‹ Œuvres complètes de Buffon avec des extraits de Daubenton, et la classification de CuvierChapitre 11 sur 93 · DE M. DE BUFFON. S · texte numérisé non relu

DE M. DE BUFFON. S

constance pour acbcxcr, de ramilié pour vos rivaux, du zèle pour vos amis, de 1 enthousiasme pour riiunianitc : voilà ce que vous connait un ancien ami, un confrère de trente ans, qui se félicite aujourd'hui de le devenir pour la seconde fois*.

Avoir parcouru l’un et l’autre hémisphère, traversé les continents et les mers, surmonte les sommets sourcilleux de ces montagnes embrasées, où des glaces éternelles bravent également et les feux souterrains et les ardeurs du midi; s être livré à la pente précipitée de ces cataractes écumantes, dont les eaux suspendues semblent moins rouler sur la terre que descendre des nues; avoir pénétré dans ces vastes déserts, dans ces solitudes immenses, ou 1 on trouve à peine quelques vestiges de l’homme, où la nature, accoutumée au plus profond silence, dut être étonnée de s’entendre interroger pour la première fois, avoir plus fait, en un mot, par le seul motif de la gloire des lettres, (jue 1 on ne fit jamais par la soif de l’or ; voilà ce que connait de vous l’Europe et ce que dira de vous la postérité.

Mais, n’anticipons ni sur les espaces ni sur les temps : vous savez que le siècle où l’on vit est sourd, que la voix du compatriote est faible; laissons donc à nos neveux le soin de répéter ce que dit de vous l’étranger, et bornez aujoud’hui votre gloire à celle d’ètre assis parmi nous.

Ea mort met cent ans de distance entre un jour et l’autre ; louons deconcert le prélat auquel vous succédez**; sa mémoire est digne de nos éloges, sa personne digne de nos regrets. Avec de grands talents pour les négociations, il avait la volonté de bien servir l’état; volonté dominante dans M. de V auréal, et qui dans tant d’autres n’est que subordonnée à l’intérêt personnel. 11 joignait à une grande connaissance du monde, le dédain de l’in- B'igue; au désir delà gloire, l'amour de la paix, qu’il a maintenue dans son diocèse, même dans les temps les plus orageux. Nous lui connaissions cette éloquence naturelle, (.etto force île discours, cette heureuse confiance, qui souvent sont nécessaires pour ébranler, pour émouvoir; et en même temps cette facilité à revenir sur soi-rnèmo, cette espèce de bonne foi si séante, qui persuade encore mieux, et ([ui seule achève de convaincre. 11 laissait paraître ses talents et cachait scs vertus; son zèle charitable s’étendait en secret a tous les indigents : riche par son patrimoine et plus encore par les grâces du roi, dont nous ne pouvons trop admirer la bonté bienfaisante, M. de V auréal sans cesse faisait du bien, et le faisait en grand; il donnait sans mesure; il dormait en silence; il servait ardemment; il servait sans retour personnel ; et jamais ni les besoins du faste, si pressants à la cour, ni la crainte si fondée de faire des ingrats, u’ont balancé dans cette aille généreuse le sentiment plus noble d’aider aux malheureux.

•I étais depuis très-longtemps coiil'rèrc de M. de la Condatniiie à l’Aead. des Sciences, c la Coridéimine succéda, à l’Académie Française, à M. de Vauréal, évêque de

Rennes.

RÉPOA'SE

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