la fonte leur cuivre « noir : ces malles son! des masses rogulines, contenant du cuivre, du « fer, du zinc, une très-petite quantité d’argent et des parties terreuses, « le tout réuni par une grande abondance de soufre.
« Le grand nombre de grillages que l’on donne à ces malles avant « d’obtenir le cuivre noir a pour but de faire brûler et volatiliser le « soufre, el de désunir les parties terrestres d’avcc les métalliques j on « fait ensuite fondre cette malte en la stratifiant à travers les charbons, •> el les particules de cuivre se réunissent entre elles par la fonte, et <1 vont par leur pesanteur spécifique occuper la j)artie inférieure du « bassin destiné à les recevoir.
<1 Mais lorsqu’on ne donne que très-peu de grillage à ces malles, il « arrive que les métaux qui ont moins d’affinité avec le soufre qu’il « n’en a lui-même avec les autres qui composent la masse réguline, se « précipitent les premiers; on peut donc conclure que l’argent doit se « précipiter le premier, ensuite le cuivre, et que le soufre reste uni au « fer. Mais l’argent de ces malles paraît être en trop petite quantité « pour se précipiter seul; d’ailleurs il est impossible de saisir, dans les « travaux en grand, le point précis du rôtissage qui serait nécessaire « pour rendre la séparai ion exacte... et il ne se fait aucune précipitai< tion, surtout par la voie sèche, sans que le corps précipité n’entraîne « avec lui du précipitant et de ceux auxquels il était uni *. »
Ces mines de Saint-Bel et de Chessy ne contiennent guère qu’une once d’argent par quintal de cuivre, quantité trop petite pour qu’on puisse en faire la séparation avec quehiue profil. Leur minerai est une pyrite cuivi’euse mêlée néanmoins de beaucoup de fer. Le minerai de celle de Chessy contient moins de fer et beaucoup de zinc; cependant on les traite toutes deux à peu près de la même manière. On donne à ces pyrites, comme le dit M. Jars, deux, trois, et jusqu’à (|uatre feux de grillage avant de les fondre. Les malles qui proviennent de la première fonte doivent encore être grillées neuf ou dix fois avant de donner, par la fusion, le cuivre noir. En général, le traitement des mines de cuivre est d'autant plus difficile el plus long, qu’elles contiennent moins de cuivre et plus de pyrites, c’est-à-dire de soufre et de fer, el les procédés de ce traitement doivent varier suivant la qualité ou la quantité des différents métaux et minéraux contenus dans ces mines. Nous en donnerons quelques exemples dans l’énumération que nous allons faire des principales mines de cuivre de l’Europe et des autres parties du monde.
En France, celles de Saint-Bel et de Chessy, dont nous venons de parler, sont en pleine et grande exploitation; cependant on n’en tire
Mitmoires êc !'Acnd(*mi(’ (1rs Scienrts, année 1770, pages et iSISi
HISTOIRE NATURELLE
pas la vingtième partie du cuivre qui se consomme dans le royaume. On exploite aussi quelques mines de cuivre dans nos provinces voisines des Pyrénées, et particulièrement à Baigorry dans la Basse-Navarre*. Les travaux de ces mines sont dirigés par un habile minéralogiste, 1\L Hettlinger, que j’ai déjà eu occasion de citer, et qui a bien voulu m’envoyer, pour le Cabinet du Roi, quelques échantillons des minéraux qui s’y trouvent, et entre autres de la mine de fer en écailles qui est très-singulière, et qui se forme dans les cavités d’un filon mêlé de cuivre et de fer **.
Il y a aussi de riches mines de cuivre et d’argent à Giromagny; et au Puy, dans la haute Alsace, on en a tiré en une année seize cents marcs d’argent et vingt-quatre milliers de cuivre : on trouve aussi d’autres Jiiines de cuivre à Stcimbach, à Saint-Nicolas dans le Val-de- Leberlhal, et à .Nstenbach *** ****.
En Lorraine la mine de la croix donne du cuivre, du plomb et de l’argent. 11 y a aussi une mine de cuivre à Fraise, et d’autres aux villages de Sainte-Croix et de Lusse qui (iennent de l’argent; d’autres à la montagne du Tillot, au Val-de-Liévre, à Vaudrevanges, et enfin plusieurs autres à Sainte-iMarie-aux Mines.
En Franche-Comté, à Plancher-les-Mincs, il y a aussi des mines de cuivre, et auprès de Château-Lambert il s’en trouve quatre veines placées l’une sur l’autre, et l’on prétend que cette mine a rendu depuis vingt jusqu’à cinquante pour cent de cuivre.
On a aussi reconnu plusieurs mines de cuivre dans le Limousin ***“,
• Dans la basse Navarre, à Baigorry, on découvrit, en 1746, cinq cent trente-trois pieds de filons, suivis pur trois galeries et par trois puits ; ces fdons avaient un, deux et trois pieds de largeur. Le minéral, tant pur que celui qu’il faut piler et laver, y est enveloppé dans une gangue btanclie, du genre des quartz vilriliables ; et il est à remarquer que la plupart des mines de cuivre de cette contrée sont uiélécs de fer dans leur minerai, et que celle de Baigorry est la seule qui u’en contienne pas.
Ce minéral de Baigorry est jaune ijuand on le tire d'un endroit sec du filon, et pour peu qu’il y ail d’humidité, il prend toutes sortes de belles couleurs... Mais ces couleurs s’effacent en moins de deux ans à l’air, et disparaissent même pour peu qu’on chauffe le minerai
En 1752 on découvrit dans la même montagne un filon de minéral gris, presque massif, contenant cuivre et argent; ou en a vu un morceau qui pesait vingt-sept livres sans aucune gangue, qui, par l’cs.sai qu’en lit M. Ifellot, donna dix-sept livres de cuivre et trois marcs deux onces trois gros d’argent par quintal fictif... Hellot, .Mémoires de l’Académie des .Sciences, année 1756, pages 159 et suiv.
Lettres de M. Hettlinger à M. de Bulïon. Baigorry, le 16 juin 1774.
*** Traité de la Fonte des Mines de Schlutter, tome I, pages 11 et 12.
**** Dans le bas Limousin, au comté d’Ayen, il y a plusieurs filons de cuivre en verdet et en terre verte, qui donnent, l’un dix-sept et l’autre vingt-deux livres de métal par (juintal. Une autre mine (|ue j’ai découverte est plus abondante que les précédentes; le cuivre y est combiné avec le plomb, et donne vingt-trois livres de cuivre par quintal. Quoique ces mines soient médiocrement riches, elles peuvent être exploitées avec profit; elles ne sont que des
DES MINEKAUX.
on Uaupliiné, en Provence, dans le Vivarais, le Gévaudan et les Cévenncs * ; en Auvergne près de Saint-Ainand; en Touraine , à l’abbaye de Noyers; en Normandie près de Briquebec, dans le Colantin, et à Carrolet dans le diocèse d’Avranches.
En Languedoc M. de (îensanne a reconnu plusieurs mines de cui-
fluors, procédant de la décomposition des mines primitives, et infiltrées dans des masses de gros sables quarlzcux , qui ont été entraînées des montagnes du haut Limousin. Lettres de M. le chevalier Grignon, Paris, 29 juillet 1782.
* En Dauphiné, il y a une mine de cuivre dans la montagne de la Coche, au revers de la vallée du Grcsivaudan , du côté de l’Oisan , dont rcxploitatiou est abandonnée à cause de la difficulté des chemins... 11 y a une aulrc mine de cuivre sur la montagne des Hyères, à cinq lieues du bourg d'Oisan ; clic est mêlée d’ocrc , de quartz et de pyrite sullurcusc; le, filon a
treize pouces de large Dans la meme province, il y a une autre mine de cuivre au-dessus
des lacs de Belledonne... et des laes de Brandc... Une autre aux Acics, au-dessus de Plampines, dans le Brianeonnais | cette dernière mine est un mélange de cuivre et de fer, dissous par un acide sulfureux que l’air a développé; elle a rendu cinquante pour cent de beau cuivre rosette... Une autre, au-dessus des bains du Monestier de Briançon, qui a donné quinze livres un quart de cuivre pour cent... Celle d’Huez, en haut Dauphiné, est sulfuicuse et ferrugineuse, et donne treize livres de cuivic par quintal... Il y a encore beaucoup d’autres mines de cuivre dans la même province...
En Provence, au territoire d’ilyères, il y a une raine de cuivre tcnantargcntet un peu d’or... Une autre ou territoire de La Boque : et dans celui de Sisteron, il se trouve aussi du cuivre, ainsi qu’auprès de la ville de Digne...
Dans le Vivarais il y a des pyrites cuivreuses au vallon de Pourchasse, à deux lieues de Joyeuse... à Altier, en Gévaudan, à sept quarts de lieue de Bayard, il y a des pyrites blanches aiscnicalcs qui conlicnnent du cuivre...
k Lodève, près de Cévenues, il y a une mine de cuivre tenant argent... une autre à La Roquclle, aux Cévcimes, à quatre lieues et demie d’Aiuluse. De la Fonte des Mines, par Seblutler, traduit par M. Ilellot, tome I, pagc.s Ifi et suivantes.
** En revenant de Pnifs-Saint-Pons, vers Riots el Onlargnes (diocèse de Pons), nous avons trouvé au lieu dcCassillac une mine de cuivre fort considérable; on y a fait quelque travail... Le minéral y est répandu par petits blocs dispersés dans loule la masse de la veine, qui a plusieurs toises do largeur, et qui paraît au jour sur l’étendue d’un bon quart de lieue de longueur; le minéral y est Ircs-arscnieal, et contient depuis vingt-deux jusqu’à viugl-einq livres de cuivre au ipiintal... Le minéral est de la nature des mines de cuivre grises, vulgairement appelées Fahrlz.
Il y a une autre veine de cuivre au lieu appelé Lwfonln, paroisse de Mas-dc-l’Eglisc... peu éloignée de celle de Cassillac. Histoire naturelle du Languedoc, par M. de Gensanne, tome II, page 213.— A une lieue de la ville de Marvéjols,cn Gévaudan, dans le territoire de Faint-Légerde-I’oirc, on trouve plusieurs sources d’eau cuivreuse, propre à donner du cuivre par cémentation ; elles coulent dans un vallon à un demi-quart de lieue de Saint-Léger. Les habitants de ce canlon ont l’imprudence de boire de ces eaux pour se purger. Idem, lomc 11, page 230.
A la montagne de Fraisinct (diocèse d’Uzèa), il y a deux liions de raine de cuivre... Le minéral est jaune, raclé de mine bépalique; il est de bonne qualité et passablement riche en argent. Idem, tome I, page 161... A la montagne de la Garde, il y a une veine considérable de mine de cuivre bitumineuse, connue, en Allemagne, sous le nom de Fcch-ertz ; cette espèce de mine est fort estimée jiar la quantité du cuivre qu’elle donne, parce qu’outre sa grande ductilité, il a une très-belle couleur d’or. Ibidem, page lüü. — H y a deux liions de mine de
HISTOIIIE NATUIÆLLE
vre qu’il a très-bien observées et décrites; il a fait de semblables recherches en Alsace *. Et M. Le Monuier, premier médecin ordinaire du roi,
cuivre à la montagne du Fort. Histoire naturelle du Languedoc, par M. de Gcnsanne, page 16(5. — Une autre à la montagne de Dévèse ; deux autres filons qui pussent sous Villefort, et deux autres qui traversent la rivière immédialement au-dessus du pont. Idem, iliidcm. —Au-dessus de Sainl-Audre-Cap-scze, il y a de fort bonnes mines de cuivre. Idem, page 107. — Au-dessus du village de Galuzières, dans le diocèse d’Alais, en montant directemcul au-dessus du cliâtcau, il y a un lilon considérable de mine de cuivre et argent, qui a plus de quatre toises d’épaisseur, et qui s’étend de l’ouest à l’est sur une longueur de près d’une dcini-Iieuc. On aperçoit dans ce filon plusieur.s espères de mine de cuivre; il y en a de la jaune, de la grise, do bleu d’azur, delà malachite, de rhépatiquectaulrcs. Idem, tomcll, page 223. ..Aux environsde Saint-Sauveur, au lieu appelé Lowcamji-des-f/Hu.t, il y a un gros filon de cuivre et argent, dont la gangue ou matrice a près de cinq toises de largeur. Idem , p. 250. — Dans le diocèse de Narbonne, il y a des mines de cuivre et argent aux lieux appelés (a Cunak cl Pctjre-euuvcrle, et celles de Jasat-d’Empoix sont fort riches en argent : il y a un autre filon d’argent et cuivre à Peysegut. Idem, p. 187. — Dans toutes ces montagnes, ou trouve en général beaucoup de cuivre en azur. Idem, ibidem. — Vers Buisse, il y a plusieurs DIons de tres-bonue mine de cuivre qu’on avait ouverte il y a une quarantaine d’années, et qu’on a abandonnée en même temps que celle, de Meissoux... Le minéral de ce canton renferme beaucoup de cette espèce de mine que les Allemands appellent Pech-ertz, et que nous pouvons nommer »n'»ie de cniorc bilnminmse ; clic ressemble en cflet au jayet, et passe pour donner le plus beau cuivre connu. On y trouve aussi de la mine de cuivre pyritcuse jaune, et é.galcmcut de la mine de cuivre azur. Idem, p. 192 et 195. — On avait fait, il y a quelques années, plusieurs ouvertures sur une mine de cuivre au lieu de Tliincs (diocèse du Vivarais); mais outre qu'elle est frès-pauire, c’e.st que le défaut de bois u’en pcrmcltait pas l’exploitation. Idem, tome III, p. 182 et 185. — Au bas du village de Saint-Michel, on voit un fdon de mine de cuivre. Idem, p. 197. — En descendant des montagnes vers Écoussains, on trouve près de ce dernier endroit d’assez belles veines de cuivre. Idem. p. 205.
» Dans la montagne, du côté deGiromagny, est la mine de Saint-Daniel, qui a plus de deux cents pieds de profondeur. Le minéral domine en cuivre; il rend un peu de plomb et d’argent; ce filon de Saint-Daniel est traversé par un autre, où les anciens ont fait des travaux. Le minéral est la plupart de mine d’argent En remontant vers le sommet de la montagne de Saint-
.\nloine, il y a un filon de mine jaune de cuivre et de malachites...
Toutes les montagnes qui séparent Planeher-les-Mincs en Franche-Gointé de Giromagny, sont entrelacées d’un nombre prodigieux de dill'crents filons qui les traversent en tous sens : toutes ces mines donnent du cuivre, du plomb et de l’argent...
A la droite du village d’Orbey est Saint-Joseph , où l’on tire de très-belles mines de cuivre de toute espèce; une entre autres est d’un pourpre vif, tigré de jaune, cl d’une matière blanche qu’on prendrait pour du spath, et qui est cependant de la pure mine de cuivre. Le filon est accompagne quelquefois d’une espèce de quai tz feuilleté blanc très-rcfractaire,ct qui, quoique pesant, ne tient point de métal.
On trouve du cuivre dans plusieurs autres endroits des environs d’Orbey, comme à Storkenson, à la montagne de Steingraben ; celui-ci est enfermé dans un roc d’une espèce de quarlz vert aussi dur que de l’acier; la mine est partie bleu de montagne, quelque peu de mine de cuivre jaune, et la plus grande partie de mine bitumineuse. Le sommet du filon est une mine ferrugineuse brûlée, toute semblable au mâchefer ; et l’on voit assez souvent, pendant la nuit, sortir de grosses llaninies de cet endroit : cc filou est traversé par un autre filon de mine de cuivre malachite et jaune, et quelquefois d'une belle couleur de rose et de lilas; elle contien
bËS MiNÉKAtJX. Büâ
a observé celles du Roussillon * et celle de Corail , dans la partie des Pyrénées, situées entre la France et l’Espagne **.
Depuis la découverte de l’Ainérique, les mines de cuivre, comme celles d’or et d’argent, ont été négligées en Espagne et en France, parce que l’on tire ces métaux du Nouveau-xMonde à moindres frais, et qu’en général, les mines les plus riches de l’Europe et les plus aisées à extraire, ont été fouillées, et peut-être épuisées par les anciens; on n’y trouve ])lus de cuivre en métal ou de première formation, et on a négligé les minières des pyrites cuivreuses ou de seconde formation, par la difliculté de les fondre, et f» cause des grands frais que leur traitement exige. Celles des env irons de IMolina, dont parle M. Bovvles ***, et qui
quelquefois un peu d’or. Sur l’Exploitation des Mines , par M. de Gensanne; Mémoires des Savants etrangers, tome IV’’, p. t^l et suiv.
* Les montagnes dont la plaine du Koiissillon est environnée, surtout celles qui tiennent à la chaîne des Pyrénées, sont garnies , pour la plupart, de mines dans leur intérieur. Il y a quelques mines de fer; mais les plus communes sont celles de cuivre, et on en exploite quelques-unes avec succès Il a y une autre veine de cuivre fort riche, au pied de la montagne
d’Albert, tout proche du village de Soredde.... Cette veine si abondante était accompagnée de feuillets de cuivre rouge très-ductile, et formé tel par la nature; on les trouvait répandues parmi le gravier, ou plaquées entre des pierres, et même le cuivre est rainiric dans d’autres eu
forme de dendrites M. Le. Monnier a observé que la raine tirée du puits Sainte-Barbe était
mêlée avec une pyrite jaune pâle qui paraît sulfureuse et arsenicale. Celle du puits Saint-Louis, qui est voisine du premier, tpioique un peu moins pesante que telle du puits Sainte-Barbe, parait meilleure et moins embarrassée de pyrites arsenicales, et elle est engagée dans uneespèce de quartz qui la rend très-aisée è fondre; enfin celle du Corail semble être la meilleure de toutes, elle est de même intimement unie à du quartz foi t dur, Observation d’IÜstoirc naturelle, par M. Le Monnier; Paris, 17,r9, p. 209 et suiv.
•* Les mines de cuivre de Catalogne no sont qu’à une lieue de Corail... Celle qui donne du cuivre plus estimé que celui de Corail .se trouve située précisément dans la colline de Bei nadelle sous la montagne qui sépare la France d’avec l’Espagne, entre la ville d’xVutcz et celle de Campredou. 11 y a dans cette mine d’anciens et grands travaux, et l’on voit, dans les galeries et dans les chambres auxquelles clics aboutissent, des taches bleues et vertes, et même des incrustations de vcrt-dc-gris , etau.ssi des filets de cuivre qui forment un réseau de différentes couleurs , rouges , violettes , etc. , et ce réseau métallique s’observe dans toute l’étendue des galeries. » Je m’attendais, dit M. Le Monnier, à voir quelques filons cuivreux; mais il paraît qu’il « n’en a jamais existé d’autres dans cette mine, que ce réseau métallique que j’ai vu pres(iuc « partout... Toute cette mine, qui est d’une étendue très-considérable, est dans une pierre dure « qu’il faut faire éclater à la poudre; et il y a dans quelques cavités de cette pierre du cuivre « vert et soyeux , et dans quelques autres il y avait une poudre grumeléc d’un très-beau « bleu d’oulrc-mer. » Observation d’IIistoirc naturelle, par M. Le Monnier; Paris, I7S0, p. 209 et suiv.
« A quelques lieues de Molina, il y a une montagne appelée la Ptatilla; on voit au som-
« met des roches blanches qui sont de pierre à chaux, mêlées de taches bleues et vertes
» Dans les galeries de la mine de cuivre, on voit que toutes les pierres sont fendillées et lais- « sent découler de l’eau chargée de matière cuivreuse , et les fentes sont remplies de minéral « de cuivre bleu, vert et jaune, mêlé de terre blanche calcaire. Ce minéral forme par stillation « est toujours composé do lames très-mince» et parallèlement appliquée» les unes contre le»
HISTOIRE NATURELLE
paraissent être de troisième formation , sont également négligées : cependant, indépendamment de ces mines de Molina en Aragon, il y a d’aulres mines de cuivre à six lieues de Madrid, et d’autres dans la montagne de Guadalupe, dans lescpielles on fait aujourd’hui quelcpies travaux. Celles-ci, dit M. Bowles, sont dans une ardoise jaspée de bleu et de vert
En Angleterre, dans la province de Cornouailles, fameuse par ses mines d’étain, on trouve des mines de cuivre en filons, dont quelquesuns sont très-voisins des filons d’clain, et quelquefois même sont mêlés de ces deux métaux. Comme la plupart de ces mines sont dans un état jiyriteux, elles sont de seconde formation; quelques-unes néanmoins sont exemples de |)yriles, et paraissent tenir de près à celles de |)remiére formation. 31. .Jars les a décrites avec son exactitude ordinaire **.
» aulrcs...La malièie calcaire s’y (rouve loujours mclcc avec le minéral de cuivre, de (juclque K couleur qu’il soit... II se l'orme souvcnl en |)etils crislaux dans les cavités du minéral même, » et ces cristaux sont verts, bleus ou blancs... Le minéral commence par être fluide et dissous, « ou au moins en état de mucilage qui a coulé trc.s-lentcnient, et que les eaux pluviales dis- « solvent do nouveau et entraînent dans les fentes ou cavités, où elles toinbciit goutte à goutte, <1 et forment la stalactite... . La mine bleue no se mêle point avec le reste, et elles sont d’une U nature trcsdislincte; car je trouvai que le bleu de cette mine contient un peu d’arsenic, B d’argent et de cuivre, et le produit de sa fonte est uue sorte de métal de eloclic. La raine O verte ne contient pas le moindre atome d’arsenic, et le cuivre se minéralisé avec la terre O blanche susdite, sans qu’il y ail la moindre partie de fer. Cette raine de la l’ialilla étant une « mine de charriage ou d’alluvion, elle ne peut être bien profonde.» Histoire naturelle d’Espagne, par JL Uovvles, p. \iî et suiv. — lŸota. .le dois observer que cette niine, décrite par -M. Bowles, est nou-sculcment d’alluvion eoinmc il le dit et comme le démontre le mélange du cuivre avec la miilière calcaire, mais qu'elle est encore de stillation, c’est-à-dire d’un temps postérieur à celui des alliivions, puisqu’elle se forme encore aujourd’hui par le suintement de ces matières dans les fentes des pierres quai tztmses où se trouve ce minéral cuivreux, qui se réunit aussi en slal.actites dans les cavités de la roche.
’ Histoire naturelle d’Espagne, pages 28 et (i7.
Les liions de cuivre de la province de Cornouailles sont dans une espèce de schiste nommé Icillas, dont la couleur est dilfcrcntc du schiste qui contient le lilon d’étain ; avec l’étain ce killas est brun, noir et bleuâtre, mais avec les minéraux de cuivre, il est plutôt grisâtre, blanchâtre et rougeâtre. Il est très-commun de rencontrer des filons qui produisent du minéral de cuivre et de celui d’étain en même temps ; mais il y en a loujours nu »|ui domine.
Les matières qui accompagnent et annoncent les minéraux de cuivre et qui en conlieniiciit souvent elles-mêmes, consistent, proche la surface de la lerrc, en une espèce de minéral de fer décomposé en partie ou substance ocrcusc, mêlée de qiiarlz ou d’un l ocher bleuâtre ; mais dans la profonilcur ces matières sont un composé de quartz, de mica blanc sur une pierre en roche d'un bleu clair; assez souvent de la ))yrite, taiilôt blanche, tantôt jaune; quelquefois le tout est parsemé avec des taches de minér al de cuivre. Dbscrvalions sur les Jfines, pariM. .lars; Jlémoires de l’Académie des Sciences, année 1770, page 340. — Au-dessus de la ville de Uedruth, on exploite une mine de cuivre très-abondante... Son filon est peu éloigné de celui de la mine d’étain de l’eduandrca ; il lui est parallèle... La largeur commune du filon peut être de quatre à cinq pieds ; il est composé d’un beau minéral jaune ou pyrite cuivreuse ; point de blende; assez souvent du ipiarlz et de lu pyrite, surtout de lu blanche, qui est arsenicale
(îüî>
En Italie, clans le Vicenlin, « on fabrique annuellement, dit M. Fer- <1 ber, beaucoup de cuivre, de soufre et de vitriol. La lessive vilrio- « lique est très-riebe en cuivi’e, que l’on en lire par cémentation et en «1 y mettant des lames de fer (1).» Ces mines sont, comme l’on voit, de dernière formation. On (rouve aussi de pareilles mines de cuivre eu Suisse, dans le pays des Grisons et dans le canton de Berne, à six lieues de Romain-Moutier(:2).
En Allemagne, dit Scblutter, ou compte douze sortes de mines de cuivre (3), dont cependant aucune n’est aussi riche en métal c[ue les mines de plomb, d’étain et de fer de ces memes contrées. Comme lu plupart de ces mines de cuivre contiennent beaucoup do pyi itos, il faut les griller ac ec soin ; sans cela le cuivre ne se réduit point et l’on n’obtientque de la matte. Le grillage est ordinairement de sept à huit heures,
<|uclqucfois (lu ci'islal de roche qu’on iioinmc diamant de CurnouaiUes On trouve (juclquc-
fois du ciiivic natif dans la piirlie supérieure du filon et dans les endroits où il n’est pas
,.|(;lie Le filon est rcnfernic dans le rocher schisteux nommé killae Le côle du mur du
filon est tendre , souvciil il est compose d’une matière jaune et poreuse , souvcnl aussi d'une
espece d’argile Le filon est très-riche et abondant dans la plus grande profondeur, qui est
de soixante et quelques toises A cinq milles de lledruth, on exploite encore plusieurs
filons qui sont de la même nature et dans une lochc de meme espèce 11 y a entre autres
dans ce pays une mine de cuivre vitrée extrêmement riche, mais très-peu ahondaute On
trouve dans tout ce terrain une très-grande quantité de puits jusqu’à Saint-Agnès, on, particulièrement près de la mer, les filons de cuivre ne sont qu’en petit noinhre, en compai aison des filons d’etain, qui y sont beaucoup plus noinhrcux, tandis que c’était le contraire du côté de lledruth. Observations sur les Mines, par M. .lars, dans les Mémoires de rAcadémio des Sciences, année 1770, page îiiO.
(1) Lettres sur la Minéralogie, par M. Ferber, pages 47 et 48.
(2) Mémoires de M. Guettard, dans ceux de l’Académie des Sciences, année 17o2, page ï>25.
(ô) Ces douze sortes de mines de cuivre sont : I” le cuivre natif ou mine de cuivre sous
forme métallique ; il est rare et ressemble à celui qui a été ramné;
2" Le cuivre azur ou mine de cuivre vitrée ; elle tient de l’arsenic et un peu de fer ;
3» La mine de cuivre jaune, qui est une espèce de pyrite composée de soufre, de beaucoup de fer et de peu de cuivre;
4» La mine de cuivre fauve, qui tient du soufre, de l’arsenic , de l’argent et du cuivre en plus grande quantité que la suivante;
K® Autre mine de cuivre différente de la précédente;
C» La mine de cuivre bleu d’outre-mer {tilli'a marina] , qui n’est autre chose (pic du cuivre dissous par les acides, et précipitée et pénétrée par l’alcali volatil. Comme elle ne tient ni soufre ni arsenic, elle n'a pas besoin , à la rigueur, d’étre calcinée, non plus (|ue la mine do cuivre verte appelée maJachile; au petit essai , on ne les rôtit pas ; pour la fonte en grand, on les rôtit fort peu;
7® La mine de cuivre verte nommée malaeliile;
8» Lu mine de cuivi c en sable, qui est composée de cuivi c cl d’arsenic, mêlé de sable;
!)“ La mine d'argent blanche (ou grise) tenant plus de cuivre (pic d'argent ; mais les mines portent ordinairement le nom du métal , (|ui , étant vendu , produit une plus grande somme d’argent que l’autre, quoique en plus grande quantité;
Berrox, tom. ni.
HlSTülUE NÂTLIUKLLE
GlHi
cl il est à propos de laisser refroidir celte mine grillée , de la Itroyer el griller de nouveau trois ou quatre fois de suite eu la broj ant à chaque fois; ces feux interrompus la désoufrenl beaucoup mieux qu’un feu continué. Les mines riches, telles que celles d’azur et celles que les ouvriers appellent mines pourries ou éventées, n’ont pas besoin d’être grillées autant de fois ni si longtemps ; cependant loutes les mines de cui\ re, pauvres ou riches, doivent subir le grillage; car après cette opération elles donnent un produit plus prompt el [)lus certain; el souvent encore le métal pur est difficile à exiraire de la plupart de ces mines grillées, lin général, les pratiques pour le traitement des mines doivent être relatives à leur qualité plus ou moins riche, el à leur nature plus ou moins fusible. La plupart sont si pyriteuscs qu’elles ne rendent que Irésdinicilemeul leur métal après un très-grand nombre do feux. Les [)lus l’ebelles de loutes sont les mines <iui, comme celles de Uameisberg el du ]laul-llartz(l), sont non-seulement mêlées de pyrites, mais de beaucoup de mines de fer. Il s’est passé bien du tcnqjs avant (ju’on ait trouvé les moyens de tirer le cui\re de ces mines pyriteuscs et ferrugineuses.
Les anciens, comme nous l’avons dit, n’ont d’abord employé que le cuivre de première formation, qui se réduit en métal dès la première fonte, et ensuite ils ont fait usage du cuivre de dernière formation (ju’oii se pi’ocurc aisément par la cémentation; mais les mines de cuivre eu pyrites, qui sont presque les seules qui nous restent, n’ont été travaillées avec succès que dans ces derniers temps, c’est-à-dire beaucoup plus lard que les mines de fer, qui, quoique difficiles à réduire en métal, le sont cependant beaucoup moins que ces mines ])yrileuses de cuivre.
Dans le I5as-llarlz, les mines de cuivre contiennent du plomb et beaucoup de [lyrites; il leur faut trois feux de grillage, et autant à la malle qui en provient : on fond ensuite celte matte qui, malgré les trois feux qu’elle a subis, ne se convertit pas tout entière en métal; car dans la tonte il SC IrouNC encore de la malle qu'on est obligé de séparer tlu métal el de faire griller de nouveau ()our la refondre ('2).
10» La mine de cuivre en ardoise ou écailles cuivreuses ; elle doiiiic peu de cuivre aux essais, aussi bien que la précédente ;
H» Presque toutes les pyrites un |>cu colorées , parce qu’il n’y en a presque point qui ne contienne une ou deux livres de cuivre par quintal;
12» Le vitriol bleu verdâtre natif se met au rang des mines de cuivre , parce que ce métal y sert en partie de base à l’acide qui s’est cristallisé avec lui et avec un peu de fer. Traité de la Fonte des Mines de .Scblutler, tome I, pages 190 et 191.
(1) Les mines de cuivre de Uammelsberg el celles du llaut-llart/. ne sont que des pyrites euivrenses, et il u’esl pasétonnapil i]u’üu ait ignoré si longtemps l’art d’en tirer le cuivre ; il y a peu de mines auxquelles il faille donner un aussi grand nombre de feux pour les griller, et qui , dans la fonte , soient aussi chaudes et aussi rougeâtres. Scblutler, Truite de la Foute des Mines, etc., tome 11, page 420.
(2) Traité de la Foute des .Mines de Schlutter, tome 11, p. 200 cl 207.
DES MINEliAÜX.
Dans le Jlaul-llariz , la plupai l des mines de enivre sont aussi pyrileuses, et il tant de même les griller d’autant [.lus fort et plus de fois qu’elles le sont davantage. Aux environs de Claustlial, il y en a de bonnes, de médiocres et de mauvaises; ces dernières ne sont, pour ainsi dire, que des pyrites; on mêle ces mines ensemble pour les faire griller une première fois à un feu qui dure trois ou quatre semaines; après quoi on leur donne un second feu de grillage avant de les fondre, et l’on n’obtient encore que de la matte crue, qu’on soumet k cinq ou six feux successifs de grillage, selon que cette matte est plus ou moins sulfureuse. On fond de nouveau cette matte grillée, et entin on parvient à obtenir du cuivre noir en assez petite quantité; car cent quintaux de cette matte grillée ne donnent que huit à dix quintaux de cuivre noir, et quarante ou cinquante quintaux de matière moyenne entre la matte brute et le cuivre noir; on fait griller de nouveau cinq ou six fois cette 7)iaUe mo7jcnne avant de la jeter au fourneau de fusion ; clic rend à peu près la moitié de son poids en cuivre noir, et entre un tiers et un (juart de matière (jii’on appelle malte simple, que l’on fait encore griller de nouveau sept à huit fois avant de la fondre, et cette malle simple ne se convertit qu’alors en cuivre noir (1).
Les mines de cuivre qui sont plus riches et moins pyriteuses rendent dès la première fonte leur cuivre noir, mêlé d’une matte qu’on n’est obligé de griller qu’une seule fois, pour obtenir également le cuivre noir pur. Les mines feuilletées ou en ardoises, du comté de .Mansfeld, quoique très-peu pyriteuses en apparence, ne donnent souvent que de la matte à la première fonte, et ne produisent à la seconde qu’une livre ou deux de cuivre noir par quintal, déliés de Uiegelsdorf, qui sont également en ardoise, ne donnent que deux à trois livres de cuivre par quintal ; mais comme il suffit de les griller une seule fois pour en obtenir le cuivre noir, on ne laisse pas de trouver du bénéfice à les fondre, quoiqu’elles rendent si peu , parce qu’une seule fonte snftit aussi pour réduire le cuivre noir en bon métal (2).
On trouve, dans la mine de Meydendek^ du cuivre en métal mêlé avec des pyrites cuiv reuses noires et vertes, dette mine paraît donc être de première formation; seulement une partie du cuivre primitif a été décomposée dans la mine même, par l’action des éléments humides; mais, malgré celte altération , ces minerais sont peu dénaturés , et ils peuvent se fondre seuls ; on mêle les minei’ais noir et vert avec le cuivre natif, et ce mélange rend son métal dès la première fonte, et même assez pur, pour qu’on ne soit pas obligé de le raffiner (iî).
En Hongrie, il se trouve des mines de cuivre de toutes les nuances
(1) Traite de la Fonte des Mines de Schlnttcr, tome II, |). 209.
(2) Idem, iliidein, p. ■ftJf.
(ô) Idem, iliidcm, p. 491.
HISTOIUE NATURELLE
et qualités. Celle de Hornground est d’une grande étendue : elle est en larges filons, et si riche, qu’elle donne quelquefois jusqu’à cinquante et soixante livres de cuivre par quintal. Elle est composée de deux sortes de minerais : l’un jaune , qui ne contient que du cuivre j l’autre noir, qui contient du cuivre et de l’argent. Ces mines , quoique si riches , sont néanmoins très-pyriteuses , et il faut leur faire subir douze ou (juatorze fois l’action du feu avant de les réduire en métal. On tire avec beaucoup moins de frais le cuivre des eaux cuivreuses qui découlent de cette mine, au moyen des lames de fer qu’on y plonge, et auxquelles il s’unit par cémentation. En général , c’est dans les montagnes de schiste ou d’ardoise que se trouvent, en Hongrie, les plus nobles veines de cuivre (l).
Il II y a en Pologne, dit M. Guellard, sur les confins de la Hongrie Il et du comté de Speis , une mine de cuivre tenant or et argent.... Il cette mine est d’un jaune doré avec des taches couleur de gorge de Il i)igeon, et elle est mêlée de quartz. 11 y en a une autre dans les terres Il du Starostc de Bulkovv. J’en ai vu un morceau qui était un quartz Il gris clair, parsemé de points cuivreux ou de pyrites cuivreuses d’un Il jaune doré (2). »
En Suède, les mines de cuivre sont non-seulement très-nombreuses, mais aussi très-abondantes et très-riches ; la plus fameuse est eelle du cap Ferberg; on en prendrait d’abord le minéral pour une pyrite cuivreuse, et cependant il n’est que peu sulfureux, et il est mêlé d’une pierre vitreuse et fusible. Il rend son cuivre dès la première fonte j il y a plusieurs autres mines qui ne sont pas si pures et qui néanmoins peuvent se fondre après avoir été gi-illées une seule fois ; il n’est pas même nécessaire d’y ajouter d’autres matières pour en faciliter la fusion j il ne faut que quelques scories vitreuses pour leur faire un bain et les empêcher de se calciner à la fonte (5).
En Danemarck et en iVorwége, selon Pontoppidan, il y a des mines de cuivre de toute espèce; celle de Roraas est la plus renommée; trois fourneaux qui y sont établis ont rendu, en onze années, quarante mille neuf cent quarante-quatre quintaux de cuivre (4). IM. Jars dit « que Il cette mine de Roraas ou do Rcuras est une mine immense de pyrites Il cuivreuses, si i)rès de la surface de la terre, que l’on ])cut facilement Il y pratiquer des ouxerturcs assez grandes pour y faire entrer et Il sortir des \oilures qui en transportent au dehors les minérais, et Il que cette mine produit annuellement douze mille quintaux et plus Il de cuivre (5). »
(1) ücliiis, Sur l’Art des Mines. Traduction française, tome 1, p. 62.
(2) .Mémoires de l’.Vradémie des .Srienees, année 1762, p. 320.
(.3) Traité de la Fonte des Mines de Sclilulter, tome If, p. -tOÔ.
(^) Journal étranger, mois d’août 1733.
(3) Mémoires des Savants étrangers, tome IX, p. t'J2.
On trouve aussi dos indices do mine de cuivre en Laponie, à soixante lieues de Tornea, et en Groenland; l’on a vu du vert-de-gris et des paillettes cuivreuses dans des pierres ; ce qui démontre assez qu’il s’y trouve aussi des mines do ce métal (1).
En Irlande, il y a de même des mines de cuivre, les unes à sept milles de distance de la ville de Wicklow, d’autres dans la montagne Crown- Bawn, qui sont en exploitation, et dont les fosses ont depuis quarante, cinquante et jusqu’à soixante toises de profondeur (2). Le rclatcur observe : « Que les ouvriers ayant laissé une pelle de fer dans une de Il ces mines de cuivre, où il coule de l’eau, cette pelle se trouva quelque « temps après tout incrustée de cuivre, et que c’est d’après ce fait que Il les habitants ont pris l’idée de tirer ainsi le cuivre de ces eaux, en y Il plongeant des barres de fer. » Il ajoute « que non-seulement le cuivre Il incruste le fer, mais que cette eau cuivreuse le pénètre et semble le « convertir en cuivre ; que le tout tombe en poudre au fond du réser- « voir où l’on contient cette eau cuivreuse; que les barres de fer con- « tractent d’abord une espèce de rouille qui, par degrés, consomme « entièrement le fer ; que le cuivre qui est dans l’eau étant ainsi conti- « nuellement attiré et fixé par le fer, il se précipite au fond en forme « de sédiment; qu’il faut pour cela du fer doux, et que l'aciei- n’est pas « propre à cet effet ; qu’entin ce sédiment cuivreux est en poudre rou- 11 geàlre. » Nous observerons que c’est non-seulement dans ces mines d’Irlande, mais dans plusieurs autres, comme dans celles de Suède, du Hartz, etc., que l’on trouve de tem])s en temps, et en certains endroits abandonnés depuis longtemps, des fers incrustés de cuivre, et des bois dans lesquels ce métal s’est insinué en forme de végétation, qui pénètre entre les fibres du bois et eu remplit les intervalles (3); mais ce n’est point une pénétration intime du cuivre dans le fer, comme le dit le relateur, et encore moins une conversion de ce métal en cuivi'e.
Après cette énumération des mines de cuivre de l’Europe, il nous reste à faire mention de celles des autres parties du monde; et en commençant par l’Asie, il sen lrou\ c d’abord dans les des de l’Archipel : celle de Chalcilis, aujourd’hui Chalcé, avait même tiré son nom du cuivre qui s’y trouvait. L’île d’Eubée en fournissait aussi (4) : mais la
(1) Histoire générale des Voyages, tome XIX, p. 50.
(2) fie premier minéral qu’on y trouve en ereusant est une pierre ferrugineuse; au-dessous on dceouvre une mine de plomli qui semble être niéicc avec de l’argile, mais qui donne beaucoup de plomb et peu d’argent , et plus bas une riebe luine pierreuse cl brillante qui rend soixante-quinze onces d’ai'gcnt par tonne de mine, et en outre une grande quantité de plomb le plus fin : après avoir percé quelques toises plus bas , on arrive à la veine de cuivre qui est très-riche, et (|u’on peut suivre jusqu’à une certaine profondeur, .lourual étranger , mois de décembre f7oi, p. tlS, jusques et compris p. 120.
(3) Bibliothèque raisonnée, tome XLIII, p. 70.
(D Les premiers ouvrages d’airain avaient, suivant la tradition des Grecs, été travaillés en Eubée, dans la ville de Cbaicis, qui en avait tiré son nom. Solin. chap. XI.
IITSTOIRE NATURELLE
plus riche de toutes eu cuivre est celle de Chypre. Les anciens l’ont célébrée sous le nom d’Ærosffl, et ils en tiraient une grande quantité de cuivre et de zinc (1).
Dans le continent de l’Asie, on a reconnu et travaillé des mines de cuivre. En Perse (2), « le cuivre, dit Chardin, se tire, principalement " à Sary, dans les montagnes de Mazenderan ; il y en a aussi à Bac- « triam et vers Casbin. Tous ces cuivres sont aigres, et pour les adou- « cir, les Persans les alliaient avec du cuivre de Suède et du Japon, en « mettant une partie sur vingt du leur (3). >•
MB. Gmelin et Muller ont reconnu et observé plusieurs mines de cuivre en Sibérie ; ils ont remarqué que toutes ces mines, ainsi que celles des autres métaux, sont presque à la surface de la terre. Les plus riches en cuivre sont dans les plus hautes montagnes près de la rive occidentale du Jénisca; on y voit le cuivre à la surface de la terre, en mines rougeàircs ou vertes, qui toutes produisent quarante-huit à cinquante livres de cuixre par quintal (4). Ces mines situées au haut des montagnes sont sans doute de première formalion; la mine verte a seulement été un peu altérée par les éléments humides. De toutes les autres mines de cuivre, dont ces voyageurs font mention, la moins riche est celle de Pichtama-Gora, qui cependant donne douze pour cent de bon cuivre. Il y a cinq de ces mines en exploitation; et l’on voit dans plusieurs autres endroils de celte même contrée les vestiges d’anciens travaux, qui démontrent que toutes ces montagnes contiennent de bonnes mines (5). Celles des autres parties de la Sibérie sont plus pauvres; la ])lnpart ne donnent que deux , trois ou quatre livres de cuivre par quintal (6). On trouve sur la croupe et au pied de plusieurs montagnes différentes mines de cuivre de seconde et de troisième formation ; il v en a dans les environs de Cazan, qui ont formé des stalactites cuivreuses, et des malachites très-belles et aisées à polir : on peut même dire que cest dans cette contrée du nord de l’Asie que les malachites se trouvent le plus communément, quoiqu’il y en ait aussi en quelques endroits de
(t) Description de l’ArcIiipel, par Dapper, p. 529 et iVà.
(2) Il y a des mines de cuivre aux environs de la ville de Cachem en Perse, où l’on fait commerce de ce métal. Voyage de Struys, tome 1 , p. 275. — A quelques lieues de la ville de Tauris , on trouve une mine de cuivre qui rapporte beaucoup au roi. Voyage de Gcmclli Carreri, tome II, p. 45.
(5) Voyage de Chardin, tome II, p. 25.
(4) Histoire générale des Voyages, tome XVIII, p. 570.
(5) Idem, ibid.
(6) A cinquante-deux verstos de Catberinbourg se trouve la mine de Polewai , qui n'est pas disposée par couches, mais par chambres, et qui ne donne qu’environ trois livres de cuivre par quintal. Histoire générale des Voyages, tome XVIII, p. 108. — Celles de Wcrchoturie ne l'cndent que deux pour cent : le minerai est une pyrite (le cuivre mêlée de veines irrégulières de quartz noirâtre. Idem, p, .500.
rUiiropp, et parlieulièremenl on Saxe, dans plusieurs mines de enivre de troisième formation. Ces concrétions cnivrenses ou malaclnles se ])résentent sons diffcrcnles formes : il y en a de fibrcnscs on formées en rayons, comme si elles étaient cristallisées, et par là elles ressemblent à la zéolithe; il y en a d'antres qui paraissent formées par couches successives, mais qui ne diffèrent des premières qne par leur apparence extérieure. Nous en donnerons des notions plus précises lorsque nous traiterons des stalactites métalliques.
Les mines de Sonxon en Sibérie sont fort con,sidérablcs, et s’étendent à plus de trente lieues; elles sont situées dans ces collines qui ont environ cent toises de liaulenr, et paraissent en suivre la pente : tontes ne donnent guère que quatre livres de cuivre par quintal. Ces mines de Souxon sont de troisième et dernière formation ; car on les trouve dans le sable , et même dans des bois fossiles qui sont tachés de bleu et de \ert, et dans l’intérieur desquels la mine de cuivre a formé des cristaux (1). Il en est de même des mines de cuivre des monts Riphées; on ne les exploite qu’au pied des montagnes, où le minerai de cuivre se trouve avec des matières calcaires, et suit, comme celles de Souxon, la pente des montagnes jusqu’à la rivière (2).
Au Kamtschatka, où de temps immémorial les habitants étaient aussi sauvages que ceux de l’Amérique septentrionale, il se trouve encore du cuivre natif en masses et en débris (3); et une des îles voisines de celle de Bérin.g, où ce métal se trouve en morceaux sur le rivage, en a pris le nom d’/fe de Cuivre (4).
La Chine est peul-être encore plus riche f|ne la Sibérie en bonnes mines de cuivre; c’est surtout dans la province d’Yun-nan qu’il s’en trouve en plus grande quantité; et il parait que quoiqu’on ait trèsanciennement fouillé ces mines, elles ne sont pas épuisées; car on en tire encore une immense quantité de métal. Les Chinois distinguent trois espèces de cuivre, (|u’ils prétendent se trouver naturellement dans leur différentes mines : 1" le cuivre rouge ou cuivre commun, et qui est du cuivre de première formation ou de cémentation; 2" cuivre blanc qu’ils assurent avoir toute sa blancheur an sortir de la mine, et ([u’on a peine à distinguer de l’argent lorsqu’il est employé; ce cuivre
(1) Ilisloirc générale dc.s Voyages, tome XIX, p. ili.
(2) Idem, iliidem, p. 47;).
(3) « Dans qtielqiies endroits du Kamtschatka, on trouve dans le sable une si grande » quantité de petits morceaux de cuivre natif, qu’on pourrait en charger des chaiTettes O entières. « Le sieur Scherer, cité dans le Journal de Physique, juillet 1781 , p. et suivantes.
(i) Mednoi-Ostroff ou Pile de cuivre, qui se voit de Pile de Béring, est ainsi appelée à cause des gros morceaux de cuivre natif qu’on trouve sur la grève... surtout à la pointe ouest de la bande méridionale. Maleviskoi en recueillit, entre les roches et la mer, sur une grève d’environ douze verges. Idem, ibid.
fiI2
1)1.1110 esl aigi’o, ol nVsl vraisniiihlahlenienl qu'un molanpîP do cuivre et d’arsenic; .j" le lombac, qui ne parait être au premier coup d’œil qu’une simple mine de cuivre, mais qui est mêlée d’une assez grande quantité d’or (I). Il se trouve une de ces mines de tombac fort abondante dans la province de Hu-quang. On lait de très-beaux ouvrages avec ce tombac, et en général, on ne consomme nulle part plus de cuivre qu’à la Chine, pour les canons, les cloches, les instruments, les monnaies, elc. (2). Cependant le cuivre esl encore plus commun au Japon qu’à la Chine : les mines les plus riches, et qui donnent le métal le plus fin et le plus ductile sont dans la province de Kijnok et de Surunga (3), et celte dernière doit être regardée comme une mine de tombîic; car elle tient une bonne quantité d’or. Les Japonais tirent de leurs mines une si grande quantité de cuivre, que les Européens, et parliculièrement les Hollandais, en achètent pour le transporter et en faire commerce; mais autant le cuivre rouge est commun dans ces des du Japon, autant le cuivre jaune ou laiton y esl rare, parce qu’on n’y trouve point de mine de zinc, et qu’on est obligé de tirer de Tunquin ou d’encore j)lus loin la calamine ou le zinc nécessaire à cet alliage.
Enfin, pour achever rénumération des principales mines de cuiire de l’Asie, nous indiquerons celles de l’ile Formose, qui sont si abondantes, au rapport des voyageurs, qu’une seule de ces mines pourrait suffire à tous les besoins et usages de ces insulaires. La plus riche est celle de Peorko ; le minéral est du cuivre j'ouge, et paraît être de première formation.
Nous ne ferons que citer celles de Macassar dans les des Célèbes, celles de l’ile Timor et enfin celles de Bornéo, dont quelques-unes sont mêlées d’oi' et donnent du tombac, comme celles de la province de Surunga au Japon et de Ilu-quang à la Chine (4).
En Afrique, il y a beaucoup de cuivre, et même du cuivre primitif. Marmol parle d’une mine riche, qui était, il y a près de deux siècles,
(1) L’nurichalciim lie Pline p.iraîl être une espèce de tombac, qu’il désigne comme un cuivre naturel, d’une qualité particulière et plus excellente que le cuivre commun; mais dont les veines étaient déjà depuis longtemps épuisées : u In Cypro prima æris inventio ; mox « vilitas, reporto in aliis terris præstantiore, maxime auriclialco, quod præeipuum bonitatem O admirationemque diuobtinuit; nec reporitur longo jam tcmporc, elfœta tellure. » Lib. XXXIV’, cap. 11.
(2) Histoire générale des Voyages, tome V, p.
(ô) Idem, tome X, p. bbS.
(4) Histoire générale des Voyages, tome V, p.i84; et tome IX, p. 307. o Le tombac , dit « üvington , est fort reeherebé aux Indcs-Urientales; on croit que c’est un mélange naturel « d’or, d’argent et de cuivre, qui est de bon aloi dans de certains endroits, comme à Bornéo, O et de beaucoup ])Ius bas aloi dans d’autres, comme à Siam. » V’oyage de Jean Ovington, tome II, p. 2Io. ■ Le tombac de Siam et de Bornéo ne nous laisse pas douter qu’il n’y ait dans ces contrées plusieurs autres mines de cuivre, dont les voyageurs ont négligé de faire mention.
DES MINÉRAUX. Rio
on ploino oxploitalion dans la provinoo do Siiz an royaume de .Maroo, ol il dit qu’on en lirait beaucoup de cuivre et de laiton, qu’on transportait en Europe; il fait aussi mention des mines du mont Atlas dans la province de Zaliara, où l’on fabriejuait des vases de cuivre et de laiton (t). Ces mines de la Barbarie et du royaume de Maroc fournissent encore aujourd’hui une très-grande quantité de ce métal que les Africains ne se donnent pas la peine de raffiner, et (pi’ils nous vendent en cuivre brut. Les montagnes des îles du cap Vert contiennent aussi des mines de cuivre; car il en découle plusieurs sources dont les eaux sont chargées d’une grande quantité de parties cuivreuses, qu’il est aisé de fixer et de recueillir par la cémentation (2). Dans la province de Bambuck, si abondante en or, on trouve aussi beaucoup de cuivre, et particulièrement dans les montagnes de Radscbinkadbar qui sont d’une prodigieuse hauteur (3). Il y a aussi des mines de cuivre dans plusieurs endroits du Congo et à Benguela; l’une des plus riches de ces contrées est celle de la Baie des vaches, dont le cuivre est très-fin : on trouve de même des mines de ce métal en Guinée, au pays des Insijesses, et enfin dans les terres des Hottentots. Kolbe fait mention d’une mine de cuivre, qui n’esl qu’à une lieu de distance du Cap, dans une très-haute montagne, dont il dit que le minéral est pur et très-abondant. Celte mine située dans une si haute montagne est sans doute de i)remière formation, comme celles de Bambuck, et comme la plupart des autres mines de cuivre de l’Afrique; car, (|uoique les Maures, les Nègres, et surtout les Abyssins, aient eu de temps immémorial des instruments de ce métal, leur art ne s’étend guère (L) qu’à fondre le cuivre natif ou celui de troisième formation, et ils n’ont i)as tenlé de tirer ce métal des mines pyriteuses de seconde formation, qui exigent de grands travaux pour être réduites en métal.
Mais c’est surtout dans le continent du Nouveau-Monde, et particulièrement dans les contrées de tout temps inhabitées, que se trouvent en grand nombre les mines de cuivre de première formation. Nous avons déjà cité quelques lieux de l’Amérique septentrionale, où l’on a rencontré de gros blocs de cuivre natif et presque pur ; on en trouvera
(1) L'Afrique de Marmot ; Paris, 1667, tome 11, p. 36; et tomelll, p. 8.
(2) 11 y a des mines de cuivre dans les îles du cap Vert, et particulièrement dans l’ilc
Saint-Jean, où le voyageur Uoberts a remarqué des eaux cuivreuses, dans lesquelles il suflisait de tenir la lame d’un couteau pendant une minute ou deux, pour que cette lame fût incrustée de cuivre d'une belle couleur jaune Il remarqua plusieurs fontaines dont les eaux produi-
saient le même effet, qui était toujours plus marqué à mesure qu’on s’approchait de la source. Histoire générale des Voyages, tome II, p. 399.
(5) Histoire générale des Voyages, tome II, p. 664 ; et tome IV, p. 486.
(4) Il y a des mines de cuivre très-abondantes dans un lieu nommé Soudi, qui n’est pas loin d’.Vbissina. Les forgerons nègres se rendent à Soudi vers le mois de septembre, et s’occupent à le fondre jusqu’au mois de moi. Histoire générale des Voyages, tome IV, p. 392.
HISTOIRE NATURELLE
bcaiicou]) plus à mesure que les iiommes peupleront ees déserts; ear depuis que les Espagnols se sont liabitués au Pérou et au Chili, on en a tiré une immense qnantitédecuivre:partoulona commencé parlesmines de première formation qui sont les plus aisées à fondre. Frézier, témoin judicieux, rapporte «i que dans une montagne qui est à douze lieues de « Pampas du Paraguay et à cent lieues de la Conception, l’on a décou- « vert des mines de cuivre si singulières, qu’on en a vu des blocs ou « pépites déplus de cent quintaux; que ce cuivre est si pur, que d’un « seul morceau de quarante quintaux, ou en a fait six canons de cam- « pagne de six livres de balle chacun, ])endanl qu’il était à la Concep- « tion; qu’au reste, il y a dans cette même montagne du cuivre pur et K du cuivre imparfait, et en pierres mêlées de cuivre (I). »
C’est aux environs de Coquindm que les mines de cuivre sont en plus grand nombre, et elles sont en même temps si abondantes, qu’une seule, quoicpie travaillée depuis longtemps, fournit encore aujourd’hui tout le cuivre qui se consomme à la côte du Chili et du Pérou. Il y a aussi |)lusieurs autres mines de cuiv re à Carabaya et dans le corrégimenl de Copiapo (2). Cesmines de cuivre du Pérou sont presque toujours mêlées d’argent en sorte que souvent on leur donne le nom de rnhm d’argent, et l’on a observé qu’en général toutes les mines d’argent du Pérou sont mêlées de cuivre, et que toutes celles de cuivre le sont d’argent (ô). Mais ces mines de cuivre du Pérou sont en assez petit nombre et beaucoup moins riches que celles du Chili ; car M. Bowles les compare à celles qu’on travaille actuellement en Espagne (4). Dans le Mexique, au canton de Kolima, il se trouve des mines de deux sortes de cuivre : l’une si molle et si ductile que les habitants en font de trèsbeaux vases; l'autre si dure qu’ils l’emploient au lieu de fer pour les instruments d’agriculture (5). Enfin l’on trouve des mines de cuivre à Saint-Domingue (ti), et du cuivre en métal et de première formalion au Canada (7) et dans les parties plus septentrionales de rAïuérique, comme chez les Michillimakinac (8) , et aux environs de la rivière
(1) 'Voyage .à la mer du Sud; Paris, 1732, p. 77 et suiv.
(2) Histoire générale des Voyages, tome XIII, p. 412 et 414.
(3) Barba; Métallurgie, tome I, p. 107 et 108.
(4) La mine de cuivre do Carabaya , dans le Pérou , contient le même quartz , la même marcassile et la même matrice d’amélhisle que la nouvelle mine de enivre que Pou travaille à Colmenaovicjo , à six lieues de Madrid. — Celle de cuivre verte de Moquagna , dans le Pérou, est presque la même que celle de Molina d’Aragon. Histoire naturelle d’Espagne, par M. Bowles, page 28.
(8) Histoire générale des Voyages, tome XII, p. 648.
(6) Idem, ibid., p. 218.
(7) Sur les bords du lac Erié au Canada, on a vu des blocs de cuivre rouge tout régulisé , et qu’on a employé sans aucune préparation : on soupçonne que cette mine est dans le lac même. M. Guettard, Mémoires de l’.\cadémie des Sciences, année 1732, p. 216.
(8) Il y a du cuivre prc.squc pur et en grande quantité aux environs d’un grand lac, au
Danoise, à la baie d'Hudson (1). H y a d’aidres mines de cuivre, de seconde formation aux Illinois, et aux Sioux (2) j et quoique les vojageurs ne disent pas qu’il sc trouve en Améri(jue des mines de tom- Jjac comme en Asie et en Afrique, cependant les habitants de l’Amérique méridionale ont des anneaux, des bracelets et d’autres ornements d’une matière mélalli(iue qu’ils nomment caracoti, et que les voyageurs ont regardée comme un mélange de cuivre, d’argent et d'or produit par la nature. Il est vrai que ce caracoli ne se rouille ne se ternit jamais ; mais il est aigre, grenu et cassant : on est obligé de le mêler avec de l'or pour le rendre plus doux et plus trailable. Il est donc entré de l’arsenic ou de l’étain dans cet alliage; et si le caracoli n’est pas de la platine, ce ne peut-être que du tombac altéré par quelque minéral, d’autant que le relateur ajoute : « Que les Européens ont voulu imiter ce métal Il en mêlant six parties d’argent, trois de cuivre et une d’or; mais que ■c cet alliage n’approche pas encore de la beauté du caracoli des Indiens, <1 qui parait comme de l’argent sur-doré légèrement avec quelque « chose d'éclatant, comme s’il était un peu enflammé (5). >> Cette couleur rouge et brillante n’est point du tout celle de la platine; et c’est ce qui me fait présumer que ce caracoli des Américains est une sorte de tombac, un mélange d’or, d’argent et de cuivre, dont la couleur s’est peut-être exaltée par l’arsenic.
Les régions d’où l’on tire actuellement la plus grande quantité de cuivre sont le Chili, le Mexique et le Canada, en Améri(|ue, le royaumé de Maroc et les autres provinces de Barbarie, en Afrique, le .lapon et la Chine en Asie, et la Suède en Europe. Partout on doit employer, pour exti-aire ce métal, des moyens différents, suivant la différence des mines : celles du cuivre primitif ou de première formation par le feu, ou celles de décompositon par l’eau, et qui toutes sont dans l’état métal-
pays dfls Michillimakiuac , et même dans les petites îles de ce lac j on a travaillé de ce cuivre à la mission du saut Sainte-Marie. Histoire de la Nouvelle-France, par Charlevoix, tome IIl, p.28f.
(1) Aux environs delà rivière Danoise , à la baie d’Hiidson, il y a une mine de cuivre ronge , si abondante et si pure , que sans le passer parla forge , les sauvages ne font que le frapper entre deux pierres , tel qu’ils le recueillent dans la mine , et lui font prendre lu forme qu’ils veulent lui donner. Voyage de Robert Lade. Traduction ; Paris , tTf-Æ , tome II , p. .>1(1.
H y a aussi une mine de cuivre nu pays des Illinois, qui est jointe à une mine de plomb , à lames carrées; l,a partie cuivreuse est en verdet; et le total est mêlé d’une terre jauiiàti'e qui paraît ferrugineuse. M. Gueltard , Mémoires de l'Aeadémie dos Sciences, année 17:i2, p. 210.
(2) Charlevoix rapporte que Le Sueur avait découvert une mine de cuivre très-abondante dans une montagne près d’une rivière au pays de Sioux, dans l’Amérique septentrionale, et qu’il en avait fait tirer en vingt-deux jours trente livres pesant ; il ajoute que la terre de cette mine est verte, et surmontée d’une croûte noire, et aussi dure que le roc. Histoire et Descriplion de la Nouvelle-France; Paris, 1744, tome H, page .415.
(."H .\on\ean Voy.age aux îles de l’Amérique ; Paris, 1722. tome H, page 21.
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lique, n’oni besoin que d’êlre fondues une seule fois pour être réduites en très-bon métal; elles donnent par conséquent un grand produit à peu de frais. Après les mines primordiales qui coûtent le moins à traiter, on doit s’attacber à colles où le cuivre se trouve Irès-attènuc, trèsdivisé, et où néanmoins il conserve son état métallique : telles sont les eaux chargées de parties cuivi'euses qui découlent de la plupart de ces mines. Le cuivre charrié par l’eau y est dissous par l’acide vitriolique ; et cet acide, s’attachant au fer qu’on plonge dans cette eau, et le détruisant peu à peu, quitte en même temps le cuivre et le laisse à la place du fer. On peut donc facilement tirer le cuivre de ces eaux qui en sont chargées en y plongeant des lames de fer, sur lesquels il s’attache en atomes métalliques, (jui forment bientôt des incrustations massives. Ce cuivre de cémentation donne dés la première fonte un métal aussi pur que celui du cui\ rc primitif. Ainsi Ton peut assurer que de toutes les mines de cuivre, celles de première et celles de dernière formation sont les plus aisées à traiter et aux moindres frais.
Lorsqu’il se trouve dans le courant de ces eaux cuivreuses des matières ferrugineuses aimantées ou atlirables à l’aimant, et qui i)ar conséquent sont dans l’état métallique ou presque métallique, il se forme à la surface de ces masses ferrugineuses une couche plus ou moins épaisse de cuivre. Cette cémentation, faite par la nature, donne un produit semblahle à celui de la cémentation artificielle : c’est du cuivre presque pur, et que nos minéralogislcs ont aussi appelé cuivre natif {{), quoique ce nom ne doive s’appliipicr (pTau cuivre de première formation produit par le feu primitif. Au reste, comme il n’existe dans le sein de la tei’re que très-peu de fer en état métallique, ce cuivre pi’oduit par cette cémentation naturelle n’est aussi qu’en petite quantité, et ne doit pas être compté au nombre des mines de ce métal.
Après la recherche des mines primitives de cuivre et des eaux cuivreuses qui méritent préféi-cnce par la facilité d’en tirer le métal, on doit s’attacher aux mines de troisième formation, dans lesquelles le cuivre, décomposé par les éléments humides, est plus ou moins séparé des parties pyriteuscs, c’est-à-dire du soufre et du fer dont il est surchargé dans tous ses minerais de seconde formation. Les mines de cuivre vitreuses et soyeuses, celles d’azur et de malachite, celles de bleu et de vert de montagne, etc., sont toutes de celle troisième formation; elles ont perdu la forme pyriteuse, et en même temps une partie du soufre et du fer qui est la base de toute pyrite. La nature a fait ici, par la voie humide et à l’aide du temps, cette séparation que nous ne
(1) Lorsque ces eaux qui tiennent du vitriol bleu en dissolution reneoutrent des molécules ferrugineuses (sans doute dans Tétat métallique ou très-voisines de cet état), il en résulte une espèce (le cémentation naturelle qui donne naissance à du cuivre noa/. Lettres de 31. Demeste au docteur Bernard, tome II, page .î(>8.
DES MliNEUAEX.
faisons que par le moyen du feu; et comme la pluparl de ces mines de troisième formation ne contiennent qu’en petite quantité des parties pyriteuses, c’est-à-dire des principes de soufre, elles ne demandent aussi qu’un ou deux feux de grillage, et se réduisent en métal dés la première fonte.
Enfin les plus rebelles de toutes les mines de cuivre, les plus difficiles à extraire, les plus dispendieuses à traiter, sont les mines de seconde formation, dans lesquelles le minerai est toujours dans un état plus ou moins pyriteux : toutes contiennent une certaine quantité de fer, et plus elles en contiennent, plus elles sont réfractaires (1) ;et mallieureuseinent ces mines sont dans notre climat les plus communes, les jilus étendues et souvent les seules qui se présentent à nos recherches : il faut, comme nous l’avons dit, plusieurs torréfactions avant de les jeter au fourneau de fusion, et souvent encore plusieurs autres feux pour en griller les niattes a>ant que par la fonte elle se réduise en cuivre noir, qu’il faut encore traiter au feu pour achever d’en faire du cuivre rouge. Dans ces travaux, il se fait une immense consommation de matière combustible; les soins multipliés, les dépenses excessives ont souvent fait abandonner ces mines ; ce n’est que dans les endroits où les combustibles, bois ou charbon de terre abondent, ou bien dans ceux où le minerai de cuivre est mêlé d’or ou d’argent, qu’on peut exploiter ces mines pyriteuses aAec profit; et comme l’on cherche avec raison tous les moyens qui peuvent diminuer la dépense, on a tenté de réunir les pratiques de la cémentation et de la lessive à celle de la torréfaction ('2).
(1) Nota. Tontes les mines de cuivre sulfureuses ou arsenicales contiennent toujours plus ou moins de fer... 1/arscnic ne reste si opiniâtrement uni au cuivre <]UO parce qu’il est joint avec le fer... Il faut donc, pour avoir du bon cuivre, séparer, autant qu’il est po.ssible, tonies les parties du fer qui peuvent s’y trouver, et c’est par le moyen du safic qu’on peut faire cette séparation. Voyez Delius, cité dans le Journal de Pliysique, juillet I7SO, pages aô et suivantes.
(2) Quand on veut avoir le cuivre des mines sans les fondre, il faut les griller et les porter toutes rouges, ou au moins très-cbaudes, dans une cuve où l’on aura mis un peu d’eau auparav.ant pour cnipècber qu’elles ne s’allument, ce qui arrive quand elles sont sulfureuses... Comme la mine s’y met presque rouge, l’eau s’écliaulfc et elle détaebe mieux lu partie cuivreuse dissoute par l’acide du soufre, ce qu’elle fait en moins de deux jours si la mine a été bien grillée, car celle qui ne l’a point été u’abandoune pas sou cuivre. Pour avoir encore ce qui peut éire resté de cuivre dans la mine , apres cette première opération , on la grille une seconde fois et même on lui donne deux feux, parce qu’étant humide et presque réduite en bouc, un premier feu la grille mal j lorsqu’elle est bien grillée, ou la remet dans la cuve sur la première lessive; quand on veut l’avoir plus forte ou plus chargée de cuivre, on l’y laisse quaraulc-liiiit heures.
On peut employer cette lessive à deux usages : 1" en l’évaporant en faire du vitriol bleu ; 2° à en précipiter le cuivre... Quand la lessive s’est chargée de cuivre, ou la retire de dessus son marc, et on la fait cbaulfer dans une chaudière de plomb. On a dans une cuve plusieurs barres de fer arrangées verticalement et toutes séparées les unes des autres... Ou y verse en-
lllSÏOlUE NATCIiELLE
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iVoiis 11(3 donnerons point ici le détail des opérations du ral'linage de ce métal (1), ce serait trop s'éloigner de notre objet, et nous nous contenterons seulement d’observer que le déchet au raffinage est d’autant moindre (2) que la quantité qu’on raffine à la fois est plus grande; et
suite la lessive toute chaude, et on couvre la cuve pour en conserver la chaleur, car plus longtemps elle reste chaude, plus-tôt le cuivre s’y précipite ; et s’il y a assez de fer dans la cuve, tout le cuivre peut s’y précipiter dès la première fois, sans ipioi il faudrait chaufl'er de nouveau [a lessive, car quoique le cuivre se précipite, aussi dans la lessive froide, la précipitation en e.st beaucoup plus lente...
Pour connailre si tout le cuivre a été précipité, on trempe dans la lessive une laine de fer polie et qui ne soit point grasse, et on l’y lient quelque temps ; si cette lame .se couvre d’un enduit rouge, c’est une preuve qu’il y a encore du cuivre dans la lessive ; si elle n’y change pas de couleur, tout le cuivre est précipité.
Lorsque tout le cuivre s’est précipité, on fait couler la lessive dans des baquets, en débouchant les trous qui sont à dill'érente.s hauteurs le long d’un des côté.s de la cuve, afin de ne pas déranger les barres de fer; il faut prendre garde aussi, lorsqu’on a débouché les trous d’en bas, que l’eau n’eutraîne avec elle le limon cuivreu.\. Cette lessive coulée et reçue dans les baquets peut être employée à faire la couperose verte, puisqu’elle contient du fer dissous.
Tant que les bai res de fer ne sont pas entièrement rongées, elles peuvent toujours servir à précipiter, et il n'est pas nécessaire de les sortir souvent de la cuve pour les nclloycr : ainsi l’on peut verser de la nouvelle lessive chaude jusqu’à ce qu'elles soient presque détruites; après quoi on les retire, on les racle et l’on met la matière cuivreuse qui en tombe dans de l’eau claire. On pourrait mettre d’abord ces barres de fer dans la chaudière de plomb où l’oii fait bouillir la lessive cuivreuse, la précipitation se ferait encore plus vite.
La matière cuivreuse qui vient de cette précipitation contient beaucoup de fer qu’on peut eu séparer en partie par le lavage; mais, comme le cuivre est réduit en un limon fort fin, il faut bien prendre garde que l’eau ne l’emporte avec elle. Lorsqu’on a rassemblé assez de ce limon pour en faire une fonte , on le grille si l’on veut, quoique cela ne soit pas nécessaire; mais comme il faut le sécher exactement avant de le fondre , on le met sur une aire couverte de c.barbou qu’on allume pour qu’il rougisse : on répète cette maïuBUvre deux fois, parce qu’ainsi grillé il se fond plus aisément.
Ce <‘uivre ainsi préci|)ité est la même chose que le cément de llongiie, et ou le fond avec addition do scories qui ne rendent point de maltcs, et mieux encore avec des scories de refonte de litharge ; alors on ne retire de la fonte que du cuivre noir et point de raatte.
Cette manière de retirer le cuivre de scs mines se fait avec des frais peu considérables, mais elle n’en sépare jamais tout le. cuivre, et le minéral qui reste en contient encore assez pour mériter d’étre fondu. Traité de la fonte des mines de Schlutter, traduit par llellot, tome II, pages 502 et suiv.
(I) Le déchet au rallinage du cuivre noir de Saint-Bel est de huit à neuf pour cent. Mémoire de M. Jars.— Le déchet des cuivres bruts de Barbarie et de Mogador n’est que de cinq ou six pour cent. Mémoire de M. Limarc.
(2j Un raffinage de cinquante quintaux de cuivre noir rend ordinairement quarante-cinq à quarante-six quintaux de cuivre rosette, ce (|ui fait un déchet de huit ou neuf pour cent; mais ce déchet n’est qu’apparent, puis(|uc par des essais réitérés on a reconnu que son dechet réel n’était que de quatre et demi pour cent, parce qu’il reste toujours beaucoup de cuivre dans les crasses ; on sait que dans «juclqucs fourneaux que cc soit, les scories provenant du raffinage sont toujours riches en cuivre : il est luouvé que le cuivre fait environ un pour cent moins du déchet dans lu fourneau à manche iiue sur les petits foyers, et on peut attribuer
cela par luic raison gcnéi-ale et très-simple : c’est qu’nn grand volume offrant à proportion moins de surface qu’un petit , l’action destructi\ e de l’air et du feu qui porte immédiatement sur la surface du métal emporte , calcine ou brûle moins de parties de la masse en grand qu’eu petit volume. Au reste, nous n’avons point encore en France d’assez grands fourneaux de fonderies pour raffiner le cuivre avec i)rofit. Les -Anglais ont non-seulement établi plusieurs de ces fourneaux (1), mais ils ont en meme temi)S construit des maebines pour laminer le cuivi’e, afin d’en revêtir leurs navires. Au moyen de ces grands fourneau.x tle raffinage, ils tirent bon parti des cuivres bruts qu’ils achètent au Chili, au ;Mexi(iuc, en Barbarie et à Alogador : ils en font un commerce trèsavanlageux; car c’est d’Angleterre que nous tirons nous-mêmes la plus gi-ande partie des cuivres dont on se sert en Fiaince et dans nos colonies. Nous éviterons donc celte perte, nous gagnerons même beaucoup si l’on continue de protéger rétablissement que M. deLimarc(:2), l’un de
celle ilifTéccncc à ce fiuc l’on pei'feclionne dans une seule 0[>(M'.'itioii une qiiaiitilc de ciiivi e <iui en e,\ij;e au moins vingt sur le petit foyer ; on sait que l’on ne peut raflincr du cuivre sans ([u’il y en ait toujours uii peu qui se scorifie avec les matières qui lui sont étrangères; pins le
volume est grand, plus la quantité qui se scorilie est petite à proportion Il est prouvé
que la dépense du grand fourneau est moindre de deux tiers de celle qu’exige en charbon le
rallinage sur les petits foyers Le fourneau de Chessy dans le Lyonnais, à ralliner le cuivre
a plus de chaleur que u’en ont ceux d’.VIIcraagne Celui de Gruentlial en Saxe cousonimc
quatre cent trente-huit pieds cubes de bois de corde, cl environ vingt-quatre pieds de cliarhou pour ralliner quarante quintaux de cuivre noir; à Tayoba en Hongrie ou consomme deux crut vingt pieds cubes de bois de corde poui' ralliner cinquante quintaux de cuivre noir, auxquels ou ajoute trois ou quatre quintaux de plomb (pii se scorifie en pure perle ; on sait encore que dix livres de plomb scorilicut environ une livre de cuivre. M. .Jars, Mémoires de l’Académie des Sciences, année 1761), page G02 et 01)3.
(1 ) On raffine aujoui d’bui le cuivre dans de grands fourneaux de réverbère, à l’aide du vent d’un soufflet qu’une roue bydrauli(|ue fait mouvoir; on n’y emploie que du charbon de terre naturel. CImque rallinage est de quatre-vingts quintaux et dure quinze à seize heures. On fait ordinairement trois raflinages de suite, dans le même fourneau, par semaine ; on le laisse refroidir, et on le répare pour la semaine suivante. Quand les opérations sont considérables, il faut avoir trois de ces fourneaux, dont un est toujours en réparation lorsque les autres .sont en feu. Eu se bornant à mille i|uintaux de fabrication par mois, il suffit d’un de ces fourneaux à réverbère. Mémoire sur rétablissement d’une fonderie et d’un laminoir de cuivre, communiqué à M. de Bulfon, par M. de Limarc.
(2) Les ordres du ministre pour doubler les vaisseaux en cuivre, dit AI. de Limarc , font prendre le parti d’établir des fourneaux de fonderie et des laminoirs à Kantes, où l’on ferait amener de Cadi.x les cuivres bruts du Chili et de toute l’-Amériquc , ainsi que ceux du Alogador et de la Barbarie ; on pourrait même tirer ceux du Levant (jui viennent à Aïarseille ; car Nantes est le port du royaume qui expédie et qui reçoit le plus de navires de Cadix, de la Russie cl de l’Amérique se|)lentrioualc ; il est aussi le plus à portée des mines de cbarbon de terre et des débouchés d’Orléans et de Paris, ainsi que des arsenaux de Bochefort, de Lorient cl de Brest.
La cousoiuraation du cuivre ne peut qu’accroitre avec le temps, par la quantité de nitrières qu’on établit dans le royaume, pur le doublage des navires (jue l’on coiuiuence à faire en cui-
(3“iÜ HISTOIRE i\ÂTüRËLLE
nos plus habiles inélallurgistes, vient d’entreprendre sous les auspices du gouvernement.