DU GRÈS
Ec grés,
"'iiqiose que de'^ J **^*'^’ d’une grande durclé, quoiqu’il ne soit agglutinés pari’* quartz réduits en petits grains qui se sont
sous le choc do P ‘’^au ; ce grés, comme le quartz, élincelle
P'»s violent r egalement réfractaire à l’action du feu le
sables qui oni quartz ne formaient d’abord que des
formé les nnef "*.*^v'i*^* réunissant par leur affinité, et ont ensuite
^cs petits m-iinr ‘*ans lesquels on ne voit en effet que
p''“‘ un ciment P’”'* 'uuius rapprochés, et quel(|ucfois liés
•^Euent a U -L T*"'," ‘’""‘P''^ '"® interstices ^ Ce
< pu clic jiorfe dans le grés de deux manières différentes : la
"'«'O. unô matr- P“®’ “"'"'e l’on fait ordinairc-
l’our ainsi dire '^'d'’ '*"* * * ProP' ^ié particulière de réunir des substances dissemblables, et, s^P'irés, comme ■'’oliimc de plusieurs corps isolés ou
‘fe cetle acception d,. . P““*' "»(‘rbcr pour la pierre, etc.; l’habitude
“ mot dans un sens t*i” pourrait en imposer ici. Je dois donc avertir que je prends
"lossc, ni atlV ’• ''"® matière dlirércnle de celle de la
Pinterpo.sition du cimenr même la séparation absolue des partic.s avant
sion des molécules dc'*^""' consiste dans leur niiioii encore plus intime, par l’acros-
seiilc condition essenu™”'"^ uolure, qui augmentent la densité de la masse, eu sorte que la tliffcreiiee des temps où ce ce ciment des matières sera le plus souvent la
solidité. ciment y sera survenu, et où elles auront acquis par là leur grande
04 HISTOIRE NATURELLE
première, par les vapenrs qui s’élèvent de l’intérieur de la terre, et la seconde par la stillation des eaux. Ces deux causes produisent des effets si semRlables, qu’il est assez difficile de les distinguer. Nous allons rapporter à ce sujet les observations faites récemment par un de nos plus savants académiciens, M, de Lassone, qui a examiné avec attention la plupart des grès de Fontainebleau, et qui s’exprime dans les termes suivants :
« Sur les parois extérieures et découvertes de plusieurs blocs de grès « le plus compacte, et presque toujours sur les surfaces de ceux dont <i on a enlevé de grandes et larges pièces en les exploitant, j ai observé <1 un enduit vitreux très-dur : c’est une lame de deux ou trois lignes « d’épaisseur, comme une espèce de couverte, naturellement appliquée,
« intimement inbérenle, faisant corps avec le reste de la masse, et .. formée par une matière atténuée et subtile qui, en se condensant, a « pris le caractère pierreux le plus décidé, une consistance semblable « à celle du silex, et presque à celle de l’agate; cet enduit vitreux n’est « pas bien longtemps à se montrer sur les endroits qu’il revêt. .Je l’ai vu « établi au bout d’un an sur les surfaces de certains blocs entamés « l’année précédente. On découvre et on distingue les nuances et la proie gression de celte nouvelle formation, et, ce qui est bien remarquable.
Il cette substance vitrée ne parait et ne sc trouve (}ue sur les laces « entamées des blocs , encore engagés par leur base dans la minière « sableuse qui doit être regardée comme leur matrice et le vrai lieu de « leur génération "
Celle observation élal»lit, comme Ton voit, l’cxislcnce réelle cl un ciment pierreux, qui même forme en s’accumulant un émail silicéd une épaisseur considérable : mais je dois remarquer (pic cet email sc pioduit non-sculcmciit sur les blocs encore attachés ou enfouis par leur base, comme le dit IM. de Lassone, mais même sur ceux qui en sont séparés; car ou m’a fait voir nouvellement quelques morceaux de grès qui élaient revêtus de cet émail sur foutes leurs faces. Voilà donc le ciment quarizeux ou silicé clairement démonlré, soit qu’il ait transsudé de l’intérieur de la pierre, soit que Teau ou les vapeurs aient élendu cette couche à la superficie de ces morceaux de grès. On en a des exemples tout aussi frappants sur le quartz, dans lecpicl il sc forme de même une matière sili(;ée par la stillation des eaux et par la condensation des x'apeurs
* Mémoires de l’Académio dos Sciences, année 177t , page 209 et sniv.
*■' M. de Gensanne, savant physicien et minéralogiste très-expérimenté, que j’ai en souvent occasion de citer avec éloge, a fait des observations que j’ai déjà indiquées , et qui me paraissent ne laisser aucun doute sur cette formation delà matière silicéc ou quartzeuse par la seule condensation des vapeurs de la terre, a Étant descendu, dit-il, dans une galerie de mine » (de plomb), de l'ont-l’can, près de Uennes eu Bretagne, dont les travaux étaient abandonnés, « je vis au fond do celle galerie toutes les inégalités du roc presque remplies d’une matière
GS
l>ien consirlérons en général les cinicnls naUirels , il s’en faut
linguer de ‘«'’jo'U’s, ni partout les mêmes; il faut d’abord en dis-
il miinlit / = '’»'D Pa'’ai* liomogène avec la matière dont CS interstices, comme dans les nouveaux quartz et les
I grès,
“ minier J,’ à de la eêrusc délayée, que je reconnus èiro un vérilablc guhr ou Hr. (le GousannT ''“peur condensée qui, en se cristallisant, donne un V(!ritablc quartz. » •es travaux ou si''li*'**'^ l'econnaître si cette matière provenait de la circulation de Pair dans commença par bien ! ®" travers du roc sur lequel elle se formait : pour cela il
trouvait; a ensuite r'*'-' rocher avec une éponge, pour ôter le gubr qui s’y
“ endroits (lu P' ‘1““'''® ‘■‘'"‘^'1''® «cuves de terre vernissée, que j’appliquai
“ pétrie, je les j’avais aperçu le plus de guhr, et avec de la bonne glaise bien
“ plaçai (les trav'crs*"'^' **•*' " ^ l’entour de deux bons pouces d’épaisseur, après quoi je
“ d’un carré »' vis-a-vis mes écuclles qui formaient pres(iuc les quatre angles
que le gu|„. (|„i"s’Vta°'*f t'cnsannc leva une de ces écuclles, et il fut fort surpris de voir coud sur la surface ï! "'^^^cus avait près d’un demi-pouce d’épaisseur, et formait un pccs la consistance duV***^ l’écuellc : il ét.ait très-blanc, et avait à peu
remit l’écuclle c(3mV'^*'"*^ *^''*'* "" molle; il eu prit de la grosseur d’une noix,
ù l’ombre; elle nrit'*'''"*^ “«poravant, sans toucher les autres... Il laissa S('clier cette matière matière sembi, aille* grenue et friable, et ressemblait parfaitement à une
minéraux, surtout'dT**' tachetée , qu’on trouve dans les filons de dilfércnls
de Icten. H y g,, plomb, et à laquelle les mineurs allemands donnent le nom
•a plupart cubiques ***'** Pont-Pean, et le raim'ral y est répandu jiar grains,
" je trouvais, du >( ' ■ “ecompagnés de grains de pyrite. « Toute la dilférerice (|ue
“ était très-blancii * *^e'>sanue, entre ma matière et celle du filon, c’est que la matière “ pris de celle du m parsemée de taches violettes et roussâtres ; je
“ P«s trouver- i’ ' '*”• *'*?' «ssurcmeut aucun minéral, et la plus blanche que je
“ dans deux creu ' J*' ** mienne, et fondis poids égal de ces deux matières, “ donnèrent des 's^** c '’®"; me parurent également fusibles et me
“ étaient absolun semblables Je soupçonnai dès lors que ces matières
“ 'o première éci''*n "*®'"®®- Q'm‘“rzc mois se passèrent depuis le jour que j’avais visité “ polit équiin.,„. * !’ *®mP* de mon départ de ces travaux ; je fus voir alors mon
" 'OC qui ‘1®® '® “’nvait pas sensiblement augmenté sur la partie du
“ l’endroit où î’ ]®’''’®' b®t ayant v isitc I ecuelle (juo j’avais visiliie précédemment, j’ajiercus « l-lanchc- a de la même matière; mais fort mince et très-
“ était soils'lc •“ n’ovais pas touchée, ainsi que toute la matière qui
" litres et vloT.r* ' ''®“‘“®®®’ ^tait toute parsemée de taches rous-
“ ndiie avec " ’®®'®'"®'d' sem'dables à celles qu’on trouve dans le filou de cetlc
“ dispersés d l T'® dernière renferme quantilé de grains de mine de plomb
“ première **"* ** ^''^***^* violettes , et qui n’avaient pas eu le temps de sc former dans la
" au travers des roèl^^ ol’sçrr ation que les guhrs sc forment par une espèce de transpiration
“ sons Ou vajicnrs ( ^®* P'"* rompactes, et qu’ils proviennent de certaines exlialai-
“ dans les emlroits^ ojrculent dans 1 intérieur de la terre, et qui se condensent et sc fixent
“ matière est une vcht 1 ®t 1®“ cavités leur permettent de s’accumuler... Celle
» '’o'dorniée dans igj. " Y * ^''P®®*' ®o''d®«sée qui se trouve dans une infinité d’endroits,
“ l’eau, il se cristalfis^trè'-^f”'^^™**''''^'* '* ^"®'’®‘I"® '® S'*!"’ «st dissous et chassé par
guedoc, tome II ®‘;'''®"'o«t et forme un vrai ([uarlz. » Histoire Naturelle du I.aii-
’ I zz et su IV.
HISTOIRE NATURELLE
où il est plus apparent à la suiface qu’à l'intérieur; l’aulre, qu’on peut dire liétérogènc, parce qu’il est d’une substance plus ou moins différente de celle dont il remplit les intersiiccs, comme <lans les pomlhirjiœs et les brèches : ce dernier ciment est ordinairement moins dur que les grains qu’il réunit. Nous connaissons d’ailleurs plusieurs espèces de ciments naturels, et nous en traiterons dans un article particulier. Ces ciments se mêlent et se combinent quelquefois dans la même matière, et souvent semblent faire le fond des substances solides. Mais ces ciments, de quelque nature qu’ils soient, peuvent avoir, comme nous venons de le dire, une doul)le origine : la première est due aux vapeurs ou exhalaisons qui s’élèvent du fond do la terre au moyen de la chaleur intérieure du globe; la seconde à l’iidiltration des eaux qui détachent, avec te temps, les parties les plus ténues des masses qu’elles lavent ou pénètrent ; elles entraînent donc ces j)articulcs détachées , et les déposent dans les interstices des autres matières; elles forment meme des concrétions qui sont très-dures, telles que les cristaux de roche et autres slalactiles du genre vitreux, et cette seconde source des extraits ou ciments pierreux, quoique très-abondante, ne l’est peut-être pas autant que la première qui provient des vapeurs de la terre, parce que cette dernière cause agit à tout instant et dans toute l’étendue des couches extérieures du globe; au lieu (|ue l’autre étant bornee par des circonstances locales à des effets particuliers, ne peut agir que sur des masses particulières de matière.
On doit se rappeler ici que dans le temps de la consolidation du globe, toutes les matières s’étant durcies et resserrées en se refroidissant, elles n’auront pu faire retraite sur elles-mêmes .sans se séparer et se diviser par des fentes perpendiculaires en plusieurs endroits. Ces fentes, dont quelques-unes descendent à plusieurs centaines de toises , sont les grands soupiraux par où s’échapi)ent les vapeurs grossières chargées de parties denses et métalli()ues. Les émanations plus subtiles , telles que celles du ciment silice, sont les seules qui s’échappent partout, et qui aieni pu pénétrer les masses entières du grès pur : aussi n’cnlre-t-il que peu ou point de substances métalliques dans leur composition, tandis que les fentes perpendiculaires qui séparent les masses du quartz, des granits et autres rochers vifreux sont remplies de métaux et de minéraux produits par les exhalaisons les plus denses, c’est-à-dire par les vapeurs chargées dcparlies mctalli<iucs. Ces émanations minérales, qui étaient très-abondantes lors de la grande chaleur de la terre, ne laissent pas de s’élever, mais en moindre quantité, dans son état actuel d’attiédissement : il peut donc se former encore tous les jours des métaux, et ce travail de la nature ne cessera que quand la chaleur intérieure du globe sera si diminuée, qu’elle ne pourra plus eidever ces vapeurs pesantes et métalliques. Ainsi le produit de ce travail, déjà petit aujourd’hui, sera peut-être nul dans quelques milliers d'années, tandis que les vapeurs plus subtiles et plus légères, qui n’ont besoin que d’une chaleur
tres-iiK‘(liocre pour être sublimées, continueront à s’élever et à revêtir
S'il ace, ou même pénétrer l’intérieur des matières nui leur sont analogues. ‘
plu^o?^'*^ ** conlieiil que du (piartz réduit en grains
'lu’àla'l ^*^*^*'^* '"criiis, et souvent si jictits qu’on ne peut les distinguer
stances *!^*'*^‘ '‘"I""’® sont au conti'aire mélangés d’aiilressub-
calcai uiétalliqucs *, et i)lus souvent encore des matières
^ ‘^‘^s grès impurs sont d’une formation postérieure à celle cres nïir‘<5 i? • • '
oalcair' ' '"" general, il y a plus de grès mélangés de substance
8'‘ès simples et purs**, et ils sont rarement teints d’autres
masses fer mêlés de mica, et d’autres en plus grand nombre coutieimeut de petites
“ 't’ai vu Irès-dures quoies ouvriers appellent des c/oas.
“ gaès dont Vosges, dit SI. l’abbc Bexon, des grès mélangés ou semés de mica ; ces
“ forme comme l la Lande tout le long du pied de la chaiiic des montages, et qui
“ calcaire sont ^ ^'®'"mre lisière entre le pays élevé de granit, cl le bassin de la plaine
" de taille du déposés en couches, dont les plus épaisses fournissent la pierre
“ qu’on les e ®'dont les plus minces, qui sont feuilletées et se lèvent en tables, telle
“ les toits dc-'^ hauteurs de Plombières, de Valdajol et ailleurs, servent à couvrir
« de mi M f-liacune de cos feuilles ou tables a sa surface saupoudrée cl brillante
“ que la carr "' • *1"® ® poudie de mica semée entre les tables du grès
» que les eaux^'I ™ Slructure en couches feuilletées; car on peut concevoir qu’à mesure
» comme 1> l ®usemble le sable quartzeux et la poudre de mica mélangé, le sable,
« veiiaii ■ l’®®'"’b tombait le prernier et formait sa couche , sur laquelle le mica flottant
*'-nau ensuite se dén .
ririci,.:„ X. ’ l'USfii', et marquait ainsi le trait d’une seconde feuille. « îlémoircs sur de la Lorraine.
" lois u’ils'*”*"^-*'**”* ^ Fontainebleau dans leur disposition naturelle, et
“ onfoids ' * l^°'’"»ôs, nous les voyons constamment dispersés dans le sable on ils sont
“ ou caill ®omme leur matrice ; ils y sont solitaires et isolés, de même que les silex
“ exact ' * dans des bancs de marne ou de craie, on ils ont pris naissance : c’est
“ forme^*^*'^ 'uonie disposition, le métne arrangement, et la parité est encore établie par la “ ceci oirondic que chaque bloc all'ccte ordinairement dans Ses contours; mais
“ bleau • *1“® *®® S'®* 1’®®® homogènes, tels que ceux de Fonluinc-
" remn ' observons que d’autres qui sont mixtes ou mélangés se comportent difl'é-
^ ^mcnl, à cause sans doute de leur composition plus compliquée.
» Séna ■ l'"i’S de Fontainebleau, quoique formant presque toujours des blocs
^ P ‘'CS, paraissent néanmoins en quelques endroits disposés en bancs ou en masses conti- “ ®ues cl horizontales, parce qu’ici les masses sont plus rapprochées, et qu’elles ont une paisscur cl une étendue plus considérable...
“ des "l ‘'omarquer que les grès de Fontainebleau étaient au rang des plus purs et
« rnal-' u **""‘®“®"®®’ “ h» vue simple et sans être année, on reconnaît et on distingue, '• compa'cr'"^*'? '*^**^ ** ‘®““''®’ *®® Sff'ns sableux rapprochés et réunis eu une masse
“ ‘■“iproque'd *’'®®® ‘*’“"® ““'t'èi'e uniforme ; sans doute l’adhérence et l’union
“ “d’uié, qui çu]*^*^* Premières molécules sableuses sont procurées par un fluide subtil et “ est telle ' ®eoîulinunt, se condense avec elles; la subtilité de ce gluten particulier “ entre lous'^ics '''"''«'sellcment répandu dans la masse, comme un moyen unissant 1' renee et la "'asque cl ne fait disparaître que très-faiblement l’appa-
« que par le eontacl ®“hlcux ; de sorte que l’on jugerait qu’ils n’adhèrent entre eux
immédiat, sans mélange d’autre matière interposée.
IllSTOIPiE NATURELLE
couleurs luclalliqucs que de celles du fer. On les Irouve par collines, par bancs et en très-grandes niasses, quelquefois séparées en gros blocs isolés, et seulenicnt environnés du sable qui semble leur servir de matrice * ; et comme ces amas ou couches de sable sont dans toute leur épaisseur perméables à l’eau, les grès sont toujours humectés par ces eaux filtrées : riuimidité pénètre et réside dans leurs pores; car tous les grès sont humides au sortir de la carrière, et ce n’est qu’après avoir été exposés pendant quelques années à l’air qu’ils perdent cette humidité dont ils étaient imbus.
Les grès les plus purs, c’est-à-dire ceux dont le sable qui les compose n’a été ni transporté ni mélangé, sont entassés en gros blocs isolés; mais il y en a beaucoup d’autres qui sont étendus en bancs continus et même en couches horizontales à peu prés disposées comme celles des pierres calcaires **. Cette différence de position dans les grandes masses de grès [larait nous indiquer qu’elles ont été formées dans des temps différents, et ipie la foruiation des grès qui sont en bancs horizontaux est postérieure à la jiroduction de ceux qui se présentent en blocs isolés : car celle-ci ne suppose que la simple agrégation du sable quartzeux dans le lieu même où il s’est trouvé après la vitrification générale, au lieu que la position des autres grès par couches horizontales su|>pose le transport de ces mêmes sables par le mouvement des eaux; et le mélange des matières étrangères qui se trouvent dans ces grès semble prouver aussi qu’ils sont d’un formation moins ancienne que celle des grès purs.
Si l’on voulait douter que l’eau put former le grès par la seule réunion des molécules du quartz, il serait aisé de le démontrer par la formation du cristal de roche, qui est aussi dur que le grès le plus pur,
» Ccpeiulaiil plusieurs remarques semblent établir l’existence réelle de ce gluten pierreux, « cl peuvent même servir à déterminer sa nature et son caractère.
« En effet, parmi les différents blocs de ce grès, il en est dont les mollécules sableuses ont » une agrégation sensiblement plus dense et glus compacte; les fragments de ces blocs les plus « durs laissent à peine apercevoir sur les surfaces de leurs cassures les petits grains arénacés Il qui sont ici beaucoup plus scrré.s et plus fins, et comme fondus avec la matière qui paraît Cl les lier. •> Mémoirc.s sur les grès de Foulainebleau, par Jl. de Lassonc, dans ceux de l’Académie des Sciences, année 177<f.
* » En examinant les blocs encore enfouis dans leurs minières sableuses, on voit, en les Il oassant, leur masse intérieure sensiblement imbue et pénétrée d’une humidité qui s’y est « insinuée uniformément par toutes les porosités....
» Il est probable que cette humectation intérieure est cause aussi que les grès dans leur Il minière sont toujours moins durs, et qu’ils n’achèvent de .se durcir que quand ils ont sué » longtemps en |i!ein air. » Idem, ibidem.
La ffonne-Ville, capitale du Faiicign y, parait être assise sur un rocher do grès ; ce rocher, qui sort de terre sous la porte de la ville i|ui regarde Genève, est forme d’une pierre de sable mélangée de mica, et disposée par bancs inclinés de trente-buit à quarante degrés ; ces bancs ne pas.scnt point ]iar dessous les bases des montagnes voisines, ils sont d’une date beaucoup plus récente. Saussure, Voyage dans les Alpe.s. tome I, page ,’5fi(i.
des n’est forme que des mêmes molécules par la stillation
nart ‘ T’ ^^‘'‘'lleurs on voit un commencement de cette réunion des mouillé^* ^Di''"’tzeuses dans la consislance que prend le sable lorsqu’il est lieux est sec, et plus il est pulvérulent; et dans les
nesoni*"- couvrent la surface du terrain, les chemins
l’eau • Pi’i^licablcs que ([uand il a beaucoup plu, parce que
P*'"*' sables en rapprochant leurs grains, q'iarlz Tle^ trouvent communément que près des contrées de
lieu des d’autres matières vitreuses *, et rarement au mi-
cependant i*^^* ^ ^ marbres, des pierres calcaires ou des craies ;
diffèr . f voisin quelquefois du granit par sa situation,
duelque sa composition, pour qu'on puisse leur appliquer
P^s dans^ ^,*^“‘*''nation commune, et plusieurs ol)Servateurs sont tomposiiion de*^*^**^^* appelant granit du grés à gros grains. La com-
coniposé' matières est différente en ce que, dans ces grès
®Patli n’ont granit, jamais les molécules du feldmnpâtcment*'^^^*^** cristallisation distincte, ni celles du quariz un mica • ^°aimun avec elles, non plus qu’avec les paidicules du
couche ‘^'■•ï'ères sont comme semées sur les autres et toute la
amas dé ^■n ** comme par sa texture, ne montre qu’un
'a fusion ' agglutinés par une voie bien différente de
cemanjuer r geandes masses vitreuses; et l’on peut encore
généralement*^ composés de plusieurs espèces de sables sont
que le er '. *^ grossiers, moins compactes, et d’un grain plus gros geain plu toujours est plus solide et plus dur, et dont le
quartz * évidemment tous les caractères d’une poudre de
et flonc le produit immédiat des détriments du quartz,
zeuse eq • réduit en poudre inqvalpable cette poudre quart-
l’on nr W qu’elle pénètre les autres matières solides; et même
et qu’elle passe à travers le verre, MM. le Blanc
une ^']^*’.?^'‘‘“^P'acé une bouteille de verre vide et bien bouchée dans de de grès des environs d’Étampes, ils s’aperçurent au bout
de uT “tte bouteille une espèce
dre d de la même nature que la pou-
^ §rcs ,
U y a peut-être aucune matière vitreuse dont les qualités apparentes
“ ‘aiit n’« lit f ® 'l'*® j® ®‘‘®'S’ In UK'oiic de la terre, et qui pour-
“ sceoiidujpp,, 1 ®"®®' ® rtc observé , que presque toujours entre les dernières couches
“ j’“i observe ce T" *”'‘^1"'''''’®® P^'^itives, on trouve des banes de grès ou de poudingues : “ niais encore dlf ''“n-sculement dans un grand nombre de montagnes des Alpes,
Saussure, Vova"*"*! ' ®®8®S5»t'ins les montagnes des Cévennes,de la Bourgogne eldu Forez »
’• Ilisloireïlf "! ^'P®^> t«"*® L Png® ^^28.
‘ ®‘“'®'n'«<le tome II, page 20.
7Ô HISTOIRE NATURELLE
varient autant que celle des grès. « On en rencontre de si tendres, dit « M, de Lassone, que leurs grains, à peine liés, se séparent aisément <1 par la simple eoitipression et deviennent pulvérulents; d’autres dont
la concrétion est plus ferme, et qui eommenceul à résister davantage Il aux coups redoublés des instruments de for; d’autres enfin dont la « masse plus dure et plus lisse est comme sonore et ne se casse que « très-difficilement; et ces variétés ont plusieurs degrés intermé- 11 diaires *. »
Le grès que les ouvriers appellent grisar est si dur et si difficile à li'availler, qu’ils le rebutent même pour n’en faire que des pavés, tandis qu’il J a d'autres grès si tendres et si poreux, que l’eau crible aisément à travers leurs masses; ce sont ceux dont on se sert pour faire les pierres à filtrer. Il y en a de si grossi(îrs et de si terreux, ((u’au lieu de se durcir à l'air ils s’y décomposent en assez |)cu de temps. En général les grès les plus purs et les plus durables sont aussi ceux qui ont le grain le plus lin et le tissu le plus serré.
Les grès qu’emploient les paveurs à Paris sont, après le grès grisar, les plus durs de tous. Les gi*ès dont on se sert pour aiguiser ou donner du tranchant au fer et à l’acier sont d’un grain fiiij mais moins durs que les premiers, et néanmoins ils jettent de même des étincelles, en faisant tourner à sec scs meules de grès contre le fer et l’acier **. Le grès de Turquie, qu’on appelle jrkrrc à rasoir, à la(|uelle on donne sa qualité en la tenant pendant quelques mois dans l’huile, et qui sert à repasser et affiler les rasoirs et autres instruments très-tranchants, n’a qu’un certain degré de dureté, quoique le grain en soit très-fin et la substance très-uniforme et sans mélange d’aucune matière étrangère.
Au reste, le grès pur n’étant composé que des détriments du quartz, il en a toutes les propriétés; il est aussi réfractaire au feu j il résiste de même à l’action de tons les acides, et quelquefois il acquiert le meme degré de dureté; enfin le quartz ou le grès réduits en sable servent également de base à tous nos verres factices, et entrent en plus ou moins grande quantité dans leur composition.
Les grès sont assez rarement colorés, et ceux qui ont une nuance de Jaune, de rouge, ou de brun, ne doivent cette teinte qu’à rinfillration de l’eau chargée des molécules ferrugineuses de la terre végétale qui couvre la superficie du terrain où l’on trouve ces grès colorés; la plupart des jaspes sont au contraire très-colorés, et semblent avoir reçu leurs couleurs par la sublimation des matières métalliques dès le premier
* Mémoire sur le grès, jiar M.de Lassone, dans ceux de l’Académie des Sciences, année 1774, page 210.
M. Valmont de Bomafe, dans son ouvrage sur la Minéralogie, nous assure qu’il a trouvé un quarlier de ce grès de Turquie, en France, près de Morlaix, dans la province de Brelagne, et je suis d’ailleurs très-persuadé que celle espece de grès n’appartienl pas exclusivement à la Turquie, comme sou nom semble l’indiquer.
lemps (le leur formation. Il se peut aussi que quelques grès des plus aucuns doivent leur couleur à ces mêmes émanations métalliques; l’une const’*"'''^* ^*^^<-‘lut pas l’autre, et les effets do toutes deux paraissent 1 observation. « Il n’y a presque point de ces Idocs ÿrést’Hæ, ^ ‘ 0 ontainebleau, dit M. do Lassonne, où l’on n’aperçoive queUpics •'^(lues d’un principe ferrugineux. En général, ceux dont les grains est* fiioins liés sont aussi ceux on le principe ferrugineux
U id'parent. Les portions les plus externes des blocs, celles
Pai conséquent dont la formation ou la condensalion est moins ancienne, ont souvent une teinte jaunâtre de couleur d’ocre ou de i>i e de 1er, tandis que les couches plus intérieures ne sont nulle- ^®*o<’ées. Il semble donc que dans cerlains grès cette teinte disl'aiaisse à nu'sure que leur densité ou que la concrétion de leurs n'ass! ; cependant on remarque des blocs très-durs, dont la
" plus pénétrée uniformément de cette couleur ferrugineuse
« ■ *'^o'ns intense : il }• en a parmi ceux-ci quelques-uns où le
*' Irèsf'*'*^ f‘^*'™Sùieux est si apparent, qu'ils ont une teinte rougeâtre “ aucune^^^ ^ ^ sfible, même pulvérulent, et n’a3'ant encore éprouvé “ teintes*^ ^^''^iensation , coloré en plusieurs endi oits par les mêmes la <iussi participer du fer, si l’on en Juge simplement par
1 l’aimant n’en attire aucune parcelle de mêlai, non
UaHle*^^ob^-*^^^* des grès rougeâtres*. »
nervation de M. de Lassone me semble prouver assez que les
fd’es sont coloréi
dci
par le fer, et plus souvent au moyen de rinfillralion
inème'*^! ^**^ ^^ ** sublimation des vapeurs souterraines. .l’ai vu moi- ‘^loiis r* ^^*’^*'^*'*‘* blocs d’un grès très-blanc, de ces petits nœuds ou Uu’ils j’'*' parlé, et (|ui sont d’une si grande dureté,
a b'>'' “ bi lime. On doit conclure de ces rcmaiajues que l’eau
travaillé sur le grès. Ce dernier élément n’a l’ecà"^' *^**'^- *'^ première matière, c’est-à-dire le quartz; au lieu que ^ au a porté dans la plupart dos grès, non-seulement des parties ferrnhineuses, mais encore une très-grande quantité d’autres matières hélé- »' nés qui en altèrent la nature ou la forme, en leur donnant une figul'alion qu’ils ne prendraient pas d’eux-mènies, ce qu’on ne doit altribuer duaux substances hétérogènes dont ils sont mélangc-s.
trouve dans quelques sables de grès des morceaux arrondis, isolés U < e ditlerentcs grosseurs, les uns entièrement solides et massifs, les autres creux en dedans comme des géodes : mais ce ne sont que des com retiens, des sablons agglutinés par le ciment dont nous avons parlé; de salî*^' *^^**°*'* forment dans les petites cavités de la grande masse natnr(>*^ *os autres blocs de grès, et elles sont de la même
due ces sables**. Mais les grès, disposés par bancs ou par couches
MciTloirUS r!/> 1' 4 J •
** Surlanio * SuiciKîcSj année 177^.
a-,iie (lu camp ,io César (près de Coiupiègne), et dans plusieurs aulrcs lieux où
HISTOIRE NATURELLE
sont presque tous plus ou moins mêlés d’autres matières : il y a des grès mélangés de terre limoneuse, d’autres sont entremêlés d’argile, et plusieurs autres, qui ne paraissent pas terreux, contiennent une grande quantité de matière calcaire. Tous ces grès ont évidemment été formés dans les sables transportés et déj)Osés par les eaux ; et c’est par cette raison qu’on les trouve en couches horizontales, au lieu que les grès purs produits par la seule décomposition du quartz se présentent en blocs irréguliers et tels qu’ils se sont formés dans le lieu même sans avoir subi ni transport ni mélange : aussi ces grès purs, ne contenant aucune matière calcaire, ne font point effervescence avec les acides, et sont les seuls qu’on doive regarder comme de vrais grès. Cette distinction est plus importante (ju’ellc ne le parait d’abord, et peut nous conduire à l’explication d’un fait reconnu depuis peu. Quelques observateurs ont trouvé i)lusicurs morceaux de grès à Bourbonne-les-Baius àNemours**, à Fontainebleau et ailleurs, qui affectaient une figure quadrangulaire, et qui étaient, pour ainsi dire, cristallisés en rhombes. Or celte espèce de cristallisation ou de liguralion n’est pas une des propriétés du grès pur *** : c’est un effet accidentel qui n’est dû qu’au
le s.ible ahonilc, on rencontre aussi certains corps pierreux isolés , de dilTérentcs grosseurs, et presque toujours de forme à peu près arrondie; c'est ce que SI. deRéaumur appelle marrons de sable. ( Mémoires de l’Acadcraie des Sciences , année 1723. ) On les a regardes comme des rudiments de silex : mais, par leur forme, et surtout par l’apparence encore un peu sensible des grains sableux dans leur texture , ils se rapproclient bien plutôt des grès moins purs ; ils fermentent avec l’acide nitreux. De semblables marrons de sable existent aussi dans d’autres terrains où le sable est beaucoup plus pur et moins mélangé; mais ils ont un caractère particulier ; ce sont des espèces de géodes sableuses ; (juand on les casse , on trouve un vide , en partie occupé par un amas de cristaux assez purs , adhérents à toute la voûte intérieure , et produits sans doute par le suc lapidifiquc, plus abondant et dégagé de toute autre matière. J’ai dans mon cabinet quelques-unes de ces géodes sableuses que l’on peut regarder comme une espèce de grès; l'eau-forte n’y fait aucune impression apparente. Mémoires sur le grès , par M. de Lassouc; Académie des Sciences, année 1774, pag. 221 et 222.
* Mémoires de Physique, par ÔI . Grignon, in-i", |)age. 353.
** M. Bezout, savant géomètre de l’Académie des Sciences, a reconnu le premier ces grès figurés dans les carrières de Nemours.
Une autre espèce de grès découvert depuis peu dans la forêt de Fontainebleau, du côté de la Belle-Croix , est composé d’un amas de vrais cristaux réguliers , de forme rhomboïdalc... On trouve ce grès indiqué et décrit pour la première fois dans un catalogue imprimé (chez Claude Hérissant ), et composé par M. Romé de Lille, d’un riche cabinet d’IIistoire Naturelle, exposé en vente à Paris , dans le mois de juillet de cette année 1774 ; dans une note relative à cette indication, on observe que cette espèce de grès n’est pas pure, que l’acide nitreux l’attaque à raison d’une substance calcaire qui entre dans sa mixtion en proportion d'un pou plus d’un tiers sur le total, et l’on ajoute que peut-être la cristallisation de cette pierre sableuse n’a été déterminée que par le mélange et le concours de la matière qui paraît servir de ciment... Dans ce canton de la Belle-Croix, les blocs y sont moins isolés et paraissent former des cbaines ou des bancs plus réguliers. Mémoires sur le grès , par M. de Lassouc. Académie des Sciences , année 1774.
DES MlNERAtX.
change (le la inalièrc calcaire avec celle du grès; car ayant fait dissoudre cô morceaux figurés en rhond)es, il s’est trouvé qu’ils
vrais ^noins un tiers de substance calcaire sur deux tiers de
mélan^iî*^*' fiu’aucun des griîs, qui n’étaient que peu ou point
ailles de cette matière calcaire, n’a pris cette figure rhomboïdale,
prés 1^* considéré les principales matières solides et dures qui se fiui co*^** S''apdes masses dans le sein ou à la surface de la terre, et a<n4"at''*"*^ *'^'^** venons de l’exposer, sont ou des verres primitifs ou exainiiie^^i* Parties divisées et réduites eu grains, nous devons ^'■'gine et *^ *^ ■****^'*'*^ matières en grandes masses qui en tirent leur st’histes et*^^*^" détriments ultérieurs, telles que les argiles, les
plus Z*'* ardoises qui ne diffèrent des sables vitreux que par une
preuiTe leurs parties intégrantes, mais ([ui pour
aiei londs de leur substance sont de même nature.