ARTICLE IX
StB LES INÉGALITÉS DE LA SURFACE DE LA TERRE.
I.es inégalités qui sont à la surface de la terre, qu’on pourrait regarder comme une imperfection à la figure du globe, sont en même temps une disposition favorable et qui était nécessaire pour conserver la ^égétation et la vie sur le globe terrestre : il ne faut, pour s'en assurer, que se prêter un instant à concevoir ce que serait la terre si elle était égale et régulière à sa surface; on verra qu’au lieu de ces collines agréables doù coulent des eaux pures qui entretiennent la verdure de la terre, au lieu de ces campagnes riches et fleuries ou les plantes et les animaux trouvent aisément leur subsistance, une triste mer convrirait le globe entier, et qu il ne resterait à la terre, do tous .ses attributs, que celui d’ètrc une planète obscure, abandonnée, et destinée tout au plus à l’habitation des poissons.
Mais, indépendamment de la nécessité morale, laquelle ne doit que rarement faire preuve en philosophie, il y a une nécessité physiciue pour que la
terre soit irreguhere à sa surfacej et cela, parce qu’eu la supposant même pailaitement régulière clans son origine, le mouvement des eaux, les feux souterrains, les vents et les autres causes extérieures auraient nécessairement produit à la longue des irrégularités semblables à celles que nous voyons. ‘
Les plus grandes inégalités sont les profondeurs de l’Océan, comparées à l’élévation des montagnes : cette profondeur de l’Océan est fort différente même à de grandes distances des terres 5 on prétend qu’il y a des endroits qui ont jusqu’à une lieue de profondeur ; mais cela est rare, et les profondeurs les plus ordinaires sont depuis soixante jusqu’à cent cinquante brasses. Les golfes et le parages voisins des côtes sont bien moins profonds, et les détroits sont ordinairement les endroits de la mer où l’eau a le moins de profondeur.
Pour sonder les profondeurs de la mer, on se sert ordinairement d’un morceau de plomb de trente ou quarante livres , qu’on attache à une petite corde. Celte manière est fort bonne pour les profondeurs ordinaires : mais lorsqu on veut sonder de grandes profondeurs, on peut tomber dans l’erreur et ne pas trouver de fond où cependant il y en a, parce cpie la corde étant spécifiquement moins pesante que l’eau, il arrive, après qu’on en a beaucoup dévidé, que le volume de la sonde et celui de la corde ne pèsent plus qu’autant ou moins qu’un pareil volume d’eanj dès lors la sonde ne descend plus, et elle s’éloigne en ligne oblique en se tenant toujours à la même hauteur : ainsi, pour sonder de grandes profondeurs, il faudrait une chaîne de fer ou d autre matière Jiliis pesante que l’eau. Il est assez probable que cest faute d avoir fait celte attention, que les navigateurs nous disent que la mer n’a pas de fond dans une si grande quantité d’endroits.
En général, les profondeurs dans les hautes mers augmentent ou diminuent dune manière assez uniforme; et ordinairement plus on s’éloigne des côtes, plus la profondeur est grande : cependant cela n’est pas sans exception , et il y a des endroits au milieu de la mer où l'on trouve des écueils, comme aux Abrolhos dans la mer Atlantique; d’autres où il y a des bancs d’une étendue trcs-eonsidérable, comme le Grand-Banc, le banc appelé le Borneur dans notre Océan, les bancs et les bas-fonds de l’océan Indien, etc.
De même, le long des côtes, les profondeurs sont fort inégales : cependant on peut donner comme une règle certaine que la profondeur de la mer à la côte est toujours proportionnée à la hauteur de cette même côte, en sorte que, si la côte est fort élevée, la profondeur sera fort grande, et au contraire, si la plage est basse et le terrain plat, la profondeur est fort petite, comme dans les fleuves où les rivages élevés annoncent toujours beaucoup de profondeur, et où les grèves et les bords de niveau montrent ordinairement un gué, on du moins une profondeur médiocre.
II est encore plus aisé de mesurer la hauteur des montagnes que de sonder les profondeurs des mers, soit au moyen de la géométrie pratique.
soit par le baromètre : cet instrument peut donner la hauteur d’une montagne fort exactement, surtout dans les pays où sa variation n’est pas considérable comme au Pérou et sous les autres climats de l’équateur. On a mesuré par l’im ou l’autre de ces moyens la hauteur de la plupart des éminences qui sont à la surface du globe; par exemple, on a trouvé que les plus hautes montagnes de Suisse sont élevées d’environ seize cents toises au-dessus du niveau de la mer plus que le Eanigou, qni est une des plus hautes des Pyrénées ( Foî/ez I Hist. tk VAcad., 1708, page 24). Il parait que ce sont les plus hautes de toute 1 Europe, puisqu’il en sort une grande quantité de fleuves qui portent leurs eaux dans différentes mers fort éloignées, comme le Pô, qui se rend dans la mer Adriatique; le Rhin, qui se perd dans les sables en Hollande; le Rhône, qui tombe dans la Méditerranée, et le Danube, qui va jusqu a la mer Noire. Ces quatre fleuves, dont les embouchures sont si éloignées les unes des autres , tirent tous une partie de leurs eaux du mont Saint-Gothard et des montagnes voisines ; ce qui prouve que ce point est le plus élevé de l’Europe.
Les plus hautes montagnes de l’Asie sont le mont Taurus, le mont Imaüs, le Caucase et les montagnes du .lapon. Toutes ces montagnes sont plus élevées que celles de l’Europe ; celles d’Afrique, le grand Atlas et les monts de la Lune, sont au moins aussi hautes que celles de l’Asie; et les plus élevées de toutes sont celles de l’Amérique méridionale, surtout celles du Pérou, qui ont Jusqu’à trois mille toises de hauteur au-dessus du niveau de la mer. En général, les montagnes entre les tropiques sont plus élevées que celles des zones tempérées, et celles-ci plus que celles des zones froides; de sorte que plus on approche de l’équateur, et plus les inégalités de la surface de la terre sont grandes. Ces inégalités, quoique fort eonsidéi ables patrapport à nous, ne sont rien quand on les considère par rapport au globe terrestre. Trois mille toises de différence sur trois mille lieues de diamètre, c’est une toise sur une lieue ou un pied sur deux mille deux cents pieds : ce qui, sur un globe de deux pieds et demi de diamètre, ne fait pas la sixième partie d’une ligne : ainsi la terre, dont la surface nous parait traversée et coupée par la hauteur énorme des montagnes et par la profondeur affreuse des mers, n est ce|)endant, relativement à son volume, que très-légèrement sillonnée d inégalités si peu sensibles, qu’elles ne peuvent causer aucune difl'érencc à la ligtire du globe.
Dans les continents, les montagnes sont continues et forment des chaînes; dans les îles, elles ])araisscnt être plus interrompues et plus isolées, et elles s elèvent ordinairement au-dessus de la mer en forme de cône ou de pyramide, et on les appelle des pieds. Le pic de Ténériffe, dans l'île de Fer, est une des plus hautes montagnes de la terre; elle a près d’une lieue et demie de hautCTir perpendiculaire au-dessus du niveau de la mer. Le pic de Saint- George dans 1 une des Açores, le pic d’Adam dans l’île de Ccylan, sont aussi lort élevés. Tous ces pics sont composés de rochers entassés les uns sur les autres, et ils vomissent, à leur sommet, du feu, des cendres, du bitume, des
minéraux et des pierres. Il y a même des des qui ne sont précisément que des pointes de montagnes, comme l’ilc Sainte-Hélène, l'ile de l’Ascension, la plupart des Canaries et des Açores; et il faut remarquer que dans la plupart des des, des promontoires et des autres terres avancées dans la mer, la partie du milieu est toujours la plus élevée, et qu’elles sont ordinairement séparées en deux par des chaînes de montagnes qui les partagent dans leur plus grande longueur, comme en Écosse le mont Crans-Bain, qui s’étend d’orient en occident et partage l’ile de la Grande-Bretagne en deux parties : il en est de même des des de Sumatra, de Luçon, de Bornéo, des Célèbes, de Cuba et de Saint-Domingue, et aussi de l’Italie, qui est traversée dans toute sa longueur par l’Apennin ; de la presqu’île de Corée, de celle de Malaye, etc.
Les montagnes, comme l’on voit, diiïèrent beaucoup en hauteur; les collines sont les plus basses de toutes: ensuite viennent les montagnes médiocrement élevées, qui sont suivies d’un troisième rang de montagnes encore plus hautes, lesquelles, comme les précédentes, sont ordinairement chargées d’arbres' et de plantes, mais qui, ni les unes ni les autres, ne fournissent aucune source, excepté au bas; enfin, les plus hautes de toutes les montagnes sont celles sur lesquellcîs on ne trouve que du sable, des pierres, des cailloux et des rochers dont les pointes s’élèvent souvent jusqu’au-dessus des nues : c’est précisément au pied de ces rochers qu’il y a de petits espaces, de petites plaines, des enfoncements, des espèces de vallons où l’eau de la pluie, la neige et la glace s’arrêtent, et où elles forment des étangs, des marais, des fontaines d’où les fleuves tirent leur origine. Voyez Lettres philosophiques sur la formation des sels, etc.
La forme des montagnes est aussi fort différente : les unes forment des chaînes dont la hauteur est assez égale dans une très-longue étendue de terrain; d’autres sont coupées par des vallons très-profonds; les unes ont des contours assez réguliers; d’autres paraissent au premier coup d’œil irrégulières, autant qu’il est possible de l’être; quelquefois on trouve au milieu d’un vallon ou d’une, plaine un monticule isolé : et de même qu’il y a des montagnes de dilférentes espèces, il y a aussi deux sortes de plaines, les unes en pays bas, les autres en montagnes : les premières sont ordinairement partagées par le cours de quehiuc grosse rivière; les autres, quoique d’une étendue, considérable, sont sèches, et n’ont tout au plus que quelque petit ruisseau. Ces plaines en montagnes sont souvent fort élevées, et toujours de difficile accès : elles forment des pays au-dessus des autres pays, comme en Auvergne, en Savoie et dans plusieurs autres pays élevés; le terrain en est ferme et produit beaucoup d'herbes cl de plantes odoriférantes ; ce qui rend ees dessus de montagnes les meilleurs pâturages du monde.
Le sommet des hautes montagnes est composé de rochers plus ou moins élevés, qui re.s.semhlent, surtout vus de loin, aux ondes de la mer. Voyez Lettres philosophiques sur la formation des sels. Ce n’est pas sur cette observation seule que l’on pourrait assurer, comme nous l’avons fait, que les
montagnes ont etc formées par les ondes de la mer, et je ne la rapporte que parce qu’elle s’accorde avec toutes les autres. Ce qui prouve évidemment que la mer a couvert et formé les montagnes^ ce sont les coquilles et les autres productions marines qu’on trouve partout en si grande quantité, qu’il n’est pas possible qu’elles aient été transportées de la mer actuelle dans des continents aussi éloignés et à des profondeurs aussi considérables. Ce qui le [U’ouve, ce sont les couebes horizontales et parallèles qu’on trouve partout et qui ne peuvent avoir été formées que par les eaux ; c’est la composition des matières, meme les plus dures, comme de la pierre et du marbre, à laquelle on reconnaît clairement que les matières étaient réduites en poussière avant la formation de ces pierres et de ces marbres, et qu’elles se sont [irécipitées au fond de l’eau en forme de sédiment; c’est encore l’exactitude avec laquelle les coquilles sont moulées sur ces matières; c’est l’intérieur de ces mêmes coquilles, qui est absolument rempli des matières dans lesquelles elles sont renfermées : et enfin ce qui le démontre incontestablement, ce sont les angles correspondants des montagnes et des collines, qu’aucune autre cause que les courants de la mer n’aurait pu former ; c est l’égalité de la hauteur des collines o])posées et les lits des différentes matières qu’on y trouve à la même hauteur; c’est la direction des montagnes, dont les chaînes s’étendent en longueur dans le même sens, comme l’on voit s’étendre les ondes de la mer.
A l’égard des profondeurs qui sont à la surface de la terre, les plus grandes sont, sans contredit, les profondeurs de la mer : mais, comme elles ne se présentent point à l’œil, et qu'on n’en peut juger que par la sonde, nous n’entendons parler ici que des profondeurs de terre ferme, telles que les profondes vallées que l’on voit entre les montagnes, les précipices qu’on trouve entre les rochers, les abîmes qu'on aperçoit du haut des montagnes, comme rabime du mont Ararath, les précipices des Alpes, les vallées des Pyrénées. Ces profondeurs sont une suite naturelle de l’élévation des montagnes; elles reçoivent les eaux et les terres qui coulent de la montagne; le terrain en est ordinairement très-fertile et fort habité. Pour les précipices qui sont entre les rochers, ils se forment par raffaissement des rochers, dont la base cède quelquefois plus d'un côté que de l’autre, par l'action de l’air et de la gelée qui les fiut fendre et les sépare, et par la chute impétueuse des torrents, qui s’ouvrent des routes et entraînent tout ce qui s’oj)pose à leur violence : mais ces abîmes, c’est-à-dire ces énormes et vastes précipices qu’on trouve au sommet des montagnes, et au fond desquels il n’est quelquefois pas possible de descendre, quoiqu’ils aient une demi-lieue ou une lieue de tour, ont été formés par le feu; ces abirnes étaient autrefois les foyers des volcans, et toute la matière (|ui y manqtie en a été rejetée par l’action et l’explosion de ces feux, (|ui depuis se sont éteints faute de matière combustible. L'abîme du mont Ararath, dont M. de Tournefort donne la description dans son voyage du Levant, est environné de rochers noirs et brûlés, comme seront quelques jours les abîmes de l’Etna, du Vésuve et de tous les autres vol-
cans, lorsqu’ils auront consumé toutes les matières combustibles qu’ils renferment.
Dans riiistoire naturelle de la province de Stafford en Angleterre, par Plot, il est parlé d’une espèce de gouffre qu’on a sondé jusqu’à la profondeur de deux mille six cents pieds perpendiculaires, sans qu’on y ail trouvé d’eau : on n’a pu même eu trouver le fond, parce que la corde n’était pas assez longue. Voijez le Journal des Savants, année 1680.
Les grandes cavités et les mines profondes sont ordinairement dans les montagnes, et elles ne descendent jamais, à beaucoup près, au niveau des plaines : ainsi nous ne connaissons, par ces cavités, que l'intérieur de la montagne, et point du tout celui du globe.
D ailleurs, ces profondeurs ne sont pas en effet fort considérables. Ray assuieque les mines les plus profondes n’ont pas un demi-mille de profondeur. La mine deCotteberg, qui du temps d’Agricola, passait pour la plus profonde de toutes les mines connues, n’avait que deux mille einq cents pieds de profondeur perpendiculaire. Il est vrai qu’il y a des trous dans eertains endroits, comme celui dont nous venons de parler dans la province de Stafford, ou le Poolshole dans la province de Darby en Angleterre, dont la profondeur est peut-être plus grande : mais tout cela n’est rien en comparaison de l’épaisseur du globe.
Si les rois d Egypte, au lieu d’avoir fait des pyramides et élevé d’aussi fastueux monuments de leurs richesses et de leur vanité, eussent fait la môme dépense pour sonder la terre et y faire une profonde excavation, comme d’une lieue de profondeur, on aurait peut-être trouvé des matières qui auraient dédommagé de la peine et de la dépense, ou tout au moins on aurait des connaissances qu’on n’a pas sur les matières dont le globe est composé à l’intérieur} ce qui serait peut-être fort utile.
Mais revenons aux montagnes. Les plus élevées sont dans les pays méridionaux; et plus on approche de l’équateur, plus on trouve d'inégalités sur la surface du globe. Ceci est aisé à prouver par une courte énumération des montagnes et des îles.
En Amérique, la chaîne des des Cordillères, les plus hautes montagnes de la terre, est précisément sous l’équateur, et elle s’étend des deux côtés bien loin au delà des cercles qui renferment la zone torride.
En Afrique, les hautes montagnes de la Lune cl du Monomotapa, le grand et le petit Atlas, sont sous l’équateur, ou n’en sont pas éloignés.
En Asie, le mont Caucase, dont la chaîne s’étend sous différents noms jusqu’aux montagnes de la Chine, est dans toute cette étendue plus voisin de l’équateur que des pôles.
En Europe, les Pyrénées, les Alpes et les montagnes de la Grèce, qui ne sont que la même chaîne, sont encore moins éloignées de l'équateur que des pôles.
Or, ces montagnes, dont nous venons de faire rémunération, sont toutes plus élevées, plus considérables et plus étendues en longueur et en largeur <|ue les montagnes des pays septentrionaux.
A l’égard de la direction de ces chaînes de montagnes, on verra que les Alpes, prises dans toute leur étendue, forment une chaîne qui traverse le continent entier depuis l’Espagne jusqu’à la Chine : ces montagnes commencent au bord de la mer en Galice, arrivent aux Pyrénées, traversent la France par le Vivarais et l’Auvergne, séparent l'Italie, s’étendent en Allemagne et au-dessus de la Dalmatic jusqu’en Macédoine, et de là se joignent avec les montagnes d’Arménie, le Caucase, le Taurus, l’Imaüs, et s’étendent jusqu’à la mer de Tartaric. De même le mont Atias traverse le continent entier de l’Afrique d occident en orient depuis le royaume de Fez jusqu’au détroit de la mer Rouge. Les monts do la Lune ont aussi la même direction.
Mais en Amérique la direction est toute contraire, et les chaînes des Cordilièrcs et des autres montagnes s’étendent du nord au sud plus que d’orient en occident.
^ Ce que nous observons ici sur les plus grandes éminences du globe, peut s’observer aussi sur les plus grandes profondeurs de la mer. Les plus vastes et les plus hautes mers sont plus voisines de l équateur que des pôles • et il résulte de cette observation que les plus grandes inégalités du globe se trouvent dans les climats méridionaux. Ces irrégularités qui se trouvent à la surface du globe, sont la cause d’une inllnité d’effets ordinaires et extraordi-
naires j par exemple, entre les rivières de l’Inde et le Gange, il y a une large chersonese qui est divisée dans son milieu par une chaîne de hautes montapies que 1 on appelle le Gâte, qui s’étend du nord au sud depuis les extrémités du Caucase jusqu’au cap de Comorin : de l’un des côtés est Malabar et de l’autre Coromandel j du côté de Malabar, entre cette chaîne de montagnes et la mer, la saison de l’été est depuis le mois de septembre jusqu’au mois d’avril, et pendant tout ce temps le ciel est serein et sans aucune pluie J de l’autre côté de la montagne, sur la côte de Coromandel, cette même saison est leur hiver, et il y pleut tous les jours en abondance; et du mois d’avril au mois de septembre c’est la saison de l’été, tandis que c’est celle de 1 hiver en Malabar; en sorte qu’en plusieurs endroits, qui ne sont guère éloignés que de vingt lieues de chemin, on peut, en croisant la montagne, changer de saison. On dit que la même chose se trouve au cap Razalgat en Arabie, et de même à la .Jamaïque, qui est séparée dans son milieu par une chaîne de montagnes, dont la direction est de l’est à l’ouest, et que les plantations qui sont au midi de ces montagnes éprouvent la chaleur de l’été, tandis que celles qui sont au nord souffrent la rigueur de l’iiiver dans
ce même temps. Le Pérou, qui est situé sous la ligne et qui s’étend à environ mille lieues vers le midi, est divisé en trois parties longues et étroites, que les habitants du Pérou appellent Lanos, Sierras et Andes. Les lanos, qui sont les plaines, s’étendent tout le long de la côte de la mer du Sud; les sierras sont des collines avec quelques vallées; et les andes sont ces fameuses Cordillères, les plus hautes montagnes que l’on connaisse. Les lanos ont dix lieues plus ou moins de largeur; dans plusieurs endroits, les sierras ont vingt lieues de largeur, et les andes autant, quelquefois plus, quelque-
fois moins : la largeur est de l'est à l’ouest, et la longueur, du nord au sud. Cette partie du monde a ceci de remarquable : 1° dans les lanos, le long de toute cette côté, le vent du sud-ouest souffle constamment, ce qui est contraire à ce qui arrive ordinairement dans la zone torride; 2“ il ne pleut ni ne tonne jamais dans les lanos, quoiqu’il y tombe quelquefois un peu de rosée; 3“ il pleut presque continuellement sur les andes; 4“ dans les sierras, qui sont entre les lanos et les andes, il pleut depuis le mois de septembre jusqu’au mois d’avril.
On s’est aperçu depuis longtemps que les chaînes des plus hautes montagnes allaient d’occident en orient; ensuite, après la découverte du Nouveau-Monde, on a vu (ju’il y en avait de fort considérables qui tournaient du nord au sud : mais personne n’avait découvert, avant M. Rourguet, la surprenante régularité de la structure de ces grandes masses; il a trouvé après avoir passé trente fois les Alpes en quatorze endroits différents, deux fois l’Apennin, et fait plusieurs tours dans les environs de ces montagnes et dans le mont Jura, que toutes les montagnes sont formées dans leurs contours à peu près comme les ouvrages de fortification. Lorsque le corps d'une montagne va d’occident en orient, elle forme des avances (jui i-egardent, autant qu’il est possible, le nord et le midi ; celle régularité admirable est si sensible dans les vallons, qu’il semble qu’on y marebe dans un chemin couvert fort régulier; car si, par exemple, on voyage dans un vallon du nord au sud, on remarque que la montagne qui est à droite forme des avances ou des angles qui regardent l’orient, et ceux de la montagne du côté gauche regardent l’occident; do sorte que néanmoins les angles saillants de chaque côté répondent récipro(|ucment aux angles rentrants (jui leur sont toujours alternativement opposés. Les angles, que les montagnes forment dans les grandes vallées, sont moins aigus, parce que la pente est moins raide cl <ju’ils sont plus éloignés les uns des autres; cl dans les plaines ils ne sont sensibles que dans le cours des rivières, (jui en occupent ordinairement le milieu : leurs coudes naturels répondent aux avances les plus marquées on aux angles les plus avancés des montagnes auxquelles le terrain où les rivières coulent va aboutir. Il est étonnant qu’on n’ait pas aperçu une chose si visible; et lorsque dans une vallée la pente de l’une des montagnes qui la bordent est moins rapide que celle de l’autre, la rivière prend son cours beaucoup plus près de la montagne la plus ra|)ide, et elle ne coule pas dans le milieu. Voyez Lettres philosoph. sur la formation des sels.
On peut joindre à ces observations d’autres observations particulières qui les confirment : par exemple, les montagnes de Suisse sont bien plus rapides, et leur pente est bien plus grande du côté du midi que du côté du nord; et plus grande du côté du couebant que du côté du levant; on peut le voir dans la montagne Uemmi, dans le mont Brisé, et dans presque toutes les autres montagnes. Les plus hautes de ce pays sont celles qui séparent la Vallésie et les (Irisons de la Savoie, du Piémont et du Tyrol ; ces pays sont eux-mêmes une continuation de ces montagnes,
dont la chaîne s’étend jusqu’à la Mediterranée, et continue même assez loin sous les eaux de cette mer : les montagnes des Pyrénées ne sont aussi qu’une continuation de cette vaste montagne qui commence dan la Vallésie supérieure, et dont les branches s’étendent fort loin au couchant et au midi, en se soutenant toujours à une grande hauteur, tandis (jirau contraire, du côté du nord et de l’est, ces montagnes s’abaissent par degrés jusqu'à devenir des plaines, comme on le voit par les vastes pays que le Rhin, par exemple, et le Danube arrosent avant que d'arriver à leurs embouchures ; au lieu que le Rhône descend avec rapidité vei's le midi dans la mer Méditerranée. La même observation sur le penchant plus rapide des montagnes du côté du midi et du couchant que du côté du nord ou du levant, se trouve vraie dans les montagnes d’Angleterre et dans celles de iNorwége : mais la partie du monde où cela se voit le plus évidemment, c’est au Pérou et au Chili -, la longue chaîne des Cordilières est coupée très-rapidement du côté du couchant, le long de la mer Pacifique, au lieu que, du côte du levant, elle s’abaisse par degrés dans de vastes plaines arrosées par les plus grandes rivières du monde. Voyez Transact. fhüos. Abridy. vol. VI, part. 2.
M. Bourguel, à qui on doit cette belle observation delà correspondance des angles des montagnes, l’appelle avec raison, la clef de la théorie de la terre ; cependant il me parait que s’il en eût senti toute l’importance, il l’aurait employée plus heureusement en la liant avec des faits convenables, et qu’il aurait donné une théorie de la terre plus vraisemblable, au lieu que dans son mémoire, dont on a vu l’exposé, il ne présente que le projet d'un système hypothétiipic, dont la plupart des conséquences sont fausses ou précaires. La théorie que nous avons donnée roule sur quatre faits principaux, descpicls on ne peut pas douter apiès avoir examiné les preuves qui les constatent : le premier est, (pic la terre est partout, et jusqu'à des profondeurs considérables, composée de couches parallèles et de matières qui ont été autrefois dans un état de mollesse ; le second, que la mer a couvert pendant (pielque temps la terre que nous habitons; le troisième, que les marées et les autres mouvements des eaux produisent des inégalités dans le fond de la mer; et le quatrième, que ce sont les courants de la mer (pii ont donné aux montagnes la forme de leurs contours et la direction correspondante dont il est question.
On jugera, après avoir lu les preuves que contiennent les articles suivants, si j’ai eu tort d’assurer ([ue ces faits, solidement établis, établissent aussi la vraie théorie de la terre. Ce que j’ai dit dans le texte au sujet de la formation des montagnes, n’a jias besoin d’une plus ample explication; mais comme on pourrait m’objecter que je ne rends pas raison de la formation des pics ou pointes de montagnes, non plus que de quelques autres faits particuliers, j’ai cru devoir ajouter ici les observations et les réflexions que j’ai faites sur ce sujet.
J’ai tâché de me faire une idée nette et générale de la manière dont sont arrangées les différentes matières qui composent le globe, et il m’a paru
qu’on pouvait les considérer d’une manière différente de celle dont on les a vues jusqu’ici; j’en fais deux classes générales, auxquelles je les réduis toutes : la première est celle des matières que nous trouvons posées par couches , par lits, par bancs horizontaux ou régulièrement inclinés; et la seconde comprend toutes les matières qu’on trouve par amas, par liions, par veines perpendiculaires et irrégulièrement inclinées. Dans la première classe sont compris les sables, les argiles, les granits ou le roc vif, les cailloux et les grès en grande masse, les charbons de terre, les ardoises, les schistes, etc., et aussi les marnes, les craies, les pierres caleinablcs, les marbres, etc. Dans la seconde, je mets les métaux, les minéraux, les cristaux, les pierres fines , et les cailloux en petites masses. Ces deux classes comprennent généralement toutes les matières que nous connaissons : les premières doivent leur origine aux sédiments transportés et déposés par les eaux de la mer, cl on doit distinguer celles qui, étant mises à l’épreuve du feu, se calcinent et .se réduisent en chaux, de celles qui se fondent et se réduisent en verre; pour les secondes, elles se réduisent toutes en verre, à l’exception de celles que le feu consume entièrement par rinllammation.
Dans la première classe nous distinguerons d’abord deux espèces de sable : l’une, que je regarde comme la matière la plus abondante du globe, qui est vitriliable, ou plutôt qui n’est qu’un composé de fragments de verre; l’autre, dont la quantité est beaucoup moindre, qui est calculable et qu’on doit regarder comme du débris ou de la poussière de pierre, et qui ne diffère du gravier que par la grosseur des grains. Le sable vitriliable est en général posé par couches comme toutes les autres matières : mais ces couches sont souvent interrompues par des masses de rochers de grès, de roc vif, de caillou, et quelquefois ces matières sont aussi des bancs et des lits d’une grande étendue.
En examinant ce sable et ces matières vitrifiables, on n'y trouve que peu de coquilles de mer; et celles qu’on y trouve ne sont pas placées par lits, elles n’y sont que parsemées et comme jetées au hasard : par exemple, je n’en ai jamais vu dans les grès; cette pierre, qui est fort abondante en certains endioits, nest quun compose de parties sablonneuses qui se sont réunies : on ne la trouve que dans les pays où le sable vitriliable domine, et ordinairement les carrières de grés sont dans des collines pointues, dans des terres sablonneuses et dans des éminences entrecoupées. On peut attaquer ces carrières dans tous les sens; et s’il y a des lits, ils sont beaucoup plus éloignés les uns des autres que dans les carrières de pierres caleinablcs, ou de marbres : on coupe dans le massif do la carrière de grès des blocs de toutes sortes de dimensions et dans tous les sens, .selon le besoin cl la plus grande commodité; et quoique le grès soit difficile à travailler, il n’a cependant (]u’un genre de dureté, c’est de résister à des coups violents sans s’éclater; car le frottement l’use peu à peu et le réduit aisément en sable, à l’exception de certains clous noirâtres qu’on y trouve, et qui sont d’une matière si dure, que les meilleures limes ne peuvent y mordre. Le roc vif est vitrifiable comme
ïegrès, el il est de la incmc nature; seulement il est plus dur, et les parties en sont mieux liées ; il a aussi plusieurs clous semblables à ceux dont nous venons (.le parler, comme on peut le remarquer aisément sur les sommets des hautes montagnes, qui sont pour la plupart de cette espèce de rocher, et. sur lesqtiels on ne peut pas marcher un jieu de temps .sans s’aptirecvoir que ces clous coupent et déchirent le cuir des souliers, (k; roc vif qu’on trouve au-dessus des hautes montagnes, et que je regarde comme une espè(;c de granit, contient une grande quantité diî paillettes tal(|ueuses, et il a tous les génies de dureté, au point de ne jiouvoir être travaillé qu’avec une peine infinie.
J ai examiné de près la nature de ces clous qu’on trouve dans le grès cl dans le roc vif, et j’ai reconnu que c’est une matière mélalliipie fondue et calcinée à un feu très-violent, et qui ressemble parfaitement à de certaines matières rejetées par les volcans, dont j’ai vu une grande quantité étant en Italie, où l’on me dit que les gens du pays les appelaient schiarri. Ce sont des masses noirâtres fort pesantes sur lesquelles le feu, l’eau, ni la lime, ne peuvent faire aucune impression, dont la matière est difîéiTnte de celle de la lave; car celle-ci est une espèce de verre, au lieu que l'autre parait plus métallique que vitrée. Les clous du grès et du roc vif ressemblent beaucoup à cette première matière, ce qui semble prouver encore que toutes ces matières ont été autrefois liquéfiées par le feu.
On voit quelquefois eu certains endroits, au plus haut des montagnes une prodigieuse quantité de blocs d’une grandeur considérable de ce roc vif' mêlé de paillettes talqucuses : leur position est si irrégulicTe qu'ils paraissent avoir été lancés et jetés au hasard; et on croirait qu’ils sont tomliés de quelque hauteur voisine, si les lieux où on les trouve n’étaient pas élevés au-dessus de tous les autres lieux : mais leur substance vilrifiable et leur figure anguleuse et carrée, comme celle des rochers degrés, nous découvrent une origine commune entre ces matières. Ainsi, dans les grandes couches de sable vilrifiable, il sc forme des blocs de grès et de roc vif, dont la figure et la situation ne suivent pas exactement la position horizontale de ces couches : peu à peu l(‘.s pluies ont eiUrainé du sommet des collines et des montagnes le sable qui les couvrait d abord, et elles ont commencé par sillonner et découper ces collines dans les intervalles qui sc sont trouvés entre! les noyaux de grès, comme ou voit que sont découp(‘cs les collines de Eonlainebleau ; eha<pie pointe de colline répond à un noyau qui fait une carrière de grès, et chaque intervalle a été creusé cl abaissé par les eaux, qui ont fait couler le sable dans la plaine. De meme les plus hautes montagnes, dont les sommets sont composés de roc vif et terminés par ces blocs anguleux dont nous venons de parler, auront autrefois été recouvertes de plusieurs couches de sable vilrifiable dans lequel ces blocs se seront formés; et les pluies ayant enlrainé tout le sable qui les couvrait et (pii les environnait, ils seront demeurés au sommet des montagnes dans la position où ils auront été formés. Ces blocs présentent ordinairement des pointes au-dessus
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:i I cxlci'ifiir : ils vont on iiugmenlanl de grosst'ur à mesure (lu'on descend et (juon Coiiille plus profondément; souvent même un bloc en rejoint tm antre par la base, ce second un troisième, et ainsi de suite, en laissant entre eux des intervalles irréguliers; et eonimc par la succession des temps les pluies ont enlevé et enlraîné tout le sable qui couvrait ces différents noyaux, il ne reste au-dessus des hautes montagnes que les noyaux mêmes (|ui forment des pointes plus ou moins élevées, et c’est là l’origine des pics ou des cornes de monlngnes.
Car supposons, comme il est facile de le prouver par les productions marines qu’on y trouve, (pic la cliaine des montagnes des Alpes ait été autrefois couverte des eaux de la mer, cl qu’au-dessus de cette chaîne de montagnes, il y eût une grande épaisseur de sable vilrillable que l’eau de la mer y avait transporté et déposé, de la meme façon et par les mêmes causes qu elle a déposé et transporté, dans les lieux un peu plus bas de ces montagnes, une grande quantité de coquillages , cl considérons celte couche extérieure de sable vitrifiable comme posée d’abord de niveau en formant un plat })ays de sable au-dessus des montagnes des Alpes, lorsqu’elles étaient encore couvertes des eaux de la mer : il se sera formé dans cette épaisseur de sable des noyaux de roc, de grés, de caillou et de toutes les matières qui prennent leur origine et leur ligure dans les sables par une mécanique à peu prés scndvlable à celle de la cristallisation des sels; ces noyaux une fois formes auront soutenu les parties où ils se sont trouvés, cl les pluies auront détaché peu à peti tout le sable inlermêdiairc, aussi bien que celui qui les environnait immédiatement; les torrents, les ruisseaux, en se précipitant du haut de ces montagnes, auront entraîné ces sables dans les vallons, dans les plaines, et en auront conduit une partie jusqu’à la mer; de cette façon, le sommet des montagnes se sera trouve à découvert, cl les noyaux déchaussés auront paru dans toute leur hauteur. C’est ce que nous appelons aujourd’hui des pics ou des cornes de montagnes, et ce qui a formé toutes ces éminences pointues qu’on voit en tant d’endroits; c’est aussi là l’origine de ces roches élevées et isolées qu’on trouve à la Chine et dans d’autres endroits , comme en Irlande, où on leur a donné le nom de Devil’s slones ou pierres du diable, et dont la formation, aussi bien tpie celle des pics des montagnes, avait toujours paru une chose difficile à expliquer ; cependant l’explication (|ue j’en donne est si naturelle, qu’elle s’est présentée d’abord à l’esprit de ceux (|ui ont vu ces roches; et je dois citer ici ce qu’en dit le père du Tertre dans les Lettres Edifiantes : « De Yan-chuin-yen nous vînmes à Ilotcheou; nous « rencontrâmes en chemin une chose assez particulière; ce sont des roches « d’une hauteur extraordinaire et de la figure d’une grosse tour carrée qu’on « voit plantées au milieu des plus vastes plaines. On ne sait comment elles « se trouvent là, si ce n’est que ce furent autrefois des montagnes, et (pie « les eaux du ciel ayant peu à peu fait ébouler la terre qui environnait ces « masses de pierre, les aient ainsi à la longue escarpées cIc toutes parts : ce « qui fortifie la conjecture, c’est que nous en vîmes quelques-unes (pii, vers
riHîOHIE ÜE I.A TEKI5E. ^43
« ic bus, sont encore environnéos de lerre jusqirù une eerlainc hauteur. ( Voy. Lell. éd., rec. 2, t. I.)
Iæ sommet des plus liantes montagnes est donc ordinairement composé de rochers et de plusieurs espèces de granit, de roc vif, de grès, et d’autres matières dures et vitriliahics, et cela souvent jnsiiu a deux ou trois cents toises en deseendant; ensuite on y trouve souvent des carrières de marbre ou de pierre dure (pii sont remplies de coquilles, et dont la matière est calcinahlc, comme on peut le remarquer à la grande Chartreuse en Dauphiné et sur le mont Cenis, où les pierres et les marbres qui contiennent les coquilles sont à quelques centaines de toises au-dessous des sommets, des pointes et des pies des plus hautes montagnes, quoique ces pierres remplies de coquilles soient elles-mêmes à plus de mille toises au-dessus du niveau de la mer. Ainsi les montagnes où l’on voit des pointes ou des pics sont ordinairement de roc vitrifiahle, et celles dont les sommets sont plats contiennent, pour la plupart, des marbres et des pierres dures remplies de productions marines. 11 en est de même des collines, lorsqti’clles sont de grès ou (le roc vif; elles sont, pour la plupart, entrecoupées de pointes, d’éminences, de tertres et de cavités, de profondeurs et de petits vallons intermédiaires; au contraire, celles qui sont composées de pierres calcinables sont à peu près égales dans toute leur hauteur, et elles ne sont interrompues que par des gorges et des vallons plus grands, plus réguliers, et dont les angles sont correspondants; enfin elles sont conronnées de rochers dont la position est régulière et de niveau.
Quelque dilTérence ipii nous paraisse d’abord entre c(is dcu.x formes de montagnes, elles viennent cependant toutes deux de la même cause, comme nous venons de le faire voir; seulement, on doit observer que ces pierres calcinables n’ont éprouvé aucune altération, anenn changement, depuis la formation des couches horizontales, au lieu que celles de sable vitrifiahle ont pu être altérées et interrompues par la production |K)stérietire des rochers et des blocs anguleux qui se sont formés dans l’intérieur de ce sable. Ces deux espèces de montagnes ont des fentes qui sont presque toujours perpendiculaires dans celles de pierres calcinables et qui paraissent être un peu plus irregulieres dans celles de roc vif et de grès; c’est dans ces fentes (ju’oii trouve les métaux, les minéraux, les cristaux, les soufres et toutes les matières de la seconde classe, et c’est au-dessous de ces fentes que les eaux se rassemblent pour pénétrer ensuite plus avant et former les veines d’eau (pi’oii trouve au-dessous de la surface de la terre.
ADDITIONS
A l’abticiæ qui a pour titre ;