‹ Œuvres complètes de Buffon avec des extraits de Daubenton, et la classification de Cuvier (volume 5)Chapitre 49 sur 54 · DU CUIVRE · texte numérisé non relu

DU CUIVRE

Do la mèiiie manière et dans le même temps que les roches primoi-diales de fer se sont réduites en rouille par l'impression des éléments humides , les masses de cuivre primitif se sont décomposées en vert-degris, (pli est la rouille de ce métal, et <iui, comme celle du fer, a été transportée par les eaux, et disséminée sur la terre ou accumulée en quelques endroits, où elle a formé des mines qui se sont de même déposées par alluvion, et ont ensuite produit les minérais cuivreux de seconde et de troisième formation; mais le cuivre natif ou de première origine a été formé comme l’or et l’argent dans les fentes perpendicu laires des montagnes quarlzcuses, et il se trouve, soit en morceaux de métal massif, soit en \einesou filons mélangés d’aufres métaux. Il a été liquéfié ou sublimé par le feu, et il ne faut pas confondre ce cuivre natif de première formation avec le cuivre en stalactites, en grappes ou filets, que nos chimistes ont également appelées cuivres natifs *, parce qu’ils se trouvent purs dans le sein de la ferre. Ces derniers cuivres sont au contraire de tioisièmc et peut-être de quatrième formation ; la plupart proviennent d'une cémenlalion naturelle qui s’est faite par rintermede du fer auquel le cuivre décomposé s’est attaché après avoiiété dissous par les sels de la terre. Ce cui\ re rétabli dans son élat de métal liai- la cémenlalion, aussi bien que le cuivre primilif qui subsiste encore en masses métalliques, s’est offert le premier a la recherche des hommes; et comme ce métal est moins difficile à fondre que le fer, il a été employé longtemps aupaixn ant pour fabriquer les armes et les instruments d’agriculture. Nos pi-emiers pères ont donc usé, consommé les |)remiers cuivres de l’ancienne nature : c’est, ce me semble, par cette raison, que nous ne trouvons presque plus de ce cui^■re primitif, dans notre Europe non plus qu’en Asie; il a été consommé par l’usage qu’en ont fait les habitants de ces deux parties du monde très-anciennement peuplées et [lOlicécs, au lieu qu’en Africpie, et surtout dans le continent de l’Amérique, où les hommes sont plus nouveaux et n’ont jamais été bien civilisés , on trouve <'ncoi-e aujourd’hui des blocs énormes de cuivre en masse qui n a besoin que d'une première fusion

•l’argent et deux gros de mercure, tlans l’eau forte [jrécipiléc; ou étend cette dissolution par cinq onces d’eau distillée; on verse le mélange dans une petite cucurbile de veire , dans laquelle on a mis auparavant six gros d’amalgame d’argent , en eonsistanec de beurre , et ou place le vaisseau dans un endroit tranquille, à l’abri de toute commotion ; an bout de quelques heures, il s’élève de la masse d’amalgame, un buisson métallique avec de belles raïuilications. Éléments de Cliimie, par M. de Moin eau, tome III, pages 454 et 453.

* Lettres de .M . üeincste au docteur Bernard, tome II, page 533.

IIISTOIIJË iVATüUËl.LE

pour donner un mêlai pur, tandis que tout le cuivre minéralisé et (pii se présente sous la forme de pyrites, demande de grands travaux, plusieurs feux de grillage, et même plusieurs fontes avant qu’on puisse le réduire en bon mêlai. Cependant ce cuivre minéralisé est presque le seul que l’on trouve aujourd’hui eu Curope : le cuivre primitif a été épuisé ; et, s’il en reste encore, ce n’est que dans l’intérieur des montagnes où nous n’avons pu fouiller, tandis qu’en Amériepie il se présente à nu, non-seulement sur les montagnes, mais jusque dans les plaines et les lacs, comme on le verra dans l’énumération (pic nous ferons des mines de ce métal, et de leur étal actuel dans les différentes parties du monde.

Le cuivre primitif était donc du métal presque pur, incrusté comme l’or et l’argent dans les fentiis du quartz, ou mêlé comme le fei’ primitif dans les masses vitreuses; et ce métal a été déposé par fusion ou par sublimation dans les feules perpendiculaires du globe dès le temps de sa consolidation; l'action de ce premier feu en a fondu cl sublimé la matière, et l’a incorporée dans les rochers vitreux. Tous les aulres états dans lesquels se présente le cuivre sont postérieurs à ce premier étal ; et les miuérais mêles de pyrites, n’ont été produits, comme les pyrites elles-mêmes, que par l’intermède des éléments humides. Le cuivre primitif attaqué [lar l’eau, par les acides, les sels et même par les huiles des végétaux décomposés, a changé de forme : il a été altéré, minéralisé, détérioré, et il a subi un si grand nombre de transformations, qu’à peine i)Ourrous-nous le suivre dans toutes ses dégradations et décompositions.

La première et la plus simple de toutes les décompositions du cuivre, est sa conversion en vert-de-gris ou verdet; l’humidité de l’air ou le plus léger acide suflisenl pour produire cette rouille verte. Ainsi dés les premiers temps, après la chute des eaux, toutes les surfaces des blocs du cuivre primitif ou des roches vitreuses dans lesquelles il était incorporé et fondu, auront plus ou moins subi celle altération; la rouille verte aura coulé avec les eaux, et se sera disséminée sur la terre, ou déposée dans les fentes et cavités où nous trouvons le cui\re sons cette forme de verdet. L’eau en s’infiltrant dans les mines de cuivre, en détache des parties métalliques; elle les divise en particules si ténues que souvent elles sont invisibles, et qu’on ne les peut rcconnaiire qu’au mauvais goût et aux etfets encore plus mauvais de ces eaux cuivreuses, qui toutes découlent des endroits où gisent les mines de ce métal, et communément elles sont d’autant plus chargées de parties métalliques qu’elles en sont plus voisines : ce cuivre, dissous par les sels de la terre et des eaux, pénèli’e les matières qu’il rencontre ; il se réunit au fer par céraenlation, il se combine avec tous les sels acides et alcalins; et se mêlant aussi avec les aulres substances métalliques, il se présente sous mille formes différenles, dont nous ne pourrons indiquer (juc les variétés les plus constantes.

1)Ë.S MINÉIUCX.

oH'i

Dans ses mines primordiales, lo-cui\ re est donc sous sa forme propre de métal natif, comme l’or et l’argent vierge; néanmoins il n’est jamais aussi pur dans son état de nature qu’il le devient après avoir été raffiné par notre art. Dans cet état primitif il contient ordinairement une petite quantité de ces deux premiers métaux; ils paraissent tous trois avoir été fondus ensemble ou sublimés pres(|ue en même temps dans les fentes de la roche du globe; mais de plus, le cuivre a été incorporé et mêlé, comme le fer primitif, avec la matière vitreuse : or l’on sait que le enivre exige plus de feu que l’or et l’argent pour entrer en fusion, et que le fer en exige encore plus le cuivre; ainsi ce métal tient entre les trois autres le milieu dans l’ordre de la fusion primitive, puisqu’il se présente d’abord comme l’or et l’argent, sous la forme de métal fondu, et encore comme le fer, sous la forme d’une pierre métallique. Ces jiierres cuivreuses sont communément teintes ou tachées de vert ou de bleu; la seule humidité de l’air ou de la terre donne aux particules cuivreuses cette couleur verdâtre, et la plus petite quantité d’alcali volatil la change en bleu : ainsi ces masses cuivreuses qui sont teintes ou tachées de vert ou de bleu ont déjà été attaquées par les éléments humides ou par les vapeurs alcalines.

Les mines de cuivre tenant argent sont bien plus communes que celles qui contiennent de l’or; et comme le cuivre est plus léger que l’argent, on a observé que dans les mines mêlées de ces deux métaux, la quautité d’argent augmente à mesure que l’on descend; en sorte que le fond du filon donne plus d’argent que de cuivre, et quelquefois même ne donne que de l’argent *, tandis que dans sa partie ‘supérieure il n’avait offert que du cuivre.

En général, les mines primordiales de cuivre sont assez souvent voisines de celles d’or et d’argent, et toutes sont situées dans les montagnes vitreuses produites par le feu primitif : mais les mines cuivreuses de seconde formation et (|ui proviennent du détriment des premières, gisent dans les montagnes scbistcuses, formées comme les autres montagnes à couches, par le mouvement et le dépôt des eaux. Ces mines secondaires ne sont pas aussi riches que les premières; elles sont toujours mélangées de pyrites et d’une grande quantité d’autres matières hétérogènes**.

* Le cuivre se forme près Je l’or et de l’argent , dans des pierres miiiérides de dill'éreutcs couleurs, quoique toujours marquées de. bleu et de vert. En suivant les veines de cuivre pur, on rencontre quelquefois de riches échantillons d’or très-llu; mais il est plus ordinaire de trouver de l’argent ; quand on aperçoit quelques échantillons d’argent sur la superficie des veines de cuivre, le fond a coulume d’être riche en argent... La superficie de la mine d’Oslologué au pays de Lipès, était de cuivre pur ; mais à mesure qu’on creusait, elle se transformait en argent jusqu’à devenir argent pur. Métallurgie d’Alphonse Barba, tome 1, page 107.

** Dans les montagnes à couches , le cuivre est ordinairement dans un composé d’ardoise gris, noir ou bleuâtre, dans lequel il y a souvent des pyriles cuivreuses , du vei't-dc-gris, ou du bleu de cuivre parsemé très-finement... Les ardoises cuivreuses , qu’on trouve cuminutié-

IIISTOIllK NATÜKELLE

Les mines de troisième formalion gisent, comme les secondes, dans les montagnes à couches, et se trouvent non-seulement dans tes schistes, ardoises et argiles, mais aussi dans les matières calcaires : elles proviennent du détriment des mines de preiiuère et de seconde formation, réduites en poudre, ou dissoutes et incorporées avec de nouvelles matières. Les minéralogistes leur ont donné autant de noms qu’elles leur ont présenté de différences. La chrysocolle ou vert de montagne, (pii n’est que du vert-de-gris très-atténué; la chrysocoile bleue, qui ne diffère de la verte que par la couleur, que les alcalis volatils ont fait changer en bleu : on l’appelle aussi azttr, lorsqu’il est bien intense, et il i)crd cette belle couleur quand il est exposé à l’air et reprend peu à peu sa couleur verte, à mesure que l’alcali volatil s’en dégage; il réparait alors, comme dans son premier état, sous la forme de chrysocoile ^■erle, ou sous celle de malachite. 11 forme aussi des cristaux verts et bleus suivant les circonstances, et l’on ])rélend même qu’il en produit quehiuefois d’aussi i-ouges et d’aussi transparents que ceux de la mine d'argent rouge : nos chimistes récents en donnent pour exemple les cristaux rouges qu’on a trouvés dans les cavités d’un morceau de métal en foui depuis plusieurs siècles dans le sein de la terre. Ce morceau est une partie de la jambe d’un cheval de bronze, trouvé à Lyon en 1771. Mon savant ami,M. deiMorveau, m'a écrit qu’en examinant au miscroscope les cavités de ce morceau, il y a vu non-seulement des cristaux d’un rouge de rubis, mais aussi d’autres cristaux d’un beau vert d’émeraude et transparents donton n’a ])as parlé, et il me demande qu’est-ce (jui a pu produire ces cristaux *. M. Demeste dit à ce sujet ((ue l’azur et le vert du cuivre, ainsi que la malachite et les cristaux rouges (pii se trouvent dans ce bloc de métal, anciennement enfoui, sont autant de produits des différentes modilications que le cuivre, en état métallique, a subies dans le sein de la terre **: mais cet habile chimiste me parait sc tromper en attribuant au cuivre seul 1 origine de ces ^ petits cristaux qui sont, dit-il, Irès- « éclatants, et d’une mine l ouge de cuivre transparente, comme la plus

meut d:ms les uiontagucs à couches sont puissantes depuis qucirpies pouces jusiju’à un pied et demi , et rarement plus j elles sont aussi très-pauvres en métal, ne donnent (pie deux ou trois livres de cuivre par quintal; mais ce cuivre est très-bon. Instruction sur les mines , par Jl. Dclius, tome I, pages 87 et 88.

’ Lcitres de M. de Morveau à M. de BulFon. Dijon, le 28 aoiit 1781.

*■' « Rien n’est plus propre, dit-il, à démontrer le passage du cuivre natif aux mines sccon- » claires , que la jambe d’un ebevid antique de bronze , trouvée dans une fouille faite à Lyon U en 1771 : cette jambe, qui avait été dorée, ollrait non-seulement de la malachite et de l’azur « de cuivre, mais on y remarquait aussi plusieurs cavités dont l’intérieur était tapissé de « petits cristaux três-cclatants . de mine rouge de cuivre , tran.sparcnle comme la plus belle « mine d’argent rouge... ün peut donc avancer que l’azur et le vert de cuivre, ainsi (pic les » cristaux rouges (|ui s’y rencontrent , sont autant de produits des difl'érentes modilications « que le cuivre en état métallique a subies dans le sein de la terre. " Lettres de M. Demeste, etc., tome II, pages ôu7 et ôî)8.

DES MINEUAUX.

« belle mine d’argent rouge j > car ce morceau de métal n’était pas de cuivre pur, mais de bi-onze, comme il le dit lui-même, c’est-à-dire de cuivre mêlé d’étain : et dès lors ces cristaux rouges peu\ eut être regardés comme des cristaux produits par l’arscuiic, qui reste toujours en plus ou moins grande quantité dans ce métal. Le cuivre seul n a jamais produit que du vert, qui devient bleu quand il éprouve l’action de l’alcali volatil.

.M, Demeste dit encore « que l’azur de cuivre ou les lleurs de cuivre Il bleues ressemblent aux cristaux d’azur artificiels; <pie leur passage « à la couleur verte, lors(|u’elles se décomposent, est le même, et Il qu’elles ne différent qu’en ce (|ue ces derniers sont solubles tians Il l’eau. » Mais je dois observer que néanmoins celte différence est telle qu’on ne peut plus admettre la même couqtositiou , et qu’il ne reste ici qu’une ressemblance de couleur. Or le vitriol bleu présente la même analogie, et cepeiulaut on ne doit pas le confondre avec le bleu d’azur. M. Demeste ajoute, avec toute raison, «que l’alcali volatil est i)luscom- II mun qu’on ne croit à la surface et dans l’intérieur de la teri e...; qu’on Il trouve ces cristaux d’azur dans les ca\ilés des mines de euiM-e dé- 11 composées , et que ((uclquefois ces petits cristaux sont trés-éclatanls Il cl de l’azur le plus \ if; (pie cet azur de cuivre prend le nom de bleu Il de moHlafine, lorsipi’il est mélangé à des matières terreuses qui en Il affaiblissent la conleui-, et qu’enlin le bleu de montague, comme l’azui-. Il sont également susceptibles de se décomposer en passant lentement à Il l’état de malacliile...; que la maiaebite, le vert de cuivre ou lleurs de .1 cuivre vci tes, rc'sullent souvent de l’altératiou spontanée de l'azur de Il cuivre, mais que ce vert est aussi produit par la décomposition du Il cuivre natif et des mines de cuivre, à la surface desipielles on le l'cn- 11 contre en malachites ou masses |)lus ou moins considérables et ma- 11 melonnées, et que ce sont de v raies stalactites de cuivre, comme l’hé- II malitc en est une de fer *. « Tout ceci est très-vrai , et c’est même de cette manière que les malachites sont ordinairement produites. La simple d(icom position du cuivre en rouille verte, entrainée par la tiltration des eaux, forme des stalactites vertes; et celte combinaison est bien plus simple que celle de l’altération de 1 azur et de sa réduction en stalactites vertes ou malachites. Il en est de même du vert de montagne; il est produit plus communément par la simple décomposition du cuiv re en rouille verte; et l’habile chimiste (pie je v iens de citer me parait se tromper encore en prononçant exclusivement , « que le vert de mon- 11 tagne est toujours un jvroduit de la décomposition du bleu de mou- II tagne ou de c(‘lle du vitriol de cuivre **. » Il me semble, au contraire, que c’est le bleu de montagne (pii lui-même est jiroduit par l’altéraliou

* l.elticb de M. Ueiiicsle, cle., tonie II, page o()S) ctauiv.

Lettres de M. Uciiiesle, tome 11, page 370. iirruN, luni. m.

m iiisTomE naturelle

du vert qui se change en bleu ; car la nature a les mêmes moyens que l’art, et peut par conséquent faire, comme nous, du vert avec du bleu, et changer le bleu en vert , sans qu’il soit nécessaire de recourir au cuivre natif pour produire ces effets.

Quoique le cuivre soit de tous les métaux celui qui approche le plus de Tor et de l’argent par ses attributs généraux, il en diffère par plusieurs propriétés essentielles : sa nature n’est pas aussi parfaite ; sa substance est moins pure, sa densité et sa ductilité moins grandes j et ce qui démontre le plus l’imperfection de son essence, c’est (pi’il ne résiste pas à l’impression des éléments humides; l’air, 1 eau , les huiles cl les acides l’altèrent et le convertissent en verdet. Cette espèce de roiulle pénètre, comme celle du fer, dans l’intérieur du métal, et avec le temps en détruit la cohérence et la texture.

Le cuiv^rc de première formation étant dans un état métallique , et ayant été sublimé on fondu par le feu primitif, se refond aisément à Jios feux; mais le cuivre minéralisé, qui est de seconde formation, demande plus de travail que tout autre minerai pour être réduit en métal; il est donc à présumer que, comme le cuivre a été employé plus anciennement que le fer, ce n’est que de ce premier cuivre de la nature que les Égyptiens, les Grecs cl les Romains ont fait usage pour leurs instruinents et leurs armes * ** , et qu’ils n’ont pas tenté de fondre les minerais cuivreux qui demandent encore plus d’art et de travail que les mines de fer; ils savaient donner au cuivre un grand degré de dureté, soit par la trempe, soit par le mélange de l’étain ou de quelque autre minéral, et ils rendaient leurs instruments et leurs armes de cuivre propres à tous les usages auxquels nous employons ceux de fer. Ils alliaient aussi le cuivre avec les autres métaux, et surtout avec l'or et l’argent. Le fameux airain de Corinthe, si fort estimé des Grecs était un mélange de cuivre, d’argent et d’or, dont ils ne nous ont pas indiqué les pro])orlions, mais qui faisait un alliage plus beau que l’or par la coideur, plus sonore, plus élastique, et en même temps aussi peu susceptible de rouille et d’altération. Ce que nous appelons aii ain ou bronze aujourd’hui n’est qu’un mélange de cuivre et d’étain, auxquels on joint souvent quelques parties de zinc et d’antimoine.

Si on mêle le cuivre avec le zinc, sa couleur rouge devient jaune, et l’on donne à cet alliage le nom de cuivre jaune ou laiton : il est un peu plus dense ([uc le cuivre pur ***, mais c’est lors(iue ni l’un ni l’autre

* Les anciens sc servaient beaucoup plus de cuivre que de fer; les habitants du Pérou et du fllexiquc employaient le cuivre à tous les usages auxquels nous employons le fer. Métallurgie d’.Vlphonse Barba, tome I, page 100.

** « Æri corinthio pretium ante argentum, ac pene etiam ante aurum. » Plin., lib. XXXIV , cbap. I.

Selon M. Brisson, le pied cube de cuivre rouge fondu et non forgé, ne pèse que S45 livres Ü onces i gi'os 3a grains , taudis qu’un pied cube do ce même cuivre rouge , passé à la filière ,

DOl

n’ont élc comprimés ou battus ; car il <le%uenl moins dense que le cuivre rouge après la compression. Le cuivre jaune est aussi moins sujet à verdir; et suivant les différentes doses du mélange, cet alliage est plus ou moins blanc, jaunâtre, jaune ou rouge : c’est d'apres ces différentes couleurs qu’il prend les noms de similor , An puinchebec et de métal de prince; mais aucun ne ressemble plus à l’or pur par le brillant et la couleur que le laiton bien poli , et fait avec la mine de zinc ou pierre calaminaire, comme nous l’indiquerons dans la suite.

Le cuivre s’unit très-bien à l’or, et cependant en diminue la densité au delà de la proportion du mélange; ce qui prouve (|u’au lieu d’une pénéiralion intime, il n’y a dans cet alliage qu’une extension ou augmentation de volume par une simple addition de parties interposées , lesquelles, en écartant un peu les molécules de l’or, et se logeant dans les intcryallcs, augmentent la dureté cl l’élasticité de ce métal qui, dans son état de pureté, a plus de mollesse que de ressort.

L’or, l’argent et le cuivre se trouvent soinenl alliés par la nature dans les mines primordiales, et ce n'est que i)ar plusieurs oi)éralions réitérées et dispendieuses, que l’on parvient à les séparer : il faut donc, avant d’cutreincndre ce travail, s’assurer que la quantité de ces deux métaux contenue dans le cuiM'e est assez considérable et plus qu’éciuivaleute aux frais <le leur séparation ; il ne faut pas même .s’en rapporter à des e.ssais faits en petit; ils donnent toujours un i)roduit jdus fort, et se font projmrtionnellemenl à moindres frais que les travaux en grand.

On trouve rarement le cuivre allié avec réfain dans le sein de la terre, quoique leurs mines soient souvent très-voisines, et mêmesuiierposées, c’est-à-dire l’élain au-dessus du cuivre; cependant ces deux métaux ne laissent pas d’avoir enire eux une afiinilé bien marquée; le petit art de l’étamage est fondé sur cette afiinilé. L’étain adlièrc fortement et sans intermède au cuivre, pourvu (jue la surface en soit assez nette pour être touchée dans tous les points par l'étain fondu : il ne faut pour cela que le petit degré de chaleur nécessaire pour dilater les pores du cuivre et fondre l’étain, qui dès lors s’attache à la surface du cuivre, qu’on enduit de résine pour prévenir la calcination de l’étain.

Lorsqu’on refond le cuivre et qu’on y mêle de l’élain, l’alliage qui en résulte démontre encore mieux l’affinité de ces deux métaux : car il y a pénétration dans leur mélange. La densité de cet alliage , connu sous les noms A'uirain ou de bronze, est plus grande que celle du cuivre et

pèse 621 livres 7 onces 7 gros 26 grains. Cette grande différence démontre que de tous les métaux le cuivre est celui qui se comprime le plus : et la compression par la filière est plus grande que celle de la percussion par le marteau. M. Geller dit que la densité de Talliage à parties égales de cuivre et de zinc est à celle du cuivre pur comme 878 sont à 87<î. Chimie métallurgique, tome I, page 266. — Mais M. Brissou a reconnu que le pied cube de cui\re jaune fondu et non forgé pèse 387 livres,

JIISTOIRE NATURELLE

de l’élain pris ensemble, au lieu que la densité des alliages du cuivre avec l’or et l’argent est moindre ; ce qui prouve une union bien plus intime entre le cuivre et l’étain qu’avec ces deux autres métaux ; puisque le volume augmente dans ces derniers mélanges , tandis qu’il diminue dans le premier. Au reste, l’airain est d’autant plus dur, plus aigre et plus sonore, que la quantité d’étain est plus grande; et il ne faut qu’une partie d’étain sur trois de cuivre pour en taire disparaître la couleur, et même pour le défendre à jamais de sa l'ouille ou vert-de-gris, |)arce que l’étain est, après l’or et l’argent, le métal le moins susceptible (l’altération par les éléments humides ; et quand, par la succession d’un temps très-long, il se forme sur l’airain ou bronze, une espèce dérouillé verdâtre, c’est, à la v érité, du vert-de-gris, mais qui s’étant formé trèslentement, et se trouvant mêlé d’une portion d'étain, produit cet enduit (|ue l’on appelle patme, sur les statues et les médailles antiques *.

Le cuivre et le fer ont ensemble une affinité bien marquée; et celle affinité est si grande et si générale, qu’elle se montre non-seulement dans les productions de la nature, mais aussi par les produits de l’art. JJans le nombre infini des mines de fer qui se trouvent à la surface ou dans l’intérienr de la terre, il y en a beaucoup qui sont mêlées d’une certaine quantité de cuivre, et ce mélange a corrompu l’un et l’autre métal; car d’une part on ne peut tirer que de très-mauvais fer de ces mines chargées de cuivre, et d’autre part il faut (|ue la quantité de ce métal soit grande dans ces mines de fer, pour jmuvoir en extraire le cuivre avec profit. Ces métaux qui semblent être admis, voisins et même unis dans le sein de la terre, deviennent ennemis dès qu’on les mêle ensemble par le moyen du feu; une seule once de cuivre jetée dans le foyer d’une forge suffit pour coiTomi)re un quintal de fer.

Le cuivre que l’on tire des eaux (pii en sont chargées, et (|u’on connaît sous le nom de cuivre de cémentation, est du cuivre piécipité par le fer ; autant il se dissout de fer dans celte opération, autant il adhère de cuivre au fer qui n’est pas encore dissous, et cela par simple attraction de contact ; c’est en plongeant des lames de fer dans les eaux chargées de parties cuivreuses, qu’on obtient ce cuivre de cémenlalion, et l’on recueille par ce moyen facile une grande quantité de ce métal en peu de temps **. La nature fait quelquefois une opération assez semblable : il faut pour cela que le cuivre dissous rencontre des particules ou de

* Cet enduit ou patine est ordinaieeiiicnt verdâtre et qucl([uefois bleuâtre , et il acquiert avec le temps une si grande dureté, qu’il résiste au burin. Lettres de M. Demeste, tome II, page 574.

” A Saint-Bel , l’eau qui traverse les mines de cuivre se sature en quebine sorte de vitriol tic cuivre naturel. Il suHit de jeter dans les bassins où on reçoit cette eau une quantité de vieilles ferrailles; on y trouve peu de jours après un cuivre rouge pur : c’est ce qu’on appelle cuivre de cémenlaHun. Éléments de Cliimie, par iVI. de Morveau, tome 11, page 1)1.

DES MINEUAUX.

petites masses ferrugineuses, qui soient clans l’état métallique ou presque métallique, et qui, par conséquent, aient subi la violente action du feu; car celte union n’a i)as lieu lorsque les mines de fer ont été produites par rintcrmède de l’eau, et converties en rouille, en grains, etc. Ce n’est donc que dans de certaines circonstances qu’il se forme du cuivre par cémentation dans l’intérieur de la terre : par exemple, il s’opère quelque chose de semblable dans la production de certaines malachites, et dans quelques autres mines de seconde et de troisième formation, où le vitriol cuivreux a été précipite par le fer, qui a plus que tout autre métal la propriété de séparer et de précipiter le cuivre de toutes ses dissolutions.

L’alïinité du cuivre avec le fer est encore démontrée par la facilité que ces deux métaux ont de se souder ensemble : il faut seulement, en les tenant au feu, les empêcher de se calciner et de brûler, ce que l’on prévient en les couvrant de borax ou de (juclque autre matière fusil)le qui les défende de l’action du feu animé par l’air; car ces deux métaux souffrent toujours beaucoup de déchet et d’allération par le feu libre, lorsqu’ils ne sont pas parfaitement recouverts et défendus du contact de l’air.

Il n’y a point d’aflinité apparente entre le mercure et le cuivre, puisqu’il faut réduire le cuivre en poudre et les triturer ensemble fortement et longtemps, pour que le mercure s’attache à cette poudre cuivreuse : cependant il y a un moyen de les unir d’une manière plus apparente et plus intime; il faut pour cela plonger du cuivre en lames dans le mercure dissous par l’acide nitreux ; ces lames de cuivre attirent le mercure dissous, et deviennent aussi blanches, à leur surface, que les autres métaux amalgamés de mercure.

Quoique le cuivre puisse s’allier avec toutes les matières métalliques, et quoiqu’on le mêle en petite ([uantité dans les monnaies d'or et d’argent pour leur donner de la couleur et de la dureté , on ne fait néanmoins des ouvrages en grand volume qu’avec deux de ces alliages : le premier avec l’étain pour les slalues, les cloches, les canons; le second avec la calamine ou mine de zinc pour les cliaudières et autres ustensiles de ménage ; ces deux alliages, l’airain et le laiton, sont môme devenus aussi communs et peut-être plus nécessaires que le cuivre pur, puisque dans tous deux la (jualité nuisible de ce métal, dont l’usage est très-dangereux, se trouve corrigée ; car de tous les métaux que l’homme peut employer pour son service, le cuivre est celui qui produit les plus funestes effets.

L’alliage du cuivre et du zinc n’est pas aigre et cassant comme celui du cuivre et de l’étain; le laiton conserve de la ductilité; il résiste plus longtemps que le cuivre pur à l’action de l’air humide et des acides (|ui ])rüduisent le vert-de-gris, et il prend l’étamage aussi facilemenl. Pour faire du beau et du bon laiton, il faut trois-quarts de cuivre et un quart de zinc, mais tous deux doivent être de la plus grande pureté. L’alliage

HISTOIRE NATURELLE

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à cette dose est d’un jaune brillant; et quoiqu'en général tous les alliages soient plus ou moins aigres, et qu’en particulier le zinc n’ait aucune ductilité, le laiton néanmoins, s'il est fait dans cette proportion, est aussi ductile que le cuivre meme : mais comme le zinc tiré de sa mine par la fusion n’est presque jamais pur, et que pour peu qu’il soit mêlé de fer ou d’antres parties hétérogènes, il rend le laiton aigre et cassant, on se sert plus ordinairement et plus avantageusement de la calamine, qui est une des mines du zinc; on la réduit en poudre, on en fait un cément en la mêlant avec égale quantité de poudre de charbon humectée d’un peu d’eau ; on recouvre de ce cément les lames de cuivre, et l’on met le tout dans une caisse ou creuset que l’on fait rougir à un feu gradué, jusqu’à ce que les lames de cuivre soient fondues. On laisse ensuite refroidir le tout, et l’on trouve le cuivre changé en laiton et augmenté d’un quart de son poids, si l’on a cmploj'é un quart de calamine sur trois-quarts de cuivre, et ce laiton fait par cémentation a tout autant de ductilité à froid que le cuivre même : mais, comme le dit très-bien M. .Alacquer, il n’a pas la même malléabilité à chaud qu’à froid, parce que le zinc se fondant plus vile que le cuivre, l’alliage alors n’est plus qu’une espèce d’amalgaiïic qui est trop mou pour souffrir la percussion du marteau. Au reste, il parait, par le procédé et le produit de cette sorte de cémentation, que le zinc contenu dans la calamine est réduit en vapeurs par le feu, et qu’il est par conséquent dans sa plus grande pureté lorsqu’il entre dans le cuivre : on peut en donner la preuve en faisant fondre à feu ouvert le laiton; car alors tout le zinc s’exhale successivement en vapeurs ou en flammes, et emporte même avec lui une petite quantité de cuivre.

Si l’on fond le cuivre en le mêlant avec l’arsenic, on en fait une espèce de métal blanc (jui diffère du cuivre jaune ou laiton, autant par la qualité que par la couleur, car il est aussi aigre que l’autre est ductile; et si l’on mêle a différentes doses le cuivre, le zinc et l’arsenic, l’on obtient des alliages de toutes les teintes du jaune au blanc, et de tous les degrés de ductilité du liant au cassant.

Le cuivre en fusion forme, avec le soufre, une espèce de matte noirâtre, aigre et cassante, assez semblable à celle qu’on obtient par la première fonte des mines ])yriteuses de ce métal : en le pulvérisant et le détrempant avec un peu d’eau, ou obtient de même par son mélange avec le soufre aussi pulvérisé, une masse solide assez semblable à la matte fondue.

Un fil de cuivre d’un dixième de pouce de diamètre, peut soutenir un poids d’environ trois cents livres avant de se rompre; et comme sa densité n’est tout au plus que de six cent vingt et une livre et demie par pied cube, on voit que sa ténacité est proportionnellement beaucoup jjlus grande que sa densité. La couleur du cuivre pur est d’un rouge orangé, et cette couleur, quoique fausse, est plus éclatante que le beau jaune de l’or pur, Il a plus d’odeur qu’aucun autre métal ; on ne peut le

sentir sans que l’odoral en soit désagréablement affecté; on ne peut le toucher sans s’infecter les doigts; et cette mauvaise odeur qu’il répand et communique en le maniant et le frottant est plus permanente et plus difficile à corriger que la plupart des autres odeurs. Sa saveur, plus que répugnante au goût, annonce ses qualités funestes; c’est dans le règne minéral le poison de nature le plus dangereux après l’arsenic.

Le cuivre est beaucoup plus dur et par conséquent beaucoup plus élastique et plus sonore que l’or, duquel néanmoins il approche plus que les auti-cs métaux imi)arfails, par sa couleur et même par sa ductilité; car il est presque aussi ductile (jue l’argent : on le bat en feuilles aussi minces cl on le lire en filets très-déliés.

Après le fer, le cuivre est le métal le plus difficile à fondre ; exposé au grand feu, il devient d'abord chatoyant et rougit longtemps avant d’entrer en fusion; il faut une chaleur violente, et le faire rougir à blanc pour qu’il se liquéfie; et lorsqu'il est bien fondu, il bout et diminue de poids s’il est exposé à l’air; car sa surface se brûle et se calcine dès qu’elle n’est pas recouverte, et qu’on néglige de faire à ce métal un bain de matières vitreuses; et même avec cette précaution il diminue de masse et souffre du déchet à chaque fois qu’on le fait rougir au feu. La fumée qu’il répand est en partie métallique, et rend verdâtre ou bleue la flamme des charbons; et toutes les matières qui contiennent du enivre donnent à la flamme ces mômes couleurs vertes ou bleues : néanmoins sa substance est assez fixe ; car il résiste plus longtemps que le fer, le plomb et l’étain à la violence du feu avant de se calciner. Lorsqu’il est exposé à l'air libre et qu’il n’est pas recouvert, il sc forme d’abord à sa surface de petites écailles qui surnagent la niasse en fusion : ce cuivre à demi-brûlé a déjà perdu sa ductilité et son brillant métallique; et se calcinant ensuite de plus en plus, il se change en une chaux noirâtre qui, comme les chaux du plomb et des autres métaux, augmente très-considérablement en volume et en poids par la quantité de l’air ipii se fixe en se réunissant à leur substance. Celle chaux est bien plus difficile à fondre que le cuivre en métal ; et lorsqu’elle subit l’action d’un feu violent, elle se vitrifie et produit un émail d’un brun chatoyant, qui donne au verre blanc une très-belle couleur verte : mais si l’on veut fondre celte chaux de cuivre seule en la poussant à un feu encore plus violent, elle sc brûle en partie, cl laisse un résidu qui n’est qu’une espece de scorie vitreuse et noirâtre, dont on ne peut ensuite retirer qu une très-petite quantité de métal.

En laissant refroidir très-lentement et dans un feu gradue le cuivie fondu, on peut le faire cristalliser en cristaux proéminents à sa surface et qui pénètrent dans son intérieur : il en est de même de l or, de l argent et de tous les autres métaux et minéraux métalliques. Ainsi la cristallisation peut s’opérei- également par le moyen du feu comme par celui de l’eau ; et dans toute matière liquide ou liquéfiée» il ne faut que do

HISTOIRE NATURELLE

l’espace, du repos et du temps, pour rpi’il se forme des cristallisations par l’attraction mutuelle des parties homogènes et similaires.

Quoique tous les acidt'S puissent dissoudre le cuivre, il faut néanmoins que l’acide marin et surtout Tacide vitriolique soient aidés de la chaleur, sans quoi la dissolution serait excessivement longue. L’acide nitreux le dissout au contraire très-promptement, même à froid : cet acide a plus d’af/inité avec le cuivre qu’avec l’argent; car l’on dégage parfaitement l’argent de sa dissolution, et on le précipite en entier et sous sa forme métalli(jue par l’intermède du cuivre. Comme celte dissolution du cuivre par l’eau-foiTe se fait avec grand mouvement et forte eflervescence, elle ne produit point de cristaux, mais seulement un sel déliquescent, au lieu que les dissolutions du cui\ re par l’acide vitriolique ou par l’acide marin, se faisant lentement et sans ébullition, donnent de gros cristaux d’un beau bleu qu’on appelle vitriol de Chypre ou vitriol bleu, ou des cristaux en petites aiguilles d’un beau vert.

Tous les acides végétaux attaquent aussi le cuivre : c’est avec l’acide du marc des raisins qu’on fait le vert-de-gris dont se servent les peintres : le cuivre avec l’acide du vinaigre donne des cristaux que les chimistes ont nommés cmtara de Vénus, Les huiles, le suif et les graisses attaquent aussi ce métal; car elles j)roduisenl du vert-de-gris à la surlace des vaisseaux et des ustensiles avec lesquels on les coule ouïes verse, lün général, on peut dire (|uc le cuivre est de tous les métaux celui qui se laisse entamer, ronger, dissoudre le plus facilement par un grand nombre de substances; car, indépendamment des acides, des acerbes, des sels, des bitumes, des huiles et des graisses, le foie de soutre l’atlaciue, et l’alcali volatil peut même le dissoudre : c’est à cette dissolution du cuivre par l’alcali volatil qu’on doit attribuer l’origine des malacliites de seconde formation. Les premières malachites, c’est-àdire celles de première formation, ne sont, comme nous l’avons dit, que des stalactites du cuivre dissous en rouille verte : mais les secondes peuvent provenir des dissolutions du cuivre par l’alcali volatil, lorsqu’elles ont perdu leur couleur bleue et repris la couleur verte; ce qui arrive dés que l’alcali \olalil s’est dissipé, » Lorsque l’alcali volatil, dit « M. iMacquer, a dissous le cuivre jusqu’à saturation, l’espèce de sel « métallique (jui résulte de celte combinaison forme des cristaux d’un « bleu foncé et des plus beaux : mais par l’exposition à l’air, l’alcali se <1 sépare et se dissi|)e i)eu à peu; la couleur bleue des cristaux, dans « lesquels il ne reste presque (jue du cuivre, se change en un très-beau « vert, et le composé ressemble beaucoup à la malachite : il est très- « possible (|ue le cuivre contenu dans celte pieri'c ait précédemment été « dissous par 1 alcali > olatil, et réduit par cette matière saline dans l’état Il de malachite *. n

* Ditljniinairo de €liiinie, ai ticle Cuhn-t.

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