‹ Œuvres complètes de Buffon avec des extraits de Daubenton, et la classification de Cuvier (volume 5)Chapitre 52 sur 54 · DU PLOMB · texte numérisé non relu

DU PLOMB

Le plomb, quoique le plus dense (4). des métaux après l’or, est le moins noble de tous ; il est mou sans ductilité, et il a plus de poids que

et qui en offet iic (liiïiirait en rien pour ia qtialité do celui dont nous venons de parler j cependant il avait la foi’inc de petits eliapcaux qui pesaient cliacnu deux livres Mais nous savons

que les marchands sont dans l’habitude de réduire tes gros lingots en petits pour se faciliter le délail de l’étain .... Teds .sont les étains qui passent dans le commerce pour élrc les plus purs , ou , ce qui est la même chose , pour n’avoir reçu arlificicllenicnt aucun alliage. Ilccherehes chimiques sur l’élain, par .M.M. Baycn cl Charlard, p. 22 cl suiv.

(1) La seconde classe de l’étain que nous c.xaminuns comprend celui que nous tirons en très-grande quantité do rAnglclcrre , d’où ou nous l’envoie en lingots d’environ trois cents livres; nous les appelons grm saumons. Cet étain est d’un grand usage parmi nous , et il se débite aux diirérents ouvriers en petites baguettes triangulaires de neuf à dix ligues de pourtour, et d’environ un pied cl demi de long... Il n’e.5t pas pur, et, selon M. Geoffroy, il a reçu en Angleterre même l’alliage prescrit pur la loi du pays. Recherches sur l’étain, etc., p. 27.

(2) A l’égard de la lioisième classe, elle renferme, comme nous l’avons dit, tous les étains ouvragés cl vendus par les potiers d'élain, sous toutes sortes de formes. Le premier en rang est celui qu’ils vendent .sous la marque d’élain fin ; le second .sous celle d’élain commun , et le troisième sous le nom de Claire étoUn, ou simplement de Claires. Idem, p. 28.

(5) llechcrches sur l’étain, par JIM. Rayon cl Charlard, p. 29 et 30.

H) Scion M. Brisson, le pied cube de |)lomh fondu , écroui , ou non écroui , pèse égalcmeut 7!U livres 10 onces i gros ii grains; ainsi ce métal n’est susceptible d’aucune compression, d’aucun écrouisseiucnt fiaf la percussion.

HISTUIRE iXATüRELLE

(le valeur. Ses qualités sont nuisibles et ses émanations funestes. Comme ce métal se calcine aisément et qu’il est presque aussi fusible que l’étain, ils n’ont tous deux pu supporter l’aclion du feu primitif sans se convertir en chaux : aussi le plomb ne se trouve pas plus (pie l’étain dans l’état de métal; leurs mines primordiales sont toutes en nature de chaux ou dans un état p)'ritcux : elles ont suivi le même ordre, subi les mêmes effets dans leur formation ; et la différence la plus essentielle de leurs minerais, c’est que celui du plomb est exempt d’arsenic, tandis que celui de l’étain en est loujours mêlé; ce (jui me semble indicpier que la formation des mines d’étain est postérieure à celle des mines du plomb.

La galène de plomb est une vraie pyrite qui peut se décomposer à l’air comme lesaulrciS |)yrites, et dans laquelle est incorporée la chaux du plomb primitif, (ju’il faut revivilier par notre art pour la réduire en métal : on peut même imiter arliliciellement celte pyrite ou galène en fondant du soufre av<!c le plomb; le mélange s’cnllamme sur le feu, et laisse après la combustion une litharge en (îcailles, qui ne fond qu’après avoir rougi, et se réunit par la fusion en une masse noirâtre, disposée en lames minces et tà facettes, semblables à celles de la galène naturelle : le foie de soufre convertit aussi la chaux de plomb en galène. Ainsi l’on ne peut guère douter que les galènes en général n’aient originaiiement été des chaux de plomb, auxcpiclles l’action des principes du soufre aura donné cette forme de minéralisation.

Cette galène ou ce minerai de plomb affecte une ligure hexaèdre presque cubique; sa couleur esta peu prés la même que celle du plomb terni par l’air, seulement elle est un peu plus foncée et plus luisante ; sa pesanteur approche aussi de celle de ce métal : mais la galène en diffère, en ce (lu’elle est cassante et feuilletée assez irrfîgulièrement ; elle ne se présente (pie rarement en petites masses isolées (I), mais pres(pie toujours en grouiics de cubes applicpiés assez régulièremeiU les uns contre les autres. Ces pyrites cubiques de plomb varient pour la grandeur ; il y en a de si petites dans certaines mines, qu’on ne les aperc^oit qu’à la loupe; et dans d’autres on en voit qui ont plus d’un demi-pouce en toutes dimensions. 11 y a de ces mines dont les filons sont si minces, qu’on a peine à les apercevoir et à les suivre, tandis qu’il s’en troine d’autres qui ont plusieurs ])ieds d’épaisseur; et c’est dans les cavités de ces larges liions que la galène est en groupes plus uniformes et en cubes plus réguliers. Le quartz est ordinairement mêlé avec ces galènes de première formation; c’est leur gangue naturelle, parce que la substance du jdomb en état de chaux a ])rimitivenient été déposée dans kvs fentes du quartz, où l’acide est ensuite venu la saisir et

(1) M. de (ii’igiioii m’« dil avuir oîiscrvé dans le Limousin une mine de ploml) qui csl en lu istaux octaèdres, isolés on groujiés par une ou doux laces ; celte mine jjit dans du sable quurlteux Icgcrcmcnl a;;glulinc.

DES MINEHAüX.

(iil

la miiH'ralisor. Soiivcnl ct'Ilo sul)s(anc(' du plomb s’ost Irouvoc môlôo avec d’autres minerais métalliques; car les galènes coiilicnneut communément du fer cl une petite (juantité d’argeid. (1), et dans IcTirsgroiipes on voit souvent de |)etites masses interposées rpii sont i)uremenl piryteuses, et ne contiennent point de |)lomb.

Comme ce métal se convertit en diaux, non-seulement par le feu, mais aussi par les éléments liumides, on trouve quelquefois dans le sein de la terre des mines en ccruse, qui n’est qu’une cliaux de plomb produite jnir l’acide de riuimiditc. Ces mines en céruse ne sont point pyriteuses comme la galène; presque toujours on les trouve mêlées de plusieurs autres matières métalliques qui ont été décomposées en même temps et qui loules sont de troisième formation. Car, avant cette décomposition du plomb en céruse, on peut compter plusieurs degrés et nuances jiar lesquels la galène passe de son premier état à des formes successives; d’abord elle desient chalojanlc â sa surface, et, à mesure qu’elle avance dans sa dècomposilion, elle perd de son brillant, et prend des couleurs rougcfitres et verdâtres. Nous parlerons dans la suite de ces différentes espèces de. mines, qui toutes sont d’un temps bien postérieur à celui de la formation de la galène, qu’on doit regarder comme la mère de toutes les autres mines de plomb.

La manière de traiter ces mines en galène, quoique assez simple, n’csl lieut-èlre jias encore as.sez connue. On commence par concasser le minerai, on le grille ensuite en ne lui donnant d’abord que peu de feu ; on l’étend sur l’air d’un fourneau qu’on cbautfe graduellement; on remue la matière de temps en temps, et d’autant [dus souvent qu’elle est en plus grande quantité. S’il y en a vingt quintaux, il faut un feu gradué de cinq ou six heures; on Jette de la poudre de charbon sur le minerai afin d’opérer la combustion des parties sulfureuses qu’il contient; ce charbon, en s’enllammant, enijiorte aussi l’air fixe de la chaux métallique : elle, se réduit dès lors en métal coulant à mesure qu’on remue le minerai et qu’on augmente le fou ; on a soin de recueillir le métal dans un bassin où l’on doit le couvrir aussi de poudre de charbon ))our préserver sa surface de toute, calcination. On emploie ordinairement (|uinze heures pour tirer tout le plomb contenu dans vingt quintaux de mine, et cela se fait à trois reprises différentes. Le métal provenant de la première coulée, qui se fait au bout de neuf heures de feu, se met à part lorsque la mine de plomb contient de l’argent; car alors le mêlai qu’on recueille à cette première coulée en contient plus que celui des coulées subséquentes. La seconde coulée se fait après trois autres heures de feu; elle est moins riche en argent que la première. Enfin la

(1) On ne connaît guère que la mine de Wiilacli, en Carinthie, qui ne contienne point il’nrgent; et on a remarqué qu’assez ordinairement plus les grains de la galène sont petits, et plus le minerai est riclie en argenl.

HISTOIRE NATURELLE

troisième et dernière, qui est aussi la plus i)auvre en argon! , se fait encore trois heures après; et cette manière d’extraire le métal à ])Iasieurs reprises est très-avantageuse dans les travaux en grand, parce que l’on concenti-e, |)our ainsi dire, par cette pratique, tout l’argent dans la première coulée, surtout lorsque la mine n’en contient qu’une petite quantité : ainsi on n’est pas oblige de rechercher l’argent dans la masse entière du plomb, mais seulement dans la portion de cette masse qui est fondue la première (1).

Nous avons en France plusieurs mines de plomb, dont quelques-unes sont fort abondantes et en pleine exploitation. Celles de la Croix, en Lorraine, donnent du plomb, de l’argent et du cuivre. Celle de Hargentheu, dans la Lorraine allemande, est remarquable en ce qu’elle se trouve mêlée avec du charbon de tci're (2) : cette circonstance démontre assez que c’est une mine de seconde formation. Au Val-Sainle-Marie, la mine a les couleurs de l’iris et est engi ains assez gros. Celles de Sainte- Marie-aux-Mines et celles de Stenbach en Alsace contiennent de l’argent; celles du village d’Auxelles n’en tiennent que peu ; et enfin les mines de Saint-Nicolas et d’Asteinbach sont de plomb et de cuivre.

Dans la Franche-Comté on a reconnu uu filon de plomb à Ternan, à trois lieues de Château-Lambert; d’autres à Frêne, à Plancher les Mines, à Body, etc.

En dauphiné on exploite une mine de plomb dans la montagne de V^ienne; on en a abandonné une autre au village de la Pierre, diocèse de Gap, parce que les filons sont devenus trop petits. Il s’en trouve une à deux lieues du bourg d’Oisans, qui a donné cinquante-neuf livres de plomb et quinze deniers d’argent par (juintal (3).

En Provence, on en connaît trois ou (juatre(4), et plusieurs dans le Vivarais (S), le Languedoc (6), le Roussillon (7) et le comté de'

(t) Observations métallurgiques de M. Jars, Mémoires de l’Académie des Sciences, année 1770, p. bit).

(2) Traité de la fonte des mines de Schlutter, tome I, p. 8.

(3) Idem, ibidem, p. 13 et suiv.

(i) Kn Provence , il y a des mines de plomb au territoire de Rainaluelle , dans celui de la Roque; à Beaujeu, au territoire de la A’olle, dans celui de Luc , diocèse de Fréjus, etc. Idem, ibidem, p. 21 .

(S) Dans le Vivarais , six mines de plomb tenant argent, près de Tournon Autres mines

de plomb à Bayard, diocèse d’tJzcs ; dans le même territoire de Bayard , il y a d’autres mines de plomb à Rancbinc et à Saint-Loup...; d'autres à une lieue de A'aucé, paroisse de Baliours, tenant plomb et argent. Idem, p. 23 et 23.

(()) En Languedoc, il y a des mines déplomba Pierre-Cervisc, à Auriae, à Coscatel , qui

donnent du cuivre , du plomb et de l’antimoine Il y en a d’autres dans la montagne A’oire

près la vallée deCorbiércs. Idem, p. 2(J.

(7) Dans le liou.ssillon , il y a une mine de plomb cuire les territoires de Prates et ceux de Mauère et Serra-Longa. Autres mines de plomb à rognons dans le territoire de Torigna ; ces îuincs sont en partie dans les vignes , et on les découvre après des |)luies d’orage; les i>nysans

UES MINÉRAUX. liiS

Füix (i'i, It’ pays «Ip Uoniminges (2). On trouve aussi plusieurs mines de plomb dans le Bigorre (.3), le Béarn (4) et la basse Navarre (b).

Ces provinces ne sont pas les seules en France dans lesquelles on ait découvert et travaillé des mines de plomb : il s’eu trouve aussi, et même de très-bonnes dans le Lyonnais (G), le Beaujolais (7),leRouergue(8),Ie Limosin (9) , l’Auvergne (10) , le Bourbonnais (H) , l’Anjou (12) ,

cil vemlent le rainerai aux potiers... La même province renferme encore d’autres mines serablahles. Traité de la fonte des mines de Schiulter, tome I, p. 53.

(1) Dans le comté de Foix , mines de ploinh tenant argent à l’Aspie Autre mine de

plomb dans la montagne de Slontroustand., . Autre au village de Pesclie près Cbâtcau-Verdun... Autre dans les environs d’ Arques , qui est en feuillets fort serrés et très-pesants. Idem, [lage 11.

(2) Dans le comté de Comminges, il y a une belle mine de plomb près Jends, dans la vidlée de Loron... Une autre dans la vallée d’Arboust, tenant argent... Une autre tenant aussi

argent . dans la vallée de Ludion et d’autres dans la \ille de Lcge, et dans la montagne

Souqnette; cette dernière tient argent et or La montagne de Ceveiran est pleine de

mines de plomb et de mines d’argent , que les Uoinaiiis ont travaillées autrefois 11 y a

encore plusieurs autres mines de plomb dans le même comté. Idem, tome I, pages <{5 et suivantes. , ^

(3) Dans le Rigorre , il y a une mine de cuivre verte a Gaverin... Une autre a Consrette, au-dessus de Barrage... Dans la montagne de Castillan proche Peyre-File , il y a des mines de

iilomb qu’on ne peut travailler que trois ou quatre mois de l’année , à cause des neiges

Autres mines de plomb à Streix , dans la vallée d’Auzuu A Porchytte et dans plusieurs

autres lieux du Bigorre. Idem, p. 46 et 47.

(4) Dans le Béarn, il y a une raine de plomb sur la montagne de Habal , à cinq lieues de

Larmes , qui est en exploitation , et qui rend cinquante pour cent Et une autre mine de

plomb dans la montagne, de Monheims. Idem, p. 30 et 32.

(3) Dans la basse Navarre , la monUgne d’Agella , qui borne la vallée d’Aure , renferme

plusieurs mines de plomb tenant argent Celle d’Avadec contient aussi une mine de plomb

tenant argent Dans les Pyrénées il y a de meme des mines de plomb dans la montagne de

Belonca... Dans celle de Ludeus , de Portuson , de Varan , et plusieurs autres endroits. Idem, p. 34, 53, 57 et suiv.

(6) Dans le Lyonnais, il y a des mines do plomb près Sainl-3Iarlin-dc-la-Plaiue... D’autres près de Tarare , dont les éehanlillous n’ont donné que huit livres de plomb et trente grains d’argent par quintal. Idem, p. 31.

(7) Dans le Beaujolais, il y a des mines de plomb près du llliône, dans un lieu nommé D'autres à Consens-en-Foi ès, à Saint-.lulien-.Molin-Jbdlette, etc.; il y en a encore

plusieurs autres dans celte province. Idem, tome l,p. 32.

(8) Idem, tomel, p- 30. - . ,

(9) Dans le Limosin, il y a une mine de |domb à Fargens, à une dcmi-licue de Tralage

Une autre dans la paroisse de Vici); , élection de Limoges ; et à Saint-Hilaire une autre mine de plomb tenant étain j il y a encore d’autres mines de plomb qn’on soupçonne tenir de l’étain. Idem, p. 59 .. Les meilleures mines de idooib du Limosin sont celles de Glanges, Mercoeur et Issoudun : celle dernière donne soixante-cinq à soixante-dix livres de plomb par quintal de minerai ■ mais ce lilon est très-mince. Note communiquée par 51. de Grignon, eu octobre 17b2.

(10) En Auvergne, il y a une mine de plomb à Gombres, à deux lieues de Ponlgibaud; elle ne rend que cinq livres de plomb par quintal ; mais cent livres de ce plomb donnent deux marcs et une once d’argent j elle est abandonnée.... Il y a d’antres mines de plomb à Cbades, entre Uiom et Pontgibaud , et d’autres dans l’élection de lliom. Traité de la fonte des mines, de Schlutter, tome 1, P- *>0 et 61.

(11) Dans lc(Bourbonuais, il y a des mines de plomb dans l’enclos des Chartreux de Moulins et dans le village d’Uzès. Idem, p. 02.

(12) En Anjou, selon Piganiol, il y a des mines de plomb dans la paroisse de Corcelle

Une autre à Moutrevaux; celte dernière a été travaillée et ensuite abandonnée. Idem, p. 64.

HISTOIRE NATI RELLE

la province de iXnrmandie (i) el la Rrelagne (:2) , où celles de Pompéaii et de Poidawen sont exploitées a\ ec succès ; on peut nièine dire (jue celle de Pomj)èan est la plus riclie (pii soit en France, et peutêtre en Europe. iXous avons au Cabinet du Roi un très-gros el très-jiesant morceau, cpii m’a été donne par feu M. le chevalier d’Arc)' de rAcadcinic des Sciences,

i\I. de (icnsanne, l’un de nos plus habiles minéralogistes, a fait de bonnes observalions sur la plupart de ces mines : il dit cpie , dans le Gévaudan, on en trouve en une infinité d’endroits j que celle d’Alem, qui est à grosses mailles, est connue dans le pays sous le nom de Vernis, parce que les habitants la \ endenl aux potiers pour vernisser leurs terreries : il ajoute que les veines de celte mine sont pour la plupart horizontales, el dispersées sans suite dans une pierre calcaire fort dure (.T). On trouM; aussi de celle mine à \ernis en grosses lames auprès de Combcltc, paroisse d’Ispagnac. Le docteur Aslruc avait parlé, plusieurs anniîos aupara\ant, d’une semblable mine près de Durfort, dans le diocèse d’Alais, (pi’on enqiloyail aussi pour vernisser les potcric's (4). M. de Gensanne a obsei vé dans les mines de plomb de Pierre-Latte, diocèse d’Lzès, que l’un des filons donne quelquefois de l’argent pui’ eu filigranes, et qu’en général ces mines rendent quarante livres de plomb, et deux ou trois onces d’argent par quintal ; mais il dit que le minerai est de ti ’és-ditficile fusion, |)arcc qu'il est intimement mêlé avec de la pierre cornée.

Dans la montagne de 3Iat-lmbeiT il y a deux gros filons de mines de plomb riche en argent : ces filons , qui ont aujourd’hui trois à (piatre toises d’épaisseur, d’un très-beau spath jiiqueté de minéral, tra\'ersent deux monlagnes, et paraissent sur jilus d’une lieue de longueur; il > a des endroils où leur langue s’iUève au-dessus du terrain de cinq à six toises de hauteur. (,et habile minéralogiste cite encore un grand nombre d autres mines de idoiiib dans le Languedoc, dont plusieurs contiennent lin peu d’argent, et dont le minéral parait presque partout à la surface de la terre. « Près des bains de la Malon, diocèse de Béziers,

<1 on ramasse, dit-il, presque à la surface du terrain, des morceaux de « mine de plomb dispersés et enveloppés dans une ocre jaunâtre. Il » règne tout le long de ce vallon une quantité de veines de plomb, d’ar-

(1) En Noi maiidic il y a une mine de plomb à PiciTCvillc , auprès de Falaise. Traité de la fonte des mijics de SeliluUer, tome I, p. (iS.

(2) En Bretagne il y a une mine do ]ploml) à Pompéan ; en 17iîô et le minerai donnait jusqu’à soixante-dix-sept livres pour cent de plomb, et ce plomb rendait trois onces

au plus d’argent par quintal Il y a encore d’autres mines de plomb à Borien, Serugnat,

Püulawen , Ploue , Lotptefré , le Pidcnré , la F’enillée, Ploué-Xorminais , Carnot , PInequets, Trcbiran, Paul et Melcarebais. Idem, tome I, p. 70.

(.“) Histoire iialiirellc du Languedoc, tome III, p. 22'<.

(i) Bibliolbèipie raisonnée, juillet, aoûl et septembre I7fil».

Ci O

Il goni ol (le cuivro : cps voinos sont l:i jiliiparl rocoin prios par iinr K espèce de minéral ferrugineux d’un rouge de cinabre, et tout à fait Il semblable à de la mine de mercure. >•

Dans le Vivarais, M. de (jetisannc indique les mines de plomb de l’Argenticre ; celles des montagnes voisines de la rivière de la Douce ; celles de Saint-Lanrent-les-Bains, du v allon de Mayres, et plusieurs autres qui méritent également d’etre remarquées ( l); il en a aussi reconnu quelques autres dans différents endroits de la province du Vélay (2).

(1) La petite ville de l’Argcntièi'e , en Vivarais, tire son nom des mines de plomb et argent

qu’on y exploitait autrefois Il n’y a point de veines réglées ; le minéral s’y trouve dispersé

dans un grès très-dur , ou espèce de granit , qui forment la masse des montagnes qui environnent l'Argentièrc. Ce minéral est à grains lins , semblables aux grains d’acier; il rend au delà de soixantc-livres de plomb, et depuis qualrcjusqu’à cinq onces d’argent au quintal... Il n’y a que la crête de ces montagnes qui ait été attaquée, et il s’eu faut bien que le minerai y soit épuisé... 11 y a sur ces montagnes , depuis Vais jusqu’à la rivière de la Douce , dans la paroisse de Serrc-.VIcjames, quantité d’indices de mines de plomb; mais un phénomène bien singulier , c’est qu’on trouve sur la surface de ce terrain des morceaux de mine de plomb plâtreux , semblables à de la pierre à chaux , qui rcufermcnl des grains de plomb naturel . dont quelques-uns pèsent jusqu’à une demi-once... La matière dure et terreuse qui renferme ces grains rend elle-même jusqu’au delà de quatre-vingts pour cent de plomb...

En dc.scendant de ces hautes montagnes dans le vallon de Saint-Lanreat-les-Ilains , nous avons remarqué quelques veines de mine de plomb. Il y en a une surtout considérable au bas de ce village , sur la surface de laquelle on remarque plusieurs filets de spath d’une trè.sbelle couleur d’améthyste...

II y a peu de cantons dans le Languedoc où il y ait autant de minéraux que le long du vallon de Mayrcs , surtout aux montagnes qui sont au midi de cette vallée. On commence à apercevoir les veines de ces minéraux auprès delà Narce, village situé sur la montagne du côté de la Chassade. Il y a auprès des Artch... une montagne qui nous a paru toute composée de raines de plomb et argent. On eu trouve des veines considérables au pied du village de Mayres.

En laontant du Ghayla , au bas du château de la Chaise , on trouve près du chemin un très-beau filon de mine de plomb. 11 y en a plusieurs de même nature près le village de Saint-Michel.

La montagne qui s’étend depuis Beaulieu à Klbèses jusqu’au delà de Vincieuxest traversée par un grand nombre de filous de mine de plomb , dont nue grande partie est exploitée par M. de l’Iumcnstein, qui eu a la concession de Su Majesté... Le filou d’Éthèses a environ deux

pieds de largeur et est entremêlé d’une terre noire Le filon de liroussin est maguifi(|uc

Il y a des endroits où le minéral pur a près de quatre pieds de largeur Comme ce minéral

ne tient piresque pas d’argent , on on sépare le plus pur pour les potiers du diocèse , sous le nom de vemU. Le surplus , qui se trouve mêlé de blende ou de roche , cstjiorté à la fonderie de Saint-.Iulien, où l’on en extrait le plomb... Il y a un autre filon de mine de plomb à Baley, paroisse dcTalcneicux , qui n'csl pas riche. Histoire naturelle du Languedoc , par M. de Gensanne, tome III, p. 178 et suiv.

(2) On trouve dans le canton ( de la paroisse de Briguon eu Vélay ) une très-belle mine de

plomb, dont la veine est trè.s-bieu caractérisée Nous avons trouvé dans les bois voisins de

Versillac un très-beau filon de mine de plomb Du côté d’Issengeaux nous .avons reconnu ,

en dilférents endroits, des marqui-s très-caractérisées de mine do plomb... Vers Saint-Mauricede-Liguan el de Ih'unières nous avons trouvé quantité de maïqucrs de mine de plomb parmi

HISTOIRE NATURELLE

En Franche-Comté, à Plancher-les-ÎMines, dans la grande montagne, les mines sont de plomb et d’argent; elles sont ouvertes de temps immémorial, et on y a fait des travaux immenses. On voit à Bandy, près de Château-Land)ert, un lilon qui règne tout le long d’une petite plaine sur le sommet de la monlagne. Celte veine de plomb est sons une roche de granit^ d’environ trois toises d’épaisseui', et (|ui ressemble à une voûte en pierres sèches qu’on aurait faite exprès; elle s’étend sur toute la longueur de la plaine en forme de crête (I). Nous observerons sur cela que cette roche ne doit pas être de granit primitif, mais seulement d’un granit formé par alluvion, ou peul-clrc même d’un grès à gros grains, que les observateurs confondent souvent avec le vrai granit.

Et ce qui contirme ma présomption, c’est que les mines ne se trouvent jamais dans les montagnes de granit primitif, mais toujours dans les schistes ou dans les pierres calcaires qui leur sont adossées. M. .laskevisch dit, en parlant des mines de plomb qui sont à quelque distance de Fribourg en Brisgau, que ces mines se trouvent des deux côtés de la monlagne de granit, ctqu’iln’yen a aucune trace dans le granit mênie(2).

En Espagne, M. Bowles a observé plusieurs mines de plomb, dont quelques-unes ont donné un très-grand produit, et jusqu’à quatre-vingts livres par quintal (5).

losroclicrs île granit... On voit auprès de Ulonblrol plusieurs anciens travaux sur des mines (le plomb; celle qu’on appelle la borie est des plus considérables. Les gens du pays nous ont assure qu’il y a beaucoup de minéral dans le fond des travaux qui ne sont qu’à vingt-cinq loiscs de profomleur ; mais qu’on avait clé obligé do les abandonner , à cause de la quantité d’eau qui s’y trouvait... A peu de distance de cet endroit est la mine de IV’ant , dont on vend le udnéi al aux potiers ; la veine ne donne que par rognons... Il y a encore plusieurs autres mines et indices de mines de plomb dans ce diocèse. Traité de la fonte des mines de Seldutler, p. 2.116, Ui, 2^0, 2f0 et 247.

(1) Histoire naturelle du Languedoc, par M. de Gensanne, tome II, p. 19 et suiv.

(2) A quelque distance de Fribourg, en lii isgau, il y a plusieurs mines qui avaient été abandonnées, mais que l'on exploite de nouveau La inuntagne de Grensem, où se trouvent plu-

sieurs de ces mines de plomb, est adossée à une monlagne de granit... Toutes les pierres qu’on y trouve sont de vrai granit grisâtre, à fort petits grains, .avec des points de sebori noir, ressemblant beaucoup au granilello d’Italie. Du côté opposé de cette montagne est une autremine de plomb dont le minerai estime galène; sa gangue est de spalli calcaire. La montagne granitique se trouve donc entre les montagnes calcaires qui renferment les mines. Voyages de M. Jaskeviscli, dans le Supplément an .lournal de Physique du mois d’octobre 1782.

(5) Il y a une mine de plomb à deux lieues d’Orelbuia, sur le ciiemin de Zalumea : cette mine est dans une petite éminence.... La veine coupe directement la pierre iPardoise, elle est dans le quartz. Histoire naturelle d’Espagne, par M. Bowles, p. 67. — Dans la province de Jaen en Espagne , aucune mine ne se trouve dans la pierre calcaire, et il y en a une de plomb près de Limarès, dans du granit gris ordinaire. La veine a dans certains endroits soixante pieds de large, et dans d’autres pas plus d’un. Les salbandes qui enveloppent la veine sont d’argile; mais ces salbandes sont souient à découvert et se mêlent avec le granit... De ces salbandes qui accempagnent les mines en général, l’iine soutient le lilon par-dessous et l’autre le couvre pardessus. et c’est la plus gros-sc.,.. Cette mine de plomb est ordinairciucnl en veines, mais on y

DES MmÉRAUX.

En Anglelorre, celle de Mendip est une galène en niasse, sans gangue et presque pure(l). Il y a aussi de très-riches mines de ce métal dans la province <le Derby (2), ainsi que dans les montagnes des comtés de Cardigan et de Cumberland (3) ; et l’on en counait encore d’aussi pures que celles de Mendip dans quelques endroits de l’Ecosse (4).

M. Guettard a reconnu des indices de mines de plomb en Suisse (3), et il a observé de bonnes mines de ce métal en Pologne : elles sont, ditil, abondantes et riches en argent (6). Il dit aussi que la mine d’Olkuskow, diocèse de Cracovie, est sans matière étrangère.

trouve aussi des rognons.. .. On en a Irouvé un si abondant , que, pendant quatre ou cinq ans, il fournit une quantité prodigieuse de plomb dans un espace de soixante pieds de large, autant

de long, et sur autant de profondeur C’est une véritable galène à gros grains, qui donne

pour l’ordinaire soLxaiite à quatre vingts livres de plomb par quintal et comme ce plomb

ne contient que trois ou quatre onces d’argent par quintal, il ne vaut pas la peine d’être eoupellc. Histoire naturelle d’Espagne, par ,M. Bowles, p. il7 cl suiv.

(1) La mine de Mendip, dans le comté de Sommersel, est en quelques endroits en filons perpendiculaires, tantôt plusetroils, tantôt plus larges; cette mine ne forme qu’une masse, et elle contient du plomb pur, c.\eeplé à la surface, où elle est mêlée d’une terre rouge. M. tiuettard, Mémoires de l’Academie des Sciences, année 17(12, p. 521 et suiv.

(2) On trouve en Derbyshire des veines de plomb très-considérables , dans une pierre à cbaux coquillière, à laquelle on donne un très-beau poli, et dont on fait plusieurs ouvrages... Toutes les mines de cette province sont trcs-ricbcs en argent , et sont dans des montagnes

récentes dont les pierres contiennent des corps marins Cependant en Derbyshire , comme

ailleurs , la pierre à chaux est posée sur le schiste..... Malgré cette exception , il n’en est pas moins vrai que les montagnes de nouvelle formation renfermeut rarcinout de vrais filons de mine. Lettres sur la Minéralogie, par M. Ferber ; note, p. iS6 et suiv.

(3) On sait qu’en général toutes les ntontagnes du comté de Cardigan en Angleterre sont remplies de mines de plomb qui contiennent de l’argent... Dans les montagnes de Cumberland, il y a du cuivre , de l’or et de l’argent , et du plomb noir. M. Cuettard , Mémoires de l’Académie des Sciences, année 174G, p. 383.

(f) 11 y a trois sortes de mines de plomb en Écosse : la première , nommée lum-leud , est presque de plomb pur; la seconde , swelling-lead ou smethon , est la mine triée; la troisième, la mine pauvre. On ne fond pas la première ni la seconde ; on les vend aux potiers de terre pour vernir leurs poteries. Traité de la fonte des mines de Scbluller, tome II, p. 323.

(3) Les Alpes du canton de Scbwitz renferment des mines de plomb. Mémoires de l’Académie des .'cienres, année 17.32 , p. 333. — Scbeucbzer dit qu’il y a une mine de plomb audessus de Zillis en Barcnwald , une autre de plomb et de cuivre à Annebcrg. Idem, p. 333. — La vallée de Ferrera, aux environs de Scliams, de Davos et de Disentis, fournissent du plomb. Idem , ibidem. — Dans les environs du Grimscl en Suisse il y a des veines de plomb. Idem, p. ôôfi.

(6) Il y a à Oikuszar , dans le domaine de l’évêque de Cracovie , une mine de plomb sans

matière étrangère , qui est écailleuse. Ses épontes ou salbandes sont d’une terre calcaire

Une autre raine de plomb trouvée dans les Karpacs est à petites écailles cl contient beaucoup d’argent gris; une troisième est à petites écailles avec des veines d’une terre jaune d’ocrc ; une quatrième est aussi écailleuse , pure et en masse , composée d’espèces de grains mal liés, de .sorte qu’on dirait que cette mine a passé par le feu ; ces deux dcrnière.s se trouvent aussi

dans les Karpacs Les mines d’Olkulz en Pologne ont été travaillées dès le quatorzième

siècle ; on y voit pinsieiiis pnils. dinil ((uel(|iu!S-uns desceudonl jusqu’à quatro-viugts brasses

HISTOIRE NATURELLE

Il y a dans la Carinlliic des mines do pimnb (jui snni en pleine exploitation; elles gisent dans des montagnes calcaires, et l’on en tire par année vingt-mille quintaux de plomb (I). I^es mines de plond) (jue Ton trouve dans le Palalinat en Allemagne, sons la foi mc d’une pierre cristallisée, sont exemptes de même de toute matière étrangère ; ce sont des mines en chaux qui, comme celle de plomb blanche, ne contiennent en effet, que du plomb, de l’air et de l’eau, sans mélange d’aucune autre matière métallique (il).

On voit par cette énumération qu’il se trouve un grand nombre <le mines de plomb dans prestpie toutes les provinces de l’Europe : les plus remarquables ou plutôt les mieux connues, sont celles qui contiennent une quantité considérable d’argent : il y en a de toute espèce on Allemagne (5), de même qu’en Suède, et jusqu’en Norwége.

(lo profondeur. Leur situalion est au pied d’une petite montagne qui s’élève en pente douce. Le minerai de ces mines est la galène couleur de plomb ; elle est sans mélange de cailloux ni de sable , ni d’aucune antre substance... . Le minerai est répandu dans une terre jaunâlre , mêlée d’une pierre semblable à la calamine , cl à de la pierre à chaux dans <pielqiics endroits ; cette terre contient aussi des fragments d’une pierre ferrugineuse qui a été très-utile pour la

ionte du minerai A la prolondc.ur de cinq ou six brasses on trouve d’ahortl une espece de

pierre à chaux, et dès la dixième Liasse on rencontre la veine du minéral, qui , dans quelques endroits, n’a que deux ou trois pouces, ot dans d’autres jusqu’à une demi-brasse d’épaisseur. .. ün tire de ce plomb onze marcs cl demi d'argent, sur soixante-dix quintaux de plomb. M. fiiicttard ; Mémoires de l’Acadcmie des Sciences, année 1702, p. 319, 321 et suiv.

(1) On trouve dans les mines de lilcyberg en Carinlliic plusieurs sortes do minerais : 1° le plombage en plomb compacte presque mallcaidc , couleur de vrai plomb minéralisé avec le .soufre et l’arsenic; 2“ la galène de plomb crislallisce en cubes ou eu oeluèdres; 3° la craie parsemée de petits poinls de galène de plomb qui forment de jolies dendrites; 4“ le plomb spatlicux , couleur de jaune clair , jusqu’à l’oranger blanc , couleur de plomb transparent , couleur de vert pâle... etc. Voyage de M. Jaskevisch , dans le Supplément au .fournal de Physique du mois d’octobre de l’année 1782.

(2) Dans le Ilaut-Palalinat à Fregung, il y a une mine de plomb qui n’est mêlée d’aucun autre racial, cl par conséquent excellente pour l’u.sage de la coupelle; elle est en partie sous la forme d’une pierre cristalline; le reste n’est pas si riche en plomb et paraît |dus farineux. Collection ai'adémique, partie étrangère, tome II. p. 2.

(5) La mine de plomb et d’argent de IlammeI.sberg est en partie très-pure , et en partie mêlée de pyrites cuivreuses et do soufre ; et dans le milieu de ces iiyritcs on trouve ipielques veines de mines de iilomb brillantes... Lo produit de cette mine est en argent, depuis un gros jusqu’à une once, et en plomb depuis six jusqu’à quarante livres par quintal. Ün ne peut réiluire cette mine en nioindi'c volume par le bocard et le lavage, parce que sa gangue est trop dure et trop pesante ; mais elle a l’avantage d’être assez jiin c ; ainsi on peut la regarder comme une mine triée; à cause de sa dureté, on attend qu’elle ait reçu trois grillages avant de l’essayer Les mines qui .se tirent des minières de llalzbruckc ne conticuuent par quintal que

depuis une demi-once jusqu’à doux onces et demie d’argent; mais elles rendent depuis vingthuit jusqu’à soixante-cinq livres de plomb par quintal; ainsi , comme elles sont tendres , ou les grille .seules , et on ne leur donne que deux feux iioiir les ajouter ensuite aux autres dans la fonte.

On trouve à Foelgebangen de la mine de plomb à gros brillants dont le quintal rcnil depuis

lU'J

On ne peut guère douter qu’il n’y ait tout autant de mines de plomb en iVsie qu’en lAirope, mais nous ne pouvons indiquer (pie le petit nombre de celles qui ont été remarquées par les voyageurs, et il en est de meme de celles de l’Afrique et rAinérique. En Arabie, selon Niebubr, il y a tant de mines de plomb dans l’Oman, et elles sont si ricbcs, qu’on en exjiorte beaucoui) (1). A Siam, les voyageurs disent qu’on travaille depuis longtemps des mines de plomb et d’étain (2). En Perse, dit Tavernier, on n’avait ni plomb ni étain que celui qui airivait des pays étrangers; mais on a découvert une mine de plomb auprès de la ville d’Vcrde (3). iM. Peysonnol a vu une mine de plomb dans file de Crète, dont il a tiré neuf onces de plomb sur une li\'rc, et une trèspetite quantité d’argent : it dit qu’en creusant un peu plus jirofondément on décoin rc quebpiefois des veines d’un minerai de couleur grise, taillé à facettes brillantes, mêlé de soufre et (fun peu d’arsenic, et (pi’il a tiré d’une livre de ce minerai sept onces de plomb et une drachme d’ai gcnt (4). En Sibérie, il se trouve aussi nombre de mines de plomb, dont (pielques-unes sont fort riches en argent (îî),

Nous avons peu de connaissance des mines de plomb de f Afrique; seulement le docteur Shaw fait mention de celles de Barbarie, dont quelques-unes , dit-il , donnent quatre-vingts livres de métal par quintal (0).

soixaiitc-dix jusqu’à quatre-vingts livres de |doml) , et depuis six gros jusqu’à une once cl demie d’argent; on y trouve aussi de la mine de plomb à p<qils brillants , eonlenant un peu plus d’argent et moins de plomb : on trie les meilleurs morceaux de ces mines , et on pile et lave le reste ; mais le tout doit être grillé...

Dans le Ilaut-Hartz le produit des mines pilées varie beaucoup ; il y en a dont le quintal ne tient qu’une demi-once d’argent; d’autres qui en contiennent jusqu’à un marc... Celles d’Aiidreasberg sont plus l iches , parce qu’on y trouve de l’argent vierge et de la mini-ru aiyeiili rul/i'a, dont les grillages fournissent beaucoup d’argent; eiiliu , il y en a d’autres qui, sans argent vierge ni même d’argent rouge, fournissent eiirorc plus d’argent...

J.cs mines qu’on trouve dans le comte de Slolbcrg, à Slrelzberg, sont de plomb et d’argent, mêlées d’un peu de pyrites et de mine de cuivre. Il se trouve aussi dans les memes filons de la mine de fer jaune et blanche qu’on ne peut en séparer entièrement, ni en pilant ni eu lavant le minéral ; ainsi on la trie le mieux qu’il est possible, en la pilant grossièrement et la faisant passer par un crible. Traité de la Fonte des Mines par Seblullcr , tome II , p. 162, 182, 186, 196 et 528.

(1) Description de l’Arabie, p. 125.

(2) Histoire générale des Voyages, tome XV'III, p, 507.

(.5) Idem, tome X, p. 656.

(f) Histoire de Croie, raanuserilc, par M. Pcyssonnel.

(5i A quelque distance d’Arguusk en .Sibérie et ;à (luelques verstes de l’aneicmne mine d’Ildikim , on a découvert un noiKcau lilon d’un beau ininér.il luisant , Irès-fonec , mêlé d’un peu de gravier , qui contient deux onces d'argent et plus de cinquante livres de |)lomb i)ar quintal. Il y a encore d’autres minerais dont on lire trois onces d’argent et soixantc-quatoize livres de plomb, et l'argent (pi’il donne eonlienl de l’oi'. Histoire genénde des Voyages, tome XVHI, p. '209.

;6) Les mines de plond) de Jibbcf lis-sass, piès d'Huinmauleel, cellos de Wamard-récsc cl

m kiStOlUË NATÜHÉllË

Dans l’Amérique seplenlrîonale, on trouve de bonnes mines de plomb aux Illinois (1), au Canada (2), en Virginie (5); il y en a aussi beaucoup au Mexique (4), et quelques-unes au Pérou (5).

Toutes les mines de plomb en galène affectent une figure hexaèdre en lames écailleuses ou en grains anguleux : et c’est en effet sous celte forme que la nature a établi les mines prinionUales de ce métal ; toutes celles qui se présentent sous d’autres formes ne proviennent que de la décomposition de ces premières mines dont les détriments, saisis par les sels de la terre, et mélangés d’autres minéraux, ont formé les mines secondaires de céruse, de plomb blanc (6), de plomb vert, de plomb rouge, etc., qui sont bien connues des naturalistes; mais M. de Gen-

ccllcs de Beniboolateb sont toutes fort riches, cl l’on en pourrait certainement tirer de grands

trésors si elles claicnl mieux travaillées On lire aiséinciil par le feu quatre-vingts livres de

métal d’un seul quintal de mine 11 y en a aussi dans les terres d'Alger, et surtout dans une

haute montagne appelée Van-naff-réese , dont le sommet est couvert de neige. Après de grandes pluies , les torrents qui découlent de cette montagne charrient des grains et pailles de ce minéral , lesquels s’arrêtent sur ces bords , brillent comme l’argent à la lueur du soleil. Voyages de Shaw, tome 1, p. 4!) et 50(5.

(1) Dans le pays des Illinois, il y a des mines de plomb dont on peut tirer soixante-seize ou quatre-vingts livres de plomb par quintal... Ce plomb contient un peu d’argent. M. Guettard, Mémoires de l’Académie des Sciences, année 1752, p. 210.

(2) 11 y a une mine de plomb à la baie Saint-Paul , à vingt-cinq lieues de Québec... qui est dans une grande montague .... Les liions de cette mine de Saint-Paul sont placés pcrpcndiculairemcul dans le rocher... Les pierres que l’on trouve à la surface ou à peu de profondeur ne sont qu’environnées de métal à la surface , et à miwurc que l’on descend , les pierres en sont plus pénétrées. Les veines sont de dill'érenlcs largeurs , et sont peu éloignées les unes des autres. Idem, p. 210 et suiv.

(.5) La Virginie a des mines de plomb auxquelles on a travaillé et qui sont aujourd’hui abandonnées. Histoire générale des Voyages, tome XIV, p. 508.

(^) Le canton d’Azqtiiquilpa , a vingt-deux lieues de èlcxico, abonde eu mines de plomb... La province de Guaxaca renferme la montagne itz-qui-tepeque , où il se trouve quantité de veines de plomb ; celle de Guudalaj.ara renfermo dans scs moutagnes beaucoup de mines d’argent et de cuivre mêlées de plomb. Il s’en trouve aussi de plomb et d’argent dans la province de la Nouvelle-Biscaye Et autrefois ou en tirait aussi beaucoup de la province de

Cliiapa. Idem, tomeXll, p. 618.

(5) Le corrégiment de Cuaiila , dans le diocèse de Guamanga , au Pérou , a des mines de plomb. Idem, p. 6^8.

(6) La mine de plomb blanche qui se trouve dans celle de Ponlaoucn , en Bretagne , est on assez gros cristaux , de forme prismatique , brcgulièrement striés dans leur longueur , d’un blanc de nacre Iransparcnl, qui donnent au quintal qualre-vingt.s livres de plomb tenant nu

peu d’argent Cette mine de plomb blanche , quoiqu'en dise Vallérius, est parfailemcnt

soluble par tous les acides... Elle ne contient point d’arsenic , quoique Vallérius l’ait assuré , ni d’acide marin, comme le prétend -M. Sage... Les mines de plomb spatliiqiies sont des mines de plomb de seconde formation , que l’on rencontre dispersées sans ordre et sans suite dans les environs , et toujours assez près des galènes ou mines de plomb sulfureuses. La position des mines spalbiques, leur ciâstallisalion distincte plus on moins, les font aiséiuenl reconnaître pour l’ouvrage des eaux soutcrraiues chargées de la partie mélalliijue des galènes décomposées. Mémoire de 31. Laborie, dans ceux des Savants étrangers, tome IX, p. Ut et suiv.

bES MiNËRAUX. ë5l

saune fait incnliou d'une mine singulière (lui renl'ermc dos grains de plomb tout à fait pur j voici l’extrait de ce qu’il dit à ce sujet : « Entre « Pradel et Vairreau, il y a une mine de plomb dans des couches d’uiie' « pierre calcaire fauve, et souvent rouge 5 le filon n'a qu’un pouce et « demi ou deux pouces d’épaisseur, et s’étend presque tout le long de « la forêt des châtaigniers. C’est en général une vraie mine de plomb « blanche et terreuse ; mais ce qu’il y a de singulier , c’est que celte « substance terreuse renferme dans son intérieur de véritables grains K de plomb tout faits, ce qui était inconnu jusqu’ici. Cette terre miné- « raie qui renferme ces grains rend jusqu’au delà de quatre-vingt-dix « livres de plomb i»ar quintal, et les grains de ptomi» qu’elle renferme a sont très-purs et très-doux; ils n’affectent point une configuration ré- « gulière ; il y en a de toutes sortes de figures; on en voit ([ui forment « de petites veines au travers du minéral, en forme de filigrane, et (pii « ressemblent aux taches des dendrites. On trouve du minéral scmbla- « ble, et qui contient encore plus de plomb natif, près du village de « Faycl , et de même près de Villeneuve-de-Berg . et encore dans la « montagne qui est à droite du chemin qui conduit à Aubénas, à une ti petite lieue de Villeneuvc-de-Bcrg : les quatre endroits de ces mon- « lagnes où l’on trouve ce minéral sont à plus de trois lieues de dis- « tance les uns des autres sur un même alignement, et la ligne entière U a plus de huit lieues de longueur. Les plus gros grains de plomb pur « sont comme des marrons, ou de la grosseur d’une petite noix; il y « en a d’aplatis , d'autres plus épais et tout biscornus ; la plupart sont « de la grosseur d’un petit pois, et il y en a qui sont presque imper- « ceplibles. La terre métallique qui les renferme est de la même cou- « leur que la litharge réduilc en poussière impalpable : cette terre se « coupe au couteau , mais il faut le marteau pour la casser; elle ren- « ferme aussi de véritables scories de plomb, et quelquefois une ma- « lière semblable à de la litharge ; cependant ce minéral ne provient « point d’anciennes fonderies ; d’ailleurs il est répandu dans une Irès- « grande étendue de terrain; on en trouve sur un espace déplus d'un Il quart de lieue, sans rencontrer de scories dans le voisinage, où l’on « n’a pas mémoire qu’il y ait jamais eu de fonderies (1). »

(t) Nuta. M. de Viily , president à la Cliambre des Comptes de Dijon , a eu la bouté de m’apporter un morceau de cette mine raclée de plomb tout pur, qu’il a trouvé à l’Ai'genlièie, en Vivaraks , sur l’une des deux montagnes entre lesquelles celte ville est située; il en a rapporté des morceaux gros comme le poing, et communément il y en a de la grosseur d’un œuf; les uns ont l’apparence d’une terre métallique ; ils ressemblent au massicot et sont un jicu transparents j d’autres, plus légers, sont en état de verre et renferment des globules de métal, plus ou moins gros , qui se laissent entamer au couteau , et sont réellement du plomb. 11 y a beaucoup de mines de plomb en galène aux environs de rArgenlicre;. elles ont été exploitées dans le temps des Croisades comme mines d'argent; c’est même , à ce que l’on dit , ce qui a donné le nom à lu ville; il n’y a point de vestiges d’anciens volcans dans ces deux montagnes,

HISTOIUE iNATüRELLE

CiCs derniers mois semblent indiquer que M. de Gensanne soupeonnft avec raison que le feu a eu part à la formation de cette mine singulière ; s’il n’y a pas eu de fonderies dans ces lieux , il y a eu des forêts , et très-probablement des incendies; ou bien on doit supposer quelque ancien volcan dont le feu aura calciné la plus grande j)artie de la mine, et l’auia réduite en cbaux blanche , en scories , en litharge , dans lesquelles certaines parties se seront revivifiées en métal , au nunen des matières inflaiiunables qui servaieni d’aliments à l’incendie : cette mine est donc de dernière formation. Comme elle git en grande partie sous la piei're calcaire, elle n’a pas été produite par le feu primitif, qui d’ailleurs l’aurait entièrement réduite en chaux, et n’y aurait pas laissé du métal; ce n’est donc qu’une mine ordinaire, ()ui a seulement été dénaturée accidentellement par le feu souterrain d'un ancien volcan, ou par de grands incendies à la surface du tcri-ain.

Et non-seulement le feu a pu former ces mines de [)lomb en chaux blanche, mais l’eau peut aussi les produire. La céruse, que nous voyons se formel" à l’air sui" les plombs qui y sont exposés, est une vraie chaux de ce métal, iiui, étant enlrainée, transportée et déposée en certains endroits de l’intérieur de la terre par la stillation des eaux, s’accumule eu masses ou en veines, sous une forme plus ou moins concrète. La mine de plomb blanche n’est qu'une céruse cristallisée, également produite par l'eau ; il n’y a de différence ([u’en ce que la céruse naturelle est plus mêlée de parties terreuses : ces mines de céruse, les plus nouvelles de toutes, se forment tous les jours comme celles du fer en rouille, par les détriments de ces métaux.

Les mines de plondj vitreuses et cristallisées, qui proviennent de la décomposition des galènes, lirennent différentes couleurs par le contact ou l’union des différentes substances métalliiiues qu’elles rencontrent : le fer leur donne une couleur rouge; et, selon M. .Monnet, il les colore aussi quelquefois en vert. Cet observateur dit avoir remarqué dans les mines de plomb de la Croix en Lorraine(l)un grand nombre de cristaux de plomb vert dans les cavités de la gangue de celle mine, qui n’est qu’une mine de fer grisâtre; d’où il conclut que les cristaux xerls de plomb peuvent être formés de la décomposition de la galène par le fer, l>a galène elle-même jicut se régénérer dans les mines de plomb qui sont en état de céruse ou de chaux blanche : on (leutle démontrer, tant par la forme listuleuse de ces galènes , (lu’on appelle Plomb noir, que par lilusieurs morceaux de mines dans lesquelles la base des cristaux est encore de plomb blanc, seulement un peu rougeâtre, et dont la partie supérieure est convertie en galène.

el ces matières (le plomli.iiui ont (ivideiiiiueiil épioiivé l’action du l'eu , sont peul-ctre les restes d’aiicieiines e.xjiloifatioiis ou le produit de la l'iisioi) des mines de galène par l’ineendie dc^ l'oicls ([ui couvraient res inont.ignes.

(1) Übservalions sur une mine de ploinlj, jiar .M. .Monnet.

DES MlNÉr.AüX.

En général , les mines de plomb liennenl pres(|ue lonb's une pelile quanlilé d’argent; elles sont aussi très-souvent mêlées de 1er et d’antiinoinc(l), et quelquefois de cuivre (2); mais l’on n’a <pi’un seul exem|ile de mine de plomb tenant du zinc (5); et de même (pie l’on Irouve de l’argent dans presque toutes les mines de plomb, on tiouve aussi du plomb dans la plupart des mines d’argent : mais dans les liions de ces mines, le plomb, comme plus pesant, descend au-d(;ssüus de l’argent, et il arrive presque toujours que les veines les plus riebes en argent se changent en plomb à mesure (pi’ellcs s’étendent en profondeur (4).

Pour conuaitre la quantité du métal qu’une mine de jilomb peut contenir, il faut la griller en ne lui donnant d’abord que peu de feu, la bien laver ensuite, et l’essayer avec le llu.v noir, et (piebjuefois y ajouter de la limaille de fer(5), pour absorber le soufre cpie le grillage n’aurait jias tout enlevé (G); mais, cpioiquc par ces moyens on obtienne la quantité de plomb assez juste, l’essai jiar la voie humide est encore plus lidéle. Voici le procédé de 31. lierginan (7) : on pulvérise la galène, on la fait

(1) Il y a (lu plomb qui , daus la mine , est mêle avec de raiitimoiHc , et qui en conserve encore après la fonte. Mémoires de rAcadémic des Sciences, année t75ô, p. ôlô.

(2) Il se Irouve des mines de plomb cuivreuses , et le plondj qu’on eu relire conserve toujours quelques impressions du cuivre. Idem, ibidem.

(5) Il y a près de Goslar une mine de plomb qui contient une assez grande quantité de

zinc mais ou croit communément que c’est la seule mine, eu Europe , qui eu coutienne.

Idem, ibidem.

(i) Dclius, sur l’Art des Mines, tome I, p. 75.

(S) Ou met six quintaux de Ilux noir sur un quintal de mine; on mêle le tout pour être mis dans un creuset que l’on place au feu : on conduit la fonte comme celle d’un essai do mine de cuivre, excepté que celui de lu mine de plomb est liui bcanconp plus tôt; on peut faire aussi ces essais avec quatre quintaux de flux uoir sur un quintal de mine , et meme avec deux ou trois quintaux de ce flux, pourvu que la mine soit bien dessoiifréc.

Si les mines de plomb eoutieuucnt beaucoup d’antimoine , on ajoute , à l’essai d’un quintal de ces mines, vingt-cinq ou cinquante pour cent de limaille de fer, plus ou moins , selon que la mine est chargée d’antimoine... Si on essaie les mines lavées ou celles qu’on nomme vulgaigairenicnt pures , parce qu’elles n’ont point ou très-peu de gangues , sans les faire rôtir , il faut y ajouter vingt-cinq pour cent de limaille de 1er : le plomb s’en détache plus aisément; mais l’essai est souvent incertain , parce que le fer donne ii l’essai une couleur noire : quant aux mines rôties , il ne faut pas y ajouter de fer. Traité de la Foule dus Mines de Scblult(T, tome I, p. 207 cl 208.

(ti) Les mines de idomb exigent la torréfaction à cause du sonfi'o (lu’cllcs contiennent; on ajoute de la limaille de fer dans l’essai pour les en dépouiller plus sûrement ; quand la mine lient de l’argent , ce qui arrive fréquemment , on a|pj>ellc phnnb d’œuvre le lu oduit de la |ircmière fonte , qui sc fait à Irav ers les charbons ou au feu de réverbère , sur de la brasque. Ou relire de l’argent du jrlomb d’œuvre par une espèce do eoiqndlatiou en grand , c’est-à-dire , eu convertissant le plomb en litbargc , sur un foyer fait de cendres lessivées ; on lui donne un second aflinage dans de vraies coupelles; et les débris de ces vaisseaux , ainsi (|U0 ceux des fourneaux , et méiuo la litbargc , qui ne serait pas reçue daus le commoree , sont remis au lourneau pour revivifier le plojiib. Élémeuls de Cliimic , par M. de Murveau , tome I , p. 2.11.

(7) Opuscules, tome II, dissertation 2f. aurru.v, tout. tu.

lilSTOlRË NATtkELLË

digérer dans l'acide nitreux ou dans l’acide marin, jusqu’à ce que tout le plomb soit dissous, et alors le soufre minéral se précipite ; on s assure que ce soufre est pur en le faisant dissoudre dans l’alcali caustique ; on j)récipite le plomb par l’alcali cristallisé, et cent trente-deux parties de précipité indiquent cent parties de plomb. Si le plomb tient argent, on le sépare du précipité par l'alcali volatil ; et s’il y a de l’antimoine, on le calcine par l’acide nitreux concentré ; si la galène tient du fer, on précipite le plomb et l’argent qui peuvent y être unis, ainsi que la quantité de fer qui se trouve dans l’acide, eu mettant une lame de fer dans la dissolution; celle que la lame de fer a produite indique exactement la quantité de ce métal contenue dans la galène.

Le plomb extrait de sa mine par la fonte demande encore des soins tant (ju’il est en métal coulant; car si on le laisse exposé à l’action de l’air, sa surface se couvre d’une poudre grise, dont la quantité augmente à mesure que le feu continue, en sorte que tout le métal se con- \ ertit en chaux, et acquiert, par cette conversion, une augmentation de volume très considérable (1). Cette chaux grise, exposée de nouveau à 1 action du feu, y prend bientôt, en la remuant avec une spatule de fer, une assez belle couleur jaune, et dans cet état on lui donne le nom de Massicot; et si l’on continue de la remuer en la tenant toujours exposée à l’air, à un certain degré de feu, elle prend une belle couleur rouge, et dans cet état on lui donne le nom de Minium . je dis à un certain degré de feu, car un feu plus fort on plus faible ne changerait pas le massicot en minium; et ce feu constant et nécessaire pour lui donner une belle couleur rouge, est de cent vingt degrés (!2); car si l’on donne à ce même minium une chaleur plus grande ou moindre, il perd également son beau rouge, redevient jaune, et ne reprend cette couleur rouge qu’au feu de cent vingt degrés de chaleur. C’est à M. Geoffroy qu’est due celte intéressante observation , et c’est à M. Jars (3) que nous devons la con-

tt) Nota. M. Demeste dit que celte augmentation de volume ou de pesanteur est comme de tlSàlOO.

(2) Division du tliermomètre de Rcaumur.

(5) Il y a deux fabriques de minium dans le comté de Derby, l’une auprès de Chesterfield, et l’autre aux euvirons de la ville de Wisksworlh. Le fourneau, pour celte operation , est un

réverbère à deux chauffes , renfermées sous une seule et môme voûte On y fait usage de

charbon de terre... On emploie communément quinze quintaux ou dix lingots de plomb dans une opération...

Ou commence par mettre en dedans et devant l’cmliouchure du fourneau le grossier de la matière jaune qui a resté au fond de la bassine dans le lavage , ce qui empêche le plomb de couler au dehoi's du fourneau. On introduit le plomb dans le fourneau, et dès qu’il est fondu, on l’agile continuellement; à mesure qu’il se réduit en chaux, on le tire de côté, et on continue jusqu’il ce que le tout soit converti en poudre, ce qui arrive ordinairement au bout de quatre ou cinq heures. S’il reste encore quel(|ues morceaux de plomb, on les conserve pour une autre opération. On donne une chaleur vive pendant tout le temps de celle conversion; cepeiidaut elle ne donne qu’un ronge de Cerise liès-funcé; car les deux ouvertures des chauffe» et l’em*

m§ MINÉRAUX.

naissance des prallques usitées en Angleterre pour faire le niiniiim on grande quantité, et par conséquent à moindres frais qu’on ne le fait ordinairement.

Les Anglais ne se servent que de charbon de terre pour faire le minium, et ils prétendent même qu’on ne réussirait pas avec le charbon de bois; cependant, dit M. Jars, il n’y aurait d’autre inconvénient que celui des éclats de ce charbon qui pourrait revivifier quelques parties de la chaux de plomb, ce qu’il est très-aisé d'évitei*. Je ne pense pas, avec M. Jars, que ce soit là le seul inconvénient. Le charbon de bois ne donne pas une chaleur aussi forte ni aussi constante que le charbon <le terre; et d’ailleurs l’acide sulfureux qui s’en exhale, et la fumée de bitume qu’il contient, peuvent contribuer à donner à la chaux de plomb la belle couleur rouge.

Toutes ces chaux de ploml), blanches, grises, jaunes et rouges, sont non-seulement très- aisées à vitrifier, mais même elles déterminent prompteinenl et puissamment la vitrification de plusieurs autres matières : seules, elles ne donnent que de la litharge ou du verre jaune très-

bouchure du fourneau sont toujours ouvertes , afin que le contact de l’air accélère la calcination...

11 faut plus que les quatre ou cinq heures qui convertissent le plomb en chaux pour qu’il soit réduit en poudre jaune; ainsi on le laisse encore près de vingt-quatre heures dans le fourneau ; mais on ne le remue pas souvent dès qu’il est une fois en pondre, seulement autant qu’il le faut pour empêcher qu’il ne se mette en grum(!aux ou ne se fonde en masse. Quand on juge la chaux de plomb assez calcinée, ou la lire hors du fourneau avec un râble de fer, et on la fait tomber sur un pavé uni ; on fait couler de l’eau fraiche par-dessus pour diviser la chaux qui peut être grunielée, cl la rendre assez friable pour passer au moulin, et on continue jusqu’à ce qu’elle soit imbibée et bien refroidie; celte matière étant encore chaude ressemble beaucoup à la litharge, et lorsqu’elle est froide elle est d’uiie couleur jaune sale. Cette matière jaune est misedans un moulin pour y être broyée en y versant de l’eau , et , à mesure qu’elle se broie , elle tombe dans une cuve placée pour la recevoir au bas du moulin ; mais comme celle matière ii’csl pas également broyée, on la passe dans un tonneau plein d’eau pour y être lavée à l’aide d’une bassine de cuivre qu’on remplit à moitié de chaux de plomb, et qu’on agite de manière que la matière broyée la plus line se mêle à toute l’eau du tonneau cl se précipite au fond , tandis que celle qui n’est pas divisée sullisammenl reste dans la bassine et sert pour être placée , comme on l’a déjà dit , devant reraboucburc intérieure du fourneau , pour être

calcinée de nouveau avec le plomb On continue de procéder de la même manière pour le

moulin et pour le lavage , jusqu’à ce que toute la matière jaune provenue de la première calcination ait été entièrement passée. Lorsque le lavage est fait , on laisse précipiter au fond du tonneau la matière qui est suspendue dans l’eau par sa grande division ; ensuite ou verse l’eau pour retirer le précipité, auquel on donne la couleur rouge iiar l’opération suivante. On introduit celte matière précipitée ou cbau.v de plomb dans le milieu du fourneau, on en forme un seul tas que l’on aplatit, et sur cet aplatissement on fait des raies ou sillons, et on ne remue la matière que pour l’empccbcr de s’agglutiner ; et c’est par celle dernière opération qu’on lui donne la couleur rouge. 11 faut trente-six ou quarantc-buil heures de feu avec du charbon de terre , comme dans la première calcination , et on retire ensuite la matière toute chaude; elle parait alors d’un rouge très-foncé; mais elle prend, en se rcfroidissaul , le beau rouge du minium. M. Jars, .Mémoires de l’Académie des Sciences, année 1770, p. Ü8 et suiv.

HlSTOIllE NATURELLE

peu solide : mais, fondues avee le quartz , elles forment un verre trèssolide, assez transparent, et d’une belle couleur jaune.

Considérant maintenant les |)ropriétcs particulières du plomb dans son état de métal, nous verrons qu’il est le moins dur et le moins élastique de tous les métaux; que , quoiqu’il soit très-mou, il est aussi le moins ductile; qu’il est encore le moins tenace, puisqu’un fil d’un dixième de pouce de diamètre ne peut soutenir un poids de 30 livres sans SC romi)re ; mais il est, après l’or, le plus pesant; car Je ne mets pas le mercure ni la i)latine an nond>rc des \ rais mélaux. Son poids

s] )écifiquc est à celui de l’eau distillée comme 1155:23 sont à 10000, et le pied cube de ])lomb pur pèse 791 livres 10 onces 4 gros llgrains(l). Son odeur est moins forte que celle du cuivre; cependant elle se fait sentir désagi’éablemcnt lorsqu'on le frotte. Il est d’un assez beau blanc (piand il vient d’èlrc fondu ou lorsfpi’on l’entame et le coui)e : mais l’impression de l’air ternit en |)eu de temps sa surface, qui se décompose en une rouille légère de couleur obscure et bleuâtre. Cette rouille est assez adhérente au métal ; elle ne s’en détache pas aussi facilement que le vert-dc-gris se détache du cuivre : c’est une espèce de chaux qui se i-evivitic aussi aisément que les autres chaux de plomb; c’est une céruse commencée. Cette décomposition par les éléments humides se fait plus liromptement lorsque ce métal est exposé à de fréquentes alternatives de sécheresse et d’humidité.

Le plomb, coinme l’on sait, se fond Irès-facileincnt; et lorsqu’on le laisse refroidir lentement, il forme des cristaux qn’on peut rendre très-

aj) parents par un procédé qu’indique JI. l’abbé Mongez : c'est en formant une géode dans un creuset, dont le fond est ein ii'onné de charbon, cl qu’on perce dès que la surface du métal fondu a [)ris de la consistance. On obtient de cette manière des cristaux bien formés en jnramides Irièdres isolées, et de Irois à quatre lignes de longueur. Je me suis servi du même moyen pour cristalliser la fonte de fer.

Le plomb, exposé à l’air dans son état de fusion, se combine avec cet élément, qui non-seulement s’attache à sa surface , mais se tixe dans sa substance, la convertit en chaux, et en augmente le volume cl le poids (2) : cet air fixé dans le mêlai est la seule cause de sa conversion en chaux ; le phlogistiquc ne fait rien ici, cl il est étonnant que nos chimistes s’obstinent à vouloir expliipier par l’absence de ce phlogislique les phénomènes de la calcination et de la reviviliealion îles mélaux tandis qu’on peut démontrer que le changement du métal en chaux, et son augmentation de volume ou pesanteur absolue, ne viennent que de l’air qui y

(1) Voyez la Table des Pesanteurs spécifiques, par M. Brisson.

Ç2) Selon SI. Cbardenoii , un quintal de plomb donne jusqu’à cent dix livres de cbaux; et do tous les mélaux le plomb et l’éliiin sont ceux qui iicqiiièrenl le plus de pesanteur dans la ealcinatiou. Slémoires de l’Academie de Dijon, tome 1, |). 305 et suiv.

est entre, puisqu’on en relire cet air en même (juantité, et que rien n’est plus simple et plus aisé à concevoir que la réduction de celle chaux en métal, puisqu’on peut également démontrer que l’air, ayant plus d’affinité avec les matièi’cs innammahles (ju’avec le métal, il l’abandonne dès qu’on lui présente quelqu’une de ces matières, et laisse par conséquent le métal dans l’état où il l’avait trouvé. La réduction de la chaux des métaux n’est donc au vrai qu’une sorte de précipitation aussi aisée à entendre, aussi facile à démontrer que toute autre.

Nous observerons en particulier que le plomb et l’étain sont les deux métaux avec lesquels l’air se fixe et se combine le plus promptement dans leur état de fusion, mais que l’étain le retient bien plus puissamment. La chanx de plomb se réduit beaucoup plus aisément en métal celle de l’étain par l’addition des matières inllammables ; ainsi l’affinité de l’air s’exerce d’une manière plus intime avec l’étain ([u’avec le plomb.

Si nous comparons encore ces deux métaux par d’aulres propriétés, nous trouverons (jiie le plomb approche de l’étain , non-seulement par la facilité qu'il a de se calciner, mais encore par la fusibilité, la mollesse, la couleur, et qu’il n’en diffère qu’en ce que, comme nous venons de le dire, la chaux du plomb est plus aisément réductible; et (pioique ces deux chaux soient d'abord de la même couleur grise, la chaux d’étain, par une plus forte calcination, devient blanche et reste blanche, tandis que celle du plomb devient jaune, puis rouge par une calcination continuée : de plus, celle de l’étain ne se vitrifie que très-difficilement, au lieu (jue celle du plondj se change en un vrai verre transparent et pesant, et qui devient au feu si tUiide et si actif, qu’il perce les creusets les plus compactes. Ce verre de plomb, dans lequel l’air fixe de sa chaux s’est incorporé, peut encore se réduire facilement en métal coulant; il suffit de le broyer et de le refondre en y ajoutant une matière inllammable, avec laquelle l’air ayant plus d’affinité (|u’avoc le plomb, se dégagera en saisissant cette matière inflammable qui l’emporte, et il laissera par conséquent le plomb dans son premir étal de métal coulant.

Le plomb peut s’alliei* avec tous les métaux , à l’exception du fer, avec lequel il ne parait pas qu’il puisse contracter d’union intime(l); cependant on peut les réunir de tiès-près en faisant auparavant fondre le fer. M. de Morveau a dans son cabinet un culot formé d’aciei* fondu et de plomb, dans lequel, à la vérité, ces deux métaux ne sont pas alliés.

(I) K Ce métal s’unit assez facilement avec tous les métaux , excepté le fer, avec lequel il a refuse opiiiiatrément tout alliage; son aflinité avec l’argent et son antipathie avec le fer a est si grande , que si l'on fait fondre dans du plomb de l’argent allié avec un peu de fer , le a plomb s’empare aussitôt de l’argent , mais rejeltc le fer, qui vient nager à sa surlaee. >' Dictionnaire de Chimie , par M. Macquer, article Plomb. — Nota. J’observerai qu’il est douteux que le fer s’allie réellement avec l’argent : il ne s’unit avec cc métal que comme l’acier s’unit avec le plomb par une forte adhésion, mais sans mélange intime.

6S8 HISTOIRE NATURELLE

niais simplement adhérents de si près, que la ligne de séparation n’est presque pas sensible.

La chaux de cuivre et celle du plomb mélangées s’incorporent et se vitrifient toutes doux ensemble; le plomb entraîne le cuivre dans sa vitrification, et il rejette le fer sur les bords de la coupelle. C’est par cette propriété particulière qu’il purge l’or et l’argent de toute matière métallique étrangère. Personne n’a mieux déci*it tout ce qui se passe dans les coupellations que notre savant académicien, M. Sage, dans ses Mémoires sur les Essais.

On a observé que le plomb et l’étain mêlés ensemble se calcinent plus promptement et plus profondément que l’un ou l’aolre ne se calcine seul. C’est de cette chaux , mi-partie d’étain et de plomb, que se fait l’émail blanc des faïences comniuncs ; et c’est avec le verre de plomb seul qu’on vernit les poteries de terre encore plus communes.

Le i)lomb semble approcher de l’argent par quelques propriétés : nonseulement il lui est presque toujours uni dans scs mines, mais lors même qu’il est pur et dans son état de métal, il présente les mêmes phénomènes dans ses dissolutions par les acides ; il forme , comme l’argent, avec l’acide nitreux, un sel plus caustique que les sels des autres métaux.

Le plomb a aussi de l’affinité avec le mercure; ils s’amalgament facilement, et ils forment ensemble des cristaux; cet amalgame de plomb a la l)ropriété singulière de décrépiter très-vivement sur le feu.

L’ordre des affinités du plomb avec les autres métaux, suivant M. Geller, est l’argent, l’or, l’étain, le cuivre. Celte grande affinité de l’argent et du plomb, (jiie l’art nous démontre, est bien indiquée par la nature; car l’on trouve l’argent uni au plomb dans toutes les mines de ])remière comme de dernière formation. Ce sont les poudres des mines primitives de l’argent, qui se sont unies et mêlées avec la chaux de plomb, et ont formé les galènes ou premiers minerais de ce métal; mais les affinités du plomb avec l’or, l’élain et le cuivre, que l’art nous a fait reconnaître, ne se manifestent que par de légers indices dans le sein de la terre. Ce n’est point avec ces métaux que le plondj s’y combine; mais c’est avec les sels, et surtout avec les acides qu’il prend des formes différentes : la galène, qu’on doit regarder comme le plomb de première formation, n’est qu’une espèce de pyrite conq)Osée de chaux de plomb, et de l’acide uni à la substance du feu fixe. L’air et les sels de la terre ont ensuite décomposé ces galènes, comme ils décomposent toutes les autres pyrites, et c’est de leurs détriments que se sont formées toutes les mines de seconde et de troisième formation. Cette marche de la nature est uniforme : le feu primitif a fondu , sublimé ou calciné les métaux; après quoi les éléments humides, les sels et surtout les acides, les ont attaqués, corrodés, dissous; et s’incorporant avec eux par une union intime, leur ont donné les nouvelles formations sous lesquelles ils se l)résentent.

Tous les acides minéraux ou végétaux pein ent entamer ou dissoudre le plomb : les huiles et les graisses agissent aussi sur ce métal en raison des acides qu’elles contiennent; elles l’attaquent surtout dans son état de chaux, et dissolvent la céruse, le minium cl la litharge à l’aide d’uno médiocre chaleur.

L’acide vitriolique doit être concentré et aidé de la chaleur pour dissoudre le plomb réduit en poudre métallique ou en chaux, et cette dissolution produit un sel qu’on appelle Fitriol de plomb. On a remarqué que le minium résiste plus que les autres chaux de plomb à cet acide, qu’il ne se dissout qu’en partie, et qu’il perd seulement sa belle couleur rouge, et devient d'un brun presque noir(l). Les sels neutres qui contiennent de l’acide vitriolique agissent aussi sur les chaux de plomb ; ils les précipitent de leur dissolution dans l’acide nitreux, et forment avec elles un vitriol de plomb.

L’acide nitreux, loin d’être concentré comme le vitriolique, doit au contraire être affaibli pour bien dissoudre le plomb; et la dissolution , après l’évaporation, donne des cristaux qui, comme tous les autres sels produits par ce même métal, ont plutôt une saveur sucrée que saline : au reste, cet acide dissout également le plomb dans son état de métal et dans son état de chaux, c’est-à-dire, lescéruses, le massicot, le minium et même les mines de plomb blanches, vertes et rouges, etc.

L’acide marin ne dissout le plomb qu’à l’aide d’une forte chaleur : cette dissolution donne un sel dont les cristaux sont brillants et en petites aiguilles ; cet acide, ainsi que les sels qui en contiennent, précipitent le plomb de sa dissolution dans l’acide nitreux, et forme un sel métallique auquel les chimistes ont donné le nom plomb corné, comme ils ont aussi nommé argent corné ou lune cornée les cristaux de la dissolution de l’argent par le même acide marin.

Le soufre s'unit aisément avec le plomb par la fusion ; et lorsqu’on laisse ce mélange exposé à l’action du feu libre, il se brûle en partie, et le reste, qui est calciné, forme une espèce de pyrite ou mine de plomb semblable à la galène (2).

Les acides végétaux, et en particulier celui du vinaigre, attaquent et dissolvent le plomb; c’est en l’exposant à la vapeur du vinaigre qu’on le convertit en chaux blanche, et c’est de cette manière que l’on fait la céruse qui est dans le commerce : celte chaux ou céruse se dissout parfaitement dans le vinaigre concentré; elle y produit même une grande quantité de cristaux dont la saveur est sucrée(3): on a souvent abusé de

{l'i Éléments de Chimie, par M. de Morveau, tome H, p. 91.

(2) • Le plomb fondu avec le soufre s’enflamme seul; il reste une poudre noire écailleuse « que l’on appelle pfowé brûlé; cette matière n’entre en fusion qu’après avoir rougi ; elle tt produit une masse noire, aigre, disposée à facettes | c’est une galène ou mine de plomb artii> riciellc. • Éléments de Chimie, par M. de Morveau, tome II, p. ÿi.

(5) » L’acide accteux en vapeurs agit sur le plomb et le réduit en chaux ; si l’on assujettit

HISTOIRE NATURELLE

celte j)ro|irié(é de la céruse cl des aiilres cliaiix on sels de ploiid>, pour adonciT’ le \ in an détriment de la santé de ceux qui le boivent. Au reste, l’on ne doit pas l'egarder la céruse comme une chaux de plomb parfaite, mais comme une matière dans laquelle le plomb n’est qu’à demi-dissous ou calciné par l’acide aérien , et reste encore plutôt dans l’état métalli- (|ue ([lie dans l’état salin, eu sorte qu’elle n’est pas soluble dans l’eau comme les sels.

Le plomb se dissout aussi dans l’acide du tarire, à l’aide de la chaleur et d’une longue digestion,- si l’on fait évaporer cette dissolution, elle prend une consistance visciueuse, et donne un sel cristallisé en lames carrées (i). lünlin, les acerbes ne laissent pas d’avoir aussi quelque action sur le plomb; car la noix de galle le précipite de sa dissolution dans l’acide nitreux, et la surface de la liqueur se couvi-e en même temps d’une ))cllicule à reflets rouges et verts.

Les alcalis fixes et volatils, non plus que les terres absorbantes, ne font pas des effets bien sensibles sur le plomb dans quelque état qu’il soit : néanmoins ils ont avec ce métal une affinité bien marquée dans certaines circonstances; par exemple, ils le précipitent de sa dissolution dans l’acide marin , sous la forme d’une imudre blanche qui se ternit bientôt à l’air comme le métal même ('2).

En comiKuanl les mines primordiales des six métaux, nous voyons que l’or seul se trouve prcsipie toujours en état de métal dans le sein de la terre; que quoiqu’il n’y soit Jamais pur, mais allié de plus ou moins d’argent ou de cuivre, il ne se présente que rarement sous une forme minéralisée, et qu’il recouvre et défend l’argent de toute altération. On

« (l.niis un chapiteau de verre des lames de plomb minces , (]ue t’on adapte ce chapiteau à une O eucurbite évasée, dans laquelle on aura mis du vinaigre, et qu’après avoir lutc un récipient, » ou le distille au bain de salde pendant dix ou douze licures , les lames se couvrent d’une U matière blanche que l’on appelle blanc de plomb, et qui, broyée avec un tiers ou environ de « craie, forme la céruse... Pour acliever de le saturer, on met le blanc de plomb dans un ina- « Iras, ou verse dcssu.s douze à quinze fois autant de vinaigre dnstillé; le mélange prend une « saveur sucrée, la substance métallique enire en dis.solution, il s’excite beaucoup de chaleur; O ou place le malras sur un bain de sable , et ou laisse le tout en digestion pendant un jour. » .Vprès avoir décanté la liqueur , on la fait évaporer jusciu’à pellicule , on la place dans un « lieu frais , il s’y forme de petits cristaux groupés en aiguilles ; on les redissout dans te a vinaigre , et on traite de meme celte dissolution pour avoir le sucre de Saturne. » Éléments de Chimie, par M. de Morveaii, kuue III, p. 2.S.

(1) Éléments de Chimie, par .M. de Morveau, tome 111, p. 82.

(2) li’aleali caustique n’a presque point d’action sur le plomb , mais il dissout , pendant l’ébullition, une quantité très-sensible de minium , qui n’en est pas séparée par le fdtre, qui se dépose avec le temps dans le llacon, sous forme d’une poudre blanche, et qui est précipitée sur-le-champ par l’eau-foric. Klenients de Chimie, par SI. de Slorveau, tome III, p. 28.

L'alcali volatil caustique digéré sur la limaille de plomb prend dans les premiers jours une couleur légèrement ambrée, qui disparaît ensuite entièrement; une partie du métal est réduite à l’état de chaux , une autre partie est tenue en dissolution au point de passer par le filtre; elle est précipitée par l’acide nitreux. Idem, ibidem, p. 2o(î.

nES MINÉRAUX.

assuré cependant que l’or est vraiinenl minéralisé dans la mine do Naghiac(l),etdans quelques pyrites nouvellement trouvées en Dauphiné; mais ce métal ne doit Jiéaninoins subir aucun changement, aucune altération, que par des combinaisons qui ne peuvent se trouver que trèsrarement dans la nature; et nous veiTons, en traitant de la platine, que l’or, qui lait le fonds de sa substance, y est encore plus altéré et presque dénaturé. Ces deux exemples sont les seuls qu’on puisse donner d’un changement d’état dans l’or, et l’on ne doit pas les regarder comme des opérations ordinaires de la nature, mais comme des accidents si rares, qu’ils n’otent rien à la vérité du fait général , que l’or se présente partout dans l’état de métal , et seulement plus ou moins divisé et non minéralisé.

L’argent se trouve assez souvent, comme l’or, dans l’état de métal pur; mais il est encore plus souvent mêlé avec le plomb, ou minéralisé, c’est-à-dire altéré par les sels de la terre. Le cuivre résiste beaucoup moins à l’impression des éléments humides; et quoiqu’il se trouve quelquefois en état de métal , il se présente ordinairement sous des formes minéralisées et vai-iées, pour ainsi dire, à l’intini. Ces trois métaux, l’or, l’argent et le cuivre, sont les seuls qui aient pris, dès les premiers temps, et conservé plus ou moins jusqu’à ce jour leur état métallique. Le fer, le plomb et l’étain ne se trouvent nulle part, et même n’ont jamais été dans cet état métallique ; le feu primitif les a fondus ou calcinés : le fer, par sa fusion, s’est mêlé à la roche vitreuse; et le plomb et l’étain , après leur calcination , ont été saisis par l’acide et réduits en minerais pyriteux, ainsi que les cuivres qui n’ont pas conservé leur état de métal. Tous ces métaux ont souvent été mêlés les uns avec les autres; et, dans les mines primordiales comme dans les mines secondaires, on les trouve quelquefois tous réunis ensemble.

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