DE DEUX ET TROIS SUBSTANCES, ET EN PARTICULIER DU PORPHYRE
sclîori*'*^ avoir jiarle du quartz, du jaspe, du mica, du feld-spah et du nrod substances les plus simples que la nature ait
(lu’ell'e par le moyen du feu, nous allons suivre les combinaisons en a faites en les mêlant deux, trois ou (|uatre, et même tontes
HISTOIRE NATURELLE
cinq ensemble, pour composer d’antres matières par le même mo3'en du feu dans les premiers temps de la consolidation du globe : ces cinq verres primitifs, en se combinant seulement deux à deux, ont pu former dix matières dilTèrentcs, et de ces dix combinaisons il n’y en a que trois qui n’existent pas o\i du moins qui ne soient pas connues.
Les dix combinaisons de ces cinq verres primitifs pris deux à deux, sont :
1“ Le quartz et le jaspe. Cette matière se trouve dans les fentes perpendiculaires et dans lesautres endroits où le jaspe est contigu au quartz ; ils sont même quelquefois comme confondus ensemble dans leur jonction, et quelquefois aussi le quartz forme des veines dans le jaspe. .J’ai vu une plaque de jaspe noir traversée d'une veine de ((uarlz blanc.
2° Le (juartz et le mica. Cette matière est fort commune, et se trouve par grandes masses et même par montagnes : on pourrait l’appeler quartz micacé *.
* Il La piarre. Hit M. Fefber , que les Allemands appellent schiste corné ou schiste de corne, « est formé de quartz cl de mica, cl ce schiste de corne n’csl pas la même chose que la pierre « de corne ; celle-ci est une espèce de silex , on pierre à fusil. »
ISous ne pouvons nous dispenser d’observer que cet habile minéralogiste est ici tombé dans une double mc|irisc. D’abord il n'y a aucun schiste qui soit formé de quartz cl de mica ; et il n’eût point dû appliquer à ce composé de tpiarlz et de mica le nom de schiste de corne, puisqu’il dit que ce schiste de corne n’a rien de commun avec la pierre de corne qui , selon lui , est un silexj ce (pii est une seconde méprise; caria pierre de corne n’est point nn silex, mais une pierre composée de schiste et de matière calcaire. Tout quartz mêlé de mica doit être appelé quartz micncé , tant que le mica n’a pas changé de nature, et lorsque, par sa décomposition, il s’est converti en argile ou en schiste, il faut nommer çMurtz schisteux ou schiste quartzeux, la pierre com|iosée des deux.
« Il y a dans le Piémont , continue M. Fcrber , des montagnes calcaires et des monlagoes O quartzeuscs; celles-ci ont des raies plus ou moins fortes de mica , et c’est de celte espèce de U pierres que sont formées les montagnes voisines de Turin; on les nomme .sarris ; on s’en U sert pour les fondations des hâtiments, pour des colonnes, etc. » Lettres sur la Minéralogie, par M. Fciber, page L'id.
Le meme M. Fcrber (page 334), en parlant d’un prétendu granit à deux substances, quartz et mica, s’exprime encore dans les termes suivants : » Quand il n’entre point du tout de spalh Il dur(fcld-spalh) dans la composition des granits, on nomme alors ce mélange de i|uartz et de U mica hornherq, hurnfeis, ijeslellstein, ce (|ui vient de l’usage qu’on en fait dans les fourneaux Il de fonderies ; lorsque le mica y est plus abondant, la pierre est schisteuse. »
Le nom de gestellstein (pierre de fondement ou base de fonrncau.x) me paraît aussi impropi e que celui de schiste corne pour désigner la matière vitreuse qui n’est composée que de quartz ctdc mica et non de schiste; et .M. le baron de Diétrich remarque avec raison (pages 491 et 492 des Lettres sur la Slinéralogic , note du Iraducleiir) i> qu’il y a beaucoup de roches composées Il qui n’ont aucune dénomination; que d'autres, au contraire, en ont tant et de si tndétermi- « nées , que l’on ne s’entend point lorsqu’on se sert de ces noms; par e.\cmple , le granit , la « roctie cornée , ce qu'on nomme en allemand gestellstein , sont des noms que l’on confond Il souvent et qu’on applique mal. Chaque granit , proprement dit, doit renfermer du quartz, " du spath dur (feld-spatb) et du mica ; mais on nomme aussi granit , celte même espèce de B pierre quand il n’y a pas de f(‘ld-spalh , tandis qu’alors elle doit être nommée roche cornée
Le quariz ou le feld-spalh. Il y a des roches de cette matière eu Provence et en Laponie, d’où M. de Maupertuis nous en a apporté un échantillon
Quelques naluralisles ont appelé cette pierre granit simple, parce fP* elle ne contient que du quartz et du l'eld-spath sans mélange du mica ni de schorl; et c’est de cette même composition qu’est formée la roche de Provence, décrite par M, Angerstein sous le nom mal appliqué de pétrosilex.
“ ( en suédois
graeberÿ ); car les parties essentielles de la roche cornée sont du quartz dans
equel il y a (Jgg taches ou des raies grossières de mica , séparées les unes des autres; mais loisque ces raies de mica sont très-rapprochées, et que par là la roche devient schisteuse ou feuilletée, on la nomme en allemand geslellstein , d’après l’usage que l’ou en fait pour les fourneaux... On désigne aussi par roche, de corne quelques cailloux 'pétrosilex... On ne devrait donner le nom de schiste corné qu’à l’espèce de pierre dans laquelle le quartz est
intimement lié avec le mica, de manière qu’ils ne sauraient être distingués de l’un et l’autre “ a la vue. »
savant traducteur finit, comme l’on voit, à l’égard du prétendu schiste corné, par tomber ans la mauvaise application des noms qu’il censure.
^iita. 11 s’en est aussi trouvé depuis dans les Alpes ; « J’ai trouvé dans les environs de eueve, dit M. de Saussure, deux variétés du granit simple, c’est-à-dire composé seulement e quai Ix et de feld-spath ; dans l’une, un feld-spath blanc forme le fond de la pierre, et le liai z y es( parsemé par petits grains; dans l’autre , un feld-spalh de couleur fauve et
treniêlé à dose à peu près égale , avec du quartz blanc fragile. » Voyage dans les Alpes , tome I, page 105.
^ “ Dans la foret de l’Eslcrellc , en Provence , entre Cannes et Fréjus , il y a une montagne 0 roche grossière et grisâtre , entremêlée de mica , de quartz et de feld-spalh , les mêmes peces qui entrent dans la composition des granits, avec cette difiercnce qu’elles sont plus mures, plus fines et plus compactes dans ceux-ci que dans l’autre... Et plus loin on trouve Une pierre rougeâtre appelée pétrosilex , c’est-à-dire cailloux de roche, qui est la mère des « porphj rcs et des jaspes , de même que la pierre brute grise , dont je viens de parler , est la
mère des granits. On trouve des pétrosilex qui sont noirs, bruns, rougeâtres , verts et
• bleuâtres. ’ n i
.•( f m*"* ”” “'^0 pierre devient plus dure; on y voit des taches opaques d’un
« petit feld-spath , semblables à celles qu’on voit dans le porphyre d’Égypte; on y aperçoit s aussi de petites taches de plomb , lesquelles se trouvent aussi , quoique rarement , da.is*les « porphyres antiques; ce.s taches sont cristallisées comme les antres ; mai's on juge par la « couleur que c’est un minéral qu’on appelle mohjbdcmi , lequel , aussi bien que le schorl ou « le cumeus cristatlisatus , peut être compté parmi les ininéraux inconnus... Vers le sommet “ de la montagne de l’Estcrelle, ce même porphyre acqüicrt encore une autre sorte de taches
• qui , par leur transparence , ressemhiciit au verre , étant formées eu cristaux spalheux , pyramidaux et pointus aux deux bouts ; mais à mesure que les taches nouvelles s’accrois.scnt,
^ ^ s autres disparaissent. Ce nouveau porphyre est plus beau que l’autre dans son poli , et taches deviennent eiilièrcmenl transparentes quand on les scie en plaques minces. « irnh ‘f'*® ®®De pierre, que M. Angerstein a ci-devant regardée comme la mère du
porphyre, devient i
«létermiiié à placer &
ICI une matière dont la finesse de grain , la dureté et la consistance l’ont
O pi
» Eu avançant quelques lieues
cette pierre parmi les jaspes.
continue-t-il , dans les bois de l’Esterelie, on ne remarque
fi "® ®®”''ntiité de ce ehangement alternatif de porphyre et de jaspe :
mais , dans
IIISTOIHE NATURELLE
4" Lo((iiarlz cl le scljorl. Uellc matière est composée de (juartz Olaiic ou bianchàtre et de sclioid, tantôt noir et tantôt vert ou verdâtre, distribués par taches irrégulières. Ce premier mélange taché de noir sur un fond blanc a été nommé improprement ./«spe d’Égypte et granit oriental, et le second mélange a été tout aussi mal nommé porphyre vert. Nous ne croyons pas ((u’il soit nécessaire d’aveidir que cette pierre quartzeuse tachetée de noir ou de vert |)ar le mélange d’un schorl de l’une ou de l'autre de ces couleui s n’est ni jaspe, ni granit, ni porphyre, .l’ignore si celle matière se trouve en grande masse; mais je sais qu’elle reçoit un beau poli, et qu’elle frappe agréablement les yeux par le contraste des couleurs.
5" Le jaspe et le nuca. Cette combinaison n’existe peut-être pas dans la nature, du moins je ne connais aucune substance (|ui la représente; et lorsque le mica se trouve avec le jaspe, il est seulement uni légèrement à sa surface et non pas incorporé dans sa substance.
ü“ l.c jaspe et le feld-si)ath ; et 7" le jaspe et le schorl. Ces deux mélanges forment également des porphyi-cs.
8“ Le mica et le feld-spatli. 11 en est de ce mélange à ])eu près comme
• ccrlains endroits , et surtout du côte de Fréjus , ces deux sortes de pierres sont amoncelées « et con!i;elée.s l’ime .avec l’autre , et forment un produit qui a le caractère du marl)re séran- « colin des Pyrénées.
1. .‘Vu sud-ouest, on trouve au pied de la montagne le pétrosilex; dans cet endroit , il est » tantôt rougc-lirun, tantôt tirant sur le bleu céleste, tantôt sur le vert ; ce qui fait présumer U ([ue l’on pourrait y trouver encore des jaspes et des porphyres verts et bleuâtres , paree >■ qu'on a vu ci-devant que le pétrosile.x ou le caillou de roche d’un rouge brun a donné Il l’origine aux jaspes et aux porphyres de la même couleur.
i> En dernier lieu , on remarque une petite colline d’une pierre appelée corneus , d’un gris « foncé , mêlé de libres en forme de petits filets , et de. taches de spath cristallisé à quatorze « pans , et quelquefois congelées en forme de grappes : arrivé à Fréjus , toutes ces pierres I' disparaissent.» Ilcmarqucs sur les montagnes de Provence , par M . Angerstein , dans les Mémoires des .Savants etrangers, tome II.
•Nous devons faire observer (juc cette idée de M. Angerstein, de regarder la roche grossière et grisâtre de la forêt de l’Estcrclle en Provence comme la mère des granits , est sans aucun fondement: car les granits ne sont pas des pierres enfantées immédiatement par d’autres pierres , et cette prétendue mère des granits n’est elle-même qu’un granit gris qui ressemble aux autres par sa composition , puisqu’il contient du quartz , du mica et du fcld-spath . de l’aveu même de l’auteur. Il dit de même que. son pélro.silex est la mère des porphyres et des jaspes, ce qui n’est pas plus fondé, piii.squc ni le jaspe ni le porphyre ne contiennent [Kiint de ([uartz, tandis que ce prétendu pétrosilex, étant composé de quartz cl de feld-spath, n’a point de rapport avec les jaspes ; il est du nombre des matières de la li oisièmc combinaison dont nous venons de parler, ou, si l’on veut, il fait la nuance entre cette pierre et les granits, parce <|u’on y voit quelques taches de plomb noir ou moh'bdciie , qui, comme l’on sait, est une matière micaecc; il n’est donc pas possible que ce pétrosilex ait produit des jaspes , puisqu’il n’en contient pas la matière. Ainsi la distinction que cet observateur fait entre le granit, la roche grisâtre , mère des granits , et son pétrosilex , mère des porphyres et des jaspes , ne me paraît pas établie sur une juste comparaison ; et, de plus, nous verrons que le vrai pétrosilex est une matière différente île celle à laquelle M. Angerstein en applique ici le nom.
tu cinquième, c’est-à-dire de celui du jaspe et du mica : on trouve en ^ fcld-spath couvert et charge de mica, mais (pii n’est point incorpore dans sa substance.
Le mica et le schorl. Cette combinaison ne m’est pas mieux conuue, et peut-être n’existe pas plus dans la nature que la i)récédente et la
cuiquième.
10 Le feld-spath et le schorl. Ce mélange est celui qui a Cormé la uiatière des ophites, dont il y a plusieurs variétés, mais toutes comi)osées ^■*^^^** POis ou moins mêlé de schorl de différentes couleurs, à II-** ‘^®“0)inaisons de ces mêmes cinq verres primitifs, piâs trois et qui dans la spéculation paraissent cire également possibles, s nen connaissons néanmoins que trois, dont deux forment les gi-a- S) et la troisième un ijorphyro dilîérent des deux premiers : car, 1" le fRiaitz, le feld-spath et le mica composent la substance de plusieurs b'anits; 2“ d autres granits au lieu de mica sont mêlés de schorl ; et 5" il ® U porphyre composé de jaspe, de feld-spath et de schorl.
^ >1 m , des quatre combinaisons des cinq verres primitifs pris quatre
3 Quatie, nous n’en connaissons qu’une qui est encore un granit, dans ^a composition duquel le quartz, le mica, le feld-spath et le schorl se cu\ent réunis, .le doute (pi’il y ait aucune matière de première fornàtu ** ces cinci matières ensemble ; tant il est ^■rai que la
, jamais soumise à nos abstractions! car de ces \ iugt-cinq vons loutes également possibles en spéculation, nous n’en pou-
complcr en réalité (jue onze, et peut-être mcnic dans ce nombre y en a-t-il quelques-unes qui n'ont pas été produites comme les autres pai e feu primitif, et qui n’ont été formées que des détriments des premières réunies par t’interinède de l’eau.
Quoi qu il en soit, le porphyre est la plus précieuse de ces matières composées; cest après le jaspe la plus belle des substances vitreuses en grandes masses. Il est , comme nous venons de le dire, formé de jaspe, e e -spath et de petites parties de schorl incorporées ensemble. On ne peu e contondre avec les jaspes , puisque ceux-ci sont d’une substance simple et ne contiennent ni feld-spath, ni schorl ; on ne doit pas non plus mettre le porphyre au nombre des granits, parce (,u’aucun granit ne contient dujasiic, et qu’ils sont composés de trois et même de quatre autres substances qui sont le quartz, le feld-spatb, le schorl et le mica : de ces trois ou quatre substances, il n’y a que le feld spath et le schorl qui soient communs aux deux. Le porphyre a donc sa nature propre et pai ticulière, et il parait être plus éloigné du granit que du jaspe; carie ^uai tz, qui entre toujours dans la composition des granits, ne se trouve point dans les porphyres, qui tous ne contiennent que du jaspe, du feld- '»paih et du schorl.
d’uiT poephyre semblerait désigner exclusivement une matière
nhvrè^'''^^ *^^ pourjire, et c’est en effet la couleur du plus ]}eau por- ) mais cette dénomination s’est étendue à tous les porphja'es de
HISTOIKli NATURELLE
((uelque couleur qu’ils soient : car il en est des porphyres coiimie des jaspes : il y en a de plus ou moins colorés de rouge, de brun , de vert et de différentes nuances de quelques autres couleurs. Le porphyre rouge est semé de très-petites taches plus ou moins blanches et quelquefois rougeâtres; ces taches présentent les parties du feld-spath et duscliorl, qui sont disséminées et incorporées dans la pâte du jaspe ; et le caractère essentiel de tous les porphyres et par lequel ils sont toujours reconnaissables, c’est ce mélange du feld-spath ou du schorl , ou de tous deux ensemble, avec la matière du jaspe : ils sont d'autant plus opaques et plus colorés, que le jaspe est entré en plus grande quantité dans leur composition ; et ils prennent au contraire un peu de transparence lorsque le feld-spath y est en grande quantité. Nous pouvons â ce sujet observer qu’en général dans les matières vitreuses produites par le feu primitif, plus il y a do transparence et plus il y a de dureté; au lieu que, dans les matières calcinables toutes formées par l’intermède de l’eau, la transparence indique la mollesse. Ainsi, moins un porphyre est opaque, plus il est dur, et au contraire plus un marbre est transparent, plus il est tendre; on le voit évidemment dans le mai'bre de Paros et dans les albâtres. Cette différence vient de ce que le spath calcaire est [ilus tendre que la pâte du marbre dans laquelle il est mêlé, et que le feld-spath et le schorl sont aussi durs que le quartz et le jaspe , avec lesquels ils sont incorporés dans les porphyres et les granits.
11 n’y a ni quartz ni mica dans les porphyres , et il est aisé de les distinguer des granits qui contiennent toujours du quartz et souvent du mica; il y a plus de cohérence entre les parties de la matière dans les porphyres cpie dans les granits , surtout dans ceux où le mélange du mica diminue non-seulement la cohésion des parties , mais aussi la densité de la masse. Dans le porphyre, c’est le fond ou la pâte qui est profondément colorée, elles grains de feldspath et de schorl sont blancs, ou quelquefois ils sont de la couleur du fond, et alors seulement d’une teinte plus faible : dans le granit, au contraire, c’est le feld-spath et le schorl qui sont colorés, et le cpiartz, que l’on peut regarder comme sa pâte, est toujours blanc; et c’est ce qui prouve que le porphyre a la matière du jaspe pour base, comme le granit celle du quartz.
Quelques naturalistes , en convenant avec moi que le feld-spath et le schorl entrent comme parties constituantes dans les porphyres, se refusent à croire que la matière qui en fait la pâte soit réellement du jaspe , et ils se fondent sur ce que la cassure du porphyre n’est pas aussi nette (jue celle du jaspe ; mais ils ne font pas attention que, parmi les jaspes, il y en a qui ont la cassure un peu terreuse comme le porphyre, et qu’on ne doit le comparer qu’aux jaspes communs qui se trouvent on grandes masses, et non aux jaspes fins qui sont de seconde formation. Ces nouveaux jaspes ont la cassure plus brillante que celle des anciens, desquels ils tirent leur origine; et ces anciens jaspes ne diffèrent pas par leur cassure de la matière qui fait la pâte des porphyres.
Quoique beaucoup moins commun que les granils, le porphjce ne iusse [tas de se trouver en fortes masses et même par grands blocs en tpielques endroits * : il est ordinairement voisin des jaspes, et tous doux jK>i leat connue le granit sur des roches quarlzeuses; et cette proximité de^ ^*ib‘e eux une formation contemporaine, La solidité très-durable ^ substance du porphyre atteste de même son aflinité avec le jasjjc; ue se ternissent tous deux que par une très-longue inqu’ossion des ^ enicuts humides, et de toutes les matières du globe que l’on peut em- !’ grand volume, le quartz, le Jaspe et le poi-pliyrc sont les plus
ma ciables : le temps a effacé et détruit eu partie les caractères hiéro- ^ iques des colonnes et des pyramides du granit égyptien , au lieu Mue les jaspes et les porphyres, dans les monuments les plus anciens, ne î u’iT****^*'^ reçu que de légères atteintes du temps, et il est à croire |iu I en serait de même des ouvrages faits de quartz, si les anciens ^eussent employé; mais comme il n’a ni couleurs brillantes , ni variétés v'ànic**^ et que sa grande dureté le rend très-difficile à tra-
et Ics' -^*^ à polir, on l’a toujours rejeté; et d’autre part, les porphyres on trouvant que rarement en grandes masses continues,
'* O tout temps préféré les granits à ces premières matières pour les
S'-ands monuments.
la ha forme la roche intérieure du globe est en même temps
des ‘^'■^olle des autres matières vitreuses j il soutient les masses
uioiiis^-'"^* *^01168 des porphyres et des jaspes, et tous sont plus ou leui- ** cette roche primitive à laquelle ils tiennent comme à
U malrice ou mère commune, qui semble les avoir nourris des vapeurs 1*^ 0 t a laissées transpirer, et qui leur a fait part des trésors de son sein ou es teignant des plus riches couleurs.
I ayant curieusement examiné tous les porphyres en Italie,
os istingue en cinq sortes ; 1" le porphyre rouge qui est le plus comnuin, et dont le fond est d’un rouge foncé avec de petites taches blanc les et obloiigues, souvent irrégulières ou parallélipipèdes. IjC fond de rouge plus ou moins foncé, et quelquefois si brun I ire sui enoii. “ On ne peut nier, dit-il, que la matière de ces taches ne soit du spath dur, opaque, compacte, blanc de lait, et en même temps de la nature du sc/torf; ce f|ue la forme et la simple vue indi- •lucnt assez. 11 en est de même des autres sortes de porphyres, et il me parait que ces taches sont d’une espèce de pierre qui tient le milieu entre le feid-spath et le schorl. En général, continue-t-il, il y a très-peu de différence essentielle entre le schorl, le spath dur ou feldspath, lequariz, les autres cailloux et les grenats. »
dois observer que tout ce que dit ici M. Ferber, loin de répandre
qu
Saiiilc-S ^ t.onstarilinople de très-hautes colonnes d’une seule pièce , dans l’église P e; on croit que ces culouues vienneutde la Théhaïde.
HISTOIHE iNATUKELLE
de la lumière sur ce sujet, y porte de la confusion. Le scliorl ne doit pas être confondu avec le feld-spalli ; il n’y a point de pierre dont la substance tienne le milieu entre le feld spath et le schorl. La substance qui dans les porphyres se trouve incorporée avec la malière du jaspe n’est pas uniipiement du schorl, mais aussi du feld spath. La différence du schorl au feld-spalh est bien connue, et certainement le schorl, le spath dur (feld-spath), le quartz, les cailloux et les grenats, ont chacun entre eux des diHércnccs essentielles (jue ce minéralogiste n’aurait pas du perdre de vue.
U 2’ Le porphyre taché de blanc, continue M. Ferber, dont il y a «deux variétés : la première est le porphyre noir, proprement dit, « dont le fond est entièrement noir avec de petites taches oblongues, et « qui ne diffère du porphyre rouge que par cette couleur du fond; la « seconde variété est la serpentine noire antique, dont le fond est noir Cl avec de grandes taches blanches oblongues ou parallélipipédes.
« 3“ Le porphyre à fond brun avec de grandes taches verdâtres Cl oblongues; il s’en trouve aussi dont le fond est d’un brun rougeâtre « avec des taches d’un vert clair, et d’autres dont le fond est d’un brun « noirâtre avec des taches moitié noirâtres et moitié verdâtres.
n 4” Le porphyre vert dont il y a plusieurs variétés : 1" la serpentine Cl verte atitique, dont le fond est vert et les taches oblongues et j)arallé- « lipipèdes, sont d’un vert plus ou moins clair, et de la nature du feldic spath ou du schorl. On trouve ((uchpiefois dans ces pierres des bulles Il telles que celles qui se forment, dans les matières fondues, par la Cl sortie de l’air qui y est l•enfermé; ou y v oit aussi assez souvent des « taches blanches et transparentes arrondies irrégulièrement, et qui <1 paraissent être tle la nature de l’agate. 2" Le porphyre à fond vert Cl taché de blanc. 3" Le porphyre à fond vert foncé avec des taches « noii es. 4° Le porphyre à fond vert clair ou plutôt jaune verdâtre taché « de noir.
Cl S" Le porphyre vert, proprement dit, qui a plusieurs variétés : la Il première à fond vert-foncé presque noir, de la nature du jaspe, avec Il des taches blanches distinctes, oblongues, en forme de sdmi, plus Cl grandes que les taches du porphyre noir, et plus petites que celles Cl de la serpentine noire antique. La seconde variété est à fond de la U nature du jaspe, d’un vert foncé avec de petites taches^vlanches, Cl rondes et longues, et ressemble, â la couleur près, au porphyre “ rouge. La troisième à fond vert foncé qui est de la nature du trapp; Cl les taches sont blanches, quarlzeuses, irrégulières, et (|ueiquefois si et grandes et si nombreuses qu’on dirait, avec raison , (|ue le fond est « blanc : de temps en temps le fond s’est cristallisé en rayons de schorl; Cl alors celte espèce de porphyre vert se rapproche beaucoup de l’espèce Cl du granit qui est mêle de schorl au lieu de mica. La quatrième à fond « vert foncé de la najure du trapp, comme celle du précédent, avec de CI petites taches blanches serrées , oblongues comme du schorl , rare-
DES MINÉRAUX. 4îj
" dîuîue-^"^^ ^ '’égulièi'c ou dctermiiioc, mais cnlrclacécs les unes “ lent ce?t^^'*'''-* comme de petits vers : les ouvriers ai)pel-
•' 1J‘ nain ^ porphyre vert fleuri. La cinquième d’un fond clair de " minée 'a i- petites taches obiongues, de figure déter-
" noir *’ ^ ^^^‘^l'ées les unes des autres, et de petits rayons de schorl
confonj^\”*f '^“d'ècher d’observer encore que cet habile minéralogiste ''■'iriélé du ^ ^' ec le feld-s[)ath dans sa description de la première
au feu la vert, et qu’en même temps qu'il semble attribuer
l’agate élari'r'*''^'^ pierre, il dit qu’on y trouve des agates; or
imrphyre 'q '• pi'obablc (pie cette pierre de
fRie r-ia- 1^®’^*’’ pi’oduite i)ar le l'eu , à moins d’imaginer
ren.-„l? ® ® ^^M^'-oduite par infiltration dans les bulles dont M. Ferbcr
Je ri?u
Pi’emièrcr* variétés, il n’y a que les deux
niéres varid"' porphyres; et qu’à l’égard des trois der-
''PPelée tre ^ j‘‘spc, mais de la matière tendre
qu’elles en Trr ” mettre au nombre des porphyres, puis-
Pac leur c non-seulement par leur moindre dureté, mais mémo
démontre autant (juc le jaspe diffère du trapp. Ceci nous
sieurs subs'r^ Perber a confondu, sous le nom de porphyi-e, plusc>7îemûu?s essence, et que celles qu’il nomme
comme letr'^^*^* o»dà/tees et serpculiues vertes antiques, sont peut-être même dire' "^^*^’ matières différentes du porphyre ; nous pouvons
i'I- Soubiv’ ,^P*' ’ j'I- Perber, dans le Vicentin, et
n’ont i.M* 1 Vivarais, n’ont observé la nature qu’en désordre, sur lei... fausses idées de scs ouvrages et se méprendre
iwii 1, ,"''r les ■Mlicres ,„.o-
Par te 11- iiK.m,'/" "tel"® » “lies <|ui oui ciisuilc clé foi iuécs
lliéscûlctlc le fc, dos volcans, sc
Il .. ’ ' ® “““l- P^i ceconnaitre leur origine ni même les
distinguer assez pour ne pas tomber dans de grandes e.Tcu s u leu
soit I un des plus attentifs de ces observateurs, on ne peut rien conclure l e ses descriptions et observations, sinon qu’il se trouve dans ces terrains volcanisés des matières presque semblables aux vrais porphyres, i)rimii!r'‘ raison de penser avec moi que le feu
le mé l lesquels je n’ai admis que
' i. iail m ' <1®® Je n’ai jamais
distinguer i**-*** " paclies ipiartzeuscs, et ipie je pense qu’il faut CS. vrais et anciens porphyres, produits par le feu primitif,
’l-n--HaMuié|.i,lo,io,p„ge357cté
tUFju.v, tüin. JH.
46 HISTOIRE NATURELLE
de ceux qui l’ont clé postérieurement par celui des volcans? Ceux-ci peuvent être mêlés de plusieurs autres matières de seconde formation; au lieu que les premiers ne pouvaient être composés que des verres primitifs, seules matières qui existaient alors.
Après le quartz, le jaspe, le mica, le feld-spalh et le schorl, qui sont les substances les plus simples , on peut donc dire que , de toutes les autres matières en grandes masses et produites par le feu, le porphyre et les roches vitreuses dont nous venons de parler sont les plus simples, iniisqu’elles ne contiennent que deux ou trois de ces premières substances : cependant ces mêmes roches vitreuses et les porphyres ne sont pas, à beaucoup près, aussi communs que le granit qui contient trois et souvent quatre de ces substances primitives ; c’est de toutes les matières vitreuses la plus abondante et celle qui se trouve en plus grandes masses, puisque le granit forme les chaînes de la plupart des montagnes primitives sur tout le globe de la terre ; c’est même celte grande quantité de granit qui a fait penser à (juelques naturalistes qu’on devait le regarder comme la pierre primitive de laquelle toutes les autres pierres vitreuses avaient tiré leur origine. Je conviens avec eux que le granit a donné naissance à un grand nombre d’autres substances l)ar ses différentes exsudations et décompositions ; mais comme il est lui-même composé de trois ou quatre matières très-e\idcminent reconnaissables, il faut nécessairement admettre la priorité de l’existence de ces mêmes matières, et par cette raison regarder le quartz, le mica, le feld-spalh et le schorl qu’il contient, comme des substances dont la formation est antérieure à la sienne.
En suivant l’ordre qui nous conduit des substances simples aux matières composées, et toujours en grandes masses, nous avons donné d’abord le quartz, le jaspe, le mica, le fcld-spath et le schorl, que nous regardons comme des matières simples ; ensuite les roches vitreuses qui ne contiennent que deux de ces cinq premières substances; après (juoi ^'iennent les porphyres et les granits qui en contiennent tieis ou quatre. On verra qu’en général le développement des causes et des effets dans la formation des masses primitives du globe s’est fait dans une succession relative aux différents degrés de leur densité, solidité et fusibilité respectives, et que de tous les mélanges ou combinaisons qui se sont faites des cinq verres primitifs, celle de la réunion du quaitz, du mica, du feld-spalh et du schorl est uon-seulcmenl la plus commune, mais qu’elle est tellement universelle et si générale, que les granits semblent
avoir exclu les résultats de la plupart des autres combinaisons de ces
verres primitifs.